• Chapelle allemande

     

    L’explosion dans le fort de Douaumont

      Le 8 mai 1916, une énorme explosion se produisait dans le fort de Douaumont et a entraîné la mort de plusieurs centaines de soldats allemands. Les raisons de cette catastrophe sont dues à la négligence et à des concours de circonstances. Une reconstitution détaillée de ces événements a été faite par le personnel médecin, le Dr Hanauer, peu de temps après la catastrophe. Le comité commémoratif 1914-1918 de la forêt d’Argonne  a rendu public le présent rapport en 1991.

    Le chirurgien Dr Hanauer (3e corps d’armée – 3e compagnie sanitaire) avait début mai suggéré de mettre en place à Douaumont un poste de secours pour blessés graves. Jusque là, seuls les blessés légers y étaient soignés tandis que les blessés plus grièvement devaient être transportés ailleurs par des chemins beaucoup plus difficiles. Beaucoup de survivants des bombardements de l’artillerie française mouraient de leurs blessures en chemin.

    Le Dr Hanauer avait obtenu l’autorisation et le 6 mai, il commandait dans le fort de Douaumont. Là, il a rencontré quatre brancardiers et a établi dans le sous-sol sous la caserne du sud une salle d’opération et une chambre sanitaire. Le Dr Hanauer a pris, après consultation avec trois médecins de troupes présents, la direction de l’hôpital. Immédiatement les blessés ont été triés et les blessés légers envoyés à l’arrière. Cela était fait chaque matin. Les blessés étaient directement traités dans la salle d’opération. On pouvait atteindre l’hôpital du poste de combat principal supérieur par l’escalier ouest qui conduit dans deux directions vers le bas. L’autre escalier conduit au poste de combat principal inférieur. Le travail à l’hôpital a immédiatement commencé.

    Le 7 mai, un obus français a explosé près du couloir du poste de secours principal et endommagé la gaine de ventilation. Une forte odeur de chlore se propagea immédiatement, ce qui laissait penser à un obus à gaz. Face à cette situation, le Dr Hanauer a laissé des bouteilles d’oxygène ouvertes, de sorte que l’air de tous les secteurs de l’hôpital s’est rapidement amélioré. Enfin des hommes ont dégagé le système de ventilation, et l’extracteur de fumée a fourni à nouveau de l’air frais.

    Le fort n’était pas un fort de bataille dans le vrai sens du terme, mais un poste avancé par rapport au front. Le front avant avait glissé de Caillette – Forêt jusqu’à Thiaumont – retour. Dans les couloirs sombres du fort, se trouvait un grand nombre de soldats provenant des réserves, des gîtes d’étapes, des escadrons de soutien, des traînards, des blessés, etc. L’eau a dû être rationnée, car elle devait être apportée de l’extérieur dans le fort par des équipages de véhicules (par exemple dans des grandes citernes) et les personnels de ravitaillement subissaient constamment des pertes. En outre, les tirs permanents de l’artillerie française sur le fort n’étaient pas sans effet. Certains tunnels, galeries et passages avaient été soufflés.

    A l’étage, le séjour n’était pas du tout agréable, chaque impact d’obus produisait bruit et poussière, même au travers des joints. Qui n’avait pas trouvé d’espace dans les casemates, s’en créait un dans une chambre ou niche aisément. Bien que le commandant et les officiers du fort contrôlent l’ordre, on trouvait encore des places pour se reposer. Dans les couloirs humides et boueux, des petits groupes étaient assis dans une odeur d’excréments et de pourriture.

    Dans le poste de combat inférieur, étaient superposés des obus de 155 français ; dans les autres pièces, il y avait un dépôt de grenades à main, des munitions d’infanterie, des lance-flammes contenant et quantité de matériels de pionnier. Entre tous ces matériels, certains soldats essayaient de faire chauffer du café. Ils prenaient de l’alcool solidifié ou la tête d’une grenade à main, en fonction de ce qu’ils avaient sous la main. Cette façon de jouer avec le feu n’était pas bien vue dans le fort et a été interdite par les officiers.

    Au petit matin du 8 mai 1916, le Dr Hanauer va connaître à l’hôpital la catastrophe de l’explosion. Vers 4.30 heures du matin, on entend tout à coup dans l’hôpital des grands cris et des courses d’affolement. L’alarme est lancée : « Les Noirs arrivent » (*).

    Peu de temps après, trois violentes détonations violentes coupent toutes les lumières. L’énorme vacarme des explosions laisse immédiatement penser qu’il y avait eu une explosion à l’intérieur du fort. Une terrible onde de choc traverse la pièce, tout est détruit autour des personnels, le Dr Hanauer est lui-même projeté contre le mur. Quand il veut s’orienter pour s’approcher du lieu de l’explosion, il voit une épaisse fumée mélangée avec de la vapeur de soufre. Il fait demi-tour précipitamment et ordonne la perception des masques à gaz ainsi que l’ouverture des bouteilles d’oxygène. Ces dispositions devaient permettre de garder l’air à intervalles réguliers supportable pour les blessés. De plus, le ventilateur a été programmé avec toute la puissance pour extraire l’épaisse fumée.

    Dans le secteur de l’hôpital, de plus en plus de fumée se propage ; la progression dans d’autres pièces est impossible tant la fumée est impénétrable. Quelques blessés avec des os brisés se glissent dans la zone de l’hôpital et peuvent être sommairement récupérés. Pour les blessés qui avaient été placés pour le transport dans une salle spéciale, il était trop tard pour les aider. L’air semblait maintenant être rempli de gaz, ce qui rendait la respiration considérablement difficile. Travailler avec des masques à gaz devenait de plus en plus difficile. On a essayé de transporter certaines personnes à travers l’ouverture du mur en ruine depuis la veille.

    Lorsque le Dr Hanauer redescend pour aider davantage les blessés, il perd conscience. Il est retrouvé par des pionniers près de la table d’opération et placé dans un endroit sûr à l’air frais, où il se réveilla vers le matin. Les troupes à l’extérieur du fort sont nécessairement aussi au courant de la catastrophe.

    A l’aube, des soldats du 12e régiment de Grenadier s’approchent du fort. Ils appartiennent à 5e  division d’infanterie, qui doit être projetée en cas d’agression. La nuit, le feu de l’artillerie les avait cloués dans le bois de Chauffour. Vers le matin, quand le feu français a quelque peu diminué, une partie du 12e glisse vers le bas sur le chemin de la forteresse. Alors le lieutenant Wolfstieg est derrière ses troupes dans le fossé du fort, il remarque l’ensemble de ses troupes à l’entrée du fort. On lui rend compte que le fort a été gazé et qu’on ne peut pas entrer à l’intérieur.

    On apercevait maintenant sur le fort et aux alentours des soldats qui erraient en apparence sans but précis. Lorsque qu’on essayait d’interroger certains de ces « zombies », on n’obtenait uniquement que des réponses aberrantes. Le lieutenant Wolfstieg décide alors d’infiltrer le fort avec deux hommes.

    Equipé d’un masque à gaz, ils pénètrent dans le couloir rempli de fumée. Ils ne voient rien, en dépit de la lampe de poche, ils tirent le masque vers le bas et maintenant ils remarquent l’horreur qui les entoure. Partout ce ne sont que des morts autour, certains semblent être paisiblement endormis, enveloppés dans des couvertures et accroupis dans les allées. Quand ils ont examiné les corps, personne ne semblait plus vivre. Tout Douaumont n’était que trous, fissures, fumées, avec une colonne de fumée noire au-dessus du bloc de béton.

    Les Français ne semblent pas particulièrement être intéressés par ce fait, notamment parce que le feu de l’artillerie est resté faible ce jour-là. On improvisa des équipes de secours afin de recueillir recueillir les premiers blessés, la plupart du temps perturbés, apathiques ou même hystériques, isolés dans des couloirs ou à proximité.

    679 soldats allemands sont inhumés dans le fort.

    (*) Les soldats allemands avaient peur des troupes noires.

    Source de l’article (allemand)

     

     

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