• 16 avril 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    La bataille de l'ile d'Aix

     

    L’affaire des brûlots de l’île d’Aix

    Campagnes, triomphes, revers, désastres et guerres civiles des Français de 1792 à 1856 – F. Ladimir ; E. Moreau – 1856

     

    La tentative d’incendie de la ville de Boulogne en octobre 1808 n’était que le prélude de ce que se proposait le gouvernement anglais. Des projets incendiaires se manifestèrent bientôt sur tous les points, et particulièrement dans l’affaire des brûlots de l’île d’Aix.

    Une escadre, sortie de Brest vers la fin de 1808, sous les ordres du contre-amiral Villaumez, avait une mission lointaine ; elle devait, avant de prendre le large, se recruter des navires dont l’armement avait été ordonné à Lorient et à Rochefort.

    Arrivée en rade des Basques, l’escadre de Brest fit le signal d’appareillage aux quatre vaisseaux qui composaient la division de Rochefort : la Ville-de-Varsovie, le Patriote, le Jemmapes et le Calcutta, sous le commandement du capitaine Bergeret. Mais ces vaisseaux n’étaient point prêts à prendre la mer; ils n’avaient guère que la moitié de leurs équipages, et ils étaient généralement mal espalmés. L’amiral se vit donc forcé de stationner sur la rade, et son séjour y fut assez prolongé pour que les Anglais, constamment en vue, eussent le temps de se présenter assez nombreux pour contraindre M. Villaumez à venir jeter l’ancre en rade de l’île d’Aix.

    A la suite de différends fâcheux survenus entre l’amiral et le capitaine Bergeret, ces deux officiers abandonnèrent successivement leurs commandements, et toute l’escadre, composée alors de onze vaisseaux et de quatre frégates, restée sous les ordres du contre-amiral Gourdon, passa, le 16 mars 1809, sous le pavillon du vice-amiral Allemand, nouvellement promu au grade de vice-amiral et dont l’étoile, heureuse jusqu’à ce moment, avait fait la fortune militaire.

    En arborant le pavillon de commandement, l’amiral trouva l’escadre anglaise mouillée dans la rade des Basques : cette escadre comptait aussi onze vaisseaux, parmi lesquels plusieurs trois-ponts.

    Déjà supérieure en artillerie à la nôtre, elle s’accrut successivement de plusieurs bâtiments ; aussi crut-on d’abord à une attaque de vive force. Préoccupé sans doute de cette pensée, l’amiral Allemand jugea prudent de se mettre en mesure d’opposer à l’ennemi la plus forte résistance possible. A cet effet, il plaça les vaisseaux sur deux lignes parallèles : la première fut formée de cinq vaisseaux, la seconde de six ; ils étaient embossés sud quart sud-est et nord quart nord-ouest et endentés de manière à présenter un rempart formidable de canons.

    Les vaisseaux de tête avaient été mouillés assez près de l’île d’Aix pour que l’ennemi ne pût passer entre la terre et l’escadre. Une des frégates, l’Indienne, avait été placée entre les deux pointes de tête des lignes d’embossage, et les trois autres, l’Horteme, la Pallas et l’Elbe, en avant-garde. Toutes quatre eurent ordre, en cas d’attaque, de se replier en arrière sur la deuxième ligne.

    Ces dispositions étaient jusqu’ici, comme on le voit, parfaitement combinées.

    L’amiral Allemand ayant eu connaissance que des voiles arrivaient en grand nombre se ranger sous les ordres de l’amiral anglais Gambier, et que ces navires présentaient l’aspect de brûlots, eut la pensée d’établir une estacade en avant des lignes de son escadre. Les ressources du port et de l’armée, furent employées à cet usage, et l’on confia la direction de ce travail important au capitaine de frégate Perron, chef d’état-major de l’amiral, qui s’en acquitta avec autant de zèle que d’intelligence.

    On se crut alors à l’abri de toute attaque, et l’on organisa ensuite des rondes de nuit, afin de protéger l’estacade contre les tentatives probables des embarcations anglaises qui auraient voulu la briser.

    Cependant les forces de l’ennemi devenaient de plus en plus considérables. On y voyait des bâtiments d’une forme inusitée dans une escadre de guerre, et l’on fut, dès lors, convaincu que, loin de penser à une attaque franche, l’Angleterre ne comptait employer que des moyens incendiaires.

    Vers la fin du mois de mars, l’escadre de l’amiral Gambier comptait soixante-seize navires, répartis de la manière suivante : douze vaisseaux, sept frégates, sept corvettes, quatre cutters et quarante-six brûlots, transports et bâtiments légers.

    Depuis les premiers jours d’avril, on avait pu distinguer que l’ennemi étudiait la direction des courants ; il était certain pour tout le monde que sous peu de temps les Anglais tenteraient d’incendier nos vaisseaux. Par quelle fatalité alors l’amiral s’est-il enlevé lui-même tous les moyens d’éviter le danger et d’appareiller pour rentrer en rivière dans le cas où il n’eût pu résister à l’attaque des ennemis ? Au lieu d’avoir ses vaisseaux en appareillage, tous avaient les mâts de hune calés et les basses vergues sur les porte-lofs.

    Le 11 avril 1809,1e vent soufflait grand frais de la partie du nord-ouest ; le ciel était couvert, le temps à grains, la mer grosse. Les longues-vues braquées sur l’armée anglaise y firent découvrir un mouvement inaccoutumé, dont on ne soupçonna pas immédiatement l’intention.

    Mais, dans la soirée, on vit un grand nombre de navires se détacher de l’escadre et venir prendre position à peu près à égale distance des deux divisions, hors de la portée des batteries. Puis, trois frégates dirigées par lord Cochrane, vinrent mouiller près du banc de Boyard, par le travers du haut fond nommé le Pointeau. Derrière ces trois frégates se rangèrent des chasse-marées n’ayant que le mât de misaine. Les forts de l’île d’Aix et ceux des Saumonards essayèrent vainement de les atteindre.

    L’amiral Allemand ne douta plus qu’il ne dût être prochainement attaqué. Il donna, en conséquence de cette idée qui le dominait, ses ordres aux commandants des vaisseaux de l’escadre, et envoya prévenir le général Brouard, récemment arrivé à l’île d’Aix, que l’ennemi allait tenter un coup de main. Celui-ci, officier brave et déterminé, élevé à l’école de Napoléon, qui l’avait distingué, fit répondre qu’il était prêt, et que l’on pouvait compter sur lui.

    Cependant, la veille de ce jour néfaste, on avait vu des barils de goudron enflammé abandonnés sur l’eau pour indiquer à l’ennemi, d’une manière certaine, la direction des courants de flot, et l’on avait aperçu des matelots installant, sur les vergues des bâtiments du commerce, des bombes, des obus et des grappins d’abordage. Étaient-ce donc là des indices d’une attaque loyale à force ouverte ? Non, sans doute.

    Pourtant l’amiral Allemand persiste dans son fatal aveuglement, et, au lieu de donner l’ordre de rentrer en rivière, il signale aux trois frégates d’avant-garde préposées à la défense de l’estacade, liberté de manœuvre, en s’en référant à leurs instructions antérieures, qui consistaient, ainsi que nous l’avons dit, à se replier en arrière de la seconde ligne des vaisseaux.

    Le sacrifice allait donc se consommer ! A huit heures du soir, deux coups de canon, partis d’un des bâtiments ennemis, furent le signal que tout était paré, et cinq feux suspendus aux grands mâts des frégates anglaises démontrèrent que ces navires, ainsi jalonnés, étaient autant de points de repère pour la direction que devaient suivre les brûlots chargés de détruire l’escadre française.

    Le vent soufflait avec plus de violence, la nuit était noire ; la blanche écume de la mer tranchait seule sur cette obscurité profonde. On entendait, par intervalles, la voix des hommes de la flottille de garde luttant vainement contre le vent et la marée, afin de se rendre à l’estacade.

    Tout à coup, vers le centre de cette unique barrière défensive, parait une lueur rougeâtre, immédiatement suivie d’une effroyable détonation. L’air est en feu, la mer bouillonne, on croirait que le cratère d’un volcan vient de s’ouvrir. Dans toutes les directions, des matières incandescentes sont vomies, des nuées de projectiles sont lancées de toutes parts.

    C’est un catamaran destiné à la rupture de l’estacade qui vient de faire explosion. Sur ses traces arrive une masse de bâtiments qui s’enflamment, se poussent, se pressent contre l’insuffisant rempart qui protège l’armée navale française : arrêtés là, ils se heurtent avec violence ; les plus faibles s’abîment, les autres font tête contre l’estacade, et à la lueur de [cet horrible incendie on en voit encore un nombre considérable courant à pleines voiles, favorisés parle vent et la marée. Parmi ces derniers, on distingue un vaisseau à deux batteries et une frégate, portant dans leurs flancs, sur leurs ponts, sur leurs vergues, tous les éléments de destruction dirigés contre nous.

    La flamme s’ajoute à la flamme, les détonations succèdent aux détonations. Rien ne peut désormais résister. L’estacade est rompue, et bientôt l’escadre est à la merci de l’œuvre infernale sortie de la tête du colonel Congrève, récemment arrivé tout exprès pour l’ordonner et la diriger.

    Dans ce terrible moment, les frégates d’avant-garde coupent leur câbles et mettent à la voile ; elles se trouvent entre deux feux, et cependant elles s’échappent miraculeusement de cette horrible mêlée. Les brûlots entraient alors de toutes parts, dans toutes les directions, malgré le feu de notre escadre, se ruant sur nos vaisseaux, dont la perte semblait inévitable.

    Qui pourrait peindre les angoisses éprouvées alors, les traits de courage, de dévouement sublime de nos braves marins ?

    Les vaisseaux le Régulus et l’Océan furent seuls accrochés par les brûlots, mais ils parvinrent à s’en débarrasser, et dans ce mouvement, l’Océan perdit plusieurs hommes qui tombèrent dans les flammes. Parmi les autres vaisseaux, les uns, en coupant un câble et lançant sur l’autre, évitèrent les masses enflammées qui les menaçaient ; d’autres, filant toutes leurs retenues, s’abandonnèrent au vent et au courant, qui les portèrent sur divers points de la côte.

    C’est de neuf à onze heures du soir que se passa le déplorable événement que nous venons de décrire si rapidement. Pendant le reste de la nuit, les trente-trois brûlots qui flottent encore sont détournés des bâtiments français par nos embarcations, et vont s’échouer et brûler au loin sur les Palles, sur les côtes d’Oléron, sur celles de Fouras : un seul arrive jusqu’à l’embouchure du fleuve, un autre reste échoué sur l’île d’Aix, sans avoir éclaté ; c’est le Brick l’Encas, qui fut depuis armé.

    On a supposé que ce brick était un piège tendu par les Anglais, et c’en était un en effet : si un seul homme fût monté à bord sans de minutieuses précautions, il mettait inévitablement le pied sur une détente artistement cachée et destinée à faire sauter cette machine infernale.

    Que cette nuit terrible fut longue et cruelle ! Et que l’on juge des émotions éprouvées à bord des bâtiments de l’escadre ! N’est-il pas miraculeux que dans un pareil chaos, où les éléments étaient réunis à tous les moyens de destruction que le génie du mal a pu inventer, n’est-il pas incompréhensible que pas un navire n’ait été la proie des flammes ?

    Le jour paraît enfin. On se cherche ; on se compte. Tous les bâtiments, répondent à l’appel. C’est un bonheur, une joie indicibles, mais auxquels, hélas va bientôt succéder un deuil profond.

    N’anticipons pas sur les événements et traçons le tableau que présentait l’escadre le 12 au matin.

    Le Cassard et le Foudroyant, portant le pavillon du contre-amiral Gourdon, étaient restés à leur poste, enseignes déployées. L’Océan, vaisseau amiral, et le Jemmapes, étaient échoués à peu près dans le chenal qui conduit à l’embouchure de la Charente. Le Régulus flottait. La Ville-de-Varsovie, l’Aquilon, le Calcutta, le Tonnerre apparaissaient sur les Palles, touchés de manière à présenter l’arrière au nord-ouest, dans une position fatigante et surtout très défavorable en cas d’attaque.

    Un peu plus en dedans, en se rapprochant de l’île Madame, on voyait le Tourville, l’Hortense et la Pallas ; plus près de l’embouchure, l’Elbe ; ensuite le Patriote, parvenu à mouiller en rivière ; de l’autre côté, sur les roches de la pointe de l’Aiguille, l’Indienne.

    Certes rien encore n’était désespéré ; et si, à la marée suivante, plusieurs vaisseaux et frégates eussent été se mettre en ligne avec les deux vaisseaux qui avaient conservé leur mouillage, l’ennemi n’eût pas osé tenter immédiatement son audacieuse attaque. Des secours seraient arrivés du port, où l’amiral Martin, quoi qu’on en eût dit dans le temps, déployait la plus louable activité. Alors la gloire était pour la France, la honte pour l’Angleterre.

    Il n’en devait pas être ainsi : les principaux chefs semblèrent avoir l’esprit frappé de vertige. Le Foudroyant et le Cassard, dans la crainte d’être attaqués par l’ennemi que l’on voyait se disposer à appareiller, demandent et obtiennent la permission de rentrer; et, dans ce moment, l’Océan, le Patriote, le Jemmapes, le Tourville, le Régulus et trois frégates étaient à flot. Le désordre régnait à bord, il est vrai, après une nuit aussi affreuse.

    On ne fit rien pour imposer à l’ennemi, gagner du temps, quand il fallait revenir en rade et mourir en combattant ! N’avait-on pas, d’ailleurs, la protection des forts et surtout celle de l’île d’Aix ?

    Vers onze heures, l’escadre anglaise avait mis à la voile, le cap sur l’île d’Aix. A midi, plusieurs de nos vaisseaux avaient appareillé : le Régulus, l’Océan, le Foudroyant se jetaient sur la côte de Fouras. A une heure, la rade était déserte. A deux heures, seize bâtiments anglais s’approchaient des Palles, en longeant l’enrochement de Boyard, évitant ainsi le feu de l’île d’Aix, et venaient se placer de manière à enfiler de l’arrière à l’avant la Ville-de-Varsovie, l’Aquilon, et le Calcutta, qui, couchés sur le côté, ne pouvaient se défendre qu’à l’aide de quelques canons de chasse. Pendant ce temps, le Régulus, au lieu de mouiller une ancre de retenue, commettait la faute grave de s’alléger ; ce qui le montait de plus en plus sur la côte, et lui enlevait complètement l’espoir de se remettre à flot.

    Un feu roulant continuait entre la ligne anglaise et les vaisseaux touchés sur les Palles. Vers quatre heures, le Calcutta, ainsi que le beau vaisseau la-Ville-de-Varsovie, à peine sorti des chantiers de Rochefort, amenèrent leurs couleurs et devinrent la proie de l’ennemi. L’Aquilon subit le même sort, et son digne commandant, en se mettant à la place d’honneur dans le canot du capitaine anglais, eut la tête emportée par un boulet parti de son propre vaisseau.

    Le Tonnerre avait son grand mât coupé ; il faisait eau de toutes parts. Son commandant, n’espérant plus de se relever ou de se défendre se fait autoriser à abandonner son vaisseau, en y mettant le feu ; l’équipage, épuisé, débarque sur l’île Madame, et le commandant se réfugie à bord de la frégate l’Hortense. Et, le croirait-on, l’unique pensée d’un chef qui venait de sacrifier un magnifique vaisseau fut celle de sa propre conservation; en mettant le pied sur l’escalier de commandement de la frégate, il sauta de joie, frappa dans ses mains en criant : Je suis sauvé. Et pourtant cet homme était brave ! Que l’on juge, dès lors, de l’état moral de certains individus dans ce fatal moment.

    Nous voilà au milieu de la nuit. Le ciel est sombre, le vent mugit avec violence, les vagues déferlent avec furie. Les deux vaisseaux l’Aquilon et la Ville-de-Varsovie sont en feu. Le Tonnerre est aussi la proie des flammes, et ses poudres ne sont pas complètement noyées. Une épouvantable détonation se fait entendre, et aussitôt une immense gerbe de feu monte vers les nues, les inonde de clarté, et atteint la frégate l’Hortense, dont toutes les pompes jouant à la fois peuvent à peine la préserver des ravages de l’incendie.

    Par une de ces hallucinations d’un esprit frappé de terreur, M. la Caille, capitaine du Tourville, croit voir des brûlots qui le menacent, sans qu’il lui soit possible de leur échapper. Il donne l’ordre d’évacuer le vaisseau ; et, dans sa précipitation à s’en éloigner, il laisse à bord quelques hommes dont un, plus tard, doit causer sa perte et son déshonneur. Mais il reconnaît bientôt sa faute, et au point du jour, il reprend son bâtiment et le sauve. Fatale erreur qui lui coûtera, sinon la vie, au moins la perte d’une réputation acquise par de longs services !

    Le 14 et le 15, l’ennemi attaque avec neuf canonnières et quatre bombardes les vaisseaux qui sont échoués sur la côte de Fouras. L’Océan, le plus au large, présente la poupe, armée de six canons de retraite ; il est vivement canonné, vaillamment défendu jusqu’à cinq heures du soir.

    Les Anglais l’abandonnent en ce moment et vont mouiller derrière l’île Madame. Dans ce mouvement, un de leurs vaisseaux, Défiance, en louvoyant en rade de l’île d’Aix, toucha sur l’extrémité ouest des Palles et faillit y rester. Il trouva son salut en jetant ses batteries à la mer.

    Au même instant, des canonnières portant du 36, postées entre l’île d’Aix et l’île d’Enet (non armée à cette époque), font un feu soutenu contre la frégate l’Indienne, touchée sous le fort de l’Aiguille.

    Profitant du répit amené par la marée, l’Océan, le Cassard et le Tourville parviennent, avec leurs ressources et celles que leur avait fournies le port, à se mettre à flot et se halent plus en dedans. Le Foudroyant, le Jemmapes et le Régulus ne peuvent encore se tirer de leur fâcheuse situation ; le dernier surtout qui, ainsi que nous en avons fait la remarque, est monté sur les vases beaucoup plus haut que les autres. Et, d’ailleurs, le plus grand désordre règne à bord ; trois bombes y sont tombées, l’une a éclaté dans la cale et les deux autres dans les batteries.

    Pendant les jours suivants, les Anglais se tiennent dans leurs positions, sans profiter des avantages qu’elles leur offraient. Grâce à ce défaut de résolution, le Foudroyant et le Jemmapes, qui remonta dans la même marée jusqu’au Vergerou, leur échappent de nouveau. L’Indienne, après de longs et vains efforts pour se relever, est abandonnée et brûlée par son capitaine, malgré les conseils du commandant Halgan, homme d’un sang-froid et d’un jugement remarquables. Le Régulus reste donc seul exposé désormais à tous les efforts de l’ennemi. 

    Ici encore se présente une de ces anomalies de l’esprit humain dignes de remarque. Le commandant de ce vaisseau, le capitaine Lucas, un des héros de Trafalgar, fit une tache à son blason militaire en voulant absolument abandonner son vaisseau. Sans la volonté ferme de l’amiral Allemand, le sacrifice eût été consommé.

    Ces journées tristement mémorables, dans lesquelles le courage et le sang-froid de plusieurs officiers préservèrent l’escadre française d’une ruine totale, coûtèrent à l’État quatre vaisseaux et une frégate, et, de plus, des pertes énormes en munitions, en matériel, en artillerie, en hommes tués, blessés ; un nombre considérable de marins furent faits prisonniers.

     

     

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