Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 15 février 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La bataille d’Amoaful

     

    La bataille d’Amoaful

    D’après « Les expéditions anglaises en Afrique » – Albert Septans – 1896

     

    Le 30 janvier, la colonne était échelonnée sur la route de la façon suivante :
    1° – Sur la Dunsabbo River, à quatre kilomètres au nord d’Insarfu, l’avant-garde du colonel Mac Leod comprenant les régiments Russell et Wood et deux tubes à fusées ;
    2° – A Insarfu, le quartier-général, l’état-major de la brigade, le 42e Highlanders, la Rifle Brigade et l’artillerie Rait composée de deux canons de 7 livres et de deux tubes à fusées ;
    3° – Entre Insarfu et Akhankuassie, à peu près à trois milles en arrière, la Naval Brigade, le détachement du 23e, un détachement du 2e West India, la réserve de cartouches et les ambulances ;
    4° – A Foomannah, un détachement du 1er West India devant marcher le lendemain.

    Le major Home et ses Royal Engineers marchaient avec le colonel Mac Leod. Il employa la journée du 30 à améliorer la route, à jeter un pont sur le Dunsaboo et à organiser défensivement le village de Quarman.

    A la même date, le major général mandait au War Office qu’il était probable que, le lendemain, la colonne livrerait combat à toutes les forces que le roi avait l’intention de réunir à Becquah et à Amoaful.

    Aussi, sir Wolseley donnait-il l’ordre, en cas de rencontre avec l’ennemi, de prendre l’ordre de combat suivant :
    1 – Echelon de tête, sir Alison, brigadier général ; 42e Highlanders, major Macpherson ; 23e régiment, lieutenant-colonel Mostyn ; artillerie Rait, 1 section de 7 ; détachement de Royal Engineers.
    2 – Echelon de gauche, colonel Mac Leod ; demi Naval Brigade, captain Grubbe ; régiment Russel ; artillerie Rait, deux tubes à fusées ; détachement de Royal Engineers.
    3 – Echelon de droite, lieutenant-colonel Wood ; demi Naval Brigade, captain Luxmoore ; régiment Wood ; artillerie Rait, deux tubes à fusées ; détachement de Royal Engineers.
    4 – Echelon de queue, lieutenant-colonel Warrens ; bataillon de la Rifle Brigade.

    « Mon intention, écrivit le major général au War Office, était de combattre en carré de façon à contrarier l’invariable tactique enveloppante que l’ennemi, grâce à sa supériorité numérique, ne manquerait probablement pas d’exécuter contre toute ligne que j’aurais pu former ».

    Dans l’ordre de marche de la colonne, le major général prescrivit les mesures suivantes :
    - La réserve régimentaire de munitions sera à l’intérieur du carré, sur la route ; celle de la Rifle Brigade en avant de ce bataillon. Les régiments fourniront une garde pour leurs munitions et assureront le ravitaillement pour leurs hommes. Les hamacs et les porteurs seront aussi à l’intérieur du carré.
    - Les bagages de toutes les troupes, à Insarfu et en avant de ce point, seront parqués à Insarfu sous la garde du 2e West India Regiment, de la police et des soldats européens trop faibles pour marcher.
    - Les bagages de la Naval Brigade et du 23e Royal Welsh Fusiliers seront parqués à Akhankuassie, où il y aura une compagnie du régiment Russel, un détachement de West Indian et quelques Européens affaiblis.
    - Les ambulances et les réserves de munitions de la colonne venant d’Akhankuassie, immédiatement après le départ du 23e, seront arrêtées et parquées à Insarfu sous le commandement du lieutenant-colonel Weber, du 2e West India Regiment, qui commandera ce poste.
    - Chaque homme de la colonne portera une ration journalière complète de saucisson et de fromage. Une réserve d’approvisionnement sera formée à Insarfu.
    - La route principale sera dégagée, aussi loin que possible, par les Royal Engineers qui ouvriront des sentiers de chaque côté et à 300 yards de la route principale.
    - Le 42e Highlanders devra prendre soin de ne pas perdre le contact des canons, de façon à ne pas les laisser sans soutien.

    Le 31 janvier au matin, la colonne quittait Insarfu dans l’ordre de marche suivant : Eclaireurs de Lord Gifford ; 2 compagnies du 42e Highlanders ; 1 détachement de Royal Engineers ; 6 compagnies du 42e Highlanders ; 1 section de 7 livres (major Rait et lieutenant Saunders ; 1 demi Naval Brigade (captain Grubbe) ; 1 section de fuséens (lieutenant Palmer) ; 1 demi Naval Brigade (captain Luxmoore) ; 1 section de fuséens (lieutenant Knox) ; détachement du 23e (lieutenant-colonel Mostyn) ; la Rifle Brigade.

    A Quarman, le régiment Russell entra dans la colonne entre les fuséens Palmer et les Blue-Jackets de Luxmoore ; le régiment Wood en arrière des fuséens Knox.

    La colonne, forte de 134 officiers, 1375 soldats européens et 708 indigènes, s’avança ainsi le long de la route principale, précédée par les éclaireurs, jusqu’à la rencontre de l’ennemi dans Egginassie, qui fut enlevé vivement par lord Gifford vers huit heures du matin.

    La colonne prit la formation en quatre échelons ; l’échelon de tête s’étendit sous bois sur une longueur de 300 mètres de chaque côté de la route que des travailleurs, sous la direction des Engineers, élargissaient afin d’ouvrir un passage à l’artillerie. La colonne s’avança ainsi vers le nord, les échelons de gauche et de droite ouvrant des sentiers parallèlement au chemin principal de façon à couvrir les flancs de l’échelon Alison, l’échelon Warrens serrant sur les colonnes Mac Leod et Wood.

    L’échelon de tête rencontra l’ennemi en grande force, bordant un ruisseau marécageux au nord d’Egginassie, et souffrit beaucoup en le délogeant de ce point, quoique soutenu par l’artillerie Rait.

    La situation était telle qu’un des canons – il n’y avait de place que pour une seule pièce – tirait à 50 yards de l’ennemi obligé de céder devant les effets meurtriers de la mitraille. Le grand nombre de cadavres ashantees sur cette partie du champ de bataille et le nombre de blessés du 42e Highlanders, furent des preuves de la résistance de l’ennemi. Le 42e Highlanders dut donner l’assaut et enleva le village d’Amoaful vers midi après avoir combattu pendant près de quatre heures.

    Sir Achibald Alison était en tête de la Black Watch. Voyant le moment décisif venu, le brigadier  général ordonna aux Pipers de jouer l’air « The Campbells are coming ! »  et les Highlanders s’élancèrent sur l’ennemi qui n’attendit pas l’attaque.

    Cette période du combat d’Amoaful est racontée ainsi par l’auteur de Life of lord Wolseley :

    Quelques moments après l’enlèvement d’Egginassie par les éclaireurs de lord Gifford, à 8h30 du matin, les deux compagnies de tête du 42e Highlanders, sous le commandement du major Macpherson, suivaient le sentier principal ; le feu nourri et rapide auquel elles étaient soumises montrait que les Ashantees étaient en nombre ; aussi, furent-elles renforcées par une troisième compagnie.

    Comme l’ennemi commençait à recourir à son mouvement favori de tourner les flancs, sir Archibald à deux compagnies de Highlanders, sous les ordres du major Baird, de s’avancer le long d’un sentier sur la gauche. Trois compagnies restèrent en réserve.

    En atteignant une élévation du terrain, il vit que l’ennemi avait pris une forte position sur une crête en arrière d’un vallon marécageux au fond duquel coulait un ruisseau. Le major Baird attaqua immédiatement la crête, qui s’avançait en forme d’hémicycle enveloppant complètement le flanc gauche et qui balayait avec son feu, non seulement le sentier descendant vers le marais et le long duquel le major Maspherson s’efforçait d’avancer, mais le marais lui-même et le sentier situé de l’autre côté.

    Le feu était très violent à ce moment, mais fort heureusement que les armes et les munitions des Ashantees étaient pitoyables. Le major Scott s’engagea sur le front avec deux compagnies de la réserve ; le feu de l’ennemi continua néanmoins. Le brigadier général fit savoir à neuf heures à sir Garnet Wolseley qu’il était chaudement engagé avec un ennemi nombreux sur son front et sur sa gauche, que six compagnies étaient en ligne, qu’il n’en restait plus que deux en réserve et qu’il désirait bien quelque soutien. Un peu plus tard, il demanda un renfort de médecins.

    Parlant de ce moment de l’action, sir Archibald dit dans sa lettre : les particularités de la guerre ashantee ressortaient bien nettement ; nous étions entourés d’un demi-cercle de feu, et on ne s’apercevait que très difficilement. Quand les compagnies du 42e descendirent successivement dans le marais, on les perdit immédiatement dans le fourré, et on ne pouvait se rendre compte de leur position que par le vif crépitement de leurs rifles, opposé au bruit éclatant et grave de la mousqueterie ashantee…

    A ce moment, le major Baird, le major Home et un très grand nombre d’hommes furent blessés. Le brigadier général, qui avait demandé des renforts à sir Garnet, reconnait qu’il fut très inquiet sur le résultat, jusqu’au moment où les deux compagnies détachées sur le flanc gauche, qui avaient été elles-mêmes fortement engagées, arrivèrent heureusement à se joindre à la réserve, n’ayant pu s’ouvrir un chemin à travers le fourré suffisamment vite pour se tenir à hauteur de la tête de colonne. Sir Archibald engagea immédiatement la compagnie de réserve restante et, peu de temps après, envoya également en avant une des compagnies de flanc qui venait de rentrer, de telle sorte qu’à ce moment, le 42e avait sept compagnies engagées et une en réserve.

    L’ennemi tenant encore vigoureusement en tête et sur le flanc gauche, le brigadier général demanda à sir Garnet le concours d’une partie de la Rifle Brigade, car les Highlanders commençaient à être fatigués de ce combat continu et comptaient de nombreux blessés. Une demi-heure après, sir Garnet reçut de sir Archibald une seconde missive, datée 10 heures du matin en face d’Amoaful, dans laquelle le brigadier général disait que, l’ennemi tenant bon, il ne pouvait emporter le village et qu’il fallait un renfort d’un demi-bataillon de rifles.

    Sir Garnet envoya aussitôt une compagnie ; cependant l’ennemi ne put être chassé de sa position qu’au prix de pertes considérables, et grâce à l’intervention courageuse et judicieuse de l’artillerie du major Rait, qui, traversant le marais et le sentier sous un feu violent, amena rapidement un des ses canons en action et envoya une quinzaine de coups à mitraille dans les masses denses des Ashantees. Les Highlanders enlevèrent alors la position. Après que Rait eut bien canonné l’ennemi, qui s’était établi sur une seconde crête en arrière, le brave 42e enleva de nouveau cette position.

    Ceci, dit le brigadier général, fut le dernier effort de l’ennemi ; la rupture de son centre affaiblit la portée des attaques de flanc qui cessèrent bientôt.

    Pendant ce temps, l’échelon de gauche avançait sous un feu violent qui tuait le capitaine du génie Buckle. Il put occuper le sommet d’une hauteur d’où les tubes à fusées du lieutenant Palmer ouvrirent un feu efficace. L’ennemi fut chassé de cette partie de sa position par la marche en avant de la demi-Naval Brigade du captain Grubbe et du régiment Russell.

    Le colonel Mac Leod, ayant dégagé son front et ayant perdu le contact avec le brigadier général Alison, se rabattit vers le nord-est et vint tomber sur la route principale en arrière des Highlanders, environ au moment où ces derniers occupaient Amoaful.

    A l’aile droite, le feu violent empêchait le colonel Wood de pénétrer suffisamment dans le fourré ; si bien qu’au moment de la prise d’Amoaful, la droite de l’échelon de tête se trouva en l’air.

    Les liens tactiques furent rétablis le long du sentier principal par deux compagnies de Highlanders, un détachement du 23e régiment et une compagnie de la Rifle Brigade.

    Le colonel Wood, blessé dès le début de l’action, avait dû remettre le commandement de son échelon au capitaine Luxmoore.

    Jusqu’à une heure et demie du soir, l’ennemi entretint un feu très vif contre cet échelon Wood, dont la droite s’étendait dans le fourré à l’est du village d’Egginassie. Une marche en avant des Kossus et Bonnys du régiment Russell détermina la retraite de l’ennemi ; le combat cessa sur ce point à 1 heure 45 du soir.

    Ces Kossus et Bonnys qui, tant qu’on s’était tenu sur la défensive, avaient combattu posément et en silence, poussèrent alors leur cri de guerre ; mettant leurs fusils en bandoulière et dégainant leurs coutelas, ils s’élancèrent dans le fourré comme des chats-tigres pour prendre leur ennemi corps à corps, pendant que les Rifles se formaient en ligne, comme à la parade, fouillant chaque fourré à coups de fusils. Il n’y avait pas cinq minutes que la sonnerie en avant était exécutée, que les Ashantees étaient en pleine retraite.

    Le concours de la Naval Brigade avait été très efficace. A huit heures du matin, le colonel Mac Leod avait chargé le captain Grubbe de s’ouvrir un sentier parallèlement à la route de Coomassie. Un parti de travailleurs, sous la direction du capitaine Buckle des Royal Engineers, avait déjà défriché sur une longueur de 40 mètres quand l’ennemi ouvrit un feu violent qui blessa mortellement le capitaine Buckle. Le captain Grubbe fit alors défricher dans la direction de la colline d’où partaient les coups de feu et occupa une hauteur sur le flanc de l’ennemi.

    Le régiment Russell, en soutien, fut chargé de garder le flanc gauche pendant que le captain Grubbe continuait à raser le fourré dans une direction nord, pour atteindre, deux heures après, la route principale. L’ennemi entretenait un feu nourri incessant et le fourré était si épais, qu’à aucun moment de la journée, le captain Grubbe ne put apercevoir ses adversaires.

    De 2 heures du soir à cinq heures, les 200 hommes du détachement Grubbe bordèrent la route déployés en tirailleurs, et répondant de temps en temps au feu de l’ennemi qui, après que le magnifique élan du 42e eut enfoncé son centre, enveloppait le flanc droit de la colonne cherchant à rejoindre la route de Becquah. A 6h15, le captain Grubbe marchait sur Amoaful et y cantonnait.

    L’acting captain Luxmoore pénétra avec son détachement dans le fourré sur le flanc droit du sentier principal, et prit dès le début le commandement de la colonne de droite par suite de la blessure du colonel Wood. Cet échelon resta stationnaire pendant quelques heures. Le feu de l’ennemi s’étant ralenti, les Engineers commencèrent le débroussaillement et les Ashantees se mirent en retraite.

    Le captain Luxmoore se rabattit alors sur le sentier principal, d’où il se dirigea de nouveau à travers le fourré à 300 mètres vers l’est et ensuite droit vers le nord de façon à atteindre Amoaful où il prit son cantonnement.

    Le commandant Hewett, écrivit le major général au War Office, était à mes côtés pendant l’action et s’est mis à ma disposition ; j’ai reçu de lui toute l’assistance possible…

    Dans le même temps, on entendit une vive fusillade sur les derrières ; l’ennemi attaquait le poste retranché de Quarman. Le major général fit faire demi-tour à une partie de la Rifle Brigade ; l’attaque dura jusqu’à la tombée de la nuit.

    Ce poste de Quarman, où se trouvaient réunis tous les bagages de la colonne, était défendu par le capitaine Burnett qui avait sous ses ordres 3 officiers, 12 royal Engineers, 53 West Indian et 30 indigènes du régiment Wood ; sachant qu’un convoi de ravitaillement était en route et que, d’un autre côté les Rifle arrivaient à son secours, il exécuta une sortie et fit entrer le convoi sain et sauf.

    Un peu avant la nuit, un grand convoi de bagages, qui avait été parqué à Insarfu pendant le combat d’Amoaful, fut également attaqué bien qu’il eût une forte escorte de West Indian. En apprenant cette dernière affaire, le major général s’occupa aussitôt de dégager la ligne de communications et fit masser tous les convois en sûreté à Amoaful où, à dix heures du soir, se trouva concentrée toute la colonne, sauf quatre compagnies de la Rifle Brigade qui, sous les ordres du colonel Warrens, occupaient Egginassie.

    Le combat d’Amoaful coûtait 4 tués dont 1 officier et 194 blessés dont 21 officiers. L’ennemi ne s’était servi que de chevrotines, car autrement peu de Highlanders seraient revenus. En quelques instants, 113 Highlanders dont 9 officiers avaient été blessés. La Naval Brigade avait 32 blessés dont 6 officiers.

    Le général ashantee, Amanquatia, était parmi les morts ; il montait précipitamment sur son fauteuil pour être porté en arrière quand il fut tué par un Highlander ; son corps fut emporté par ses esclaves ; un grand parasol, fixé au centre du village, fit croire à tort que le roi assistait au combat.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso