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     Le bombardement de Guernica

     

    Le bombardement de Guernica

    D’après le journal « Le Petit Parisien » du 28 avril 1937

     

    • L’anéantissement de Guernica par les avions allemands de l’armée de Franco.

    La ville sainte des Basques est la proie des flammes – Un carnage méthodique qui dura plus de trois heures un après-midi de marché - Les gros bombardiers d’abord qui écrasèrent la cité et les fermes des environs sous une avalanche de lourds projectiles et de grenades – Les avions de chasse ensuite, qui volant très bas, fauchèrent à la mitrailleuse les gens pris de panique qui fuyaient les abris transpercés jusqu’à huit mètres par les bombes de gros calibre - Des centaines de morts.

    Le plus effroyable raid aérien exécuté depuis la guerre civile espagnole est celui qu’effectuèrent hier après-midi les nationalistes et qui aboutit à 1a destruction quasi totale de Guernica, la plus ancienne des villes des Basques et le centre de leurs traditions culturelles.

    Le bombardement de cette ville ouverte, située loin en arrière des lignes, dura exactement, disent les messages, trois heures quinze minutes. Il fut effectué par de nombreux avions de trois types allemands, des appareils de bombardement Junker 51 et Heinkel 111 et des avions de combat Heinkel 51.

    D’après le correspondant du Times à Bilbao, qui s’est rendu sur les lieux dès 2 heures ce matin, et qui a passé de longues heures parmi les ruines de la cité, le but du bombardement était apparemment de démoraliser la population civile et de détruire le berceau de la race basque.

    Le jour avait été bien choisi. Le lundi est, en effet, jour de marché à Guernica et les paysans de toute la région s’y rendent. Il était 16h30 lorsque la cloche de l’église sonna l’alarme pour signaler l’approche des avions. Les gens se réfugièrent aussitôt dans les caves et dans les abris préparés depuis le bombardement de Durango par les escadrilles du général Mola, le 31 mars. Un prêtre prit la direction des opérations et tout se passa avec ordre.

    Un avion de bombardement allemand apparut, lança six grosses bombes. Cinq minutes après, un second avion survint et laissa tomber un nombre égal de bombes. Un quart d’heure et trois Junker vinrent continuer l’œuvre de destruction. A partir de ce moment, le bombardement augmenta d’intensité et fut continu. Il ne cessa qu’à 19h45.

    La ville de 7 000 habitants, auxquels il faut ajouter 3 000 réfugiés, avait été lentement, systématiquement détruite et dans un rayon de huit kilomètres, d’autres avions incendiaient l’une après l’autre les fermes de la région.

    Il est impossible de savoir encore le nombre des victimes mais dans l’hôpital Josefinas, par exemple, l’un des premiers objectifs touchés, quarante-deux miliciens blessés furent tués.

    Le correspondant ajoute que, dans la rue descendant de la casa de Juntas,  il a vu un endroit où cinquante personnes – la plupart des femmes et des enfants – sont, dit-on, emprisonnées dans un abri sous des monceaux de décombres embrasés. Dans les champs autour de Guernica, le nombre de morts doit être de plusieurs centaines.

    Le système employé par les appareils de bombardement allemands, écrit le correspondant du Times, peut intéresser ceux qui étudient la nouvelle science militaire. Tout d’abord, de petits groupes d’avions lancèrent de lourdes bombes et des grenades à main sur toute la ville, en attaquant un quartier après l’autre, suivant un plan bien ordonné. Puis des avions de combat volèrent très bas et fauchèrent à la mitrailleuse les gens, que la panique avait fait sortir de leurs abris, dont certains d’ailleurs avaient été percés jusqu’à des profondeurs de 7 à 8 mètres par obus d’une demie tonne. Nombre de ces malheureux furent tués, comme le furent aussi les moutons qui avaient été amenés au marché et que les aviateurs allemands massacrèrent dans leur soif apparente d’assassinat.

    Le processus du bombardement d’une ville ouverte était logique. Il s’agissait d’abord d’employer des grenades à main et d’énormes bombes pour semer la panique parmi la population, puis de mitrailler les gens pour les obliger à réfugier sous terre et enfin de déverser de grosses bombes et des bombes incendiaires pour démolir les maisons et les brûler sur leurs victimes.

    Les seules contre-mesures que pouvaient employer les Basques, en l’occurrence, furent celles que trouva l’héroïsme du clergé local. Les prêtres récitèrent des prières et ils bénirent dans les abris détruits les foules agenouillées qui comprenaient des socialistes, des anarchistes et des communistes aussi bien que des fidèles déclarés.

    Le correspondant du Times signale que tout Guernica a été la proie des flammes, à l’exception de l’historique Casa de Jutas, où se trouvent les précieuses archives de la race basque et où siégeait l’ancien Parlement provincial. Le fameux chêne de Guernica, au tronc desséché, vieux de six cents ans, près duquel les rois d’Espagne juraient de respecter les droits démocratiques des Basques, dont en retour, ils recevaient l’allégeance, et l’église de Santa Maria ont seuls été épargnés.

    L’effet causé par le bombardement de Guernica, ville sainte des Basques, a été profond et le président Iguirre, a flétri, dans un communiqué, le massacre perpétré par les aviateurs allemands au service des nationalistes espagnols.

     

    • Ce que disent les nationalistes.

    Vitoria, 27 avril (dépêche Havas).

    Le poste de Radio-Requetes a transmis à 21 heures un communiqué disant notamment :
    « Sont complètement fausses les nouvelles transmises relatives à l’incendie par les bombes de nos avions à Guernica. Nos aviateurs n’ont reçu aucun ordre pour bombarder cette population. Les incendiaires sont ceux qui, l’été dernier, ont incendié Irun et, hier, Elbar.
    Dans leur impossibilité de contenir l’avance de nos troupes, les rouges ont tout détruit et ils accusent les nationalistes de faits qui ne sont que la mise en application de leurs intentions criminelles.
    Combattants basques, déposez les armes. Nous ne voulons pas détruire votre pays. Rejetez les dirigeants qui vous trompent et qui ne désirent que votre destruction et votre ruine ».

     

    • Bilbao parle de rompre avec Valence.

    Saint-Sébastien, 27 avril (dép. Radio).

    Des bruits circulent sur le front selon lesquels il faudrait s’attendre à une capitulation massive de la province de Biscaye. De semblables rumeurs circulent également à Vitoria, mais on ne peut obtenir aucun renseignement précis à ce sujet.

    D’autre part, on mande de Vitoria que le gouvernement de Bilbao aurait l’intention de rompre avec celui de Valence, si, dans un délai de quarante-huit heures, M. Largo Caballero n’envoyait pas des secours, notamment en aviation. Passé ce délai, le gouvernement de Bilbao agirait comme il l’entendrait.

     

    • Les communications d’Ital-Cables seront soumises à la censure de Valence

    Valence, 27 avril (dép. Havas).

    Le ministre de la Communication et de la Marine marchande a pris un décret par lequel le trafic de la Compagnie Ital-Cables (Compagnia Italia del cavi telegrafici e sottomarini) est soumis à partir d’aujourd’hui au contrôle de l’Etat espagnol.

    On sait que les câbles de la compagnie italienne relient l’Italie à l’Amérique du Sud et touchent l’Espagne en trois endroits, Barcelone, Malaga et Las Palmas.

    En vertu de cette disposition, toute transmission télégraphique par les câbles de la compagnie Ital-Câbles ne pourra plus être faite sans l’autorisation du contrôle de l’Etat.

    Toute communication reçue par la voie Ital-Câbles sera soumise dès sa réception au contrôle de l’Etat pour la censure.

     

     

    Pour en savoir plus : Article site Historiweb

    Article site Histoire pour tous

    Article site Hérodote

    Analyse de la manière dont les presses basque et française ont répercuté le bombardement de Guernica.

     

     

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