• 12 janvier 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    La bataille de Wakefield

    D’après « Histoire d’Angleterre » – David Hume – 1839

     

    La reine Marguerite d’Anjou avait rassemblé une armée de vingt mille hommes avec plus de célérité que ses amis n’osaient l’espérer et que ses ennemis ne pouvaient le craindre.

    Le duc d’York, instruit qu’elle s’était montrée dans le nord, se hâtait de marcher de ce côté avec un corps de cinq mille hommes, pour éteindre, à ce qu’il croyait, les premières étincelles d’une révolte, lorsque, à son arrivée à Wakefield, il se trouva lui-même environné par ses ennemis, très supérieurs en nombre.

    Il se jeta dans le château de Sandal, situé dans le voisinage, et où le comte de Salisbury et plusieurs autres personnes prudentes lui conseillèrent de rester, jusqu’à ce que le comte de Marche, son fils, qui levait des troupes sur les confins du pays de Galles, pût venir à son secours.

    Mais quoique le duc manquât de l’espèce de courage que demande la politique, il avait au plus haut degré celui qui fait braver la mort ; et, malgré toute sa sagesse et toute son expérience, il crut qu’il se déshonorerait à jamais, si, se réfugiant derrière des murailles, il cédait un moment le terrain à une femme.

    Il descendit donc dans la plaine et présenta la bataille, qui fut acceptée sur-le-champ. L’extrême inégalité du nombre suffisait seule pour décider la victoire ; mais la reine se l’assura encore mieux, en envoyant en embuscade un détachement, qui prit l’armée du duc par derrière et acheva de la culbuter.

    Lui-même périt dans l’action ; et, son corps ayant été trouvé parmi les morts, Marguerite ordonna d’en séparer la tête et de la planter sur les portes d’York, avec une couronne de papier, en dérision des prétendus droits de Richard. Le comte de Rutland, son fils, âgé de dix-sept ans, fut conduit au lord Clifford, et ce barbare, pour venger la mort de son père, tué à la bataille de Saint-Albans, plongea de sang-froid son épée dans le sein de ce jeune prince, que tous les historiens représentent comme aussi intéressant par ses excellentes qualités que par les grâces touchantes de sa figura.

    Le comte de Salisbury fut blessé et fait prisonnier ; il fut jugé sur la loi martiale, et décapité aussitôt à Pomfret, avec plusieurs autres personnes de distinction. Le parti d’York perdit près de trois mille hommes à cette bataille, et regretta douloureusement Richard, prince qui méritait un meilleur sort, et dont les erreurs de conduite avaient leur source dans des qualités qui ne le faisaient que plus chérir et considérer. Il périt dans la cinquantième année de son âge, et laissa trois fils et trois filles, Édouard, George et Richard, Anne, Élisabeth et Marguerite.

    Après cette victoire importante, la reine divisa son armée, et en envoya la moindre division, sous les ordres de Jasper Tudor, comte de Pembroke, frère utérin du roi, contre Édouard, nouveau duc d’York. Elle marcha en personne, à la tête de la plus considérable, vers Londres, où le comte de Warwick commandait le parti d’York. Pembroke fut défait par Édouard à Mortimer’s-Cross dans le comté de Hereford, et perdit près de quatre mille hommes : son armée se dispersa,,et lui-même ne dut son salut qu’à la fuite ; mais sir Owen Tudor, son père, fut fait prisonnier, et eut la tête tranchée sur-le-champ par ordre d’Édouard.

    L’exemple de cette barbarie, une fois donné, fut imité des deux partis par un esprit de vengeance qui se couvrait du prétexte d’une juste représailles.

     

     

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