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    Le combat du col du Mont

    D’après « Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables et des combats les plus fameux » – 1808

     

    Pendant que le général Kellermann organisait les services de l’armée d’Italie, et reconnaissait les points de défense nécessaires à occuper pour repousser les Piémontais, il fut frappé de l’importance du Col du Mont, ou de Grisanches.

    Ce poste, dans le cas de l’offensive, ouvrait un débouché intéressant dans la vallée d’Aoste par la vallée de Grisanches ; dans la défensive, il couvrait le bourg Saint-Maurice, et assurait la communication avec le Mont-Cenis.

    Dès le 17 avril 1795, le général Moulin tenta l’attaque du Col du Mont; la neige tombant en abondance opposa à ses troupes des difficultés qui rendirent inutile cette entreprise. Le général Moulin reprit au printemps son projet d’attaque, le 12 mai ; deux mille deux cents hommes furent divisés en trois colonnes : celle de gauche, forte de huit cents hommes, devait, en suivant le Col de la Salière, descendre au poste de la Chapelle, y laisser deux cent cinquante hommes en observation pour empêcher l’ennemi d’arriver au village de Fournel ; mais, arrêtée dans sa marche par une tourmente affreuse, elle fut obligée de rétrograder.

    A droite, quatre cents hommes devaient tourner la gauche des retranchements du Col du Mont, et tâcher d’y pénétrer au travers des glaces. Cette colonne ne put exécuter ce mouvement ; mais elle traversa les crêtes des montagnes, et arriva à sa destination au moment où sur le centre on emportait les dernières redoutes piémontaises.

    La colonne du centre, destinée à faire les principaux efforts, fut favorisée dans sa marche par un vent impétueux, portant dans les yeux des ennemis la neige, qui, tombant à gros flocons, les aveuglait et les tenait dans une parfaite sécurité.

    Après avoir traversé dans le plus grand silence les premiers retranchements, les Français arrivent jusqu’à demi-portée de pistolet d’une redoute, sans répondre au feu de l’ennemi. En moins d’une demi-heure tous les retranchements sont enlevés à la baïonnette ; on fait à l’ennemi deux cent dix prisonniers, parmi lesquels plusieurs officiers : le reste des troupes piémontaises s’échappa, ainsi que celles cantonnées au Baracon.

    Les troupes françaises montrèrent dans cet te attaque une patience et une constance incroyables ; elles marchèrent pendant dix heures au milieu des neiges, et luttant contre une tourmente affreuse.

    Le froid était si excessif, que l’eau-de vie et le vin étaient gelés dans les bidons des soldats français. Plusieurs d’entre eux s’y distinguèrent particulièrement par des actes de courage et des notions d’humanité. Le capitaine Brune, voyant un officier ennemi qui avait eu l’épaule cassée, et près de se noyer, traverse la rivière, le charge sur ses épaules, et le porte dans une maison voisine. Presque en même temps l’adjoint aux adjudants généraux, Siaud, entend les cris d’un volontaire français blessé qui se trouvait près de tomber entre les mains de l’ennemi ; il traverse la rivière sous le feu le plus vif, et remporte le volontaire blessé.

    Quel étonnant spectacle offraient alors les armées ! On y voyait briller toutes les vertus, et la plus grande intrépidité s’y trouvait la compagne fidèle de la plus tendre humanité. La prise du Col du Mont fut d’autant plus avantageuse, qu’elle procura l’incalculable avantage à l’armée des Alpes de tenir en échec pendant toute la campagne, avec trois cent cinquante hommes, trois mille Piémontais qui pouvaient se trouver par une simple marche au centre de la vallée d’Aoste, derrière les retranchements appelés du Prince Thomas.

     

     

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