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  • 1 décembre 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    La bataille de Sahélié

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, sièges, et combats de terre et de mer – 1818

     

    Ibrahim bey, voyant que les Français s’étaient rendus maîtres du Caire, fit sa retraite à Belbeys pour y attendre la caravane, se réunit aux Mameloucks qui devaient l’escorter, et concerta avec Mourad bey et les Arabes un plan d’attaque contre l’armée française.

    Pendant qu’il mettait tout en œuvre pour assurer le succès de cette opération, qu’il cherchait à soulever les Fellahs du Delta, et entretenait des intelligences au Caire, pour porter les habitants à la révolte, Bonaparte donnait aux provinces conquises un gouvernement provisoire ; il élevait à la hâte des fortifications pour empêcher les soulèvements, et se défendre contre les beys en cas d’attaque.

    Il n’ignorait pas qu’Ibrahim bey cherchait à réunir des forces pour lui enlever le fruit de ses conquêtes ; en conséquence, il envoya le général de brigade Leclerc à Elhanka, avec trois cents hommes de cavalerie, trois compagnies de grenadiers, un bataillon et deux pièces d’artillerie légère, pour observer ses mouvements.

    Le 3 août 1798, quatre mille Mameloucks et Arabes attaquèrent le général Leclerc ; mais ils ne purent soutenir le feu de l’artillerie, et prirent la fuite.

    Bonaparte était persuadé que l’Egypte ne serait pas tranquille, tant qu’elle ne serait pas délivrée de la présence des Mameloucks, et surtout d’Ibrahim bey : en conséquence, le 9 août, il fit partir du Caire les divisions Bon, Régnier et Menou, et se mit à leur tête, et deux jours après, ils joignirent à Belbey l’avant-garde du général Leclerc.

    Ibrahim bey ne jugea pas à propos de les attendre et se retira à Saléhié. Les Français s’étaient attachés à sa poursuite ; à quelque distance du village, ils aperçurent une caravane accompagnée d’une troupe d’Arabes. La cavalerie les attaque, fait fuir les Arabes et arrête la caravane. C’était une partie de celle de la Mecque qui avait été pillée par les Arabes mêmes qui étaient chargés de son escorte.

    Buonaparte menaça le Cheick de le faire fusiller s’il ne rendait à l’instant tous les objets volés, et s’il ne restituait aux marchands leurs femmes, leurs enfants, leurs esclaves et leurs richesses. Le cheick ne se fit pas longtemps prier, et s’exécuta de bonne grâce.

    Le 11 août, le général Leclerc se porta sur Saléhié, avec environ trois cents hommes de cavalerie; mais à peine parut-il à l’entrée du village, qu’Ibrahim bey prit la fuite, couvrant son avant-garde par un corps de mille Mameloucks. L’infanterie n’était qu’à une lieue de distance, et la plaine était couverte d’Arabes qui attendaient l’issue du combat pour tomber.sur les vaincus. Aussitôt Bonaparte se met à la tête de l’avant-garde, et poursuit Ibrahim bey dans le désert.

    Deux cents braves du dix-septième régiment de hussards, du vingt-deuxième de chasseurs et des guides à chenal se précipitent avec fureur sur les mille Mameloucks et traversent leurs rangs ; mais à peine échappés de là, ils se voient enveloppés d’une troupe cinq fois plus nombreuse qu’eux. Le nombre ne les effraie pas, ils se battent en désespérés, et font un grand carnage de l’ennemi. Cependant les Mameloucks, ne pouvant résister à la valeur française, battent en retraite, abandonnant deux mauvaises pièces de canon et quelques chameaux.

    Ibrahim bey, qui avait disparu à l’approche des Français, se dirigea vers la Syrie avec ses équipages, ses femmes, celles de ses Mameloucks, ses trésors, et les plus riches marchandises de la caravane.

    Le proverbe qui dit que la fortune seconde l’audace, fut vérifié dans l’affaire de Saléhié en faveur des Français. Environnés de dangers de toutes parts, aux prises avec un ennemi de beaucoup supérieur, les Français se précipitaient au combat avec une telle intrépidité, qu’il paraissait presque impossible qu’il en échappât un seul ; cependant, dans les combats qui précédèrent et suivirent l’attaque de Saléhié, nous ne perdîmes qu’une vingtaine de braves.

    Le chef de brigade Detrées reçut plusieurs blessures graves en chargeant à la tête de la cavalerie. Au milieu d’une charge exécutée par le vingt-deuxième de chasseurs, le chef de brigade Lasalle laissa tomber son sabre ; il met tranquillement pied à terre, le ramasse et remonte avec sang-froid sur son cheval, pour combattre un Mamelouck qui, le voyant désarçonné, s’était précipité sur lui avec fureur. Le général Murat et l’aide-de-camp Duroc se battirent comme de simples soldats et coururent les plus grands dangers.

    Quoique Saléhié ne fût qu’un simple village, sa position était importante, et Bonaparte, sentant le besoin de la conserver, fit fortifier le village, et y mit garnison.

     

     

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