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  • 1 février 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La bataille de Lemnos

     

    La bataille de Lemnos

    D’après « Dans les Balkans, 1912-1913 : Récits et visions de guerre » – 1913

     

    Le 4 janvier, la flotte ottomane se présente à nouveau ; elle semble hésiter. Les croiseurs Medjidieh et Hamidieh chassent en avant et échangent des coups de canon avec les torpilleurs grecs placés en grand’garde. Mais bientôt la flotte hellénique paraît à l’horizon : la flotte ottomane regagne prudemment son mouillage de Nagara, dans la partie la plus resserrée des Dardanelles.

    Le 17 janvier, un coup de foudre éclate. Le Hamidieh, qui a quitté les Dardanelles dans la nuit du 16 au 17, en traversant la ligne des grand’gardes ennemies, sans être découvert, se présente tout à coup devant le port d’Hermopolis de l’île de Syra.

    Syra est au centre de l’archipel grec, à quelques heures d’Athènes, et son port, relié au continent par le télégraphe, sert d’escale à plusieurs lignes de paquebots. L’apparition du Hamidieh cause une émotion considérable, dont l’écho se répercute presque instantanément par toute l’Europe. Justement, un croiseur auxiliaire grec, le Makédonia, qui s’est signalé à la prise de Chio, est en relâche dans le port. Le Hamidieh le canonne, le détruit, puis il disparaît.

    Le 18, à 8 heures, la flotte ottomane s’avance hors des Dardanelles. Elle se dirige vers l’ouest, en longeant la côte sud de l’île Imbros. Il est à peu près certain que la sortie préliminaire du croiseur Hamidieh était liée à la grande opération à laquelle se destine la flotte ottomane. Le Hamidieh avait pour mission d’entraîner la flotte grecque dans l’ouest, loin de son poste habituel d’observation. Puisqu’il n’est pas revenu, c’est qu’il a réussi dans sa mission.

    Halil pacha croit donc que le champ est libre devant lui. Après avoir longé Imbros, il incline sa route au sud. Son objectif est l’île de Ténédos. S’il était possible de surprendre sa petite garnison et d’y remplacer le pavillon grec par le pavillon ottoman, quel retentissement n’aurait pas à Constantinople un pareil haut fait !

    La flotte ottomane défile en bon ordre ; elle se compose du Kerreddin-Barbarossa, du Torghut-Reiss, du Messudieh, de l’Assar-i-Tewfik, du Medjidieh et d’un certain nombre de destroyers. L’Assar-i-Tewfik, vieux garde-côte dont la marche est trop lente, reste en arrière avec les destroyers pour former rideau contre les torpilleurs grecs, s’il s’en présentait.

    A 9h20, l’escadre grecque, prévenue par ses grand’gardes de la sortie de la flotte ottomane, appareille de la baie de Mudros. L’amiral Kondouriotis, avec le Georgio-Averof, les cuirassés Hydra, Psara et Spetzaïn, quatre destroyers de 900 tonnes et trois de 400 tonnes, débouche de la pointe sud de Lemnos et se présente tout à coup en vue de la flotte ottomane. Un désappointement très vif dut se faire sentir à bord du Kerreddin-Barbarossa.

    A 11h25, de très loin, le Georgio-Averof ouvre le feu. L’action s’engage. Halil pacha hésite quelque temps à continuer sa route au sud. S’il continue, il risque de se voir coupé des Dardanelles par l’adversaire. A midi, il abandonnait la route au sud-ouest qui le rapprochait sans cesse de l’ennemi et se dirigeait, le plus vite qu’il pouvait, sur l’entrée des Dardanelles.

    Dès lors, combattant en retraite, ne pouvant utiliser qu’une faible partie de son artillerie, il se plaçait dans une situation inférieure, dont la flotte hellénique allait bénéficier largement.

    Celle-ci s’acharna à la poursuite sans cesser de tirer. Malheureusement, les petits cuirassés Hydra, Psara et Spetzaï, mauvais marcheurs, ne réussirent pas à se rapprocher sensiblement.

    Seul le Georgio-Averof, grâce à sa belle vitesse, pût tenir son adversaire sous son tir à 4 000 mètres pendant quelque temps. Par contre, il attira ainsi sur lui tout le feu de la flotte ottomane. Aussi, cette fois, éprouva-t-il de graves avaries. A 1h50, le combat cessait.

    L’Averof avait sa machine bâbord en avaries ; la flotte ottomane, de son côté, était gravement endommagée. Le Kerreddin-Barbarossa avait le feu à bord ; il était enveloppé d’un nuage de fumée et de vapeur. Le Torgut-Reiss n’était pas moins atteint ; une de ses tourelles était hors d’usage, et, sans doute, avait-il une voie d’eau, car il donnait de la bande.

    La flotte ottomane respira quand elle fut arrivée sous la protection des canons de Koum-Kalé, à l’entrée des Dardanelles.

    Un enthousiasme indescriptible régna à Athènes à l’annonce de la victoire de la flotte, malgré les graves avaries de l’Averof, qui furent d’ailleurs soigneusement cachées. Lors des obsèques du roi Georges, assassiné à Salonique, toute la flotte grecque escorta le yacht qui transportait à Athènes la dépouille royale. Seul, le Georgio-Averof, le plus beau fleuron de la flotte hellénique, ne prit pas part à la cérémonie. Son absence, très remarquée, confirma, en quelque sorte, les avaries graves dont on avait parlé, et qu’il avait héroïquement supportées pendant le combat du 18 janvier.

     

     

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