• 20 janvier 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La bataille de Loro

     

    La bataille de Loro

    D’après « Le Sénégal : la France dans l’Afrique occidentale » – Léon Faidherbe – 1889

     

    Après la bataille de Ngolgol, la colonne, au lieu de se porter directement sur Lat-Dior, se dirigea d’abord vers le Baol.

    Cette pointe eut pour résultat d’intimider les chefs de ce pays et de les détacher complètement de la cause de Lat-Dior, ce qui évita de porter la guerre dans cette région qui fournit des éléments considérables à notre commerce.

    Le 9 janvier 1864, on se remit en marche directement à la recherche de Lat-Dior. Partie de Khaoulou le 9 au soir, la colonne arrivait le10 à Ngaye, le 11 à Mbasine.

    Là on apprit que l’ennemi n’était qu’à une lieue de nous et bien disposé à nous attendre. Dans ces conditions, et afin de tirer le meilleur parti possible de l’affaire qui devait avoir lieu, le lieutenant-colonel Laprade fit bivouaquer les troupes jusqu’au lendemain.

    On évitait ainsi d’arriver devant l’ennemi à une heure trop avancée de la journée avec des troupes fatiguées et sans eau, ce qui aurait eu lieu si l’on avait continué le jour même.

    Le 12 janvier, au matin, la colonne se mit en marche. Nous trouvâmes, en approchant de Loro, l’armée ennemie en bataille sur un mamelon et nous attendant. Nous comptions un millier d’hommes de troupes régulières et 3000 volontaires. L’ennemi avait beaucoup plus de cavalerie que nous.

    Nous arrivâmes en présence de ses positions à 7 heures du matin. Le choix de ces positions était judicieusement fait ; il n’aurait pas été désavoué par un militaire expérimenté.

    Les fantassins étaient à couvert derrière une haie d’euphorbes qui couronnait les bords les plus avancés d’un plateau au centre duquel se tenait Lat-Dior avec une forte réserve, de telle sorte que le vallon que nous avions à franchir était admirablement battu par la mousqueterie de l’ennemi ; sur les ailes de cette position, se tenait une nombreuse cavalerie.

    Avant d’engager sérieusement les troupes, M. le lieutenant-colonel Laprade voulut tirer parti de la grande portée de nos armes. En conséquence, il arrêta la colonne à 400 mètres environ de l’ennemi, fit replier les éclaireurs, les tirailleurs et la section du génie, et commença le feu par l’artillerie appuyée de trois pelotons d’infanterie déployés.

    L’ennemi ripostait, mais sans nous atteindre. Bientôt sa cavalerie s’ébranla et menaça nos flancs et nos derrières, mais de ces côtés, elle fut contenue par le feu de la compagnie disciplinaire et par celui des deux obusiers placés à la gauche de la colonne.

    Lorsque l’ennemi parut suffisamment ébranlé par notre feu, les clairons sonnèrent la charge et la colonne s’avança dans l’ordre le plus imposant jusqu’à deux cents mètres des positions qu’il occupait. Alors les trois pelotons d’infanterie de marine, qui marchaient déployés en tête, prirent le pas de course, sous les ordres du chef de bataillon d’infanterie de marine de Barolet, et enfoncèrent le centre de l’armée de Lat-Dior.

    Le capitaine Baussin, commandant l’escadron de spahis, reçut l’ordre de charger à fond par la trouée qu’avait pratiquée l’infanterie. A sa suite s’élancèrent avec un élan indicible nos 3000 auxiliaires.

    L’ennemi, terrifié, fuyait dans toutes les directions ; son infanterie fut écrasée, et sa cavalerie ne dut son salut qu’à la rapidité de ses chevaux.

    La poursuite fut poussée jusqu’à quatre lieues du champ de bataille. L’horizon était embrasé par l’incendie de tous les villages de la contrée. A trois heures du soir, nos auxiliaires rentraient encore au camp chargés de butin.

    A la suite de ce combat, où l’ennemi laissa plus de 500 cadavres sur le terrain, Lat-Dior s’enfuit avec ses cavaliers vers le sud.

    La colonne, en rentrant à Nguiguis, ne trouva sur sa route que des villages abandonnés, et les volontaires, répandus à plusieurs lieues à la ronde, parcoururent en maîtres cette contrée qui, quelques jours auparavant, était le foyer d’un vaste complot formé contre l’influence française.

    Nos pertes, comparées à celles de l’ennemi, furent insignifiantes : elles se réduisirent à 5 volontaires tués. Le capitaine d’infanterie Decheverry, 25 soldats et 26 volontaires furent blessés, presque tous légèrement.

    Après le brillant fait d’armes du 12 janvier, il restait à la colonne expéditionnaire un dernier et pieux devoir à remplir. Le lieutenant-colonel Laprade la conduisit sur le champ de bataille du 29 décembre, pour rendre les derniers honneurs aux victimes de cette triste journée.

    Cette cérémonie touchante eut lieu le 15 janvier, à 5 heures du soir, au bruit du canon.

     

     

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