• 20 avril 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    La bataille de la Martinique

     

    Le combat de la Martinique

    D’après « Histoire de la guerre de l’indépendance des États-Unis » – Odet-Julien Le Boucher – 1830

     

    Le comte de Guichen était arrivé le 23 mars, sain et sauf avec toute sa flotte, et les opérations militaires allaient y recommencer avec une nouvelle vigueur. Effectivement, l’amiral français de concert avec le marquis de Bouillé, se présenta, le 24, avec vingt-deux vaisseaux de ligne, devant Sainte-Lucie. Mais à la vue de seize vaisseaux de ligne anglais embossés au Gros-Ilet, il lui fallut abandonner tous ses projets d’attaque contre cette île, et retourner à la Martinique.

    Dès que son armée y eut pris tous les rafraîchissements dont elle avait besoin, l’amiral français remit en mer, le 13 avril, avec quatre mille hommes qu’il avait distribués sur tous ses vaisseaux et frégates, et qui étaient destinés à former, sous les ordres du marquis de Bouillé, toutes les attaques qu’il pourrait protéger.

    Il avait le projet de débouquer par le canal de la Dominique, pour remonter au vent de la Martinique, d’y attirer la flotte anglaise, et de la provoquer au combat. Il était occupé à lutter contre les courants et les vents contraires, lorsqu’il eut connaissance, le 16, de la flotte anglaise, au vent à lui. Alors il signala l’ordre de bataille et les manœuvres propres à l’en rapprocher et à lui procurer l’avantage du vent.

    Il parut d’abord que l’amiral Rodney, sous le commandement duquel la Grande-Bretagne avait mis toutes ses forces navales aux Antilles, ne voulait qu’observer les Français. Mais le comte de Guichen le voyant porter, à huit heures du soir, sur son arrière-garde, fit aussitôt revirer son armée vent devant et prendre les mêmes amures que les vaisseaux anglais, qui tinrent alors le vent et mirent au bord opposé. L’amiral français ordonna encore plusieurs autres évolutions, toutes relatives aux mouvements des Anglais.

    S’apercevant ensuite, le 17 avril au matin, que l’armée britannique arrivait dans l’ordre de bataille suivant :

     

    Tués

    Blessés

    Navire

    Canons

    Capitaines

    Avant-garde

    4

    34

    Le Stirling-Castle

    64

    Carket

    4

    13

    L’Ajax

    74

    Uvelade

    9

    15

    L’Elisabeth

    74

    Mailland

    5

    124

    La Princesse Royale

    90

    Hyde Parker, vice-amiral
    Hammond, capitaine de pavillon

    3

    2

    L’Albion

    74

    Bowier

     

     

    Le Terrible

    74

    Douglas

    16

    26

    Le Trident

    64

    Molloy

    Corps de bataille

    2

    30

    Le Grafton

    74

    Collingwood

    5

    15

    L’Yarmouth

    74

    Bateman

    21

    49

    Le Cornwall

    74

    Edwards

    18

    51

    Le Sandwick

    90

    Rodney, amiral
    Young, capitaine de pavillon

     

    12

    Le Suffolk

    74

    Crespin

    2

     

    Le Boyne

    70

    Cotton

     

    2

    Le Vigilant

    64

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    Arrière-garde
    Le Centurion, de cinquante canons, était placé à l’arrière-garde pour la seconder en cas de besoin.

    1

    6

    La Vengeance

    74

    Hotham

    2

    3

    Le Medway

    60

    Philip Affleck

    9

    26

    Le Montagu

    74

    Houlton

    13

    36

    Le Conqueror

    74

    Rowley, contre-amiral
    Watson, capitaine de vaisseau

    7

    9

    L’Intrépide

    64

    Saint-John

    1

    10

    Le Magnificent

    74

    Elphinston

     

    qu’elle se reformait successivement et manœuvrait pour tomber avec toutes ses forces sur son arrière-garde, il fit revirer la sienne tout à la fois, le 17 à neuf heures du matin.

     

    Cette évolution fut suivie des signaux de se rallier à l’ordre de bataille tribord, de serrer la ligne, et de suivre les mouvements de l’Intrépide, chef de file dans l’ordre de bataille inverse suivant :

     

    Tués

    Blessés

    Navire

    Canons

    Capitaines

    Escadre bleue ou Arrière-garde

    8

    53

    L’Intrépide

    74

    Duplessis Parscau

    5

    20

    Le Triton

    64

    De Boades

    5

    9

    Le Magnifique

    74

    Le chevalier de Brach

    14

    16

    Le Robuste

    74

    Le comte de Grasse, commandant
    De Longueville, capitaine de pavillon

    5

    19

    Le Sphinx

    64

    De Soulanges

    13

    58

    L’Artésien

    64

    De Peynier

    5

    10

    L’Hercule

    74

    D’Amblimont

    Escadre blanche ou Corps de bataille

    6

    16

    Le Caton

    64

    De Frammont

    5

    10

    La Victoire

    74

    D’Albert Saint-Hippolyte

    8

    16

    Le Fendant

    74

    Le marquis de Vaudreuil

    3

    2

    La Couronne

    80

    Le comte de Guichen, général
    Buor de La Chaualière, Cap.dep.
    Buor de La Charoulière, maj.

    20

    53

    Le Palmier

    74

    Le Chevalier de Monteil

    4

    15

    L’Indien

    64

    Le Chevalier de Balleroi

    9

    20

    L’Actionnaire

    64

    De Larchantel

    Escadre blanche et bleue ou Avant-garde

    22

    43

    Le Destin

    74

    Dumaitz de Goimpy

    8

    27

    Le Vengeur

    64

    Le Chevalier de Retz

    22

    35

    Le Saint-Michel

    60

    Daymar

    7

    32

    Le Pluton

    74

    De la Marthonie

    5

    26

    Le Triomphant

    80

    Le Chevalier de Sade, commandant
    Le Chevalier de Gras-Préville, cap. de pavillon

    35

    31

    Le Souverain

    74

    De Glandevès

    6

    29

    Le Solitaire

    64

    De Cicé

    6

    15

    Le Citoyen

    74

    De Nieuil

     

    Les Français continuèrent cet ordre de bataille et de marche toutes voiles dehors, jusqu’au moment où le combat s’engagea, à une heure après midi, à l’avant et à l’arrière-garde des deux escadres.

    En forçant de voiles depuis onze heures du matin, l’armée française avait d’autant plus étendu sa ligne, que les vaisseaux qui composaient son escadre blanche et bleue étaient moins bons voiliers.

    La lacune qui s’était nécessairement faite entre cette escadre et le corps de bataille devint encore plus grande par la dérive de l’Actionnaire, qui, quoique forçant de voiles, tomba sous le vent de la ligne.

    Ce fut cet instant que l’amiral Rodney saisit pour tenter de couper l’arrière-garde. Mais l’audace du Destin à tenir le Sandwick par son travers, et à le combattre obstinément à la demi-portée du fusil, et les manœuvres que faisait le corps de bataille français pour exécuter le signal de virer lof pour lof tout à la fois, rompirent toutes ses mesures, et le contraignirent de reprendre ses amures. Dans cette position, ne pouvant plus combattre l’escadre blanche et bleue, qui était tombée sous le vent, parce qu’elle avait été beaucoup dégréée, l’amiral anglais fit voiles pour attaquer le corps de bataille français. Mais voyant la mâture de son vaisseau endommagée et la ligne française se reformer, il amura, à quatre heures un quart du soir, sa grande voile, retint le vent, et le fit serrer à toute son armée. Cette dernière manœuvre mit fin au combat.

    Entre autres vaisseaux anglais, le Sandwich, qui avait été combattu, successivement par les vaisseaux français le Vengeur, le Destin et le Palmier, fut si maltraité, que peu s’en fallut qu’il ne coulât bas.

    Le Sphinx et l’Artésien soutinrent, durant plus d’une heure et avec fermeté, le feu supérieur des plus gros vaisseaux de l’avant-garde anglaise, parmi lesquels se trouvait la Princesse-Royale, jusqu’à ce que le Robuste, après avoir viré de bord, fût venu à leur secours et les eût dégagés.

    L’armée française mit en panne le 18 avril, pour se regréer, s’approcha de la Guadeloupe le 19, pour y déposer ses blessés et ses malades, et manœuvra durant tout un jour pour disputer le vent à l’armée anglaise qu’elle avait aperçue. Lorsqu’elle eut disparu, le comte de Guichen, auquel l’égalité de force entre les deux armées ne permettait pas de former l’attaque des îles de Saint-Christophe ou d’Antigues, parce que leurs garnisons avaient été complétées à l’arrivée de l’escadre française à la Martinique, prit la résolution de remonter au vent des îles par le nord de la Guadeloupe. Cet amiral se proposait de protéger le débarquement des troupes françaises, pendant qu’elles feraient, sous la conduite du marquis de Bouillé, la tentative de prendre poste au Gros-Islet.

     

     

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