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  • 10 novembre 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Affiche

     

    La déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie

    D’après « La Grande guerre du XXe siècle » – Juillet 1915

     

    • Le 28 juin 1914, l’archiduc-héritier d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, était assassiné à Sarajevo ainsi que sa femme, la duchesse de Hohenberg. Ce crime fut aussitôt imputé à des membres de Sociétés serbes anti-autrichiennes.

    Les échanges de vues entre l’Autriche et la Serbie au sujet de cet assassinat, durèrent près d’un mois, du 28 juin au 23 juillet 1914. On était loin de se douter que de ce conflit allait sortir la grande guerre européenne de 1914. La discrétion gardée sur les conversations donna à beaucoup l’illusion que tout se réglerait d’une façon pacifique.

     

    • Le 24 juillet, on apprit tout à coup que la Serbie avait reçu un ultimatum de l’Autriche dont les exigences étaient très dures et même inacceptables sur plusieurs points. Cet ultimatum fut remis à 6 heures du soir le 24 ; la réponse serbe devait être donnée le lendemain 25 juillet, à 6 heures du soir.

    Malgré ce court délai, la Serbie répondit au moment fixé. Voici cette réponse qui reproduit en grande partie la note autrichienne et dispense de publier celle-ci :

     

    Réponse de la Serbie à l’ultimatum de l’Autriche.

     

    Le gouvernement royal serbe a reçu la communication du gouvernement impérial et royal du 23/10 de ce mois et il est persuadé que sa réponse éloignera tout malentendu qui menace de compromettre les bons rapports de voisinage entre la monarchie austro-hongroise et le royaume de Serbie.

    Le gouvernement royal a conscience que les protestations qui ont apparu tant à la tribune de la Skouptchina nationale que dans les déclarations et les actes des représentants responsables de l’Etat, protestations auxquelles coupa court la déclaration du gouvernement serbe faite le 31-18 mars 1909, ne se sont plus renouvelées vis-à-vis de la grande monarchie voisine en aucune occasion, et que depuis ce temps, autant de la part des gouvernements royaux qui se sont succédé que de la part de leurs organes, aucune tentative n’a été faite dans le but de changer l’état de choses politique et juridique créé en Bosnie-Herzégovine.

    Le gouvernement royal constate que, sous ce rapport, le gouvernement impérial et royal n’a fait aucune représentation, sauf en ce qui concerne un livre scolaire, représentation au sujet de laquelle le gouvernement impérial et royal a reçu une explication entièrement satisfaisante.

    La Serbie a, à de nombreuses reprises, donné des preuves de sa politique pacifique et modérée pendant la durée de la crise balkanique, et c’est grâce à la Serbie et aux sacrifices qu’elle a faits dans l’intérêt exclusif de la paix européenne que cette paix a été préservée.

    Le gouvernement royal ne peut pas être rendu responsable des manifestations d’un caractère privé telles que les articles des journaux et les agissements des sociétés, manifestations qui se produisent dans presque tous les pays comme une chose ordinaire et qui échappent en règle générale au contrôle officiel, d’autant moins que le gouvernement royal, lors de la solution de toute une série de questions qui se sont présentées entre la Serbie et l’Autriche-Hongrie, a montré une grande prévenance et a réussi, de cette façon, à en régler le plus grand nombre au profit du progrès des deux pays voisins.

    C’est pourquoi le gouvernement royal a été péniblement surpris par les affirmations d’après lesquelles des personnes du royaume de Serbie auraient participé à la préparation de l’attentat commis à Sarajevo. Il s’attendait à être invité à collaborer à la recherche de tout ce qui se rapporte à ce crime, et il était prêt, pour prouver par des actes son entière correction, à agir contre toutes les personnes à l’égard desquelles des communications lui seraient faites.

    Se rendant donc au désir du gouvernement impérial et royal, le gouvernement royal est disposé à remettre aux tribunaux tout sujet serbe, sans égard à sa situation et à son rang, pour la complicité duquel, dans le crime de Sarajevo, des preuves lui seraient fournies.

    Il s’engage spécialement à faire publier à la première page du Journal officiel, en date du 26/13 juillet, l’énonciation suivante ;

    Le gouvernement royal de Serbie condamne toute propagande qui serait dirigée contre l’Autriche-Hongrie, c’est-à-dire l’ensemble des tendances qui aspirent en dernier lieu à détacher de la monarchie austro-hongroise des territoires qui en font partie, et il déplore sincèrement les conséquences funestes de ces agissements criminels.

    Le gouvernement royal regrette que certains officiers et fonctionnaires serbes aient participé, d’après la communication du gouvernement impérial et royal, à la propagande susmentionnée et compromis par là les relations de bon voisinage auxquelles le gouvernement royal s’était solennellement engagé par sa déclaration du 31/18 mars 1909.

    Le gouvernement, qui désapprouve et répudie toute idée ou tentative d’une immixtion dans les destinées des habitants de quelque partie de l’Autriche- Hongrie que ce soit, considère qu’il est de son devoir d’avertir formellement les officiers, les fonctionnaires et toute la population du royaume que dorénavant il procédera avec la dernière rigueur contre les personnes qui se rendraient coupables de pareils agissements, qu’il mettra tous ses efforts à prévenir et à réprimer.

    Cette énonciation sera portée à la connaissance de l’armée royale par un ordre du jour, au nom de Sa Majesté le Roi, par S. A. R. le prince héritier Alexandre, et sera publiée dans le prochain Bulletin officiel de l’armée.

    Le gouvernement royal s’engage en outre :

    1 ° A introduire dans la première convocation régulière de la Skouptchina une disposition dans la loi de la presse par laquelle sera punie de la manière la plus sévère, la provocation à la haine et au mépris de la monarchie austro-hongroise, ainsi que contre toute publication dont la tendance générale serait dirigée contre l’intégrité territoriale de l’Autriche-Hongrie.

    Il se charge, lors de la révision de la Constitution, qui est prochaine, de faire introduire dans l’article 22 de la Constitution un amendement de telle sorte que les publications ci-dessus puissent être confisquées, ce qui, actuellement, aux termes catégoriques de l’article 22 de la Constitution, est impossible.

    2° Le gouvernement ne possède aucune preuve, et la note du gouvernement impérial et royal ne lui en fournit non plus aucune, que la Société Narodna Obrana et les autres Sociétés similaires aient commis jusqu’à ce jour quelque acte criminel de ce genre par le fait d’un de leurs membres. Néanmoins, le gouvernement royal acceptera la demande du gouvernement impérial et royal et dissoudra la Société Narodna Obrana et toute autre Société qui agirait contre l’Autriche-Hongrie.

    3° Le gouvernement royal serbe s’engage à éliminer sans délai de l’instruction publique en Serbie tout ce qui sert ou pourrait servir à fomenter la propagande contre l’Autriche-Hongrie, quand le gouvernement impérial et royal lui fournira des faits et des preuves de cette propagande.

    4° Le gouvernement royal accepte du moins d’éloigner du service militaire ceux dont l’enquête judiciaire aura prouvé qu’ils sont coupables d’actes dirigés contre l’intégrité du territoire de la monarchie austro-hongroise ; il attend que le gouvernement impérial et royal lui communique ultérieurement les noms et les faits de ces officiers et fonctionnaires aux fins de la procédure qui doit s’ensuivre.

    5° Le gouvernement royal doit avouer qu’il ne se rend pas clairement compte du sens et de la portée de la demande du gouvernement impérial et royal tendant à ce que la Serbie s’engage à accepter sur son territoire la collaboration des organes du gouvernement impérial et royal.

    Mais il déclare qu’il admettra toute collaboration qui répondrait aux principes du droit international et à la procédure criminelle, ainsi qu’aux bons rapports de voisinage.

    6° Le gouvernement royal, cela va de soi, considère de son devoir d’ouvrir une enquête contre tous ceux qui sont ou qui, éventuellement, auraient été mêlés au complot du 16 juin et qui se trouveraient sur le territoire du royaume. Quant à la participation à cette enquête, des agents des autorités austro-hongroises qui seraient délégués à cet effet par le gouvernement impérial et royal, le gouvernement royal ne peut pas l’accepter, car ce serait une violation de la Constitution et de la loi sur la procédure criminelle. Cependant, dans des cas concrets, des communications sur les résultats de l’instruction en question pourraient être données aux organes austro-hongrois.

    7° Le gouvernement royal a fait procéder, dès le soir même de la remise de la note, à l’arrestation du commandant Voija Tankositch. Quant à Milan Ciganovitch, qui est sujet de la monarchie austro-hongroise et qui, jusqu’au 15 juin, était employé (comme aspirant) à la direction des chemins de fer, il n’a pas pu encore être joint. Le gouvernement impérial et royal est prié de vouloir bien, dans la forme accoutumée, faire connaître le plus tôt possible les présomptions de culpabilité, ainsi que les preuves éventuelles de culpabilité qui ont été recueillies jusqu’à ce jour par l’enquête à Sarajevo, aux fins d’enquêtes ultérieures.

    8° Le gouvernement serbe renforcera et étendra les mesures prisée pour empêcher le trafic illicite d’armes et d’explosifs à travers la frontière. Il va de soi qu’il ordonnera tout de suite une enquête et punira sévèrement les fonctionnaires des frontières sur la ligne Schabab-Loznica, qui ont manqué à leur devoir et laissé passer les auteurs du crime de Sarajevo.

    9° Le gouvernement royal donnera volontiers des explications sur les propos que ces fonctionnaires, tant en Serbie qu’à l’étranger, ont tenus après l’attentat dans des interviews et qui, d’après l’affirmation du gouvernement impérial et royal, ont été hostiles à la monarchie, dès que le gouvernement impérial et royal lui aura communiqué les passages en question de ces propos, et dès qu’il aura démontré que les propos employés ont, en effet, été tenus par lesdits fonctionnaires, propos au sujet desquels le gouvernement royal lui-même aura soin de recueillir des preuves et convictions.

    10° Le gouvernement royal informe le gouvernement impérial et royal de l’exécution des mesures comprises dans les points précédents en tant que cela n’a pas été déjà fait par la présente note. Aussitôt que chaque mesure aura été ordonnée et exécutée, dans le cas où le gouvernement impérial et royal ne serait pas satisfait de cette réponse, le gouvernement royal serbe, considérant qu’il est de l’intérêt commun de ne pas précipiter la solution de cette question, est prêt, comme toujours, à accepter une entente pacifique en remettant cette question soit à la décision du tribunal international de La Haye, soit aux grandes puissances qui ont pris part à l’élaboration de la déclaration que le gouvernement serbe a faite le 18/31 mars 1909.

    [Livre jaune français, p. 63-66]

     

    • Cette réponse fut prétendue insuffisante par l’Autriche, et le 28 suivant paraissait au Journal officiel de Vienne la déclaration de guerre à la Serbie.

    En même temps fut publiée une lettre-manifeste de l’empereur François-Joseph à M. Sturgkh, ministre-président, qui portait connaissance de cette décision à ses peuples.

     

    Déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie.

     

    28 juillet 1914.

    Le gouvernement royal de Serbie n’ayant pas répondu d’une manière satisfaisante à la note qui lui avait été remise par le ministre d’Autriche-Hongrie à Belgrade, à la date du 23 juillet 1914, le gouvernement impérial et royal se trouve dans la nécessité de pourvoir lui-même à la sauvegarde de ses droits et intérêts et de recourir, à cet effet, à la force des armes. L’Autriche-Hongrie se considère donc, de ce moment, en état de guerre avec la Serbie.

    Le ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, Cte Berchtold.

     

    Manifeste de l’empereur François-Joseph – Ischl, 28 juillet.

     

    A mes peuples,

    Ce fut mon plus grand désir de consacrer les années qui me sont encore accordées par la grâce de Dieu aux œuvres de la paix et de préserver mes peuples des graves sacrifices et des charges de la guerre.

    Il en a été décidé autrement par la Providence. Les agissements d’un adversaire plein de haine m’obligent, pour défendre l’honneur de ma monarchie, pour protéger son autorité et sa puissance, pour garantir sa position, à prendre en main le glaive, après de longues années de paix.

    Le royaume de Serbie, dans une ingratitude pleine d’oubli, ce royaume qui, dès le début de son indépendance jusqu’en ces tout derniers temps, fut favorisé et protégé par mes ancêtres et par moi, s’était déjà, il y a des années, engagé dans la voie de l’hostilité contre l’Autriche-Hongrie.

    Lorsque, après trente ans de travaux de paix bénis, j’étendis mes pouvoirs souverains sur la Bosnie et sur l’Herzégovine, cette décision de ma part souleva dans le royaume de Serbie — dont cependant les droits notaient violés en aucune façon — une explosion de passion immense et une haine des plus profondes.

    A cette époque, mon gouvernement usa du beau privilège du plus fort, et, dans son indulgence et sa douceur extrêmes, il n’exigea de la Serbie que l’abaissement de l’effectif de son armée sur le pied de guerre, et la promesse qu’à l’avenir elle suivrait la voie de la paix et de l’amitié.

    Animé du même esprit de modération, mon gouvernement, lorsque, il y a deux ans, la Serbie était en lutte avec l’empire turc, s’est borné à garantir les conditions vitales les plus importantes de la monarchie.

    Grâce à cette attitude, la Serbie a pu atteindre le but qu’elle poursuivait par cette guerre.

    L’espoir que le royaume de Serbie saurait reconnaître la longanimité et l’amour de la paix de mon gouvernement en tenant sa promesse ne s’est pas réalisé. La haine contre moi et ma maison devint de plus en plus violente et plus forte. La tendance de la Serbie à vouloir détacher par la violence des territoires qui ne sauraient être séparés de l’Autriche-Hongrie s’est accusée de plus en plus.

    Mon gouvernement a entrepris en vain une dernière tentative pour amener, par des moyens pacifiques, la Serbie à changer de politique ; mais elle a repoussé les revendications modérées de mon gouvernement et a refusé de faire son devoir.

    Je me vois obligé de me créer par la force des armes les garanties indispensables qui doivent assurer à mon Etat le calme à l’intérieur et la paix permanente à l’extérieur.

    Je prends, en cette heure grave, tout le poids de ma décision et la responsabilité que j’encours devant le Tout-Puissant. J’ai tout examiné et tout étudié. En conscience, je m’engage dans la voie que me montre le devoir. 

    J’ai confiance dans mes peuples, qui, au cours de tant de tempêtes, se sont toujours unis autour de mon trône. J’ai confiance dans l’armée de l’Autriche-Hongrie, qui est animée de sentiments de bravoure et de dévouement, et j’ai confiance dans le Tout-Puissant, qui donnera la victoire à mes armées.

    François-Joseph – Sturgkh.

     

    • De son côté, le prince héritier de Serbie, Alexandre, adressait, le 30 juillet 1914, un manifeste à son peuple pour lui annoncer la guerre et une proclamation à ses troupes partant pour la frontière.

     

    Manifeste du prince Alexandre de Serbie à son peuple :

     

    Je porte à la connaissance de mes chers et vaillants Serbes le grand malheur qui frappe notre Serbie : l’Autriche-Hongrie nous a déclaré la guerre. Il faut que nous soyons maintenant tous unis, que nous montrions que, chaque fois que Vienne y eut un intérêt, elle fit aux Serbes promesse solennelle de les traiter avec équité, mais qu’elle n’a pas rempli ses promesses. C’est en vain que, sur les frontières de la Serbie et de la Croatie, tant de héros serbes ont versé leur sang pour la gloire de l’Europe et les intérêts de la cour de Vienne.

    Inutiles ont été les sacrifices faits par la Serbie pendant le règne de mon grand-père pour sauver le trône des Césars de la fureur des nations qui s’étaient élevées contre lui. C’est en vain que la Serbie a cherché à vivre en paix avec la monarchie voisine. C’a été peine perdue : les Serbes ont été soupçonnés comme Etat et comme peuple ; ils ont, par conséquent, été abaissés devant les autres nations. Il y a trente-six ans, l’Autriche a occupé les territoires serbes de Bosnie et Herzégovine ; il y a six ans, elle les a pris sans avoir aucun droit de leur retirer la liberté constitutionnelle.

    Tout cela a fait naître un profond mécontentement dans le peuple, tout particulièrement dans la jeunesse fougueuse, et a engendré finalement de la résistance et le crime de Sarajevo.

    La Serbie a déploré sincèrement cet attentat et l’a condamné. Elle s’est déclarée prête à traduire en justice tout complice de l’assassin, mais bientôt la Serbie a vu avec étonnement que les Autrichiens ne font pas remonter la responsabilité du crime à une mauvaise administration ou à des coupables uniques, mais la rejettent sur tout le royaume. Bien que ce crime ait été commis par un seul homme, sujet autrichien, et aux yeux des autorités autrichiennes, l’Autriche en a accusé les officiers serbes, le gouvernement serbe et tout le royaume serbe.

    Une pareille accusation portée contre un Etat indépendant, auquel on impute l’assassinat commis par un sujet étranger, est sans précédent dans l’histoire de l’Europe.

    L’Autriche nous a déclaré hier la guerre, sans prendre en considération les conséquences immenses d’une conflagration qu’elle pourrait provoquer, dans la pleine conscience des difficultés et du danger ; et cela, au moment où la Serbie, après deux guerres, allait récolter les fruits de ses efforts. Je suis obligé de convoquer mes braves et bons Serbes sous les drapeaux tricolores serbes. Je suis persuadé que, dans ce cas ils se montreront, comme les années précédentes, dignes de leurs ancêtres glorieux, ayant pleine confiance en Dieu et dans le triomphe final de notre œuvre si juste.

    Nous appuyant sur les sympathies de tout le monde civilisé et comptant sur l’aide de nos grands-parents et amis, nous acceptons avec nos vaillants frères du Monténégro la lutte qu’on nous imposé avec tant de rage.

    Dans notre glorieuse histoire, ancienne et moderne, de nombreux faits prouvent que, quand les Serbes ont été unis, ils ont vaincu les ennemis les plus puissants. Montrons encore une fois que nous savons nous sacrifier pour la patrie, et que ces sacrifices la sauvent d’un ennemi insolent et fort. Serbes, défendez de toutes vos forces vos foyers et la nation serbe.

     

    Proclamation du prince Alexandre de Serbie à ses troupes.

     

    Ennemie jurée de notre Etat et de notre peuple, l’Autriche-Hongrie, notre insatiable voisine, nous a furieusement attaqués.

    Elle a ses troupes massées le long de notre frontière et a essayé plusieurs fois de nous envahir pour réduire notre belle patrie à l’esclavage. Malgré les lourds sacrifices déjà consentis, elle n’est pas satisfaite et nous demande actuellement l’indépendance, la vie et l’honneur de la Serbie.

    Soldats, après les éclatantes victoires de nos armées en 1912 et 1913, après l’extension que l’Europe entière nous a reconnue par le traité de Bucarest, j’avais le plus vif désir de voir la Serbie et mes chers guerriers se reposer en paix de leurs fatigues et jouir en paix de leurs succès. C’est pourquoi la Serbie était prête à s’entendre d’une manière pacifique avec l’Autriche-Hongrie sur tous les sujets. Or, cette nation n’a pas voulu négocier, alors même que nous consentions à toutes les exigences pour obtenir une réponse pacifique.

    Elle a déclaré alors qu’elle nous attaquait pour nous humilier et nous tuer, et j’ai refusé avec mépris des exigences ignominieuses, convaincu que tous vous ferez votre devoir avec éclat et gloire pour jeter l’opprobre au visage de ceux qui nous ont insultés.

    C’est pourquoi je vous invite, quoique fatigués, à défendre encore sous vos drapeaux victorieux la patrie en danger.

    Aux armes, mes beaux héros ; vous aurez à vous battre avec un ennemi qui n’a jamais en ni fortune de guerre, ni victoire militaire. Dans cette guerre sainte, je serai votre commandant en chef. Nous nous sommes connus au feu au cours des deux dernières années, à Koumanovo, Monastir, Bregalnitza, et j’ai, avec fierté, admiré votre héroïsme et votre abnégation.

    C’est pourquoi je suis convaincu qu’en cette guerre pour la défense de la patrie et la liberté des Serbes, vous saurez agrandir votre gloire et la belle renommée de l’armée serbe.

    Vous aurez à côté de vous, au Nord, vos grands et puissants frères, les Russes, dont l’auguste empereur Nicolas II a promis le concours à la première nouvelle de l’invasion autrichienne. Vous aurez leurs héroïques alliés et nos véritables amis français qui ont déjà commencé un combat acharné avec l’Allemagne, l’alliée de l’Autriche.

    Il n’y a pas, mes héros, au monde de devoir plus sacré que de défendre sa nation, son foyer, sa religion, ses parents et ses enfants.

    C’est donc avec l’espoir en Dieu et sa justice que nous nous mettons en marche pour la gloire et pour parer nos drapeaux de nouveaux lauriers. Sur ces drapeaux, la Providence a plus que jamais écrit ces mots : « Guerre pour la liberté et pour l’indépendance de la nation serbe ».

    Vive la Serbie!

    Vive ma glorieuse armée!

    Alexandre.

     

    Devant la gravité des événements qui se succédaient avec une rapidité foudroyante, les grandes puissances européennes firent tous leurs efforts pour éviter un conflit général. L’agression contre la Serbie força la Russie à mobiliser une partie de ses troupes sur la frontière autrichienne, mais tout espoir d’entente n’était pas encore perdu.

    Pourtant, ni les efforts des diplomates ni l’intervention personnelle du tsar Nicolas II et du roi George V auprès de Guillaume II ne purent empêcher l’Allemagne d’arriver à ses fins et de provoquer la grande guerre qu’elle avait préparée et qu’elle voulait à tout prix.

     

    • Le 31 juillet 1914, Guillaume II, s’adressant à la foule massée devant le palais impérial de Berlin, prononçait les paroles suivantes :

     

    Discours de l’empereur Guillaume Il au peuple allemand

     

    C’est un jour et une heure sombres pour l’Allemagne. Des gens envieux, de tous côtés, nous forcent à une juste défense. L’épée est placée de force dans nos mains. J’espère que si, à la dernière heure, mes efforts ne réussissent pas à amener nos adversaires à s’entendre avec nous et à maintenir la paix, avec l’aide de Dieu nous userons de l’épée de façon telle que, lorsque tout sera fini, nous la remettrons dans le fourreau avec honneur.

    Une guerre réclamerait de nous d’énormes sacrifices d’existences et d’argent, mais nous montrerons à nos ennemis ce que c’est que de provoquer l’Allemagne. Et maintenant, je vous recommande tous à Dieu. Allez à l’église, agenouillez-vous devant Dieu et priez-le de soutenir notre brave armée.

     

     

  • One Response à “Le 28 juillet 1914 – La déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie”

    • Miroux gérard on 13 novembre 2016

      Est ce que quelqu’un peut me donner l’heure de le déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie le 28 juillet 1914?

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