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  • 9 octobre 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     L’offensive Friedensturm

     

    L’offensive Friedensturm

    D’après « La Deuxième bataille de la Marne » – Manufacture française des pneumatiques Michelin – 1919

     

    Pressés d’en finir et hypnotisés, comme en 1914, par Paris, qu’ils menacent à la fois par la vallée de l’Oise au nord, par les vallées de l’Ourcq et de la Marne, à l’Est, les Allemands décident une nouvelle offensive, plus formidable encore. C’est le « Friedensturm » ou Bataille pour la Paix.

    Cette offensive est un moment capital de la guerre ; son échec fut pour les Allemands d’autant plus retentissant que sa conception et ses moyens avaient été plus grandioses et plus puissants. C’est la première phase de la défaite militaire allemande.

    L’attaque déborde le front de la Marne : elle s’étend, en effet, sur 90 kilomètres, de Château-Thierry à Massiges, au bord de l’Argonne.

     

    • Les objectifs de Ludendorff.

     

    Ludendorff projette, par une attaque frontale, de séparer les armées alliées du nord de celles de l’est, en tournant d’une part, Verdun par Sainte-Menehould et la vallée de l’Aisne supérieure, d’autre part, Reims et la Montagne de Reims par la vallée de la Marne.

    Ce résultat obtenu, il se rabattra sur Paris qui ne pourra résister longtemps. C’est le rêve de von Moltke caressé à nouveau quatre ans après la première bataille de la Marne.

    Pour réaliser ce plan ambitieux, l’ennemi ramasse tous ses moyens dans un effort ultime. Pendant un mois, il concentre sans cesse chars d’assaut et troupes d’attaque, batteries lourdes et de campagne ; il accumule les dépôts de munitions jusqu’aux abords des premières lignes, rassemble un matériel de ponts formidable. Tous ces préparatifs se font de nuit et toutes les précautions minutieusement prévues pour dissimuler les mouvements sont appliquées avec une rigueur mécanique.

    Entre Château-Thierry et Reims, le but allemand est double : d’une part, franchir la Marne et marcher au sud sur Montmirail et la vallée du Petit-Morin ; d’autre part, longer la rivière vers l’est pour tomber sur Epernay.

    Les objectifs prévus pour le premier jour sont Epernay et des points à 8 ou 10 kilomètres au sud de la Marne. Le front d’attaque s’étendra de Chartèves (8 km. Est de Château-Thierry) à Vrigny (8 km. Ouest de Reims).

    Avant le 15 juillet, l’ennemi avait en ligne sur le front d’attaque 7 divisions ; il leur en adjoint 7 autres. Au total, sur la montagne de Reims et la Marne, en ligne et en réserve, il a 30 divisions environ, dont quelques-unes sont parmi les plus réputées de l’Allemagne : en particulier, les 1e et 2e divisions de la Garde et la 200e division (chasseurs).

    En dépit de toutes ses précautions, Ludendorff n’a pas surpris le commandement français qui a pu, grâce à ses services de renseignements et de reconnaissances aériennes, délimiter presque complètement à l’avance le cadre de l’offensive allemande et en déterminer l’heure.

     

    • Le 15 juillet.

     

    Dans la soirée du 14 juillet, la préparation d’artillerie commence vers minuit et l’attaque, dont l’heure est décalée, semble-t-il, de l’Ouest à l’Est, se déclenche à 1 h. 20 au Sud de la Marne, à 4 h. 20 à Chaumuzy.

    Pendant la nuit, l’ennemi jette des ponts et des passerelles, sur la Marne, deux entre Tréloup et Dormans, les plus importants, de 8 à 10 mètres de large, d’autres en face de Soilly, Courthiézy, Reuilly, Jaulgonne, Mézy et Chartèves.

    Avant le lever du jour, l’ennemi franchit la Marne, et attaque de Chartèves à Mareuil-le-Port, les divisions de première ligne établies sur la rive sud. Les positions de Courthiézy, Soilly, Chavenay, Troissy, Nesle-le-Repons, sont âprement défendues. Le terrain n’est cédé que pied à pied et toute cette région est le théâtre de combats héroïques. Le 33e colonial, entre autres unités, se couvre de gloire par sa défense de Mareuil-le-Port et par sa résistance dans les bois de Nesle-le-Repons. Les Allemands sont arrêtés sur la ligne Celles-lès-Condé, la Chapelle-Monthodon, Comblizy (où déjà les réserves françaises passent à la contre-attaque), Œuilly, Reuil.

    Au nord de la Marne l’attaque, contenue toute la matinée sur la première position par 2 divisions françaises et le 2e corps italien, progresse dans la soirée jusqu’à la seconde position où elle est arrêtée.

    Pendant toute la journée, malgré les épais rideaux de fumée qui les dissimulent, les avions alliés repèrent les ponts jetés sur la Marne et les bombardent à faible hauteur ; ils en détruisent plusieurs, précipitant les troupes et les convois dans la rivière ; ensuite, ils attaquent à la mitrailleuse les troupes qui ont débouché sur la rive sud.

    Dans la seule journée du 15, les bombardiers français, aidés par leurs camarades américains et britanniques, jettent 44 tonnes de projectiles sur les passages de la Marne et infligent à l’ennemi des pertes considérables. « Il n’y a guère de fleuve qui ait été aussi bien défendu », dira le Berliner Tageblalt, le 17 juillet. Jamais hommage ne fut d’ailleurs plus mérité.

     

    • Le 16 juillet.

     

    Le 16, au sud de la Marne, des divisions françaises amenées en renfort continuent vers la Chapelle-Monthodon, les contre-attaques dessinées la veille au soir. L’ennemi, contenu sur ce point, pousse énergiquement sur Epernay. Le soir, vers 16 heures, partant de l’Est de Leuvrigny avec des forces importantes, il atteint le front Chêne-la-Reine, Villesaint.

    Entre la Marne et l’Ardre, Français et Italiens contre-attaquent également, mais sont rejetés sur la ligne Belval-Venteuil.

     

    • Le 17 juillet.

     

    Si Ludendorff a obtenu un léger avantage tactique au sud-ouest de Reims et sur la Marne, il a complètement échoué en Champagne.

    Renonçant à tourner Reims par l’est, il va chercher à déborder la montagne de Reims par le sud. Il lui faut un succès à tout prix. Il tente une manœuvre périlleuse, dictée autant par la témérité que par la méconnaissance des ressources françaises qu’il croit épuisées : il va s’acharner en direction d’Epernay.

    Ludendorff jette ses masses sans compter, s’efforçant, à coups d’hommes, d’atteindre le but fixé ; il lance par cinq fois, en cinq endroits différents, de grosses attaques, mais dans l’ensemble il est repoussé ; dans la vallée de l’Ardre, il doit même se défendre contre des retours offensifs.

    Pendant ce temps, 4 divisions françaises prennent une vigoureuse offensive dans la région de Dormans. Les ponts sur la Marne, bien que masqués par des nuages artificiels, sont sans cesse bombardés par les avions et les canons alliés et sont parfois détruits. L’ennemi tend à en restreindre le nombre pour augmenter les passerelles, moins vulnérables ; il a maintenant 30 passerelles entre Tréloup et Reuil-sur-Marne, la plupart entre Tréloup et Troissy.

    Ainsi la résistance alliée, loin de céder, s’accroît. Les troupes de Ludendorff n’avancent que pour reculer aussitôt et subissent de lourdes pertes ; elles s’essoufflent déjà. Soudain, la grande offensive alliée à laquelle la presse ennemie ne voulait pas croire, se déclenche, le 18 juillet, sur le flanc droit allemand et dans le dos des divisions qui luttent désespérément vers Epernay.

     

     

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