Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 6 juillet 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le combat de M’Bia

    D’après « Histoire militaire de l’Afrique Equatoriale Française » – Cdt Maurice Eugène Denis – Col René André Marie Viraud – 1931

     

    Le 8 mai 1909, la 3e compagnie arriva à Sembé avec le commandant Garnier, chargé à nouveau de pacifier et d’organiser la nouvelle circonscription du Djouah-Sembé. Les forces militaires de la région furent réparties comme suit :
    - 120 fusils affectés à la garnison permanente des postes à N’Goïla, aux Rapides, à Sembé, Viel, Suangué, Zalangoye. Le poste d’Alati était transféré à Suangué.
    - 160 fusils forment une colonne mobile sous les ordres directs du chef de bataillon Garnier.

    Cette colonne comprenait le médecin aide-major Pic et deux compagnies de marche :
    1ère compagnie : capitaine Curault, lieutenants Poucher et Soufflay ;
    2ème compagnie : lieutenant Lorcery commandant la compagnie, lieutenant Verrier.

    Le premier but de la colonne était d’abattre la résistance du groupe bombassa et de châtier en particulier le village deM’Bia, dont les habitants avaient, en 1908, attaqué l’escorte du lieutenant-colonel Mangin lors de son retour sur N’Goïla.

    Une forte reconnaissance, conduite par les lieutenants Poucher et Soufflay, reçut mission de reconnaître la piste allant de N’Goïla à M’Bia par Viel, Boto, Zinga. Cette reconnaissance attaqua le 24 mai le village de Boto qui s’opposait à son passage. Le lieutenant Poucher fut blessé d’une balle à la tête ainsi qu’un sergent indigène. Un tirailleur était tué. La reconnaissance rentra à N’Goïla le 25 mai ayant rempli sa mission.

    Le commandant Garnier décida d’attaquer M’Bia avec deux colonnes, partant respectivement de Sembé et de N’Goïla.

    La première, composée de la compagnie Lorcery avec le chef de bataillon, quitta Sembé le 30 mai, atteignit les Rapides le 31 et bivouaqua le soir dans la forêt. Sur tout son parcours, cette colonne fut gênée par les embuscades ennemies. Le 1er juin, elle atteignait Kusso, près de M’Bia, abandonné et détruit. Une banza restait intacte qui fut occupée par un petit poste, pendant que le reste de la compagnie demeurait en forêt, attendant l’arrivée du détachement Gurault.

    A 12h30, la colonne fut démasquée par les rebelles qui attaquèrent le petit poste de Kusso. Elle se porta alors en avant et occupa le village, en se couvrant vers M’Bia avec une section (adjudant Sagnes).

    De son côté, la colonne Garnier du capitaine Curault avait quitté N’Goïla le 31 mai et s’était engagée sur la route reconnue par le lieutenant Poucher le 24 mai. Elle approchait de M’Bia le 1er juin quand elle entendit les feux de la colonne Garnier à Kusso. Le capitaine Gurault fit alors quitter le sentier et marcha résolument au combat. Ce n’est qu’après trois heures de marche dans une brousse épaisse que la colonne put déboucher devant M’Bia. Empêché par d’inextricables abatis de prendre contact avec la colonne Garnier, le capitaine Curault, avec les lieutenants Poucher et Soufflay, se porta à l’attaque droit devant lui.

    Depuis 12h30, les rebelles étaient aux prises avec la compagnie Lorcery qu’ils cherchaient à attirer sous le feu des avant-lignes organisées défensivement en avant de leur réduit.

    Vers 15h30, la section Poucher abordait la position de front pendant que là section Soufflay, chargée de déborder par la gauche, arrivait à se faufiler à quelques mètres d’une entrée pratiquée dans l’enceinte du village.

    Absorbés par le combat avec la compagnie Lorcery, les indigènes n’avaient pas éventé l’approche du capitaine Gurault. Enlevant sa troupe, le lieutenant Soufflay entraîna ses hommes à l’assaut. Il tomba grièvement blessé à la poitrine sur les palissades, mais, avec une extrême énergie, se releva et continua à commander sa section.

    Désorganisée par cette irruption soudaine, la défense faiblit ; le capitaine Curault et le lieutenant Poucher se lancèrent en avant, abattant les barricades et pénétrant dans le réduit, pendant que l’ennemi fuyait, poursuivi par les feux, jusqu’à un mamelon voisin, d’où il tenta une contre-attaque facilement repoussée.

    Pendant l’action, la section de réserve du capitaine Curault (sergent Ramières) s’était avancée à proximité de la ligne de combat.

    Surpris par l’arrivée sur leurs arrières de la compagnie Curault, les indigènes qui faisaient face à la compagnie Lorcery tentèrent de se replier sur leur réduit. Mais ils furent pris à partie par les feux de flanc de la section Ramières et furent rejetés sur la compagnie Lorcery. Ce groupement s’enfuit, ayant subi des pertes sérieuses.

    A 16 heures, tout était terminé. La colonne séjourna à Kusso jusqu’au 6 juin, envoyant des reconnaissances dans les environs. Le 7, elle gagna les Rapides, où le lieutenant Soufflay expirait à son arrivée. Son nom fut donné au poste de N’Goïla (Fort-Soufflay).

    Le 10 juin, le commandant et la compagnie Lorcery regagnèrent Sembé, laissant la compagnie Curault aux Rapides.

    La prise de M’Bia eut une grosse répercussion chez les Bombassa. Le commandant Garnier décida de hâter leur soumission en opérant contre les villages du groupe mabeza (nord-ouest de Sembé).

     

     

  • One Response à “Le 1er juin 1909 – Le combat de M’Bia”

    • KAYEMBA Jean-Pierre on 21 août 2017

      Etant originaire e la Sangha, je puis vous assurer qu’il y a confusion entre MBIA et DIA. La bataille eut lieu à DIA à environ une vingtaine de Km de Sembé. Il existait bien un village Mbia du nom éponyme de son chef, mais il est situé de l’autre côté de la Sangha, très loin de Sembé et de Gbala alias Ngbala autrement appelé Fort-Soufflay.

    Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso