• 5 janvier 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La bataille de Gadebusch

     

    La bataille de Gadebusch

    D’après « L’Univers. Villes anséatiques » – Jean-Baptiste-Gaspard Roux de Rochelle – 1844

     

    L’expédition des Danois en Poméranie avait laissé à découvert les rives méridionales du Holstein. Elles étaient exposées aux attaques d’un corps de troupes suédoises qui se trouvait alors dans le duché de Brême et plusieurs milliers d’habitants s’étaient réfugiés vers le nord de cette province, pour se soustraire aux périls d’une invasion. L’ennemi n’avait en effet qu’à traverser l’Elbe, pour se porter sur Altona, Gluckstadt, ou d’autres places du Holstein.

    Le roi de Danemark résolut d’aller au-devant du danger, et de couvrir ses États, en prenant lui-même l’offensive contre le duché de Brême.

    Une escadre, qu’il envoya vers l’embouchure de l’Elbe, remonta ce fleuve, et s’empara de trente navires ennemis. Un corps de troupes danoises vint débarquer dans le duché de Brême et assiéger Stade, qui en était la plus forte place. Le feu fut ouvert par une artillerie formidable, et lorsqu’elle eut ruiné une partie de la ville, les habitants demandèrent à capituler ; mais les conditions qu’ils proposaient n’ayant pas été acceptées, toutes les batteries de canons et de mortiers recommencèrent leurs attaques.

    Les Danois eurent bientôt emporté les ouvrages extérieurs ; ils se logèrent dans le chemin couvert ; leur bombardement alluma un vaste incendie et l’explosion d’un magasin à poudre ayant détruit la plupart des édifices que l’artillerie n’avait pas encore atteints, la garnison et les habitants furent forcés de se rendre à discrétion.

    Cette prise facilita l’invasion des autres parties du duché de Brême, où la Suède n’avait qu’un petit nombre de troupes. Mais un tel succès n’avait rien de décisif : la Poméranie allait redevenir le théâtre de la guerre.

    Les Danois, les Saxons et les Moscovites devaient reprendre le siège de Stralsund ; ils faisaient aussi celui de Wismar et l’armée suédoise chargée de leur tenir tête était commandée par Steenbock, par ce même général qui avait déjà remporté près d’Helsinbourg une victoire contre les Danois.

    Il était campé près de Wismar, et comme il attendait quelques renforts de Suède, il avait d’abord négocié une suspension d’armes. Les ennemis y consentirent et ils espéraient en profiter eux-mêmes pour avoir le temps de réunir contre lui toutes leurs forces. Mais à peine l’armistice fut-il expiré que Steenbock marcha contre l’armée danoise, renforcée par les Saxons, et encore éloignée des Moscovites, dont elle cherchait à se rapprocher.

    Il la joignit près de Gadebusch dans le Mecklembourg.

    Les forces étaient très inégales : les Danois et les Saxons avaient l’avantage du nombre, et venaient d’enlever à leur ennemi un convoi de munitions, dont ils avaient dissipé l’escorte. Ils avaient battu quelques-uns de ses détachements, et ils manœuvraient pour envelopper son corps d’armée.

    Pour arriver aux Alliés, il fallait traverser un marécage immense sous le feu de l’artillerie danoise. Steenbock affronte ce danger, arrive en ordre de bataille, donne le signal, se bat trois heures.

    Les Alliés vaincus laissent, sur le champ de bataille, quatre mille prisonniers, deux mille morts, vingt-quatre pièces de canon et leurs bagages.

    La guerre entre les Suédois et leurs ennemis avait pris un tel caractère d’extermination, que plusieurs corps qui combattaient à Gadebusch ne s’étaient fait aucun quartier, et qu’un carnage aussi cruel qu’inutile avait tristement accompagné la victoire.

    Cette impitoyable haine se fit encore plus remarquer dans une expédition que le général Steenbock dirigea bientôt contre Altona, tandis que le roi de Danemark, ralliant ses troupes après leur défaite, se retirait vers le nord du Holstein, où il allait attendre de nouvelles levées.

    Le général savait que les Danois avaient formé à Altona des approvisionnements considérables en farine, en pain, en fourrages. Ne pouvant pas les emporter, il prit la résolution de les détruire et comme ils étaient distribués dans un grand nombre de maisons, il voulut brûler la ville entière.

    En arrivant vers cette place qui ne pouvait lui opposer aucune résistance, Steenbock fit enjoindre aux habitants d’avoir à sortir immédiatement d’une ville qu’il allait réduire en cendres. Les magistrats lui adressèrent d’inutiles supplications, pour émouvoir sa pitié et pour se racheter ; la rançon qu’il exigeait d’eux était si excessive, qu’on ne pouvait satisfaire à ses demandes.

    Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1713, des soldats, armés de haches et de torches incendiaires, brisèrent les portes d’Altona ; ils mirent le feu à plusieurs quartiers, et toute la ville fut bientôt dévastée par d’impétueux tourbillons de flamme.

    Les habitants s’échappaient en toute hâte de leurs murs embrasés ; ils furent livrés dans leur fuite à toutes les rigueurs de la saison, et ils allèrent demander un refuge aux autres villes, aux hameaux du Holstein, qui recueillirent leur misère. 

     

     

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