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     La bataille de Grochow

     

    La bataille de Grochow

    D’après « La guerre de Pologne en 1831 » – Marie Brzozowski – 1833

     

     

    Le 20 février, le général russe commença un combat d’artillerie qui dura toute la journée. Les divisions polonaises étaient déployées sur deux lignes. La 4e s’appuyait sur Grochow, et formait l’aile droite. La 3e était placée au centre, occupant le côté droit du bois d’aunes, la 1e  division à l’aile gauche, tenant le côté gauche du même bois. La 2e division se trouvait en seconde ligne. Toute la cavalerie en arrière, placée en réserve. Une partie de la cavalerie avec une batterie à cheval était détachée tout à fait sur la gauche et occupait les coteaux vis-à-vis de Kawenczyn.

    Après une longue canonnade, vers midi, les Russes s’efforcèrent de se rendre maîtres du bois d’aunes ; leurs attaques furent dirigées surtout du côté gauche du bois. Leurs colonnes d’attaque se relevaient à mesure qu’elles étaient repoussées ; plusieurs fois entrées dans le bois, elles en furent toujours chassées. Le 4e de ligne tenait ce poste d’honneur, le 5e rivalisait avec lui. La perte des Russes fut si considérable, que quelques régiments se réduisirent dès lors à des bataillons. Fatigués, épuisés, ils finirent cette journée par une canonnade prolongée.

    Le général russe s’aperçut alors, qu’il comptait en vain et sur ses masses, et sur sa nombreuse artillerie. Il ne lui restait autre chose à faire, qu’à attendre le corps de Szachowski, et de porter de nouveaux coups à son arrivée. Le jour suivant, on conclut une courte suspension d’armes pour l’enterrement des morts, mais seulement pour trois heures, et non pour trois jours, comme on l’a dit généralement. S’il n’y eut pas de combat pendant trois jours, c’est que le feld-maréchal Diebitsch n’avait aucun intérêt à le recommencer si tôt, et que nous n’étions pas en état de l’attaquer dans ses positions.

    Pendant ce temps, le corps de Szachowski approchait : le 23, il était parvenu au pont Zegrze sur la Narew, défendu seulement par le 4e bataillon du 8e régiment, détaché de la garnison de Modlin. Mais la glace qui couvrait la rivière était encore assez forte, pour permettre au général russe, de traverser le fleuve avec son infanterie, et alors le bataillon polonais, qui, sans canons ne pouvait lui tenir tête, se replia sur Modlin.

    Le corps russe tout entier passa la Narew, et se porta à Nieporent. Le feld-maréchal avait une juste crainte pour ce corps qui s’avançait séparé du reste de l’armée, et pouvait être écrasé par toute l’armée polonaise ; c’est pourquoi, pour lui tendre la main, ce jour là même, il envoya au-devant de lui une brigade de lanciers, et un bataillon d’infanterie.

    Le 24 de grand matin, on détacha de l’armée polonaise la division de cavalerie de Jankowski avec le 3e bataillon du 6e de ligne, pour reconnaître le corps de Szachowski. Ce détachement rencontra les Russes à Nieporent prêts à se porter en avant, mais étant en si petit nombre, il ne pouvait engager de combat avec ce corps. En conséquence, il se retira par Konty-Grodziskie sur Bialolenka, où il trouva en ligne la brigade du général Malachowski de la 1e division, composée du 2e et 6e régiments, et six canons. Cette brigade arriva à midi dans ce lieu, détachée de l’armée principale.

    Tout à coup, le corps de Szachowski prit la direction de Nieporent, au lieu de se diriger directement par Kobylka, comme il devait le faire, pour se joindre à la grande armée : son dernier mouvement rendit cette jonction encore plus difficile, et il aurait pu le payer chèrement.

    Ce mouvement, comme s’il menaçait Praga, fut suffisant pour réveiller la plus grande inquiétude dans l’esprit du généralissime polonais, qui ordonna de couvrir la route entre Bialolenka et Praga, au lieu de la laisser tout-à-fait libre, et d’occuper Konty-Grodziskie, qui, situé entre les marais et les fossés, offrait une forte position, d’où l’on pouvait couper complètement de la grande armée russe le corps de Szachowski, et le détruire, s’il osait s’avancer sur Praga.

    Le corps de Szachowski comptant 15 000 combattants avec 60 bouches à feu, s’approcha de Bialolenka. Le reste de son corps resta à Pultusk et à Lomza.

    Le général Malachowski, pour lui tenir tête, avait sous ses ordres la division de cavalerie de Jankowski, une brigade d’infanterie composée de six bataillons, une batterie à cheval, et six pièces d’artillerie à pied. Un bataillon du 6e de ligne occupa Bialolenka.

    La cavalerie se déploya à droite de ce village vers Konty –Grodziskie ; à gauche de Bialolenka, vers le bois, étaient rangés deux bataillons du 2e de ligne, le bord du bois était occupé par un bataillon du même régiment ; en arrière de l’aile gauche se trouvaient deux escadrons des Mazury, et derrière Bialolenka deux bataillons du 6e en réserve.

    Le combat commença vers trois heures après midi. L’ennemi dirigea ses efforts sur Bialolenka. Après quelques attaques repoussées, il finit par s’en rendre maître. Après cette action, il déboucha du village, et chargea nos bataillons avec ses régiments de hussards entre Bialolenka et le bois ; mais cette charge, reçue par le feu de notre infanterie et de l’artillerie, et surtout par celui du bataillon posté dans le bois, échoua complètement, et causa une grande perte aux assaillants. Pourtant les Russes serraient de près nos bataillons, d’autant plus que la cavalerie de Jankowski se retira sans aucun motif du champ de bataille, et découvrit ainsi toute notre aile droite.

    Le péril était imminent ; les Polonais se retiraient lentement et avec beaucoup d’ordre, sur les coteaux en avant de Praga, quand le général Krukowiecki déboucha de Brudno sur l’aile droite polonaise avec la brigade de Gielgud, le 1er et 5e régiments, et 18 canons. L’ennemi s’arrêta tout court. Pendant ce temps, la nuit survint, et les deux corps la passèrent en face l’un de l’autre en ligne de bataille.

    Le lendemain, le feld-maréchal s’était décidé à rappeler, sans plus de délai, le corps de Szachowski, et pour lui faciliter cette jonction, il résolut d’envoyer par Zombki une brigade de lanciers et la brigade des grenadiers lithuaniens. Le général Szachowski se mit en mouvement dès le matin ; mais le général Krukowiecki s’en étant aperçu, ordonna l’attaque sur toute la ligne, ce qui, après une courte canonnade, s’exécuta avec une rare impétuosité.

    Le village de Bialolenka fut repris par le 6e régiment de ligne ; l’ennemi se retira en désordre par Konty-Grodziskie, et trouvant là un terrain marécageux coupé de fossés profonds, il allait éprouver une défaite totale. Mais le général Krukowiecki, après l’occupation de Bialolenka, crut devoir disperser ses forces dans les bois vers Kobylka, vers Jablonna, où s’était rendue toute la division de Jankowski, ponr garder toutes les issues ; et de cette manière, pour le coup décisif qui devait être frappé près de Konty-Grodziskie, il n’avait auprès de lui que trois bataillons. C’est à cela que le corps du prince Szachowski dut son salut, n’ayant éprouvé d’autre perte que celle de trois canons. Mais ce qui était pis encore, ce corps allait renforcer la grande armée russe, tandis que l’armée polonaise restait privée d’une division toute entière, qui se reposait alors, comme si elle avait tout fini.

    Cette circonstance eut une influence décisive sur la bataille, et rien ne peut justifier le général Krukowiecki, ni le manque d’ordres, ni d’autres motifs quelconques, d’être ainsi resté inactif, et d’avoir perdu de vue le corps ennemi qui était devant lui, au lieu de le suivre pas à pas. Il aurait dû le faire, quand même il n’aurait pas entendu à sa droite une terrible canonnade qui l’avertissait qu’une grande bataille venait de s’engager.

    Le feld-maréchal Diebitsch, en apprenant l’attaque du corps de Szachowski, se décida à accélérer la bataille, quoiqu’il eût auparavant le projet de ne la livrer que le 26 février. Il mit en ligne toutes ses forces. Sur l’aile gauche, se rangea le corps du comte Pahlen. La 1e division sur la chaussée, la 2e et la 3e plus loin à droite ; chaque division formée en deux lignes suivant l’usage russe.

    Le corps de Rosen occupait l’aile droite. La 2e division de grenadiers, le 3e corps de cavalerie et les gardes restaient en réserve, derrière le centre. La 1e brigade des lanciers et la brigade des grenadiers lithuaniens s’étaient rendus près de Zombki au devant du prince Szachowski. Six régiments de cavalerie étaient postés en arrière du corps de Pahlen.

    L’armée polonaise affaiblie par le départ des divisions Krukowiecki et Jankowski, appuyait toujours son aile droite sur la Vistule et tenait Grochow avec la 4e division : le bois d’aunes fut occupé par la division Zymirski ; la division Skrzynecki restait en réserve. La cavalerie, partie en colonnes derrière Grochow, partie près de Zombki, était en observation sous le commandement du général Uminski.

    L’armée fut renforcée dans ce temps par l’arrivée du 20e régiment à deux bataillons, et d’un bataillon du 19e régiment, mais qui, dépourvus de fusils, n’avaient que des faux pour tout armement.

    À neuf heures du matin, le feld-maréchal donna l’ordre d’engager la bataille. Il tourna d’abord sa vue, sur le bois d’aunes qui était la clef de toute la position. La ligne polonaise n’occupait qu’un quart de lieue de longueur, et ce bois enfermait toute l’aile gauche des Polonais, il couvrait tous leurs mouvements, et on ne pouvait penser à s’avancer par la chaussée, tant que les Polonais resteraient maîtres de ce bois. Aussi le feld-maréchal résolut de l’emporter à tout prix. Il destina pour cela le corps de Rosen.

    Ce bois était occupé par la division Zymirski ; c’est-à-dire du côté droit par la brigade du général Roland, le 3e et le 7e régiments de ligne, et du côté gauche par la brigade d’infanterie légère du général Czyzewski, composée des 2e et 4e régiments.

    L’ennemi lança sur cette position la 24e division toute entière. Mais voyant que le combat se prolongeait avec acharnement, sans atteindre le but proposé, le feld-maréchal envoya des renforts, de sorte que le nombre des bataillons engagés s’éleva jusqu’à vingt-cinq, et qu’enfin les Russes se rendirent maîtres du côté droit du bois. Dans ce moment, le général Zymirski perdit la vie, et la brigade du général Roland, épuisée par les pertes qu’elle venait de faire, était forcée de se mettre en seconde ligne. La brigade Czyzewski tenait ferme à son poste.

    Le général Chlopicki, connaissant bien toute l’importance de ce point, résolut de le reprendre quelques efforts qu’il dût lui en coûter. Pour cet effet, il poussa en avant la brigade du général Boguslawski, le 4e et le 8e régiments de ligne. Cette brigade s’élança au pas de charge, on se heurta dans le bois, les Russes ne soutinrent pas le choc, et la brigade polonaise resta en possession du bois.

    Le feld-maréchal Diebitsch ne se relâcha pas de son côté dans ses efforts, il mit en avant de nouvelles masses. Le reste de la 25e division fut lancé, et parvint à se placer de nouveau dans le bois malgré les efforts de la brigade de Boguslawski, tandis que le général Neidhardt du quartier général menait à l’attaque de l’autre côté trois régiments d’infanterie, celui de Bialystok, Nouveau -Ingermanland et Kutusow.

    Ces régiments, accueillis par la mitraille, ne tinrent pas longtemps, et se replièrent, tandis que dans le même temps, le général Chlopicki, à la tête du régiment des grenadiers, emporta de nouveau tout le côté droit du bois ; et c’est alors que toute la 24e division se replia dans le plus grand désordre, en communiquant son épouvante à toute l’armée.

    Le général Chlopicki avec son œil d’aigle, apprécia le moment décisif : il envoie l’ordre à la cavalerie du général Lubienski de charger sur le champ ; lui-même, il conduit la brigade légère de la 2e division, poursuit l’infanterie russe, et va se jeter sur une ligne de canons ennemis, qu’il prenait de flanc, comme cette brigade l’avait déjà fait dans la journée de Wawer.

    Dans ce moment, la scène change. Le général Lubienski refuse la charge, ne jugeant pas le terrain propre pour l’exécuter sans les ordres précis du prince Radziwill ; le général Chlopicki, blessé au pied par un éclat d’obus, tombe de cheval. Dans ce même moment sont tués deux officiers supérieurs de la brigade légère, ceux-mêmes qui menaient les bataillons. Tout reste paralisé ; il était déjà deux-heures après midi, et la bataille avait duré cinq heures sans interruption.

    Diebitsch mit en mouvement presque toutes ses réserves : deux brigades de grenadiers fondirent sur le milieu du bois, le corps de Szachowski commença à déboucher de Zombki, et surtout une batterie de 40 bouches à feu prit en écharpe toutes les colonnes en arrière du bois ; la position ne fut plus tenable, le bois d’aunes resta au pouvoir des Russes.

    Alors la ligne russe s’étendit bien loin à droite, en commençant de la chaussée jusqu’au village de Zombki. Le corps de Pahlen se tenait toujours auprès de la chaussée ; le corps de Rosen et la 2e division de grenadiers occupaient Kawenczyn, et le bois d’aunes qu’ils venaient de conquérir. Le reste des réserves était placé en arrière de ce corps ; les grenadiers lithuaniens à droite de Kawenczyn. Le corps de Szachowski s’approchait de Zombki.

    Les Polonais s’étaient promptement reformés et présentèrent un nouveau front. Leur ligne s’étendait de Grochow jusqu’à Zombki ; c’est vers ce dernier lieu que marcha la brigade de Roland pour renforcer le général Uminski. Le feld-maréchal Diebitsch crut que le moment était arrivé de frapper un coup décisif, avec ses masses de cavalerie. Il s’imaginait que les bataillons polonais seraient rompus et dans le plus grand désordre, qu’on pourrait les acculer au pont, ou peut-être les en couper.

    Dans ce dessein, il déploya, sur la gauche du bois d’aunes, une ligne d’artillerie de 60 pièces, composée des batteries à cheval, Nos 17, 18, 19 et 20, et d’une batterie à pied, celle du colonel Renné.

    Il ouvrit un feu terrible, et sous sa protection se préparait la grande charge. Les divisions de cavalerie s’approchaient d’au-delà de Kawenczyn, cachées par le bois d’aunes, et se formaient à sa gauche, vis-à-vis de l’aile droite des Polonais. Quand tous les régiments furent rangés, la masse s’ébranla : la division des cuirassiers, le régiment du prince Albert, celui de Nowogrod, Starodub et St. George, s’élancèrent sur la chaussée, ayant une division de hussards à leur gauche et une division de lanciers à leur droite. Le corps de Pahlen devait appuyer l’attaque, à gauche avec son infanterie, à la droite avec la brigade des grenadiers lithuaniens et une brigade de la 2e division de grenadiers. La division de hussards tomba sur les régiments 1er et 3e légers de la 4e division et y mit du désordre. Les bataillons furent ébranlés : les uns se retirèrent vers Praga, d’autres furent poussés dans les marais, et une partie passa même la Vistule sur les glaces quoiqu’affaiblies, ce qui répandit une grande terreur dans Varsovie. Grochow fut évacué, toute l’aile droite se replia.

    La charge des lanciers ne fut pas si heureuse. Le régiment de garde des lanciers devança tous les autres, mais pour son malheur, il rencontra le 4e de ligne en face, et tous ses efforts pour l’enfoncer furent vains, il joncha la terre de ses cadavres et s’éloigna à bride abattue ; le reste de  cette division n’eut pas l’audace de tenter de nouveaux coups.

    La principale charge, celle de la division des cuirassiers le long de la chaussée, fut encore plus malheureuse. C’est le régiment du prince Albert qui l’ouvrait, et en passant au travers de la première ligne, par les intervalles des bataillons, il s’aventura jusqu’à la deuxième, où il mit quelque désordre. Mais bientôt, il rencontra le bataillon du 8e régiment sous le commandement du major Karski, qui par un feu roulant arrêta son élan ; et, chargé ensuite par le 2e régiment de lanciers conduit par le général Kicki, il fut détruit presque en entier. Toute cette masse menaçante de cavalerie, s’enfuit encore plus vite qu’elle ne s’était avancée.

    Si dans ce moment décisif la division de Krukowiecki et de Jankowski était survenue en masse, avec 24 pièces, il est probable que, malgré tant de circonstances fâcheuses, la bataille eût été gagnée. Mais tout ce corps resta dispersé jusqu’à la fin ; une seule brigade du général Gielgud parvint vers le soir près de Zombki avec trois pièces et renforça de ce côté le général Uminski, qui tenait ferme contre tout le corps de Szachowski, et qui n’avait pas perdu un pouce de terrain.

    La journée se termina par une canonnade des deux côtés, les derniers coups furent tirés par les Polonais. Les généraux Szembek et Skrzynecki proposèrent de tomber dans la nuit sur les Russes avec toute l’infanterie la baïonnette à la main. Mais le prince Radziwill ordonna d’abandonner le côté droit de la Vistule, ce qui fut exécuté dans la nuit du 25 au 26 février.

    Il est vrai que tôt ou tard cela devait arriver, car le pont menaçait à tout moment d’être rompu par les glaces. Le but était atteint : les deux armées s’étaient mesurées et avaient appris à se connaître réciproquement; on ne pouvait se promettre désormais de grands avantages, il fallait attendre que l’ennemi commît des fautes, et chercher à en tirer parti.

    Elle sera bien mémorable cette bataille de Grochow, où une armée de 120 000 combattants avec 400 bouches à feu ne put vaincre 35 000 hommes avec 100 canons (car telle était la force de l’armée polonaise après le départ de Krukowiecki et de Jankowski) ; et même il s’en fallut bien peu, qu’elle ne fût elle-même vaincue.

    Depuis le commencement de la campagne, la perte des Polonais en tués et en blessés, s’élevait à onze mille hommes ; celle des Russes se montait, dit-on, à trente mille, et si l’on considère la longue inaction du feld-maréchal Diebitsch après la bataille de Grochow, l’exténuation de son armée et plus tard, la malheureuse tournure de la guerre pour les Russes, on est porté à croire que ce nombre n’est pas exagéré.

    Si ce ne sont pas ces pertes, rien ne peut justifier la conduite du feld-maréchal, de ne s’être pas emparé à tout prix de la tête du pont de Praga, ce qui aurait donné une autre face à toute la guerre.

     

     

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