• 14 avril 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le combat de Marcorolo

    D’après « Guerres des français en Italie depuis 1794 jusqu’à 1814 » – 1859

     

    La reprise du Monte-Faccio produisit l’effet que Masséna en attendait. Les soldats furent animés d’une nouvelle ardeur, et les mécontents génois n’osèrent plus manifester, comme ils le faisaient auparavant, leur haine contre les Français. L’ordre et le calme se rétablirent dans la ville.

    Cependant la situation de Masséna n’en était pas moins critique. Il profita du loisir momentané que lui procura ce dernier avantage pour continuer de prendre les mesures propres à assurer la conservation de Gènes, dont il confia le commandement au général Miollis. La garnison fut renforcée, les forts intérieurs et extérieurs furent approvisionnés de vivres et de munitions, non sans de grandes difficultés. Séparé de son aile gauche, le général en chef dut donner une nouvelle organisation aux troupes qui lui restaient sous la main. Elles furent partagées en deux divisions, fortes chacune d’à peu près 5 000 hommes.

    Toutefois, ne renonçant pas à l’espoir de rétablir ses communications avec le général Suchet, et ne voulant point céder au général Mélas l’avantage de l’offensive dans l’espace étroit où il se trouvait renfermé, Masséna résolut, malgré sa faiblesse, de se porter en avant, d’arrêter l’ennemi dans sa marche sur Gènes par la rivière du Ponent et de débloquer Savone, dont le sort l’inquiétait d’autant plus, qu’il savait que cette place avait à peine des vivres pour huit jours. Il fit donc instruire le général Suchet de ses projets, en lui envoyant l’ordre d’attaquer de son côté et de chercher à pénétrer jusqu’à Quilliano ; Masséna disposa le mouvement offensif de son aile droite.

    La première division, commandée par le général Gazan et dirigée par Soult, fut rassemblée à Voltri pour marcher sur Sassello ; la seconde, aux ordres du général Gardanne, et conduite par Masséna en personne, devait déboucher par Vareggio et Stella pour se porter sur Montenotte. Les deux divisions, réunies ainsi sur la crête des Apennins, devaient attaquer la droite des Autrichiens, après avoir coupé la ligne de leurs opérations parle point central, en marchant en toute hâte vers Savone et Vado.

    Masséna avait calculé que, s’il n’obtenait pas un succès assez décisif pour effectuer sa jonction avec Suchet, il pourrait réussir au moins à dégager et ravitailler le fort de Savone, et à enlever les approvisionnements qu’un convoi venu de Livourne, sous l’escorte des vaisseaux anglais, avait débarqués dans le port de cette ville.

    Mais, dans le moment même où Masséna se préparait à exécuter son nouveau plan, Mélas faisait aussi ses dispositions d’attaque sur la gauche des troupes de l’aile droite, c’est-à-dire sur la division Gardanne. Son dessein était de forcer la position de Vareggio, afin d’assurer ses propres communications, de pousser les troupes de Gardanne sur Voltri, et même de leur couper la retraite sur Gènes en débouchant par la Bocchetta, dans la vallée de la Polcevera où les paysans étaient préparés à l’insurrection.

    Il résulta de cette coïncidence des deux mouvements offensifs que le projet de Masséna ne put pas être exécuté et que ceux du général Mélas échouèrent en grande partie.

    Le 9 avril, le général autrichien Rousseau attaqua les retranchements de la Bocchetta avec les régiments de Kray et d’Alvinzy : les Français, après s’être défendus vaillamment, furent obliges de céder ce fameux passage, qui ouvrait aux Autrichiens l’entrée de la Polcevera, et assurait entièrement leurs communications. Les détachements de la Bocchetta vinrent se rallier à Ponte-Decimo, et ceux du Monte-Cornua, également forcés de se retirer, se réunirent à Bisagno.

    Les généraux Saint-Julien et Sticker marchèrent pour attaquer le flanc droit de la portion de Vareggio, en passant par Sassello, Veirera et Stella, tandis que le général Lattermann se portait sur le même point en suivant le bord de la mer.

    Nous avons dit que la colonne chargée de forcer le passage de la Bocchetta devait déboucher par la vallée de la Polcevera : afin de rendre l’attaque plus décisive, en cherchant à envelopper les troupes forcées à Vareggio et Ciampani dans leur retraite sur Yoltri, Mélas ordonna en outre à un fort détachement qui occupait les cabanes de Marcorolo de s’avancer jusqu’à la Madona dell’ Acqua Santa, à trois milles de Voltri.

    Le général Soult se disposait à exécuter son mouvement sur Sassello, lorsqu’il fut informé de ceux que faisait l’ennemi, et de l’occupation du poste de la Madona dell’ Acqua Santa. Cet habile général changeant tout à coup ses dispositions, marcha sans balancer sur la colonne ennemie qui se trouvait la plus rapprochée de lui. Le général Gazan, à la tête de la 25e demi-brigade légère et de la 3e de ligne, attaqua les Autrichiens à la Madona dell’ Acqua Santa, dans le moment où ceux-ci se mettaient en mouvement pour descendre sur Voltri ; ils furent forcés de rétrograder jusqu’aux cabanes de Marcorolo.

    Après avoir vainement essayé de tenir dans quelques autres positions intermédiaires, ils se rallièrent dans celle-ci. Le général Soult, les voyant disposés à s’y défendre, les fit attaquer sur-le-champ. L’engagement fut vif et meurtrier. L’artillerie autrichienne fit d’abord quelques ravages dans les rangs français, et les premières charges furent repoussées ; mais une dernière, en colonne serrée, conduite par le vaillant chef de brigade de la 3e de ligne, Mouton, décida l’affaire et la déroute de l’ennemi, qui laissa 600 prisonniers entre les mains des vainqueurs, ainsi que deux pièces de canon. Poursuivis avec vigueur, les Autrichiens furent rejetés jusqu’au delà du torrent de la Piotta. Les Français bivouaquèrent aux cabanes de Marcorolo.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso