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  • 11 août 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Sabordage de la flotte prussienne

    Le sabordage de la flotte allemande à Scapa-Flow

    D’après « Le Génie civil » – 5 juillet 1919

     

    Le coulage de la flotte allemande internée à Scapa-Flow (Iles Orcades), le 21 juin 1919. — On sait qu’aux termes d’une des stipulations de l’armistice conclu avec l’Allemagne, le 11 novembre 1918, les navires de guerre de surface de cette puissance devaient « être immédiatement désarmés et internés dans des ports neutres ou alliés, et y demeurer sous la surveillance des Alliés et des États-Unis, des détachements de garde étant seuls maintenus à bord ».

    En fait, l’ensemble des navires désignés par les Alliés, soit 11 cuirassés, 5 croiseurs de bataille, 7 croiseurs légers et 50 destroyers, avait été, peu de jours après l’armistice, réuni dans la baie de Scapa-Flow, au centre de l’archipel des Orcades, c’est-à-dire au nord de L’Ecosse, et y demeurait depuis lors, sous la surveillance des autorités navales anglaises, mais sous l’autorité effective de l’amiral allemand von Reuter.

    Il est à noter, en effet, que la flotte étant simplement internée et non prisonnière de guerre, les Alliés n’avaient pas cru devoir en retirer les équipages de garde allemands, ni même placer ceux-ci sous le contrôle et les ordres directs et absolus des Anglais.

    En résumé, la flotte internée, jouissant d’une certaine autonomie, attendait que les Alliés décidassent de son sort définitif, au sujet duquel deux conceptions s’étaient fait jour.

    Une partie de l’opinion anglaise avait d’abord désiré, dans une intention pacifiste, que cette flotte fût solennellement détruite par les soins des Alliés. On fit remarquer immédiatement que ce serait folie d’anéantir sans profit pour personne un matériel d’une valeur aussi énorme.

    D’autre part, le Parlement français fit connaître qu’à son avis, les pertes immenses de la France, dans tous les domaines, devaient recevoir, sans préjudice de toutes autres réparations, une certaine compensation par l’incorporation, à notre marine de guerre actuellement si insuffisante, d’une bonne partie des navires allemands. Le Ministre de la Marine ne manqua pas d’insister dans ce sens auprès du Conseil des Alliés, et il était entendu en principe que la France, et aussi l’Italie, auraient une large part dans cet important butin de guerre.

    Les choses en étaient là, quand, le 21 juin, au moment où l’Allemagne était appelée à déclarer si elle acceptait ou refusait de signer le traité de paix, l’amiral von Reuter ayant donné des ordres secrets à cet effet, les équipages coulèrent simultanément presque toutes les unités confiées à leur garde, les petits bâtiments de surveillance anglais, surpris par l’événement, ne disposant pas de moyens suffisants pour l’empêcher.

    L’opération n’était d’ailleurs pas très compliquée : il a suffi d’ouvrir les grandes soupapes qui fournissent l’eau de circulation des condenseurs et des grands drains, qui au moyen de tuyauteries appropriées permettent de noyer les soutes et de remplir certains compartiments latéraux destinés à redresser le bâtiment en cas d’inclinaison dangereuse. Les équipages ont dû aussi laisser ouverts les portes et les hublots des cloisons étanches, peut-être même pratiquer, au moyen de chalumeaux à acétylène, des ouvertures dans les cloisons étanches non perforées, pour permettre la libre circulation de l’eau.

    Il leur a été également loisible de laisser ouvertes les portes-culasses des tubes lance-torpilles après avoir levé les vannes extérieures de ces mêmes tubes.

    Comme les grandes soupapes et les tubes lance-torpilles sous-marines sont placés à une assez grande distance de la surface, qu’en plus, la pression a augmenté à mesure que les navires s’enfonçaient, le volume d’eau sous pression introduit a été considérable et les navires ont été rapidement submergés.

     

     

  • One Response à “Le 21 juin 1919 – Le sabordage de la flotte allemande à Scapa-Flow”

    • michel de carné on 8 février 2018

      Préparant une conférence sur 1918, le mirage de la victoire et les illusions de la paix, j’avais besoin de connaître la date du sabordage de la flotte allemande et le nombre de bateaux envoyés par le fond. Je suis comblé. Merci

    Répondre à michel de carné


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