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     La bataille de Batoche

    La bataille de Batoche

    D’après « Au Canada et chez les Peaux-Rouges » – Georges Demanche – 1890

     

    Middleton, après avoir évacué ses blessés, complété ses approvisionnements, reçu quelques renforts et une mitrailleuse Gatling, que le steamer Northcote lui amène de Swift-Current, lève le camp le 7 mai, prend le 8 le contact de l’ennemi et commence, le 9 au matin, l’attaque de Batoche, où Riel a établi son quartier général et son centre de résistance.

    Les positions avancées des Métis, qui couvrent Batoche sont enlevées tout d’abord, et Middleton parvient à s’avancer jusqu’à l’église catholique qu’il occupe. Pendant qu’il exécute ce mouvement, une bande de Peaux-Rouges débouchant subitement d’un fourré, se précipite sur l’artillerie qu’elle aurait réussi à enlever si cette dernière, qui est restée attelée, n’avait pu battre en retraite immédiatement. Le feu de la mitrailleuse Gatling arrête les assaillants et les rejette dans le fourré.

    A peine remis de cette alerte, Middleton aborde la ceinture de bois qui couvre Batoche et forme la clef de la position. Mais tous ses efforts viennent échouer contre la tenace résistance des Métis qui, protégés par des tranchées et une série de rifle pits, dirigent contre les troupes canadiennes un feu aussi nourri que redoutable. Aussi les colonnes d’attaque hésitent-elles à se lancer à fond.

    Le Northcote, armé en guerre, seconde depuis la matin l’attaque des troupes ; mais, assailli par un feu des plus violents des berges élevées qui dominent la Saskatchewan, il subit des pertes graves, se trouve presque désemparé et dépasse le théâtre des opérations.

    La nuit approche lorsque le feu mis aux hautes herbes et l’offensive reprise par les Métis forcent Middleton à abandonner l’église et à se replier un peu en arrière.

    La situation est grave. Si Middleton recule, il est perdu, car sa retraite se changera inévitablement en déroute. Redoutant cette éventualité, le général en chef fait camper ses soldats sur le terrain, décidé à continuer l’attaque le lendemain.

    Le 10, la matinée est passée à se fortifier, puis la lutte recommence. Le 10e grenadiers (Toronto) et le 90e carabiniers (Winnipeg) renouvellent leurs attaques de la veille, mais la journée s’achève sans qu’un pouce de terrain ait été conquis.

    Le 11, nouvelle fusillade. Middleton esquisse un mouvement tournant, mais les Métis l’attendent et il se heurte à une série de retranchements qu’il n’ose aborder.

    Le 12, le général en chef, décidé à en finir à tout prix, tente un suprême effort. Une attaque heureuse lui livre le cimetière fortifié et un mouvement tournant prononcé fait tomber la résistance des Métis.

    Le feu de ceux-ci se ralentit, leurs munitions se font rares et, se voyant débordés, ils battent en retraite de toutes parts, abandonnant les otages retenus depuis près de deux mois, et laissant aux vainqueurs leur drapeau blanc orné de l’image de la Sainte-Vierge.

    Le triomphe des troupes canadiennes est complet, mais il n’a pas fallu moins de quatre jours de combat pour enlever des positions admirablement choisies et défendues avec un rare courage. Riel n’eut jamais sous la main que 600 hommes environ, parmi lesquels 200 Peaux-Rouges, et c’est avec ces faibles forces qu’il tint en échec les troupes fédérales. Quelle eût été sa résistance si Gros-Ours et Poundmaker avaient opéré leur jonction avec lui ! Middleton avait eu à Batoche une soixantaine d’hommes hors de combat. Les pertes de Riel, quoique mal connues, furent bien plus considérables.

    La prise de Batoche ne termine pas la guerre, mais le cœur de la résistance est brisé. Riel a disparu, mais on le sait caché dans le pays. Recherché de tous côtés, il est découvert par trois éclaireurs auxquels il se livre de lui-même (15 mai). Quant à Gabriel Dumont, qui s’est battu comme un lion, il gagne la frontière des États-Unis et se réfugie au Montana. Riel aurait pu suivre son exemple. Mais il a expliqué lui-même qu’il n’avait pas pris la fuite, parce qu’il avait foi dans la justice de sa cause.

     

     

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