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    L’affaire de Medjel-el-Chems

    D’après « Revue militaire française » – Juillet 1926

     

    On sait que les mouvements insurrectionnels qui ont troublé et troublent encore les territoires sous Mandat ont leur origine dans la révolte des populations du Djebel Druze en juillet 1925.

    Depuis cette époque, les Druzes, comptant sur le concours de leurs nombreux coreligionnaires essaimés dans le Chouf (région du Liban au sud-est de Beyrouth), dans l’Hermon (extrémité méridionale de la chaîne de l’Anti-Liban), ainsi qu’aux environs immédiats de Damas, ont tenté de soulever toute la Syrie du Sud.

    Par une série d’actions partielles conduites souvent d’ailleurs en vue de rétablir nos communications essentielles, nous avons empêché nos adversaires de donner à leur mouvement l’ampleur indispensable à sa réussite complète. En outre, en rendant vaine toute tentative sérieuse de coordination des efforts adverses, nous avons pu isoler les principaux foyers d’insurrection et entreprendre dès l’arrivée des renforts la conquête méthodique des objectifs essentiels.

    Ainsi, à la fin de l’hiver, après les opérations effectuées sur les flancs ouest et nord de l’Hermon (affaires de Rachaya, d’Hasbaya et de Yeuta), autour de Damas (nettoyage des faubourgs et de l’oasis), puis dans la région de Nébeck (nord de Damas), deux centres de dissidence seulement restaient encore organisés : le village de Medjel-el-Chems dans la partie sud-est de l’Hermon, et enfin le Djebel Druze proprement dit.

    C’est contre ces deux objectifs que, depuis le début du printemps, nos troupes ont successivement porté leurs efforts.

    Pour montrer les difficultés qu’elles rencontrent, ainsi que pour donner une idée aussi exacte que possible des opérations qu’elles ont à effectuer, il a paru intéressant de présenter ici la relation d’une affaire récente, celle de Medjel-el-Chems, également fertile en enseignements en ce qui concerne la conduite des opérations en montagne.

     

    • But de l’opération

     

    Depuis octobre 1925, l’important village de Medjel-el-Chems était apparu comme le foyer de dissidence le plus actif et le repaire le plus sûr des Druzes en dehors du Djebel.

    Perdu à l’extrémité sud du versant Est de l’Hermon, par 1 200 mètres d’altitude, entouré de hautes montagnes, couvert en direction de Damas par une vaste zone de Iéja (terrain couvert de lave et crevé d’entonnoirs) que traverse une seule route, séparé de la voie ferrée du Hedjaz par 70 kilomètres de parcours difficile sur le plateau du Hauran, couvert vers l’ouest par la montagne elle-même qu’aucune piste carrossable ne contourne en territoire sous Mandat français, à proximité enfin de la frontière de Palestine, Medjel-el-Chems paraissait aux rebelles de l’Hermon la forteresse imprenable contre laquelle les efforts des Français resteraient vains. 

    Une première opération avait déjà été montée en novembre 1925 contre ce village. A cette époque, une colonne de trois bataillons, une batterie de 65, un escadron d’A.M.C., et trois escadrons d’irréguliers tcherkess, devait, en attaquant Medjel, empêcher les Druzes de l’Hermon Est de se porter au secours de leurs coreligionnaires de Hasbeya contre lesquels une opération était en cours.

    Mais les résultats obtenus ne répondirent pas à l’attente du commandement.

    Bien que parvenue jusqu’aux lisières de Medjel-el-Chems, la colonne n’occupa pas le village. Les rebelles eurent tôt fait d’en déduire que l’impunité leur était désormais assurée.

    Pendant l’hiver, les Druzes s’appuyèrent sur cette région pour leur action vers le flanc ouest du Liban et la fortifièrent. Au début de mars, dès qu’ils apprirent nos préparatifs d’attaque, ils poussèrent leur système de défense jusqu’au Jourdain dont ils organisèrent les passages. Simultanément, leurs forces, environ 10 000 à 12 000 rebelles, furent réparties en un dispositif articulé le gros à Medjel-el-Chems et dans ses environs immédiats, couvert à la fois vers le nord-est du côté de Sassa en direction de Damas, et vers l’ouest, à Banias en direction de Merdjioune. En outre, les Druzes comptaient sur l’obstacle naturel que forme l’Hermon, franchissable seulement par de mauvais sentiers de chèvres, pour garantir leur sécurité contre toute menace venant directement d’Hasbeya.

    En présence de cette situation, le commandement décidait de procéder le plus tôt possible à une opération ayant pour but de détruire le système défensif des rebelles et de s’emparer du réduit organisé au village de Medjel-el-Chems.

    En raison du dispositif ennemi, cette opération devait comporter l’action convergente de deux colonnes placées sous un même commandement et débouchant l’une de l’ouest par Merdjioune, l’autre de l’est par la région au nord de Kuneitra.

    D’abord prévue pour le 15 mars, l’opération fut retardée par le mauvais temps et par les relèves opérées sur l’ensemble des troupes du Levant en vue du rapatriement des militaires libérables.

    En outre, une notable partie des unités disponibles se trouvait encore absorbée à cette époque par les opérations entre Damas et Nébeck.

     

    • Préparation de la manœuvre

     

    Ce n’est que le 24 mars que le commandement put préciser définitivement par une instruction générale les conditions d’exécution.

    Conformément à cette instruction, deux colonnes devaient être formées :

    - a) la colonne de l’Ouest constituée à Merdjioune et placée sous les ordres directs du colonel commandant l’ensemble de l’opération, comprenait : quatre bataillons d’infanterie (3e bataillon du 15e R.T.A., 2e bataillon du 20e R.T.T., 2e bataillon du 21e R.T.A., et bataillon de marche colonial du Levant) ; deux sections d’artillerie (une de 75 et une de 65) ; un escadron du 12e Spahis ; une compagnie auxiliaire libanaise.

    - b) la colonne de l’Est qui devait être portée au préalable de Damas dans la région nord de Kuneitra et comprenant : trois bataillons (1er bataillon du 21e R.T.A., 1er et 3e bataillons du 16e R.T.T.) ; une section de chars de combat ; une batterie de 65 ; des autos mitrailleuses de cavalerie ; un escadron de Spahis, et cinq escadrons d’irréguliers tcherkess ; un convoi automobile.

    Suivant les instructions données par le général commandant les troupes stationnées dans l’État du Grand Liban, sous l’autorité supérieure de qui devait se dérouler l’opération, l’action des colonnes devait comporter l’encerclement de Medjel-el-Chems en même temps que toutes dis- positions seraient prises pour empêcher les rebelles de s’enfuir, soit vers le nord-ouest, à travers l’Hermon par le sentier de Chbaa, soit vers le sud en Palestine, soit enfin vers le nord-est, vers la région Bakassem, Kalaat-Djendal où les Druzes avaient de nombreuses intelligences.

    Pour satisfaire à ces nécessités, le colonel commandant l’opération conçut la manœuvre suivante : 

    - a) la colonne de l’Ouest, agissant par les hauteurs de Krairoya et de l’Oued Hassel, ferait d’abord tomber par débordement le village de Banias et la forteresse à l’est. Ultérieurement cette colonne attaquerait Medjel par le sud et par l’ouest ;

    - b) la colonne de l’Est, venant de la région Han Harine-Kuneitra, avait mission d’empêcher les Druzes de s’échapper vers le Nord par Hazr et Arna, en même temps qu’elle attaquerait Medjel par l’Est tandis que la colonne de l’Ouest attaquerait par le Sud et l’Ouest ;

    - c) Quant à l’interdiction des passages de l’Hermon, elle devait être assurée par deux détachements :
    1° – un détachement principal aux ordres d’un chef de bataillon et composé de groupes francs prélevés sur les bataillons de Tirailleurs et sur l’escadron de Spahis de la colonne de l’Ouest, ainsi que d’une compagnie du 20e régiment de tirailleurs, devait par Kfer Chouba et les Djebel Rouss et Remse, gagner les pistes de montagne aboutissant à l’ouest de Medjel-el-Chems ;
    2° – un détachement léger (compagnie libanaise renforcée de quelques groupes francs) devait opérer dans la zone est de Chlaa et interdire les passages vers Hasbeya.

    L’action directe et concentrique de tous les éléments sur Medjel-el-Chems même était prévue pour le 3 avril.

     

    • Mesures préparatoires

     

    Partie de Damas le 29 mars, la colonne de l’Est arrivait le 31 mars à Han Harine au nord de Kuneitra, après avoir livré la veille, dans le défilé de Doureïne-Chevkétié, un vif combat contre la couverture Druze surveillant la direction de Damas. Ce premier contact nous coûtait neuf tués et dix-huit blessés, appartenant presque tous au bataillon flanc-garde de droite de la colonne, qui opérait dans un terrain volcanique de parcours très difficile.

    Par ailleurs, la colonne de l’ouest se portait de Merdjioune à Hianie, tandis que les détachements chargés d’opérer dans la montagne occupaient Kfer Chouba, assurant la sécurité du flanc gauche.

    Le groupe d’escadrons tcherkess assurait la liaison des deux colonnes en tenant Kuneitra.

    Enfin, les ravitaillements nécessaires aux deux colonnes étaient poussés d’Ezraa sur Kuneitra, au moyen d’un convoi chamelier escorté par un bataillon sénégalais et trois escadrons de spahis qui rentrèrent à Ezraa dès leur mission terminée.

    A la fin de la journée du 31 mars toutes les unités étaient donc à pied d’œuvre.

     

    • L’exécution

     

    Journée du 1er avril.

     

    A. Colonne de l’ouest.

    A 4h30, après une courte préparation d’artillerie à laquelle prirent part deux pièces de 120 long de position amenées spécialement de Merdjioune, la colonne de l’ouest ayant deux bataillons en premier échelon (II/21e à droite, II/20e suivi de III/15e à gauche) franchissait le Jourdain aux gués de Abou Zehle et de Gadjar.

    A 15 heures, malgré deux contre-attaques druzes, le II/21e pénétrait dans Banias. Son mouvement ayant été notablement facilité par la progression du gros, qui réussissait en passant par Krairoya à occuper les crêtes situées entre l’Oued el Hassel et l’Oued Achabi et à déborder rapidement ainsi par le nord le village de Banias et sa forteresse.

    Plus au nord, le détachement principal bordait l’Oued el Hassel vers ses sources mais, en dépit de ses efforts répétés, ne pouvait le franchir le soir même. L’ennemi réagit d’ailleurs vigoureusement sur tout le front

    A 16h25, les Druzes descendant de la forteresse de Banias prononçaient une contre-attaque sur le village, mais le feu d’une section de 65, et celui d’une demi-compagnie de mitrailleuses du gros arrêtaient net leur mouvement.

    A 22 heures, le bataillon II/20e R.T.A. qui tenait les crêtes au nord de la forteresse, repoussait à son tour une violente contre-attaque.

     

    B. Colonne de l’est.

    Pendant cette même journée la colonne de l’est avait pu atteindre sans incident Oukanié (10 kilomètres N.-N.-E. de Kuneitra) où elle s’installait au bivouac en liaison étroite avec le groupe d’escadrons tcherkess de Kuneitra, qui s’était porté au nord de cette ville.

    Tous les objectifs fixés pour la journée étaient donc atteints. De plus l’ennemi était fixé.

     

    Journée du 2 avril.

     

    A. Colonne de l’ouest.

    Dès 8h15, le 2e bataillon du 21e régiment de tirailleurs enlevait la forteresse de Banias et poussait sans arrêt jusqu’au village d’Aïn Kié, dans lequel il pénétrait à 9 h. 30.

    Au nord, le 2e bataillon du 20e tirailleurs, après avoir appuyé par ses feux l’attaque de la forteresse de Banias, entamait une pénible marche en montagne vers Djebanitzé qu’il réussissait à atteindre et à occuper vers 18 heures, coupant ainsi aux Druzes toute issue vers Banias.

    Plus au nord, le détachement principal opérant vers la piste Chbaa-Medjel-el-Chems, réussissait à franchir à l’aube par surprise l’Oued el Hassel, malgré de violentes contre-attaques poussées jusqu’au corps à corps. A partir de ce moment, les groupes francs progressaient sans arrêt et atteignaient en fin de journée le piton à 1 500 mètres au nord de Djebanitzé, en liaison étroite par conséquent avec la colonne de l’Ouest.

    Au cours de cette seule affaire, les Druzes laissaient vingt-neuf cadavres sur le terrain.

     

    B. Colonne de l’est.

    Dès 6h20, cette colonne s’emparait des villages de Zendji et de Djebat el Méchid. Elle progressait ensuite vers les croupes qui dominent vers le sud-est le village de Schita. Malgré l’énergique résistance des Druzes, ces croupes étaient enlevées vers 15h30.

    Pendant que s’effectuait cette opération, les escadrons tcherkess poussaient directement vers le nord, et prenaient pied à 13 heures sur les crêtes à l’ouest du village de Messadi, établissant ainsi une liaison effective entre les deux colonnes.

    Le 2 avril, en fin de journée, l’encerclement de Medjel-el-Chems était donc presque entièrement réalisé. En dehors des cimes neigeuses de l’Hermon, les rebelles ne disposaient plus en effet, que d’une seule ligne de retraite, la piste de Hazr. Ils paraissaient d’ailleurs décidés à poursuivre la défense de leur réduit.

    En outre, les diverses colonnes étant désormais en liaison étroite, leurs mouvements pouvaient être facilement coordonnés.

     

    Journée du 3 avril.

     

    L’attaque concentrique de Medjel commence dès le lever du jour.

    A l’ouest, le 2e bataillon du 21e R.T.A. progresse d’Ain Kié sur Medjel par le ravin au sud-est de Djebanitzé. A sa gauche (nord) le 2e bataillon du 20e R. T. attaque à cheval sur la piste Djebanitzé-Medjel, tandis que plus à gauche, le 3e bataillon du 15e tirailleurs attaque la grande crête qui domine le village de Medjel vers l’ouest et le nord.

    Ce bataillon est lui-même en liaison à gauche avec les groupes francs qui occupent dès 5h30, les croupes à 2 000 mètres au nord de Medjel, afin d’interdire aux Druzes tout mouvement de retraite vers Chbaa.

    Au sud, c’est-à-dire immédiatement à droite du 2e bataillon du 21e R.T.A., les Tcherkess partant de Messadi, progressent sur la crête qui se trouve au sud de Medjel-el-Chems.

    A l’est, le village de Shita est enlevé dès 9 heures. Les unités de la colonne de l’est poussent ensuite droit sur Medjel. Dès ce moment, elles tiennent sous leur feu la piste de Hazr.

    Sur tout le front l’attaque progresse. Le 2e bataillon du 20e atteint les lisières sud-ouest de Medjel, à 11h40, heure à laquelle les unités de la colonne de l’est abordent également le village par l’est.

    Un des bataillons de cette colonne appuyant vers le nord, coupe, à 13h20, la piste de Hazr, barrant ainsi la retraite de l’adversaire vers Kalaat-Djendal.

    La progression ne s’effectue cependant pas sans difficulté car la résistance de l’ennemi est des plus vives. Il faut attendre 15h.30 pour prononcer l’attaque générale préparée par tous les moyens de feu (à l’exception de la section de 75 de la colonne de l’ouest, renvoyée la veille à Merdjioune sous la protection d’un escadron, en raison de l’état du terrain).

    A 16 heures, les Tcherkess et le 1er bataillon du 21e R.T.A. pénètrent dans le village.

    A 18 heures, en dépit de la résistance désespérée des derniers Druzes qui s’y accrochaient encore, le piton situé à 1 000 mètres au nord de Medjel est enlevé par le 3e bataillon du 15e. Medjel tombe aussitôt entre nos mains.

    L’aviation signale et bombarde activement dans le ravin nord-est du village un rassemblement important de rebelles et de troupeaux réduits à s’enfuir vers les neiges des hauts sommets. Le succès est donc complet.

     

    Journée du 4 avril.

     

    L’opération est achevée par une petite action contre le rassemblement signalé la veille dans le ravin au nord-est de Medjel.

    Les pertes infligées aux rebelles pendant ces durs combats ont été très lourdes. 204 cadavres ont été dénombrés sur le terrain aux abords mêmes de Medjel. Un renseignement recoupé a permis d’établir que 190 blessés s’étaient réfugiés en Palestine où les hôpitaux de Safed et de Tibériade les ont recueillis. En outre, nos troupes ont dû emporter de nombreux cadavres et blessés.

    On peut, semble-t-il, en conclure que les pertes totales des Druzes dans cette affaire ne sauraient être inférieures à 700. De notre côté, nous avons eu 18 tués et 45 blessés.

     

    • L’exploitation du succès

     

    Pour exploiter sans tarder l’impression profonde produite par la prise de Medjel, le commandement décidait sur-le-champ de procéder avec une partie des troupes ayant pris part à l’attaque de ce village, à une démonstration contre Bakassem et Kalaat-Djendal où les rebelles trouvaient depuis l’hiver de nombreuses complicités.

    Cette démonstration devait être accompagnée de bombardements effectués par l’aviation et l’artillerie avec toute la violence possible. Quatre bataillons, une section de 65, un escadron régulier, trois escadrons irréguliers, les A.M. C. et les chars furent en conséquence dirigés sur Sassa, où ils arrivaient le 10 avril sans incident.

    Cette seule menace conjuguée avec les bombardements suffit à provoquer le déclenchement d’un mouvement général de soumission, sur les deux versants de l’Hermon.

     

    • Les résultats

     

    La victoire de Medjel-el-Chems a eu, au point de vue politique, des résultats plus brillants qu’il n’était permis de l’espérer. Son retentissement dans toute la Syrie a été considérable.

    Elle a rétabli le calme dans toute la partie sud de l’État du Grand-Liban. En outre, elle a rendu confiance aux populations d’esprit flottant du Hauran et du Léja qui ont vu les familles druzes de l’Hermon traverser leur territoire dans un désordre indescriptible, femmes, enfants, troupeaux, fuyant en panique vers le Djebel druze en deux colonnes désordonnées.

    Harcelés au passage par les Bédouins soumis, les fuyards ont perdu de nombreuses têtes de bétail ainsi qu’un important matériel. De plus, ils ont marqué leurs itinéraires par de longues files de cadavres.

    Au point de vue militaire, cette brillante affaire couronnant en quelque sorte une suite de succès déjà longue, a porté au plus haut point le moral des troupes. 

    Si l’on tient compte de la valeur militaire de l’adversaire et notamment de sa vigueur et de sa ténacité, et si l’on se représente l’importance des difficultés à vaincre du seul fait du terrain lui-même, il est certain, en effet, que cette manœuvre très délicate n’a pu être heureusement conduite, malgré sa conception habile, que grâce à une exécution remarquablement énergique. A ce titre, elle semble réaliser un véritable type d’opération en montagne.

     

     

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