• 13 janvier 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le combat de l’Espinazo del Diablo

    D’après « Expédition du Mexique, 1861-1867 : récit politique et militaire » – Gustave Léon Niox – 1874

     

    La situation pouvait devenir grave, mais des colonnes importantes allaient prochainement arriver de Durango. Le général de Castagny avait reçu l’ordre de transporter son quartier général à Mazatlan et préparait les moyens défaire passer ses troupes à travers les montagnes abruptes de la Sierra Madre du Pacifique.

    Les habitants de Durango, dont les intérêts commerciaux étaient fort étroitement liés au rétablissement des communications avec la mer, le secondèrent en fournissant des subsides pour les réparations du chemin qui conduit à Mazatlan.

    La distance entre ces deux villes est de 85 lieues, et le sentier qui les unit est à peine praticable pour les convois de mulets. Des pentes, que la dureté du roc ne permet pas d’adoucir, s’accentuent en certains endroits jusqu’à 45 degrés. Les pierres roulantes, le peu de largeur du sentier, les précipices qui le bordent, en rendent les passages fort périlleux, même pour les piétons et les bêtes de somme.

    Au fond des gorges qui séparent les chaînons parallèles des montagnes, coulent des ruisseaux dont les gués n’ont d’ordinaire que quarante à soixante centimètres d’eau, mais que la moindre pluie transforme en torrents infranchissables. Enfin, jusqu’à Durasnito, situé à cinquante lieues de Durango, on ne rencontre aucun village, aucune ressource. Au delà, le pays est moins pauvre, mais les bandes de Corona l’avaient dévasté, et les habitants se déclaraient tous hostiles à l’intervention française.

    Ces obstacles ne devaient pas néanmoins empêcher l’expédition. Le 18 novembre, un détachement avait été envoyé jusqu’à Durasnito pour diriger les travaux de réparations de la route, pendant que le 1er bataillon de Chasseurs, le 51e et le 62e de ligne, destinés à cette opération, se concentraient à Durango.

    Une avant-garde de trois compagnies, sous les ordres du lieutenant-colonel Deplanque, commença le mouvement le 18 décembre. Elle fut suivie le 22 par une première colonne de deux bataillons du 51e commandée par le colonel Garnier.

    Le quartier général avec un bataillon et un escadron se mit en route le 26. Enfin, une dernière colonne partit le 4 janvier.

    Chacune de ces fractions était accompagnée d’un grand convoi de mulets chargés de vivres et de munitions. On emmena des troupeaux et l’on emporta des fours de campagne, de manière à pouvoir distribuer chaque jour du pain aux hommes et leur permettre de surmonter les fatigues qu’on allait affronter.

    Aux difficultés inhérentes à une marche dans de pareilles montagnes, par d’étroits sentiers taillés en corniche, où l’on devait se suivre à la file, et où le moindre faux pas pouvait coûter la vie, vinrent s’ajouter d’autres souffrances physiques, conséquence de la raréfaction de l’air et du froid qui règne dans ces régions à 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pendant la nuit, le thermomètre descend à plusieurs degrés au-dessous de zéro.

    Enfin, à l’endroit le plus difficile, sur une crête à laquelle son âpreté a fait donner le nom de l’Espinazo del Diablo, les bandes de Corona attendaient les colonnes et s’apprêtaient à leur disputer le passage. L’avant-garde s’arrêta.

    Le colonel Garnier la rejoignit bientôt, et le 1er janvier au matin, il lança trois détachements à l’assaut de cette formidable position. Celui qui devait l’aborder de front rencontra des obstacles insurmontables, mais les deux autres, gravissant résolument les rochers sans répondre au feu des gens de Corona, atteignirent les redoutes derrière lesquelles ils étaient abrités, les attaquèrent à la baïonnette, et les poursuivirent de sommet en sommet.

    Onze barricades ou retranchements furent ainsi enlevés. L’ennemi eut une centaine d’hommes hors de combat. La colonne française compta dix tués et trente-neuf blessés.

    Les jours suivants et jusqu’à l’arrivée à Mazatlan, les guérillas ne cessèrent de harceler la marche de cette première colonne, mais aucun combat sérieux ne fut plus livré.

     

     

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