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  • 1 février 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le combat d'Abu Klea

     

    Le combat d’Abu Klea

    D’après « Revue maritime et coloniale » – Ministère de la marine et des colonies – 1890

     

    Le matin du 16 janvier, deux heures avant l’aube, la colonne du désert, campée à 5 kilomètres d’Abu Klea, se mettait en marche dans la direction des puits de ce nom.

    Au petit jour, l’ennemi était signalé en nombre très supérieur, installé sur les collines qui commandent les puits à quelques kilomètres. Le terrain était mouvementé, couvert de hautes herbes et de mimosas.

    La colonne campe sur une hauteur voisine et, après s’être rapidement entourée d’une « zeriba », prend ses dispositions pour repousser une attaque qui paraît imminente. Mais l’ennemi se contente d’escarmoucher et de fatiguer la colonne, tout en se maintenant dans ses positions couvertes par des buissons épineux ; il entretient de là un feu continu et gênant qui ne cesse pas de toute la journée et pendant toute la nuit.

    Les Anglais s’attendaient à ce qu’il attaquât le camp pendant les dernières heures de la nuit, au lever de Vénus, selon la coutume arabe mais il n’en fut rien. Il fallait cependant que la colonne avançât pour s’emparer des puits ou qu’elle rétrogradât sur Gakdul. Le premier moyen, qui devait avoir pour effet de dégager la route, fut préféré.

    Le convoi, avec une escorte de 200 hommes, fut laissé dans la « zeriba », le reste de la colonne se mit en marche vers ces puits si convoités, le 17 au matin.

    L’ennemi se présentait en deux grosses masses, la principale droit devant le front ; de nombreux pavillons la précédaient. La deuxième masse appuyait sur le flanc gauche des Anglais. On sut depuis que les forces ennemies montaient à 9 000 hommes environ.

    La cavalerie et une compagnie montée se jettent sur la masse de gauche ; la colonne, formée en carré, ayant au centre les chameaux haut le pied ou chargés, se dirige sur la masse principale. Le carré marche lentement, à travers les herbes et les buissons épineux, s’arrêtant de temps à autre pour faire quelques feux de salve ou tirer quelques coups de canon ; mais seul le tir du canon a quelque efficacité.

    Lorsque la colonne débouche en terrain découvert, une compagnie en ordre dispersé est portée en avant. A peine les tirailleurs sont-ils arrivés à 200 mètres de l’ennemi que celui-ci s’ébranle à une vive allure, en ordre serré, en deux colonnes profondes dont le sommet affecte la forme d’un coin ou d’une corne de phalange.

    En tête de chacune d’elles, marche un chef à cheval porteur d’un étendard vert.

    Les tirailleurs, poursuivis par les Soudanais, ont à peine le temps de rallier le carré, dont au même moment deux faces sont attaquées.

    Repoussé par un feu violent, l’ennemi s’écoule sur les flancs, enfonce la face arrière et pénètre dans le carré. Quelques-uns des tirailleurs et un officier, rejoints par les Soudanais avant d’avoir pu rallier, sont tués sur le front même de la colonne à coups de lances et de sabres.

    Pendant ce temps, une confusion extrême régnait à l’intérieur du carré où l’ennemi tuait plusieurs dizaines de chameaux. Les Anglais font alors face en dedans et, perdant la tête, se mettent à fusiller amis et ennemis. Pas un seul des Soudanais qui avaient pénétré dans le carré n’en sortit vivant, mais beaucoup d’officiers, quelques-uns même de grade élevé, et de nombreux soldats furent également victimes de cette manœuvre affolée.

    Un chef soudanais avait pénétré dans le carré, à cheval, tenant d’une main un étendard, de l’autre un Coran ; il tomba en chantant des versets du livre saint.

    Grâce à l’énergie et au sang-froid des officiers, le carré finit par être reformé. Un feu violent, à bout portant, ouvrit de larges brèches dans les rangs de l’ennemi, qui se retira enfin laissant le terrain couvert de cadavres.

    Le combat n’avait duré que quelques minutes, mais, de part et d’autre, les pertes furent énormes. Les Anglais avaient 9 officiers et 59 hommes de troupe tués ; 9 officiers et 70 hommes blessés. 800 Soudanais gisaient sur le sol.

    La colonne, reformée du mieux possible, arriva jusqu’aux puits, précédée par la cavalerie, qui ne put mener que mollement la poursuite, à cause de la soif qui torturait hommes et animaux. Le campement fut pris près des puits ; puis le convoi, qui était en arrière du théâtre de l’engagement, rejoignit le gros. De nombreuses caisses de munitions, beaucoup d’armes et quantité de vivres qu’on ne pouvait plus transporter furent détruites ou incendiées.

     

     

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