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  • 6 décembre 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

     

    Le combat de Gavardo et la surprise de Lonado

    D’après « Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu’en 1815 » – Louis Eugène d’Albenas – 1820

     

    Le lendemain du combat de Lonado (3 août), le général Bonaparte donna l’ordre au général Despinoy de pénétrer dans le Tirol par le chemin de Chiusa, en culbutant un corps de six mille Autrichiens, posté à Gavardo. L’adjudant-général Herbin s’empara d’abord du mont San-Ozetto, défendu par deux bataillons.

    Le général Dallemagne, à la tête d’un bataillon de la 11e demi-brigade, pénétra jusqu’à Gavardo ; mais n’étant point soutenu, et entouré par des forces supérieures, il ne parvint à se faire jour qu’après les plus grands efforts. Bonaparte ayant appris ce contretemps, envoya le général Saint-Hilaire à Salo pour soutenir, de concert avec le général Guieux, les troupes de Despinoy.

    Le général Saint-Hilaire réussit complètement dans son opération. Après une vigoureuse résistance, le général Quasdanowich fut contraint d’évacuer Gavardo après de grandes pertes, et se retira dans le Tirol pour éviter d’être coupé dans sa retraite.

    Le même jour, le général Bonaparte ayant appris que le général ennemi réunissait toutes ses forces, se porta de sa personne à Lonado, afin de s’y occuper des dispositions d’une affaire générale qui paraissait se préparer.

    Au moment où il y arrivait, on lui annonça un parlementaire qui venait sommer le commandant français de se rendre ; les troupes qui étaient à Lonado, disait-il, étant cernées. En effet, des différents rapports confirmèrent que diverses colonnes ennemies touchaient déjà nos grand-gardes et que la route de Brescia était interceptée.

    La position de Bonaparte se trouvait des plus critiques. N’ayant avec lui que mille à douze cents hommes, il pouvait être enlevé facilement par les ennemis, qui paraissaient être beaucoup plus nombreux. Une inspiration subite et une présence d’esprit admirable le tirèrent du mauvais pas où le hasard venait de le jeter. Il calcula avec la rapidité de l’éclair que le corps ennemi qui le menaçait ne pouvait être autre que le débris de celui qui, coupé la veille à Desenzano, avait été obligé de se retirer par les bords du lac de Garda, et qui, depuis, après avoir erré sans pouvoir se joindre au général Quasdanowich, empêché par les généraux Despinoy et Guieux, cherchait à gagner le corps principal de l’armée autrichienne sur le Mincio par Lonado.

    Il prit son parti sur-le-champ, et faisant venir devant lui le parlementaire, il lui fit débander les yeux.

    « Vous voyez devant vous, dit-il, le général Bonaparte au milieu de son état-major et de son armée. Allez dire à votre général que si, par son audacieuse sommation, il a voulu insulter à  mes troupes victorieuses, je suis ici pour les venger. Chacun sait que l’armée républicaine est à Lonado avec son général, et celui qui vous envoie n’a pu l’ignorer. S’il a la présomption de la faire prisonnière, il peut s’avancer. Mais dites-lui cependant que lui-même est mon prisonnier ; que je sais que sa division n’est que celle qui, coupée de Salo et de Gavardo, cherche une issue pour s’échapper, et que si sous huit minutes elle ne met bas les armes et qu’une amorce soit tirée, généraux et soldats, je fais tout fusiller ».

    L’officier parlementaire, bien surpris de trouver là le général en chef de l’armée d’Italie, qu’il n’y croyait guère, retourna vers le général autrichien. Celui-ci, intimidé, demanda à capituler.

    « Je ne puis capituler, dit Bonaparte, avec des hommes qui sont mes prisonniers. Bas les armes à discrétion, ou je ne fais de grâce à personne ! ».

    Effrayés du ton et des démonstrations d’attaque que faisaient déjà les Français, les Autrichiens déposèrent les armes. La colonne ennemie était forte de quatre mille hommes ; elle livra aux républicains quatre pièces de canon et trois drapeaux.

    Ce trait d’audace et de présence d’esprit est un des épisodes les plus remarquables des commencements de la carrière militaire de Bonaparte. On remarqua que, depuis cette époque, ce général montra une confiance encore plus aveugle pour la destinée, qui semblait ne l’entraîner dans les positions les plus dangereuses que pour faire briller avec plus d’éclat sa jeune renommée.

     

     

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