•  

     

     

    Les combats de Waver et de Dembewilkie

    D’après « Histoire de dix ans : 1830-1840 » – Louis Blanc – 1877

     

    Dans la nuit du 30 au 31 mars, pendant que Varsovie est plongée dans le sommeil, Skrzynecki rassemble ses troupes en silence ; le pont de Praga était couvert de paille, on le passe sans bruit. La division du général Rybinski, soutenue par une brigade de cavalerie, marche sur Zomki, et arrive inaperçue à la pointe du jour sur les flancs de Geismar, qui occupait dans la forêt de Waver une forte position.

    Un brouillard épais couvrait la campagne, et les Russes, croyant l’ennemi éloigné, étaient endormis dans leur camp. Avant de commencer l’attaque, Rybinski détache le colonel Ramorino avec une partie de sa division dans le bois. Celui-ci, par un détour, va se poster en arrière des retranchements russes, de manière à leur couper la retraite.

    Assailli à l’improviste de front et de flanc, l’ennemi n’a pas le temps de se reconnaître, car à peine l’infanterie de Rybinski a-t-elle commencé le feu, que les lanciers débouchant des barrières de Grochow tombent sur les avant-postes de Geismar et les culbutent.

    Le désordre est dans ses rangs, et c’est en vain qu’il essaie de rallier ses bataillons. Les Russes veulent s’enfuir par la chaussée de Minsk, mais ils rencontrent Ramorino qui les charge à la baïonnette, surpris et épouvantés. Alors la déroute est complète, le corps de Geismar est à moitié détruit ou fait prisonnier, et le général russe, avec les débris de sa troupe, s’enfuit à travers le bois jusqu’à Dembewilkie.

    Là se trouvait la division de Rosen, forte de 15 000 hommes, dans une position appuyée sur des bois, et protégée par un terrain bourbeux, impraticable à la cavalerie et aux canons. Mais il est encore jour, et bien qu’il ne puisse aborder Rosen que par le terrain étroit de la route, le généralissime donne ordre qu’on s’empare du village de Dembewilkie situé dans une clairière sur les flancs de la chaussée qu’il domine.

    Foudroyés par l’artillerie russe à laquelle ils ne peuvent répondre, le 4e et le 8e de ligne s’avancent hardiment, essuyant un feu terrible et des charges qui ne les font pas reculer. Deux pièces sont enfin amenées à force de bras, et vers le soir, le 4e de ligne entre dans le village au pas de charge. Arrivent alors par le défilé la cavalerie du général Skarzynski et les escadrons de Posen, qui, dépassant le village, vont charger le centre de l’ennemi, et renversent son infanterie et ses hulans.

    Les Russes abandonnent le champ de bataille, laissant 2 000 hommes sur la place, douze pièces de canon, des armes innombrables et 6 000 prisonniers. Les Polonais n’avaient perdu que 500 hommes.

    Le lendemain, Lubienski poursuivit Rosen au grand trot, à travers les villes de Minsk et de Kaluszyn, et porta jusqu’à 11 000 le nombre des prisonniers.

    Inhabile à profiter de ses avantages, et ne sachant pas suppléer au nombre par l’audace des entreprises, Skrzynecki fut accusé d’indécision, et, en effet, il ne comprit pas le parti qu’il pouvait tirer de l’enthousiasme des Polonais victorieux et du découragement des Russes, que semblait lui livrer l’incapacité de Diébitch.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso