• 27 avril 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    La bataille d’Eckmühl

    D’après « France militaire » – Abel Hugo – 1838

     

    Le 21 avril, à cinq heures du matin, le maréchal Davoust avait mis ses troupes en mouvement pour les diriger sur la Laber. Les divisions Friant et Saint-Hilaire culbutèrent l’ennemi qu’ils rencontrèrent en avant de la Laber, entre les villages de Leuerndorf et de Paering, et lui firent 600 prisonniers.

    Ainsi attaqué, l’archiduc Charles commença à être inquiet sur le sort de sa gauche, et il fit les dispositions suivantes. Il fit tenir au général Kollowrath, commandant le 2e corps, l’ordre de passer le Danube à Ratisbonne, pour se réunir près du Galgenberg aux troupes de la rive droite ; le général Bellegarde, commandant le 1er corps, vint remplacer le général Kollowrath entre Hemmau et Ratisbonne, et le prince de Lichtenstein, à la tête du 2e corps de réserve, s’avança sur Abbach pour pouvoir communiquer avec le 4e corps placé derrière Dinzling. Ce 4e corps se liait lui-même avec le 3e qui, de Langwart venait se poster sur les hauteurs derrière Unter-Leuchling.

    Napoléon, autant pour soutenir le maréchal Davoust que pour empêcher l’archiduc Charles de rien tenter en faveur du général Hiller, envoya le maréchal Lefebvre, avec une partie des troupes bavaroises dans la direction du corps de Davoust.

    Aux prises avec la division Friant, le 4e corps autrichien ne pouvait être soutenu à gauche par le 3e qui, pressé par la division Saint-Hilaire, avait abandonné Schierling, ni à droite par le 2e corps de réserve, qui commençait à peine son mouvement sur Abbach ; aussi le général Rosemberg, qui commandait le 4e corps, se replia et vint prendre position sur les hauteurs en arrière de Unter-Leuchling.

    L’armée de l’archiduc Charles formait alors une ligne entre la Laber et le Danube, depuis Eckmühl jusqu’à deux lieues en deçà de Ratisbonne. Elle avait devant elle, à gauche, les divisions Friant, Saint-Hilaire et Montbrun ; à droite les Bavarois, commandés par le maréchal Lefebvre, et qui venaient d’occuper Schierling et un plateau entre ce village et le bois d’Hobewald. Les forces réunies des deux maréchaux s’élevaient à peine à 30 000 hommes.

    L’Archiduc commença enfin à soupçonner qu’il n’avait affaire qu’à une partie de l’armée française dont il aurait pu avoir raison depuis deux jours. En conséquence, il employa la nuit du 21 au 22 à tout préparer pour une attaque générale. Il dirigea le général Kollowrath avec son corps sur la chaussée d’Abbach ; le prince de Lichtenstein se porta sur Peising avec le 2e de réserve ; les 3e et 4e corps restèrent, avec les douze bataillons de grenadiers, dans leurs positions.

    Le 22 avril, au matin, l’Empereur se mit en marche, avec les deux divisions Morand et Gudin, commandées par le duc de Montebello, le corps de Masséna, les divisions de cuirassiers Nansouty et Saint-Sulpice, une brigade de chasseurs et la division wurtembergeoise. Le reste de l’armée avait été envoyé, comme on l’а vu, sous les ordres du maréchal Bessières à la poursuite des 5e et 6e corps autrichiens, dans leur retraite sur l’Inn.

    A deux heures après midi, Napoléon arriva vis-à-vis d’Eckmühl, où les quatre corps de l’armée autrichienne , formant 110 000 hommes, étaient en position sous le commandement de l’archiduc Charles. Le général Kollowrath avait pris position près de la chaussée d’Abbach, au village d’Isling ; le prince de Lichtenstein était avec l’Archiduc, en avant d’Eglowsheim ; le général Hohenzollern entre Eglowsheim et Eckmühl, dont le château était occupé ; le prince de Hosemberg était à Unter-Leuchling.

    Le canon qui se fit entendre sur la route de Landshut apprit à l’Archiduc qu’il allait avoir à combattre, sur son flanc gauche, l’armée commandée par Napoléon lui-même.

    Dès que ces nouvelles colonnes furent arrivées sur le champ de bataille, l’attaque commença.

    Le maréchal Davoust, débouchant de Schierling par sa droite, attaqua les hauteurs d’Ober et d’Unter-Leuchling ; le 2e d’infanterie légère, de la division Saint Hilaire, en déposta promptement les Autrichiens.

    Napoléon faisait, pendant ce temps, attaquer vigoureusement Eckmühl. Le maréchal Lannes reçut l’ordre de passer la Laber avec les divisions Morand et Gudin, et de déborder l’aile gauche de l’ennemi.

    Toute la cavalerie, composée de seize régiments, appuya ce mouvement, et toute l’infanterie wurtembergeoise se porta directement sur Eckmühl. Une batterie de seize pièces fut tournée par la cavalerie bavaroise ; le village d’Eckmühl et son château furent emportés à la baïonnette par les Wurtembergeois, ayant à leur tête le général Vandamme.

    Pressés sur leur centre, et au moment d’être débordés sur leurs deux ailes, les Autrichiens, battirent en retraite sur la droite vers le reste de leur armée ; mais la cavalerie française se mit à leur poursuite.

    La nuit approchait, il était sept heures du soir. Les généraux Saint-Sulpice et Nansouty firent former leurs divisions en masse, et débouchèrent dans la plaine, entre Hagerstadt et Eglowsheim, des deux côtés de la chaussée. Ce mouvement fut imité par les dragons bavarois et la cavalerie légère qui s’étendirent jusqu’à la chaussée de Ratisbonne à Straubing.

    Les Autrichiens n’avaient alors à opposer à cette cavalerie formidable que deux régiments de cuirassiers placés en avant d’Eglowsheim, et quelques débris de régiments de hussards qui étaient venus s’y rallier. Aussi cette faible troupe fut bientôt mise en pleine déroute, ils prirent la fuite, renversant sur leur passage plusieurs bataillons de leur propre infanterie.

    Heureusement pour l’ennemi, le prince de Lichtenstein revint avec sa cavalerie pour prendre une position en arrière, et tomba sur le flanc des cuirassiers français, dont la poursuite fut ainsi arrêtée. La nuit mit fin au combat.

    Pendant la nuit, l’armée autrichienne se reforma. L’Archiduc, pour couvrir sa retraite et le pont de Ratisbonne, ordonna au général Kollowrath d’abandonner Abbach, et de revenir se porter sous Ratisbonne, entre cette ville et le village d’Isling. Le 2e corps de réserve et les débris des 3e et 4e furent réunis entre Schuemassing et Gobelkofen.

    Les Autrichiens eurent dans cette affaire 5 000 hommes tués ou blessés. La plus grande partie de leur artillerie, quinze drapeaux et 20 000 prisonniers tombèrent au pouvoir des Français, qui ne perdirent que 2 000 hommes tués ou blessés.

    L’armée eut à regretter le général de division Cervoni, chef d’état major du maréchal Lannes, qui fut emporté par un boulet. Le général Clément de La Roncière, commandant une brigade de cuirassiers, eut un bras emporté.

    L’armée française bivouaqua dans la plaine, en avant d’Eglowsheim ; la cavalerie légère s’étendait jusqu’au Danube.

     

     

  • One Response à “Le 22 avril 1809 – La bataille d’Eckmühl”

    • Sylvain Foulquier on 11 avril 2016

      A Eckmül, l’armée autrichienne a perdu près de 6000 hommes tués ou blessés et 4000 prisonniers.
      Les pertes de l’armée française s’élèvent à environ 3500 hommes tués ou blessés.
      Le régiment de la division Saint-Hilaire qui s’est illustré est le 10ème léger, et non le 2ème léger

    Répondre à Sylvain Foulquier


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