Le combat de Lérida
D’après « Dictionnaire historique des batailles, sièges, et combats de terre et de mer » – 1818
Le général espagnol O’Donell, qui commandait l’armée de Catalogne, ne put rester, spectateur oisif du siège de Lérida.
Le 23 avril, à deux heures après midi, il se présenta devant le port de cette ville avec douze à quinze mille hommes. Le général Harispe envoya d’abord le quatrième régiment de hussards contre l’avant-garde ennemie. Le colonel Burthe conduisit la charge avec tant d’intrépidité, que, dans un instant, l’ennemi fut culbuté, et, pour la plus grande partie, obligé de mettre bas les armes.
Cependant la garnison voulut déboucher par la tête du pont : le colonel Robert, chargé de l’observer, la fit repentir de soif audace, et força la ville à n’être que spectatrice du combat.
Irrité de la défaite de son avant-garde, le corps ennemi se hâta pour la soutenir, et déploya une très belle ligne d’infanterie. Le général de division Musnier s’avança pour la combattre, et le général Boussart voulut aussi partager la gloire de cette journée. Avec le treizième de cuirassiers, il chargea l’ennemi au dos, et bientôt l’infanterie espagnole se trouva dans un épouvantable désordre. La cavalerie qui voulut la secourir fut aussitôt culbutée.
Tout ce qui ne tomba pas au pouvoir des Français chercha son salut dans la fuite. Le quatrième de hussards, profitant de la facilité de ses mouvements, prit une part très active aux succès du treizième de cuirassiers.
L’ennemi laissa le champ de bataille couvert de ses meilleures troupes, et il fut poursuivi, pendant près de trois lieues, l’épée dans les reins. On lui fit 5617 prisonniers, parmi lesquels le major Dupaty, qui fut blessé, huit colonels et 271 officiers. De leur côté, les Français eurent à regretter le jeune d’Houdetot, qui fut blessé à mort, ayant déjà obtenu, à dix-huit ans, la décoration de la légion d’honneur.



