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  • 5 septembre 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le combat de Menga

    D’après « Histoire militaire de l’Afrique Equatoriale Française » – Col René André Marie Viraud – Cdt Maurice Eugène Denis – 1931

     

    Tandis que les troupes du Ouadaï opéraient contre les Kodoï dans le nord et le nord-est, Acyl avait détaché dans l’est, pour la protection de ses troupeaux, un fort contingent ouadaïen. Cette troupe fut attaquée par les Azoungari et subit le 6 juin un sanglant échec. Un des frères d’Acyl fut tué. Enhardis, les rebelles menacèrent de couper Abéché de Bir Taouil et de Toumtouma, nouveau poste inachevé défendu par le lieutenant Chaveyron.

    Après les Azoungari, les gens de Kadienga adhérèrent au mouvement insurrectionnel. Des rassemblements massalit étaient en outre signalés à Adré. Au sud d’Abéché, une caravane venant du Kordofan et de la Mecque était arrêtée et menacée de pillage à Am Guéréda sur la route de Goz Beïda à Abéché.

    Le capitaine Chauvelot atteignit Mourrah le 22 juin. Les rebelles se dispersèrent devant lui, ne cherchant guère à s’attaquer qu’aux contingents d’Acyl. La répression s’annonçait donc facile lorsque, le 28 juin, on apprit à Abéché la rentrée en scène de l’ex-sultan Doudmourrah. De Chokoyan, celui-ci organisait la guerre contre les Français « et leur créature, l’usurpateur Acyl ».

    Une nouvelle colonne fut constituée avec la 10e compagnie (capitaine Velle), la section d’artillerie Maulouin et une section de la 5e compagnie. Cette colonne quitta Abéché le 29 juin et marcha sur Chokoyan. Ordre fut envoyé au capitaine Chauvelot de rejoindre le capitaine Velle en ce point.

    Le capitaine Chauvelot, qui avait appris en route l’intervention de Doudmourrah, avait devancé cet ordre et arrivait devant Chokoyan ce même jour, 29 juin. Doudmourrah était là avec 100 cavaliers, et 2 000 hommes à pied. L’action s’engagea aussitôt. Celle-ci, assez vive et confuse, dura jusqu’à la nuit et se termina par la fuite de Doudmourrah et de ses gens en direction du Massalit.

    Le 1er juillet au matin, le commandant Hilaire, qui avait suivi la colonne Velle, se réunit au capitaine Chauvelot près du lieu du combat. L’échec de Doudmourrah et l’arrivée de la deuxième colonne suffit à faire rentrer les Azoungari dans l’ordre. Le commandant Hilaire envoya dès lors la colonne Chauvelot sur Bir Taouil et Toumtouma pour y calmer l’effervescence. Avec les troupes amenées d’Abéché, il se porta sur les rassemblements rebelles venant renforcer Doudmourrah à Chokoyan, et qui s’étaient arrêtés à Menga, à la nouvelle du combat du 29.

    La marche fut reprise sur Menga le 2 juillet. Le 3 à 8 heures 30, la colonne atteignait le versant nord du ravin de Menga. Devant elle, le terrain descendait en glacis broussailleux jusqu’au lit d’un oued à sec. Au-delà, il remontait, couvert de bois d’épineux. Sur le sommet, on découvrait plusieurs villages. Des groupes nombreux sortaient de Menga Derdi et glissaient dans les bois où ils paraissaient attendre le passage de la colonne dans le fond très fourré de l’oued pour l’assaillir.

    Pour attirer l’ennemi en dehors des couverts, les cavaliers auxiliaires furent poussés en ayant. Accroché, l’ennemi se porta à l’attaque. Les auxiliaires se replièrent sur les ailes de la colonne déployée, établie à une centaine de mètres de la lisière du bois d’épineux.

    Aux deux obus tirés par l’artillerie sur un groupe de fanions aperçus à travers les arbres, une immense clameur retentit : « Allah » et la horde fanatique, 1 200 hommes environ, progressant rapidement à travers les fourrés, se porta à l’attaque.

    Le feu des tirailleurs cloua l’ennemi à quelques centaines de mètres de leur ligne. Un fanion rouge disparut, avec le cavalier qui le portait, dans l’éclatement d’un obus. Le fanion, deux fois relevé, fut encore deux fois abattu. Un étendard blanc et bleu ne disparut qu’à la troisième chute.

    Menacés par le mouvement des sections qui prenaient l’offensive, les rebelles commencèrent à refluer dans l’oued vers 10 heures. La poursuite, effectuée par échelons, se heurta encore à des éléments résistant désespérément, en particulier devant le village de Menga Derdi. A midi, les derniers insurgés s’égaillaient sous bois et disparaissaient. Les étendards furent ramassés au milieu de deux monceaux de cadavres.

    Fanatisés par les cavaliers de Doudmourrah qui promettaient la victoire et par les marabouts qui avaient assuré que les écrits magiques cousus dans les étendards feraient fuir les tirailleurs quand serait poussé le cri d’ « Allah », les hordes rebelles avaient offert une résistance furieuse et souvent héroïque.

    Le 4 juillet, Am Guéréda fut atteint. La caravane du Kordofan qui y était arrêtée était saine et sauve. Pendant quelques jours encore, la colonne opéra aux alentours d’Am Guéréda, et reçut les soumissions. Le 10, le commandant Hilaire rentrait à Abéché.

     

     

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