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    Les prises de Kertch et d’Iénikalé

    D’après « Précis historique des opérations militaires en Orient de mars 1854 à septembre 1855 » – Albert Ducasse – 1856

     

    Le général en chef ayant prescrit une expédition sur Kertch, dans le but de priver les Russes des ressources qu’ils tiraient de l’Asie, le général d’Autemarre reçut l’ordre, le 20 mai 1855, de se rendre le lendemain 21, après la soupe du soir, à Kamiesch, pour s’y embarquer avec les troupes de sa division, renforcées du 14e bataillon de chasseurs à pied.

    Voici quelle était la composition de cette division expéditionnaire : 1ère brigade (5e bataillon de chasseurs, 19e et 26e de ligne, général Niol) ; 2ème brigade (14e bataillon de chasseurs, 39e et 74e de ligne, général Breton) ; une section du génie ; trois batteries d’artillerie, 4e et 15e du 8e, et 9e du 11e ; une demi-section de fuséens ; un peloton du 4e de chasseurs d’Afrique ; une compagnie du train des équipages ; quelques officiers des services administratifs.

    Le génie était dirigé par le chef de bataillon Dubost, l’artillerie commandée par le chef d’escadron Tryon, l’intendance et les services administratifs avaient à leur tête le sous-intendant Geoffroy. Ce petit corps présentait une force de 250 officiers, 6 820 hommes de troupes, et 617 chevaux ou mulets.

    Le 21 mai, les troupes étaient réunies sur la plage de Kamiesch, et le 22, à quatre heures du matin, l’embarquement commença, pour être achevé le même jour à deux heures après midi.

    Le personnel et le matériel furent répartis sur vingt-deux bâtiments de guerre à vapeur, aux ordres du vice-amiral Bruat, commandant en chef de l’escadre de la mer Noire. On donna aux soldats quatre jours de vivres de campagne, dix de vivres ordinaires, 60 cartouches, et 80 aux chasseurs à pied.

    Le 24, l’expédition étant arrivée à deux lieues et demie au sud de Kertch, au cap Kamiesch-Bouroum, le débarquement fut à l’instant commencé. Il était une heure de l’après-midi. Un premier voyage conduisit à terre le 5e bataillon de chasseurs et quatre compagnies du 14e.

    A deux heures, la 1e brigade étant complètement débarquée, ainsi que la section du génie et quatre bouches à feu, avec leurs caissons, ces troupes se formèrent sur la plage sans que l’ennemi cherchât à s’opposer à l’opération.

    Les Russes avaient pris position sur la route de Kertch à Arabat, pour protéger les convois et une émigration considérable.

    La plaine de Kamiesch-Bouroum, sur laquelle la 1e brigade avait pris pied, étant dominée au nord par des hauteurs assez escarpées, les premiers pelotons débarqués s’y établirent. Bientôt les deux brigades se rangèrent en arrière des chasseurs à pied, dans une plaine au centre de laquelle se trouvait un lac.

    Les Anglais se formèrent à notre gauche, les Turcs en arrière. Le commandant du 5e bataillon de chasseurs prévint qu’il avait devant lui de la cavalerie et de l’infanterie dont il ne pouvait apprécier la force. Le général d’Autemarre, prenant aussitôt les 19e et 26e de ligne, se porta sur la position avec les quatre bouches à feu débarquées. L’ordre de marcher en avant fut donné. Les chasseurs couvrirent le mouvement. Les 19e et 26e se formèrent par bataillons en masse. A quatre heures du soir, la 2e brigade rejoignit la 1e.

    Les Russes, cependant, commençaient à faire sauter les batteries qui défendaient l’entrée du port de Kertch au sud. Les explosions se succédèrent rapidement sur ces points et au lazaret.

    La division expéditionnaire se mit en mouvement dans l’ordre suivant : la 1e brigade en échelons, par bataillons, à quatre-vingts pas, le bataillon de droite s’appuyant aux escarpements de la côte ; l’artillerie au centre ; les chasseurs à pied sur le flanc gauche et en avant de l’ordre de marche.

    Le 74e seul resta sur la plage pour aider au débarquement du matériel de l’artillerie et de l’ambulance. L’ennemi, sans attaquer, longeait le flanc gauche de la colonne. On arriva ainsi, à six heures et demie du soir, au village nommé Vieille-Quarantaine. Kertch et les batteries étaient abandonnés. On s’établit au bivouac.

    La nuit, des incendies considérables allumés par les Russes se déclarèrent sur plusieurs points, tout autour de la ville ; des détonations se firent entendre dans la direction de Iénikalé.

    Le lendemain 25, le débarquement du personnel et du matériel étant achevé, la division se porta sur la route de Iénikalé, place à la hauteur de laquelle elle arriva vers midi, après une marche pénible sous une température élevée.

    Le bivouac fut tracé, les troupes tournant le dos à la ville. On avait trouvé au lazaret des munitions et dix-huit pièces enclouées. Là comme à Kertch, comme à Iénikalé, les Russes avaient procédé avec précipitation à leur acte de destruction. Les troupes alliées furent employées à éteindre et à concentrer les incendies, qui menaçaient de prendre des proportions considérables. Le 26, on était maître du feu. On organisa un état-major de place et une garnison pour entrer à lénikalé.

    Dans les premiers jours du mois suivant, le 9e de ligne, envoyé de Kamiesch comme renfort à la division d’Autemarre, débarqua. On s’occupa immédiatement à réparer les désastres causés par les Russes, et à mettre le détroit en état de défense.

    Le 10, on était prêt à marcher sur Anapa, quand on apprit la destruction de cette place par l’ennemi. L’expédition devenant sans but, les troupes s’embarquèrent le 11 pour rentrer au corps du siège devant Sébastopol.

     

     

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