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    Engagé volontaire par devancement d’appel au 12e Régiment de Cuirassiers, en garnison à Tübingen en Allemagne, je voudrais retracer l’historique de ce régiment.

    Affecté en qualité de secrétaire, fin 1949, au PC du Colonel HUET, commandant du 12e Cuirassiers, j’ai eu l’occasion d’avoir accès aux archives du régiment à l’occasion de leur mise à jour, réalisée à Tübingen, pour la période du 1er janvier 1940 au 26 mai 1946.

    Reprise bien entendu des éléments relatifs à la période de sa création en 1668 jusqu’à sa dissolution en 1928, d’où l’intégralité de son historique que je vous adresse, en éliminant, pour simplification les citations obtenues par le 12e Cuirs tout au long de ses campagnes.

    Georges THIRIOT

     

    Sa création date du 24 mars 1668 par Ordonnance Royale sous le nom de « Dauphin Cavalerie ». Son Mestre de Camp étant naturellement le Dauphin de France…

    Sa devise « Pericula Ludus » qui peut se traduire par « au danger mon plaisir ».

     

    Situer les campagnes du 12e Cuirs à travers quatre périodes de son histoire….

    1.- Monarchie 2.-  Révolution et 1° Empire 3.- Second Empire et  4.- Troisième République.

    Enfin terminer cet historique, le 23 Mai 1946 où affecté à la 5e Division Blindée, le 12e  Cuirassiers prenait garnison en Allemagne, à Tübingen…

     

    • I) – Monarchie

     

    De 1672 à 1763, le Dauphin-Cavalerie fait le tour de l’Europe Occidentale.

    Sous le règne de Louis XIV, il est en Hollande, en 1672, avec l’armée de Monsieur de Turenne. 1688 le trouve à l’armée du Rhin de Duras.

    13 ans plus tard, à l’armée d’Italie, il fait merveille, prêtant main-forte à l’infanterie sous le plus gros feu ennemi.

    La Souabe et la Franconie voient défiler ses escadrons en 1707. Strasbourg l’accueille lorsqu’en 1712, il y prend pour la première fois ses quartiers d’hiver.

    Sous le règne de Louis XV, il couvre le siège de Rosas en Espagne.

    En 1733, il retourne en Italie, puis revient en France tenir garnison à Caen.

    Après avoir participé à la guerre de Succession d’Autriche, il bivouaque sur l’Inn, entre Braunau et le Danube. L’armée d’Italie le réclame : il en fait partie à nouveau en 1744.

    La guerre de Sept ans se déclenche. Le Régiment chevauche entre Rhin et Elbe. 1761 le voit successivement à Mulhouse et Limbourg.

    En 1762, le Régiment de Dauphin-Etranger est incorporé au Dauphin-Cavalerie et forme les 3e et 4e escadrons…

    Durant vingt années de paix qui suivent, Dauphin ne tient pas en place et change très souvent de garnison.

    Les Inspecteurs aux Armées chargés de le noter écrivent : « Ce Régiment est superbe en hommes, il est très bien monté, manœuvre bien. En tout, il est très beau et très bon ».

     

    • II) – Révolution et Ier Empire

     

    Par décret du 1er janvier 1791, Dauphin prend, de par son rang d’ancienneté, le nom de « 12e  Régiment de Cavalerie ».

    Un an vient à peine de s’écouler, le Régiment est engagé à Spire.

    Il charge à Francfort, près d’Alzey, à Brumpt. A Frankenthal, il se bat superbement et mérite partout maints éloges.

    En 1796, on le voit à Biberach, Müllheim, Neustadt. Le voici à Engen au nord-ouest du Lac de Constance, à la bataille de Hohenlinden, les 2 et 3 décembre 1799.

     

    Metz, au début du Premier Empire, l’accueille pour trois ans. Ayant repris la cuirasse et devenu le 12e Régiment de Cuirassiers, le Régiment participe aux prestigieuses batailles de l’Empire dans le cadre de la Réserve de la Cavalerie, commandé par Murat.

    Il éperonne le Prince Ferdinand jusqu’à Nordlingen, pousse au galop sur Vienne et y entre le 13 novembre 1805.

    Le 22 décembre, l’Empereur le passe en revue avec toute la Division dans la région Luxembourg-Vollendorf.

    Les batailles et les victoires se succèdent : Austerlitz, Essling, Wagram.

    A Friedland, il enfonce la Cavalerie ennemie avec un courage et une audace qui étonnent l’ennemi lui-même. Eckmühl, Ratisbonnr.

    Solidaires de la Cavalerie Impériale, les Cuirassiers du 12° sont en Russie en 1812 : à Krasnoë, Smolensk, la Moskova, à Moscou qu’ils atteignent le 14 septembre avec la Division Valence. Puis la « Grande Retraite » jusqu’à la Bérézina.

    Durant les combats de la 6e Coalition, on les voit poser  lourdes charges de leurs escadrons à le bataille de Dresde où ils écrasent et anéantissent les Autrichiens. Puis ils prennent part à la bataille de France.

    En 1815, à Ligny, le Régiment charge avec un tel cœur qu’après avoir bousculé toutes les défenses ennemies, il pénètre dans la ville à vive allure, 8 drapeaux sont capturés ainsi qu’un grand nombre de prisonniers.

    Le 18 juin 1815, à Waterloo, en présence de l’Empereur, il exécute de sanglantes chevauchées sus à l’ennemi et se fait tuer par les carrés anglais…

    Le 16 juillet 1815, le Régiment est dissous…

     

    • III) - Second Empire

     

    C’est en 1870 que le Régiment revit, issu du Régiment des Cuirassiers de la Garde Impériale. Celui-ci, formé en 1855, avait repris sans tarder la tradition trop longtemps interdite des grandes randonnées…

    Le 2 juin1859, il est à Alexandrie, le 15 à Milan, le 24 à Solférino.

    La même année, il revient à Melun et Fontainebleau.

    Le 16 août 1870, dans un élan héroïque et aux cris de « Vive l’Empereur », il charge les Prussiens à Rezonville…

     

    • IV) – Troisième République

     

    Durant un demi-siècle environ, son Etendard ne flottera plus que sous les cieux paisibles du pays de France.

    D’abord à cheval, ensuite à pied, pendant la Grande Guerre, les Cuirassiers du 12e renouent les liens glorieux qui les rattachent à ceux de l’Empire. Droits sur leurs chevaux, ils se battent à Poelcappelle etBixchoote, à Yper et à Chouilly près d’Epernay.       

    Mis à pied, ils attaquent dans le secteur de Lihons, à Pressoire, appuyant le 1er Zouaves. Leur attitude au feu leur vaut cette appréciation du Général commandant la 25e D.I. : « Je crois de mon devoir de vous signaler la discipline, le silence, le dévouement, la camaraderie de combat, le courage et la calme bravoure des beaux Cuirassiers du 12e ».

    Enthousiastes dans les charges à cheval, pleins d’ardeur dans les assauts à pied, les Cuirassiers demeurent patients et braves lorsqu’il s’agit de tenir sur place.

    A Soissons, en décembre 1916, ils subissentde très durs bombardements. En 1917, dans les tranchées de la Pompelle et de la ferme d’Alger, les mines, les gaz, les obus, les laissent impassibles… En avril 1918, la Croix de Guerre est épinglée sur l’Etendard…

    En 4 jours de combat violents, du 29 mai au 1er juin 1918, à Aillette, le régiment perd 17 officiers et 422 hommes. Le 12, l’offensive reprend, 16 officiers et 629 hommes restent sur le terrain…

    Les Cuirassiers à pied sont à Barbecourt, au Bois Corbeau, aux Eparges. Ils participent à l’attaque des Hauts de Meuse, en septembre 1918, et  font à eux seuls un millier de prisonniers dont

    19 officiers.

    Comme à Ligny en 1815, le Régiment se lance à la poursuite de l’ennemi, le bouscule, atteint son objectif et s’y installe depuis Hattenchattel jusqu’à Creue.

    Le 20 janvier 1919, la fourragère de la Croix de Guerre est fixée à l’Etendard du Régiment, par le Général Fayolle, à Mayence…

    Mesure inattendue, en 1928, lors de la réorganisation de l’Armée : le 12e Cuirassiers est à nouveau dissous…..

     

     

    Le 12e Cuirs est reformé le 1er janvier 1940 comme Régiment de découverte de la 3e D.I.M. En mai, il se bat en Belgique et dans les Flandres ; une citation vient récompenser sa bravoure.

    Il passe en Angleterre, débarque à Cherbourg, se lance  sur Evreux et Louviers, monte la garde à l’avant, à l’arrière et sur les flancs de la division avec une audacieuse mobilité.

    De l’Eure à la Loire et sur les bords de la Charente, jusqu’au dernier jour de la bataille perdue de 1940, le 12e Cuirassiers sera à la recherche de combats.

    Lorsque l’ordre de cesser le feu arrive, il vient de faire sauter la ligne Paris-Bordeaux. Maintenu après l’armistice, le 12e Cuirassiers disparait en novembre 1942…

    Jeune, ardent, fougueux, mort à Orange, il se devait de ressusciter.

     

    Ayant abandonné ses chevaux, sa piétaille, ses automitrailleuses, son Etendard va de nouveau flotter très haut, dans le fracas grandiose des batailles de chars…

     

     Le 16 septembre 1943, il est reformé à Hamman-Bou-Hadjar, en Algérie, par des éléments en provenance des 12e, 2e et 4e Régiments de Chasseurs d’Afrique et  « d’évadés » venus de France et d’Espagne.

    En septembre 1943, au Maroc, il s’intègre à la 2e Division Blindée du général Leclerc. Il bivouaque sous les chênes de la Forêt de Tamara, à 8 kilomètres de Rabat. Le Régiment, qui se compose de 4 escadrons de chars moyens Sherman et d’un escadron de chars légers, s’embarque à Casablanca, en avril 1944. Il bivouaque et manœuvre à West-Lutton (Yorkshire) jusqu’au 1er août 1944, date à laquelle il débarque en Normandie.

     

    Campagne de Normandie.

    Par Neuville-sur-Sarthe, Meurcé, Lucé, Coulombiers, Doncelles, La Hutte, Fyé, le Mesnil-Scelleur, Bourg-le-Roi, tous villages qu’il conquiert sur l’Allemand, le 12e Cuirassiers, aux ordres du Lieutenant-colonel Noiret, pénètre le premier dans Alençon, fixant ainsi sa première victoire au 12 août 1944.

     

    Bataille de Paris.

    Après quelques escarmouches aux environs de la capitale, le régiment combat à l’Ecole Militaire, au Luxembourg, à la Chambre des Députés, au Quai d’Orsay. Le 25 août 1944, Paris est libéré, le 12e Cuirassiers rend les honneurs, Place de la Concorde, au Général de Gaulle.

    Le 27 août, il enlève Le Bourget et Blanc-Ménil.

     

    Campagne des Vosges.

    Du 16 septembre 1944 au 5 novembre 1944, le Régiment fait merveille au pied des Vosges. Après avoir pris Houécourt, près de Vittel, il force le passage de la Moselle à Châtel, en liaison avec d’autres unités de la Division. Il se porte jusqu’à la Mortagne, qu’il traverse le 19 septembre 1944. Moyen, au nord, est conquis ainsi que Magnières. Puis la Meurthe  est traversée à Flin, Ménil-Flin.

    Plus loin vers la forêt de Mondon, le régiment occupe Vathiménil, Thiébauménil, Buriville et Bénaménil. Cela lui permet, le 31 octobre 1944, d’enlever sans coup férir Baccarat…

     

    Campagne d’Alsace.

    Parti de la région Xouaxange-Réchicourt, sous les ordres du Lieutenant-colonel Marc Rouvillois, le 10 novembre 1944, pour s’élancer à la conquête des Vosges, le régiment parvient, avec son colonel, à Rauwiller, le 20, Petite-Pierre, le 21 novembre 1944.

    Le 22, au matin, il s’élance dans la plaine d’Alsace et atteint Dettwiller.

    D’un seul bond, le 23 novembre, il entre dans Strasbourg et verrouille le pont de Kehl. L’Etendard du 12e Cuirassiers est le premier à flotter dans la ville. Le premier char qui entre dans celle-ci est le char moyen « Evreux » de l’escadron Briot.

    Le régiment livre ensuite de durs combats entre Ill et Rhin au sud deStrasbourg,  et s’établit défensivement à Boofzheim, Friesenheim, Rhinau…

    En janvier, il est en réserve  de secteur en Lorraine, puis de nouveau en Alsace où il tente une percée sous la neige à Rossfeld….

     

    Front de l’Atlantique.

    Avril 1945 le voit à Royan, qu’enlève l’escadron Gaudet. Le régiment appuie les forces de l’Atlantique et en 48 heures de combat, rend à la France, La Coubre et la presqu’île d’Arvert.

     

    Campagne d’Allemagne.

    Quittant en toute hâte, le 23 avril 1945, la région de Saintes, il pénètre en Allemagne par Sarreguemines et passe le Rhin le 30 avril à 6 h 50. A étapes forcées, il atteint la région de Munich le 4 mai.

    Le 8 mai, la paix le trouve à Herrsching, sur l’Ammersee.

    En juin, il rentre en France. Placé sous le commandement du Lieutenant-colonel Baguenault de Viéville, il prend garnison à Evreux à partir du 25 octobre 1945.

     

    Le 23 mai 1946, affecté à la 5e D.B., le 12e Cuirassiers repassait la frontière et prenait garnison à Tübingen…..

     

    Extrait document Imprimerie Nationale (Tübingen) -J.3-81764 (L.)

    Georges THIRIOT

    Brigadier-chef au 12e Régiment de Cuirassiers

     

     

  • One Response à “Historique du 12e Régiment de Cuirassiers”

    • Georges Thiriot on 4 mars 2014

      Photos prises en Allemagne avec l’escadron du Capitaine FRESSON.
      je suis au fond, de la photo, je remets mon ceinturon,
      Mon char, baptisé « GAMBSHEIM » se trouve devant le hangar agricole….
      Seconde photo : En repos, pause café, assis tête nue, entre deux copains de l’escadron.

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