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  • 10 août 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le combat naval de Cherbourg

    D’après « Almanach du Magasin pittoresque » – 1865

     

    Le corsaire confédéré l’Alabama, qui s’est conquis une si triste renommée par ses funestes exploits (soixante-cinq bâtiments marchands capturés et détruits depuis moins de trois ans), avait jusqu’ici échappé aux poursuites des navires fédéraux, grâce à la vitesse de sa marche. Il avait toujours pu éviter le combat. Il était devenu la terreur et la ruine du commerce des États du Nord.

    Aussi, dès qu’on eut appris qu’il était entré dans la rade de Cherbourg pour réparer ses avaries, le Kearsarge vint croiser à l’entrée de la digue dans l’intention d’offrir le combat à son redoutable ennemi à sa sortie du port. Les deux navires étaient à peu près de même force.

    Le Kearsarge est un sloop de troisième classe, de 1 031 tonneaux, et armé de sept canons ; son équipage, officiers et matelots, était de cent cinquante-sept hommes. L’Alabama est un bâtiment de même classe, de 1 040 tonneaux, armé de huit canons, et ayant à bord cent cinquante hommes, recrutés parmi les marins les plus déterminés de toutes les nations.

    Le Kearsarge arriva en vue de Cherbourg le 14 juin. Le jour suivant, son équipage reçut une note du capitaine de l’Alabama, le prévenant qu’il acceptait le combat et qu’il serait prêt dans un jour ou deux. Ce ne fut que cinq jours plus tard que l’Alabama, sortant du port, fut aperçu par le Kearsarge., qui se dirigea immédiatement vers la pleine mer, afin d’éviter tout conflit avec la marine française, protectrice de la neutralité.

    Lorsqu’il fut assez éloigné des côtes, il vira de bord et gouverna sur l’Alabama. Celui-ci lui envoya deux bordées et une partie d’une troisième. Aucun boulet n’atteignit le Kearsarge, qui répondit alors, cherchant à se rapprocher de son ennemi. Les deux navires, tournant sans cesse dans une ellipse fort restreinte, passèrent sept fois en travers l’un de l’autre en se lâchant des bordées de très-près.

    Le Kearsarge reçut vingt-huit boulets dans ses agrès et treize dans sa coque ; deux boulets coupèrent les chaînes et brisèrent le revêtement de bois qui protégeait la machine, mais ils arrivèrent trop haut pour l’endommager. Trois hommes seulement furent blessés à son bord.

    Le feu du Kearsarge, mieux dirigé, fit de grands ravages à bord de l’Alabama. Il est difficile d’établir le nombre de coups qu’il reçut, presque tous étaient entrés dans ses flancs : après une heure de combat, il déploya ses voiles et chercha à rentrer dans la rade. Le Kearsarge parvint à lui couper le passage ; puis-on le vit hisser au grand mât son pavillon en signe de victoire.

    L’Alabama commençait à sombrer ; l’avant s’enfonça peu à peu dans la mer, puis le bâtiment disparut tout entier, laissant un long tourbillon derrière lui. Le bâtiment fédéral mit aussitôt ses embarcations à la mer, et parvint à recueillir soixante-deux hommes tant officiers que matelots, et les débarqua sous conditions ; deux officiers et dix matelots ont été reçus à bord d’un bateau-pilote français. Enfin un yacht anglais, qui croisait à peu de distance, sauva trente-neuf hommes d’équipage et le capitaine de l’Alabama, avec lesquels il fit immédiatement voile pour l’Angleterre.

    Pendant toute la durée du combat, et dès le matin, la digue de Cherbourg, les mâts des navires, dans le port militaire et dans la rade, les hauteurs environnant la mer, étaient couverts de spectateurs assistant de loin à ce terrible duel.

     

     

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