• 29 décembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

     

    L’affaire de Bommel

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, sièges, et combats de terre et de mer » – 1818

     

    L’armée française venait de s’emparer de Nimègue ; elle était dans le dénuement le plus absolu. Les soldats avaient enduré pendant sept mois l’humidité constante qu’ils trouvaient dans les marécages et dans la boue où ils marchaient depuis cette époque, n’ayant ni bas, ni chaussure, ni linge, et étant pour la plupart, dévorés par la gale.

    Ils étaient, à la vérité, maîtres du sol glacé qu’ils avaient conquis, et on les voyait couverts de lambeaux en place d’habits. Au même instant où ces troupes s’emparaient d’une place, le linge, les draps, toutes les étoffes, étaient frappés d’une cruelle réquisition par les fournisseurs.

    Dans ce climat humide et froid, le militaire était privé de tout ce qui aurait pu le garantir des rigueurs de l’automne ; et tel était souvent ce dénuement absolu, qu’on voyait quelquefois les soldats manquer de pain. Mais l’enthousiasme de la gloire écartait de leur cœur toute espèce de plainte.

    Les généraux, cependant, qui voyaient leurs maux, y étaient sensibles. Ils demandaient quelque repos pour eux ; mais des espèces de proconsuls suivaient les armées, et, sans connaître l’art de la guerre, ils décidaient des opérations militaires. La vie et l’honneur des citoyens étaient dans leurs mains, ils en disposaient à leur gré.

    Ces commissaires de la république, qu’on frémissait d’aborder, du fond des palais qu’ils habitaient, du sein de l’opulence dans laquelle ils vivaient, méditaient tranquillement une expédition sur l’île de Bommel, utile sans doute, mais impossible à exécuter, par le défaut de barques nécessaires pour traverser le Wahal et pour transporter de l’artillerie ; difficulté que toute la puissance des proconsuls ne pouvait vaincre.

    Il pouvait encore arriver que le détachement commandé pour l’attaque fût séparé du corps d’armée, soit par le débordement, soit par les glaçons qui sont charriés par les rivières, dans cette saison déjà avancée. Le général hollandais Daëndels avait promis des succès, tandis que Moreau avait présagé des malheurs. Mais les proconsuls commandèrent, il fallut obéir ; ils voulurent qu’on tentât cette entreprise.

    Quelques barques avaient été réunies par Daëndels à Crève-Cœur et vers Nimègue. Quatre compagnies passèrent le Wahal le 12 décembre 1794.

    Elles firent prisonnier un major hanovrien, elles enclouèrent quelques canons ; mais des forces si supérieures se montrèrent, qu’elles se virent obligées de se rembarquer promptement. De là, on se porta sur le fort Saint-André, d’où les Français furent encore plus vigoureusement repoussés. La république eut à regretter un grand nombre de braves qui lui furent enlevés par une grêle de mitraille.

    Daëndels s’aperçut enfin de son erreur, mais il était un peu tard ; la faute était commise. Il convint que cette entreprise était alors impossible. 

    La retraite fut ordonnée par Moreau. L’armée entra enfin en quartier d’hiver, et put prendre quelques jours de repos, grâce au débordement des eaux.

     

     

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