•  

     La bataille de Novara

     

    La bataille de Novare

    D’après « Guerres et révolutions d’Italie en 1848 et 1849 » – Edward Lubienski – 1852

     

    La nouvelle du combat de Mortara fut un coup douloureux pour le roi, pour Chrzanowski et pour toute l’armée. Le bon espoir qui avait surgi de la victoire de Sforzesca fit place à de sombres pressentiments.

    Chrzanowski voulait marcher sur Mortara au point du jour, pour venger l’injure de la veille, et recouvrer la possibilité de se réunir avec la division lombarde qui était derrière le Pô. Ce plan était le meilleur qu’on put imaginer; il avait non seulement l’avantage de relever le moral du soldat, mais encore il donnait le moyen de prendre une position défensive excellente derrière la Sesia, ensuite derrière le Pô ; il donnait le temps d’appeler la division lombarde, la brigade de Castel-San-Giovanni, peut-être même la division la Marmora.

    La position derrière le Pô était excellente, sur un rivage élevé, le flanc droit couvert par les forts de Valence et d’Alexandrie. Il était difficile à l’ennemi de prendre cette position de vive force, il était impossible de la négliger pour marcher sur Turin, en présentant son flanc gauche et laissant couper ses communications. Il y avait un second plan, excellent le 20, mais qui aurait été douteux le 22, c’était de passer le Tessin, de se réunir avec la Marmora en Lombardie, de soulever Milan et de couper les vivres et la retraite à Radetzki. Ce système pouvait encore être fécond en combinaisons heureuses, car il est probable que l’ennemi n’aurait pu marcher à la fois victorieusement sur Turin et sur Milan.

    Mais ici ni l’un ni l’autre plan ne purent être exécutés ; l’armée, découragée par la défaite de Mortara, sentait redoubler la répugnance pour la guerre qu’elle avait éprouvée avant la dénonciation de l’armistice. Le général en chef ne se sentait pas assez de force pour s’opposer au torrent ; il résolut donc de se retirer à Novare pour y essayer encore le sort des armes avec ses troupes réunies. Il se mit en marche avant le jour, à midi fit halte à Trecate, y laissa le duc de Gènes avec sa division en arrière-garde et vint le soir à Novare. Il y fut précédé par la division Durando ; le duc de Savoie, faisant un long détour, n’arriva que dans la nuit ; la brigade Solaroli vint à Romentino : toute l’a nuée se trouvait ainsi réunie sans avoir rencontré l’ennemi.

    Les Autrichiens, le 22 mars, marchèrent dans l’ordre suivant : Wratislaw de Gambolo à Civalegna, transporté de droite à gauche pour aller le lendemain par Robbio à Verceil ; Thuru à Torre di Robbio, derrière l’Ayogna ; Aspre dépassa Vespalate, son avant-garde à Garbagna, à une lieue de Novare ; Appel, qui le suivait, s’arrêta devant Vespalate ; la réserve entre Lavezzano et Mortara.

    Ils avaient marché serrés en bon ordre, mais lentement. Il n’y a que six heures de chemin entre Mortara et Novare ; on pouvait franchir cette distance en un seul jour, prévenir la réunion des Piémontais et remporter une victoire facile et assurée. Radetzki avait donné l’ordre, au contraire, de marcher lentement et de faire halte souvent afin de conserver les forces de ses soldats pour la bataille future.

    Cette lenteur lui avait fait perdre les traces de l’ennemi ; ne sachant pas s’ils iraient à Verceil, ce qui aurait été bien plus habile de leur part, craignant qu’ils ne lui échappassent pour se mettre on position derrière la Sesia, il voulait les cerner d’un réseau de ses bataillons, de manière pourtant à pouvoir les réunir au moment décisif. Voilà pourquoi Aspre, Appel et la réserve, reçurent l’ordre de marcher directement sur Novare. Thurn devait aller à Confienza pour se diriger ensuite, suivant les circonstances, sur Novare ou Verceil ; Wratislaw devait aller à Verceil par Robbio, se jeter sur les Italiens s’il les rencontrait, ou revenir à Novare s’il apprenait qu’ils y fussent réunis.

    Deux brigades laissées à Pavie et à Mezzana-Corte, avec la troisième qui avait franchi le Tessin, le 22 mars, furent envoyées à Casal pour y devancer les Italiens sur le Pô. Ces trois brigades et quelques détachements laissés à Mortara et ailleurs, diminuaient de douze mille hommes la force de l’armée ; il ne restait à Radetzki que cinquante-sept mille hommes avec cent quatre-vingt-six canons, répartis en cinq corps, séparés par une distance de quelques lieues, que l’armée piémontaise rassemblée à Novare aurait pu battre en détail, si elle n’avait pas manqué en ce jour de cet esprit militaire dont elle avait fait ailleurs les plus belles preuves. Mais la fortune, qui n’aide que les audacieux, abandonnait le drapeau tricolore.

    Novare est située entre deux torrents : Agogna et Terdappio. A deux kilomètres au midi de la ville, se trouve une colline avec le village de la Bicoque ; de ce village à l’est, vers Novare, le terrain s’abaisse rapidement, il est coupé de deux fossés ; à l’ouest, les champs sont couverts de vignes, de rangées d’arbres et parsemés de maisons rustiques ; vient ensuite un fossé parallèle à l’Agogna.

    C’est sur cette ligne, longue de trois verstes, que Chrzanowski plaça trois divisions : la première, celle de Durando, appuyée par sa droite au fossé près de la ferme Nuova-Corte ; la deuxième, celle de Bes, au milieu, à la ferme de Citadella, chacune de ces divisions ayant deux batteries d’artillerie ; la troisième division, commandée par Perrone, à l’aile gauche, au village de la Bicoque, deux canons pour défendre cette position, quatorze sur la route de Mortara.

    L’aile droite de Durando était couverte d’un fossé et de quelques retranchements. De l’autre côté du Terdappio se trouvait la brigade Solaroli avec huit canons pour couvrir l’aile gauche des attaques qui auraient pu venir par la route de Tiecate et de Galliate. Il n’y avait pas de corps détaché pour défendre l’aile droite qu’on croyait suffisamment couverte par l’Agogna, dont on avait oublié d’occuper le pont. En seconde ligne, en avant de la ville, étaient placées les divisions : duc de Gênes, à gauche, au cimetière de Saint-Nazaire ; duc de Savoie, à droite, près Novare, entre la place d’Armes et le chemin de Verceil.

    Les deux divisions en colonne étaient prêtes à s’élancer au secours de la première ligne, au signal donné par le général en chef. Chrzanowski voulait se maintenir sur la défensive dans la première ligne pendant quelques heures, ensuite il comptait appeler des forces nouvelles et décider la victoire par une attaque générale.

    La position était très bien choisie; seulement il est à regretter qu’on n’ait pas fortifié la Bicoque par quelques retranchements et qu’on n’ait pas défendu aux soldats de faire les maraudeurs à Novare. La force de l’armée s’élevait environ à cinquante mille hommes ; il est difficile de l’évaluer avec précision, à cause de la désertion qui s’était mise dans les rangs depuis le combat de Mortara, et il fallait se hâter, car la désertion faisait des progrès parmi les nouvelles levées, pressées de revenir dans leurs foyers.

    Les troupes étaient sous les armes, le 23 mars, depuis neuf heures du mutin, prêtes à recevoir le combat. Le roi s’élance, à onze heures, sur un noble coursier noir, entouré de son état-major ; il se hâte d’arriver sur le champ de bataille, car le bruit du canon annonce déjà l’approche de l’ennemi.

    Charles-Albert se place à la Bicoque, où le feu est le plus vif : c’était un seul corps, celui d’Aspre, qui marchait par Olengo vers la Bicoque. Aspre, emporté par son ardeur et celle de ses troupes, range en bataille la division archiduc Albert des deux cotés de la route ; une partie de la division Szafgotsch à gauche, l’autre en réserve ; la cavalerie derrière les deux ailes.

    En finissant de prendre ses dispositions, lorsque le feu des tirailleurs avait déjà commencé, il apprend qu’il a devant lui toute l’armée italienne ; il en donne avis à Radetzki et aux autres généraux, et commence lui-même l’attaque sans attendre l’arrivée des renforts.

    Après le feu des canons et des tirailleurs, l’infanterie autrichienne s’avance, met en désordre la brigade de Savone, rangée en première ligne et l’oblige à la retraite. La brigade de Savoie remplace celle de Savone ; aidée d’une charge de cavalerie de Gênes, conduite par le colonel Carderino, elle reprend le terrain perdu ; après des combats douteux, elle regagne toutes les positions abandonnées et fait des prisonniers dans les maisons éparses autour de la Bicoque.

    Alors Aspre envoie sa réserve au secours de la première ligne ; il occupe le centre italien par un feu de tirailleurs ; il maintient la droite par un détachement dirigé sur Torrione, envoie une poignée de troupes légères pour inquiéter la brigade Sololari. La brigade de Savoie, qui combattait avec son courage accoutumé, est néanmoins forcée à la retraite. Le général Perrone périt à la tête de cette brigade ; la mort de ce chef exercé à l’école française est un coup terrible pour sa division. La brigade de Savone, rappelée au feu, ne peut résistera l’ennemi, qui rentre à midi à la Bicoque.

    Alors Chrzanowski appelle la division duc de Gènes. La brigade de Piémont marche en avant ; le troisième régiment, à droite du chemin ; le quatrième, à gauche ; le général Passalaqua marche en tête du troisième. Il reprend quelques positions autour de la Bicoque et deux à trois cents prisonniers.

    Averti qu’on vise sur lui d une maison voisine, il crie : « Courage, en avant ! » et tombe sur le champ de gloire. Ce général était contraire à la guerre, opposé aux institutions nouvelles, mais il remplissait honorablement ses devoirs militaires, et il périt de la mort des héros. Quoique son âge et la retraite qu’il avait demandée avant la guerre le délivrassent du service de la campagne, il ne voulut pas abandonner le roi et la patrie au moment du danger, tandis que ceux qui l’avaient provoquée se cachaient derrière les murs des villes.

    Le troisième régiment marche en avant, malgré la mort de son général, dépasse la Bicoque, s’arrête au feu près Castellazzo et commence à se replier ; mais le duc de Gênes, en tête du quatrième régiment, vient à l’aide des treizième et quatorzième régiments de la brigade Pignerol, occupe Casiellazzi et chasse les Autrichiens d’Olengo. Les autres attaques d’Aspre sur l’aile droite et l’aile gauche étant également repoussées, il se trouvait alors dans une position critique et pouvait payer cher la hardiesse avec laquelle il s’était jeté avec un seul corps sur toute l’armée italienne.

    Il fallait alors détruire son corps avant l’arrivée des renforts, en profitant de la supériorité numérique des Italiens : c’était pour eux la dernière ancre de salut. Au lieu de faire mouvoir les brigades une à une, dans le but de se maintenir à la Bicoque, il fallait marcher en masse pour détruire Aspre avant l’arrivée d’Appel, puis écraser Appel avant l’arrivée des autres corps de Radetzki. De cette façon, la victoire était très possible.

    Mais Chrzanowski s’en tenait à son idée première, de se maintenir à la Bicoque et de donner avec toutes ses forces lorsque les Autrichiens auraient reconnu l’inutilité de leurs efforts contre le front, et qu’ils auraient essayé de le tourner par sa droite. Mal servi dans son état-major, ne connaissant pas exactement les forces et la position de l’ennemi, ce général ne vit pas la nécessité d’abandonner son plan de bataille, et, au lieu de marcher en avant, il fit retirer ses régiments de Castellazzo et d’Olengo.

    Se voyant sauvé par ce mouvement, Aspre reprend courage et recommence le combat près de Castellazzo. Les Piémontais combattent avec tiédeur ; les bataillons qui tiennent la première ligne se dispersent au lieu de se former derrière le front; un grand nombre de soldats reviennent sur Novare. Les plus courageux restent seuls au feu ; d’autres tirent derrière la première ligne, qu’ils inquiétaient de cette manière ; les jeunes conscrits brûlent force poudre sans viser au but ; enfin, les officiers ne font pas tous leur devoir.

    Le roi et ses deux fils, les ducs de Savoie et de Gènes, donnaient toujours l’exemple d’un courage héroïque. Le général Chrzanowski restait au feu avec un sang-froid imperturbable, se trouvant toujours là où le plus grand danger exigeait sa présence. L’état-major et la suite du roi déployaient une brillante valeur : le colonel Bréanski se distinguait par son ardeur à se jeter au plus fort de la mêlée ; la vivacité de son esprit lui procurait l’honneur d’être souvent consulté par le général en chef.

    A trois heures, lorsque les Autrichiens eurent repris l’offensive, Chrzanowski fut obligé de faire venir trois nouveaux régiments : un de la division Bes, deux autres de la réserve. Ces renforts, en rétablissant la supériorité des Italiens, repoussèrent l’ennemi loin de la Bicoque ; le corps d’Aspre, épuisé, ne pouvait plus se maintenir, mais les secours qui lui arrivaient changèrent bientôt l’aspect du champ de bataille.

    Radetzki reçut à midi, dans son quartier général de Lavezzano, la nouvelle de la présence de l’armée piémontaise à Novare ; il en était déjà informé par le canon. Il était gai comme un vieux chasseur qui trouve la piste du gibier ; sa gaieté excitait l’ardeur de ses officiers. Il leur promit en plaisantant de se laisser croître les moustaches s’il battait les Italiens ; il se conciliait la bonne volonté de ses soldats et du peuple piémontais par sa générosité.

    Apprenant que les Italiens sont à Novare, il donne l’ordre immédiat pour que le corps d’Appel aille au secours d’Aspre et que Thuru et Wratislaw se hâtent de rejoindre Novare par une conversion à droite. Monté lui-même à cheval, ayant dépassé les charrettes à ressorts qui ramenaient les blessés, il se place sur une éminence d’où il pouvait parfaitement voir le champ de bataille et mettre ses régiments en ligne à mesure qu’ils arrivaient.

    Le corps d’Appel avait passé la nuit à Vespalate, à deux heures d’Olengo ; mais, arrêté par les convois de pontons et d’autres chariots, il ne vint qu’à quatre heures au champ de bataille. Il était composé des divisions Lichnowski et Thuru-Taxis ; la première se plaça au centre, la seconde à sa suite.

    Le combat se ranime ; les premiers efforts de ce corps sont impuissants ; il parvient cependant à dominer l’ennemi, malgré le feu croisé des canons de la gauche et du centre piémontais. Durando salue de son artillerie les premiers renforts autrichiens ; mais le combat décisif n’est pas encore déclaré, parce que Chrzanowski se borne à la défensive sur la Bicoque, et Radetzki attend Thuru.

    Le général avait déjà entendu à midi le canon de Novare ; ne voyant point d’ennemis du côté de Verceil, sans attendre les ordres du feld-maréchal, Thuru marche directement sur Novare. A cinq heures, son avant-garde était au pont de l’Agogna, où elle trouva un faible détachement de cavalerie qui ne put l’empêcher de passer. En même temps, la réserve s’approchait d’Olengo. Radetzki range les corps d’Appel et d’Aspre en colonnes, à l aide d’une brigade de grenadiers de la réserve, contre la Bicoque. Le reste de cette réserve se déploie à gauche pour contenir le centre et l’aile droite des Piémontais.

    Chrzanowski aperçoit le côté faible de l’ennemi ; il veut repousser son aile gauche pour détourner son attention de la Bicoque et pour se maintenir dans ses positions. Il va lui-même avec le roi au centre de son armée. Bes et Durando repoussent sans difficulté les faibles forces qui leur étaient opposées. Mais, au même moment, quatre divisions lancées ensemble contre la Bicoque dispersent la gauche des Italiens. Chrzanowski revient à la hâte vers l’aile brisée ; il ordonne au duc de Gênes de reprendre les positions perdues.

    C’est en vain que ce prince marche à pied à la tête de trois bataillons qu’il parvient à rallier contre le feu de l’ennemi ; obligé de se retirer, il laisse définitivement la Bicoque aux Autrichiens. Il ne reste plus aux Italiens d’autre chance que de se retirer à la hâte sur Novare. L’ennemi les poursuit avec ardeur ; la cavalerie couvre la retraite, mais l’infanterie est dans le plus grand désordre.

    Les soldats fuient vers la ville, se pressent aux portes ; les Autrichiens placent une batterie au milieu des fuyards, et peuvent renouveler sur une échelle plus grande le désordre de Mortara, en entrant à Novare pêle-mêle avec les vaincus ; heureusement pour eux ils s’arrêtent.

    La défaite de l’aile gauche découvrait le centre et l’aile droite. La Marmora, qui se trouvait alors au centre, ordonne la retraite, qui commence avec ordre, car les forces en face ne sont pas considérables, et en flanc les Autrichiens n’avaient pas encore eu le temps de se retourner contre la droite.

    La division Bes s’approche le soir des murs de Novare ; à cause de l’obscurité elle est prise pour l’ennemi et reçoit quelques salves d’artillerie italienne. Son trouble est grand, car elle croit que les Autrichiens sont maîtres de la ville. Enfin, l’erreur s’explique ; une partie de la division entre à Novare, l’autre se dirige vers Agognate.

    La division Durando, dès le commencement de sa retraite, essuie le feu du corps de Thuru qui avait franchi l’Agogna pour se ranger sur le canal Dossi ; elle revient cependant en ville sans grande perte, aidée de la réserve, qui, placée à cheval sur la route de Verceil, arrêtait la marche de Thuru.

    Novare était défendue par des barricades aux portes et par des canons sur les remparts. La brigade Solaroli était venue en ville sans ordre, voyant la position perdue, et fut envoyée à Cameri pour y passer la nuit et se reposer. Les Autrichiens furent arrêtés par l’obscurité de la nuit et par une pluie battante. Aspre, Appel et Thuru bivouaquèrent sur le champ de bataille ; la réserve campa à Olengo ; Wratislaw passa la nuit à Monticello.

    Dans la bataille de Novare, les Autrichiens perdirent trois mille hommes tués ou blessés, on leur fit mille prisonniers du corps d’Aspre. Les Italiens éprouvèrent une perte de quatre mille hommes mis hors de combat, deux mille prisonniers, et douze canons.

    Ce n’est pas la différence des pertes, mais le résultat moral qui décida du sort de la guerre. L’armée italienne était complètement découragée et démoralisée, il était impossible de la ramener au feu. Les soldats quittaient leurs drapeaux, pillaient les bourgeois disant qu’ils n’avaient rien à manger, et que les démocrates bourgeois étaient cause de la guerre. Ils voulaient même les passer au fil de l’épée, et brûler la ville. Ils l’auraient fait, s’ils eussent été à Milan au lieu d’être à Novare. La cavalerie dut charger les mutins, dont plusieurs périrent.

    Les mêmes scènes de désordre se renouvelèrent les jours suivants, de manière que les habitants furent obligés de se défendre contre leurs compatriotes. Chrzanowski, sans perdre sa présence d’esprit, ordonna la retraite par Momo ; il était à midi couvert par un canal sur la route de Borgomanero. L’ennemi fit mine de bombarder la ville avec des congrèves. Alors une députation, ayant l’évêque en tête, vint déclarer que Novare était évacuée ; les Autrichiens y entrèrent, et poursuivirent faiblement les Italiens jusqu’à la conclusion de l’armistice.

    C’est ainsi que finit la bataille de Novare, un événement des plus importants de l’histoire contemporaine. Le bonheur de l’aigle impériale l’emporta sur le courage de Charles-Albert et sur la prudence de son général polonais. La cause principale de ce désastre, c’est la démocratie qui poussait le roi, malgré les conseils de Chrzanowski, dans une guerre inopportune ; qui corrompait, d’autre part, l’esprit militaire, en enseignant l’insubordination aux généraux comme au simple fantassin.

    Malgré l’éloignement de la division la Marmora et la désobéissance de Ramorino, les forces de Chrzanowski concentrées furent plus nombreuses que celles de Radetzki à Mortara comme à Novare ; donc ce ne sont pas ses dispositions stratégiques qui sont la cause de ses défaites. Les meilleurs plans ne sont bons qu’autant que l’armée veut réellement combattre.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso