• 14 juillet 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La bataille d'Altenkirchen

     

    La bataille d’Altenkirchen

    D’après « Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu’en 1815 » – Louis-Eugène d’Albenas – 1818

     

    Les revers éprouvés par nos armées du Rhin à la fin de la campagne de 1795 avaient engagé le général Jourdan à proposer un armistice au général autrichien. Celui-ci ne profitant pas de ses succès, accepta une suspension d’armes toute à l’avantage de l’armée française, qui, dès lors, put réparer ses pertes et se préparer à une nouvelle campagne.

    L’armée de Sambre-et-Meuse, commandée par le général Jourdan, et celle de Rhin-et-Moselle aux ordres de Moreau, qui avait succédé à Pichegru, étaient cantonnées sur la rive gauche du Rhin dans les premiers mois de 1796.

    La première, forte de soixante-seize mille hommes, appuyant sa gauche à Dusseldorf, et maîtresse du passage sur la rive droite, s’étendait vers Bonn, Cologne, Coblentz, et avait sa droite sur la rive gauche de la Nahe, qui, sur ce point, la séparait des Autrichiens. Le général Marceau commandait cette aile, le général Championnet le centre, depuis Coblentz jusqu’à Bonn, et le général Kleber, ayant sous ses ordres les divisions Lefebvre et Collaud, commandait l’aile gauche à Dusseldorf.

    La seconde, dont la force s’élevait à soixante dix-sept mille combattants, occupait l’Alsace. La droite, aux ordres du général Férino, était sur le Haut-Rhin, entre Strasbourg et Huningue. Le général Desaix commandait le centre et garnissait le pied des Vosges. La gauche, commandée par le général Gouvion-Saint-Cyr, s’étendait depuis Albertsweiller jusqu’à Hombourg.

    Ces deux armées avaient devant elles l’armée autrichienne, de force à peu près égale, et commandée par l’archiduc Charles, qui, pour la première fois, avait le commandement en chef des armées impériales.

    Les brillantes victoires de l’armée d’Italie vinrent électriser le courage de nos armées du Rhin ; généraux et soldats attendaient impatiemment la reprise des hostilités, et virent avec joie arriver le moment de la rupture de la suspension d’armes. Elle finissait au 31 mai.

    Dès le 30, le général Kleber, commandant l’aile gauche de l’armée de Sambre-et-Meuse, passa le Rhin à Dusseldorf (seul pont que nous eussions sur ce fleuve), et réunit ses troupes sur la rive droite. Le 31, il se porta sur Bensberg, et le 1er juin sur la Sieg, où il rencontra les premiers postes de l’ennemi. Celui-ci voulut tenir et défendre le passage de cette rivière, mais repoussé sur son front par le général Lefebvre, et tourné vers sa gauche par le général Collaud, il fut obligé de se retirer sur Uckerad, laissant en notre pouvoir mille prisonniers et quatorze cents tués ou blessés.

    Le 3 juin, les Autrichiens furent poursuivis sur Altenkirchen, et là ils prirent position sur des hauteurs fortifiées d’avance, et atten- dirent les Français.

    Le général Kleber les y attaqua le 4 à la pointe du jour. Le général Lefebvre, à qui la position de l’ennemi était bien connue pour l’avoir occupée l’année précédente, forma sa division en trois colonnes, se plaça à celle du centre pour aborder de front, donna le commandement de celle de droite au chef de brigade Brunet, de la 25e légère, celle de gauche au général Soult, et soutenu par la division Collaud en seconde ligne, il marcha aux Autrichiens ; l’adjudant-général Ney avec la cavalerie légère, devait déborder l’aile gauche de l’ennemi et tâcher de lui couper la retraite.

    La division Lefebvre, où se trouvait Kleber, franchit sans obstacle les hauteurs de Weyerbuch, mais arrivé au pied des positions d’Altenkirchen, elle y éprouva la plus vive résistance. Le combat s’engagea sur toute la ligne et dura pendant deux heures avec le plus opiniâtre acharnement. Brusquant alors une attaque qui devenait plus dangereuse à mesure qu’elle se prolongeait, Kleber fait battre la charge de tous côtés. Pendant que la colonne de gauche contient les Autrichiens, celle du centre gravit les hauteurs, la baïonnette en avant, et celle de droite menace leur gauche.

    Sur ce point, le général d’Haupoult à la tête des 1er, 6e et 9e de chasseurs à cheval, fait plusieurs charges brillantes et culbute la cavalerie ennemie. Le chef d’escadron Richepance du 1er régiment de chasseurs, déjà dangereusement blessé, ayant eu deux chevaux tués sous lui, continua à combattre pendant toute l’action avec la plus rare intrépidité. Sa conduite fut si digne d’éloge, que le général Kleber le nomma général de brigade sur le champ de bataille. Cette nomination fut confirmée par le directoire.

    Contenu sur sa droite, attaqué et pressé sur son front, menacé d’être tourné par sa gauche, chargé incessamment par notre cavalerie, et inquiété sur ses communications, où s’était porté l’adjudant-général Ney , l’ennemi se mit en retraite, abandonnant toutes ses positions, après avoir perdu trois mille tués, blessés ou prisonniers, quatre drapeaux et douze pièces de canon. Le jour même, la division Collaud s’empara de Diersdorf, où elle trouva des magasins considérables.

    Ainsi donc la campagne de 1796 s’ouvrit sur le Rhin par une victoire, comme elle s’était ouverte six semaines auparavant en Italie. La petite ville d’Altenkirchen, qui quelques mois plus tard devait être témoin de nos revers et de la mort d’un général célèbre, Marceau, fut ici témoin, de notre triomphe.

     

     

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