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  • 27 février 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

     

    La bataille de Goojerat

    D’après « Revue des deux mondes » – Juillet 1882

     

    Les Sikhs avaient su vaincre : comme bien d’autres vainqueurs, ils ne surent pas profiter de leur avantage. On les vit, peu de jours après la bataille, abandonner ces lignes redoutables de Russoul, de Mong et de Chillianwallah, qu’ils venaient de si bien défendre.

    Le manque de vivres ou la trahison des chefs, peut-être aussi le désir de se rapprocher de Lahore, les reporta des bords de l’Hydaspe aux rives de l’Acésinès, des lignes fortifiées de Russoul aux retranchements rapidement élevés de Goujerat.

    Leur armée ne cessait cependant pas de grossir. Le 21 février 1849, elle comptait près de soixante mille hommes et cinquante-neuf pièces d’artillerie. La revanche de Chillianwallah, malgré tout, était proche ; la ténacité anglaise a réparé de plus grosses fautes de tactique que celle dont le général Gough s’était rendu coupable le 12 janvier 1849.

    Arrivé devant Goujerat avec toutes ses forces le 21 février, cette fois, lord Gough prit mieux ses dispositions ; il ne lança ses colonnes à l’assaut qu’après avoir ébranlé par le feu de son artillerie l’infanterie des Sikhs, et pas un seul instant ne laissa ses vaillantes brigades dépourvues de l’appui qui leur avait manqué dans la plaine de Chillianwallah.

    « Les batteries, nous raconte un témoin oculaire, le capitaine Lawrence-Archer, passant dans les intervalles des brigades, se portèrent au galop à 300 mètres environ en avant de la ligne d’infanterie couchée à terre et ouvrirent sur-le-champ le feu ».

    Des tirailleurs déployés en ordre ouvert reliaient ces batteries l’une à l’autre ; au centre s’avançaient les grosses pièces traînées par les éléphants. La bannière de saint George avec sa croix blanche flottait arborée sur le dos d’un de ces animaux gigantesques, monstre majestueux dont la taille dépassait celle de tous ses compagnons et dont l’allure réglait le pas, mesuré comme à la parade, du front de bandière.

    Quand le feu de l’ennemi se ralentissait, l’infanterie se levait et se mettait en marche, gagnant du terrain au fur et à mesure que les Sikhs en cédaient, mais se laissant toujours précéder par l’artillerie et par les tirailleurs.

    La cavalerie anglaise avait d’ailleurs rencontré en ce jour un terrain favorable ; elle n’eut point à s’enfoncer au milieu des jungles et sut attendre patiemment pour charger le moment opportun. Quand ce moment arriva, elle partit d’un tel train, mit dans son élan un tel feu et un tel ensemble que la droite ennemie en fut ébranlée, même avant d’être atteinte.

    Ce flottement général se convertit bientôt en déroute ; le reste de l’armée sikhe suivit le mouvement de retraite. Les bataillons anglais reçurent en ce moment l’ordre d’avancer ; ils se portèrent en masse sur les pièces qui couvraient la position des Sikhs, les enlevèrent du premier assaut et n’eurent plus qu’à se déployer à droite et à gauche pour envelopper l’ennemi qui fuyait.

    La plaine était littéralement couverte de canons abandonnés, de bœufs, de chariots, de tentes, d’étendards, de marchandises, de morts et de mourants. La poursuite fut poussée jusqu’à une distance de 22 kilomètres et ne fut arrêtée que par la nuit.

    La perte totale des Anglais atteignait le chiffre de huit cent sept hommes mis hors de combat ; l’armée sikhe était anéantie.

    Le 30 mars 1849, l’annexion du Pendjab fut solennellement proclamée. Dhulip Singh, le souverain titulaire du pays, céda ses droits au gouvernement britannique pour une pension annuelle de 1 250 000 francs, se réservant toutefois la liberté de résider où il lui plairait.

     

     

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