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  • 1 février 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

     

    La prise de Peschiera

    D’après « Ephémérides militaires depuis 1792 jusqu’en 1815 » – Louis-Eugène d’Albenas – 1820

     

    Lorsque le général Brune, commandant l’armée française d’Italie, eut forcé le passage du Mincio (25 décembre), et poursuivit sur la Brenta l’armée autrichienne, il envoya quatre mille hommes investir Peschiera et en faire le siège. Cette place, très forte, située sur le bord du lac Garda, à l’embouchure du Mincio, est très importante, en ce qu’elle tient la gauche de la ligne formée par cette rivière, dont Mantoue est la droite.

    Le général Chasseloup-Laubat eut le commandement supérieur du siège, et dirigea toutes les opérations avec tout le talent qui lui a acquis la belle réputation dont il jouit. Le général Lacombe Saint-Michel commandait l’artillerie, et le général polonais Dombrowsky les troupes employées.

    La garnison était forte de deux mille cinq cents hommes. Indépendamment des ouvrages qui environnaient la place, elle était protégée par une flottille de quinze bâtiments armés et montés par six cent cinquante hommes d’équipage, qui, par les eaux du lac, communiquaient avec la place. Les Autrichiens, pour l’appuyer, avaient élevé dans la presqu’île de Sermione, autour du bourg de ce nom, un fort retranchement défendu par cinq cents hommes. Ainsi la force des assiégés était, à peu de chose près, égale à celle des assiégeants.

    Le général Chasseloup, chargé des sièges de Mantoue et de Peschiera, commença par celui de cette dernière forteresse dont la possession lui devenait utile pour les opérations sur la première. Le 1er janvier, arrivé devant la place, il fit la reconnaissance de ses différents ouvrages, et résolut d’attaquer sur deux points.

    L’attaque principale ou de droite dut se faire à la gauche du Mincio, la fausse attaque ou de gauche, sur la rive droite.

    Du 9 au 10 janvier, la première parallèle fut tracée. Le 12, à huit heures du soir, on ouvrit la tranchée de la petite attaque, à trois cents toises de la place, devant l’ouvrage à corne du sud. Les travailleurs étaient couverts par deux cents hommes d’infanterie, et soutenus par cinq cents autres.

    La tranchée, tracée sur la crête d’un rideau où se trouve la maison appelée Monteferro, était protégée vers la droite par le poste de la maison Campestre, touchant presque le rivage, et dont les assiégeants s’étaient emparés la veille à la baïonnette et par la gauche ; elle s’appuyait à un fossé large et profond. En avant de cette parallèle, on établit une batterie de six pièces de douze et de deux obusiers, pour battre, soit de revers, soit d’enfilade, soit de plein fouet, tout le front d’attaque. Les travaux furent poussés avec une telle activité, que le lendemain la tranchée avait assez de largeur et de profondeur pour couvrir les travailleurs.

    Le 14, la parallèle fut fermée à son extrême droite par une traverse. Le 16, on travailla au boyau de communication avec les batte- ries. Le 18, tous les ouvrages de la petite attaque étaient perfectionnés. Ils n’avaient toutefois pour but que de distraire l’ennemi de l’attaque principale, et d’attirer tout son feu sur ce point. Les assiégés, dirigèrent, en effet, tous leurs efforts de ce côté, persuadés que l’attaque y était réelle.

    Le 14 janvier au soir, six cents sapeurs et travailleurs, conduits par le général Chasseloup lui-même et le chef d’escadron Henin, dans le dessein d’ouvrir la tranchée de la grande attaque sur la rive gauche, se rendirent sur le plateau. Le général plaça les troupes dans le plus grand silence jusqu’au bord de l’escarpement en face de la ville, et, sous ses yeux, fit exécuter le tracé de la parallèle, à cent cinquante toises du corps de la place.

    La gauche, appuyée au revers du terrain, hors de la vue des remparts, servait de communication avec les dépôts ; la droite se prolongeait jusqu’à l’escarpement qui borde la grande route de Vérone. Quatre batteries furent placées en avant de cette parallèle, et tous ces travaux étaient terminés quand le jour parut.

    Lorsque les Autrichiens s’aperçurent de l’importance des travaux élevés pendant la nuit, ils firent sur eux un feu terrible de toute leur artillerie. Ce jour-là même, le général Dombrowski attaqua l’ennemi, qui occupait encore sur le terrain extérieur de la place le poste de la Casa-Bianca : il résista. Mais, le lendemain, le chef de bataillon Chlopisky ayant recommencé l’attaque, le poste fut enlevé.

    Cependant les batteries élevées le 14 n’avaient pu être assez rapidement armées pour répondre aussitôt au feu des assiégés. Il était violent, et nos travailleurs en étaient écrasés.

    Le général Chasseloup, en attendant que son artillerie fût disposée, fit creuser pendant la nuit, sur le terrain en avant des deux attaques, et le plus près possible de la place, des trous de loups, dans lesquels se placèrent des tirailleurs choisis parmi les soldats les plus exercés. Enfoncés jusqu’à la tête, et couverts par des sacs à terre qui leur servaient d’embrasures, avec des vivres et des cartouches, ils tiraient continuellement dans les embrasures des ouvrages sur tout individu qui paraissait sur les parapets. L’ennemi fut tellement incommodé de ce feu meurtrier, que pour s’en délivrer il fit une sortie sur la droite du Mincio le 17 janvier. Malgré l’adresse et l’opiniâtreté de nos tirailleurs, ils furent débusqués de leurs trous de loups, et se replièrent derrière la première parallèle.

    Le 18, les travaux continuèrent. De nouvelles batteries furent élevées, et les pièces y étant placées, le feu allait commencer sur tous les points, lorsque le général Chasseloup reçut la notification de l’armistice que le général Brune et le comte de Bellegarde venaient de conclure (14 janvier).

    Aux termes de la convention, la forteresse de Peschiera devait être remise sur-le-champ aux Français.

    Ils en prirent possession le lendemain 19 janvier, et ne devancèrent ainsi que de quelques jours le moment de s’en rendre maîtres, car tous les travaux des assiégeants étaient tels que cette place, très resserrée, et qui n’a que deux cents toises dans son plus grand diamètre, ne pouvait tarder à capituler.

     

     

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