• 5 janvier 2014 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La bataille de Moodkee

    La bataille de Moodkee

    D’après « Le Spectateur militaire » – 1846

     

    Par des marches habilement dérobées aux Anglais, les Sikhs, après avoir concentré une armée de 40 000 hommes sur la rive droite du Sutledje, jetèrent un pont de bateaux sur cette rivière, et la franchirent les 12, 13 et 14 décembre 1845.

    Les Anglais, ne s’attendant pas à un mouvement aussi rapide, n’étaient pas rassemblés. Le général sir John Littler, commandant la gauche, et occupant la ville avancée de Férozépore, allait se trouver le premier exposé aux efforts de l’ennemi.

    Dès que le général sir Hugh Gough, commandant en chef de l’armée britannique, dont le quartier général était établi à Limballa, eut connaissance du mouvement offensif des Sikhs, il ordonna que les troupes de la division de Sirhind et de Lodiana, morcelées sur toute la ligne, fussent dirigées à marches forcées sur Bussean, où l’on avait réuni d’avance des approvisionnements.

    Ces différentes colonnes, obligées de suivre de mauvais chemins tracés dans le sable, ne firent que 60 lieues en 6 jours.

    Le général anglais, peu rassuré sur la position des troupes placées à Férozépore, très inférieures en nombre aux Sikhs, et craignant d’ailleurs qu’elles ne fussent attaquées et anéanties avant son arrivée, était dans une grande anxiété. Mais lorsque les différents corps en marche eurent atteint Wudnce, les partis ennemis se rabattirent sur le camp et le fort de Moodkee (entre le Férozépore et Lodiana), après avoir échangé quelques coups de canon avec l’avant-garde anglaise.

    Le lendemain, 18 décembre, les Anglais se formèrent en ordre de marche, et prirent position dans la direction de Moodkee.

    Les troupes de ce corps d’armée se composaient de la division sir Harry Smith, de 2 brigades des divisions Caskill et Gilbert, de 5 batteries d’artillerie à cheval et de 2 batteries de campagne, sous les ordres du lieutenant-colonel Brooke. La division de cavalerie comprenait le 3e de dragons européens, les gardes du corps, le 4e et le 5e de cavalerie légère.

    Les soldats anglais, éprouvant de notables privations depuis plusieurs jours, se trouvaient dans un grand état d’épuisement ; à peine étaient-ils établis que les reconnaissances rentrèrent, annonçant que les Sikhs s’avançaient en ordre.

    Le général fit immédiatement prendre les armes et donna l’ordre de marcher en avant, l’artillerie au centre, la cavalerie sur les deux flancs, l’infanterie et les batteries de campagne en deuxième ligne.

    Après une marche de trois quarts de lieue, on rencontra les Sikhs. Ces derniers avaient en ligne environ 16 000 hommes d’infanterie, 10 000 chevaux et 40 pièces de canon.

    Le pays sur lequel on opérait, présentait une vaste plaine légèrement ondulée, couverte en quelques endroits de jungles épaisses et de petites collines sablonneuses.

    L’ennemi avait placé son artillerie derrière les jungles, profitant des moindres plis du sol pour masquer son infanterie. La cavalerie était en deuxième ligne et sur les flancs.

    Pendant que les 12 bataillons anglais manœuvraient pour se mettre en ligne, en échelons par brigade, l’ennemi ouvrit une très vive canonnade. Cette infanterie, surprise dans l’exécution de son mouvement, hésite, recule, et est vigoureusement rejetée près des batteries de Brooke, qui sont bientôt renforcées par les deux batteries de campagne.

    Le feu bien dirigé de l’artillerie anglaise ralentit celui des Sikhs ; et en même temps, le général anglais, voulant reformer son infanterie, qui avait été obligée de rétrograder, lance le 3e de dragons et la 2e brigade de cavalerie légère avec une partie du 4e lanciers sur la gauche des ennemis.

    La cavalerie irrégulière est sabrée, et se rejette en désordre sur leur réserve d’infanterie et d’artillerie, qui ne se laisse cependant pas entamer. Pour compléter ce mouvement, le 9e de cavalerie légère et le reste du 4e de lanciers chargent sur la droite des Sikhs. Une mêlée de cavalerie a lieu.

    Pendant ce temps, Brooke rapproche davantage son artillerie des jungles, et la canonnade, un instant suspendue du côté des Sikhs, est bientôt reprise avec acharnement de part et d’autre.

    L’infanterie anglaise, en ligne par échelons, ouvre un feu nourri à bonne portée. Les Sikhs, cachés dans les jungles, tiennent bon ; cependant les colonnes anglaises, s’avançant toujours, précédées par un feu meurtrier, les forcent à abandonner les jungles. Les Sikhs battent en retraite, continuant de faire assez bonne contenance, quoique pressés par cette redoutable infanterie.

    La nuit, de plus en plus profonde, vint mettre un terme à la lutte, qui s’était déjà prolongée pendant une heure et demie d’obscurité, au milieu de nuages de poussière qui rendaient encore chaque objet plus noir.

    Les Anglais, après être restés quelques heures sur le champ de bataille, allèrent bivouaquer en arrière du théâtre du combat, qui, d’après le rapport du général en chef, eut pour résultat la prise de 15 canons, sans prisonniers.

    Les pertes des Anglais furent de 216 tués (14 officiers européens, 2 officiers indigènes, 200 sous-officiers et soldats) et 669 blessés (37 officiers européens, 13 officiers indigènes, 619 sous-officiers et soldats). La perte des chevaux fut de 210 tués et 92 blessés.

    Le 19 décembre, lendemain de la bataille de Moodkee, les Anglais, ayant appris que les Sikhs renforcés se disposaient à venir les attaquer une seconde fois, prirent un ordre de combat en avant de leur camp. Le jour s’écoula sans qu’ils arrivassent, et vers la nuit l’armée fut rejointe par le 29e et le 1er léger européens de la Compagnie, avec une petite division de grosse artillerie.

     

     

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