• 16 décembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le massacre de Thiaroye

     

    Le massacre de Thiaroye

     

    Novembre 1944. La guerre n’est pas terminée mais la France est en grande partie libérée. Les autorités françaises décident de démobiliser des tirailleurs.

    Ces combattants « indigènes », faits prisonniers par les Allemands en juin 1940 étaient – pour le plus grand nombre – internés en France dans des frontstalags et non en Allemagne. Les Allemands ne voulaient pas les garder sur leur sol de peur de contamination raciale, des maladies tropicales alors que le souvenir de la « honte noire » avec l’occupation de la Rhénanie par les troupes noires en 1919 restait gravé  comme une blessure nationale.

    Le 21 novembre 1944, 1280 Tirailleurs Sénégalais, originaires de différents pays de l’Afrique-Occidentale Française (Sénégal, du Dahomey, du Soudan, de la Côte d’Ivoire, de l’Oubangui Chari (Tchad et Centrafrique), du Gabon et du Togo), débarquent à Dakar et sont emmenés au camp de transit de Thiaroye.

    Conformément à la volonté du ministre des Colonies, les anciens prisonniers doivent être rapatriés le plus rapidement possible dans leurs villages et ventilés selon leur territoire d’origine. 500 hommes doivent prendre le train pour Bamako le 28 novembre.

    En métropole, nombre de formalités préalables – habillement, paiement des rappels de solde de captivité, remboursement des livrets de caisse d’épargne, examen des droits à avancement, vérification des grades FFI – n’ont pas été remplies. Les opérations s’en trouvent singulièrement compliquées. Les 500 hommes en partance pour Bamako, n’ayant pas obtenu satisfaction sur le règlement administratif de leur temps de captivité, refusent de prendre le train.

    D’après les archives, et selon la réglementation en vigueur au moment de leur départ de Morlaix, ils n’ont perçu qu’un quart de leur rappel de solde avec la promesse qu’ils toucheraient le complément une fois arrivés à Dakar.

    Le général commandant supérieur étant en tournée, c’est le général Dagnan, commandant la division Sénégal-Mauritanie qui entame les palabres, alors que sa voiture est bloquée par les tirailleurs.

    Zonguo Reguema du Burkina Faso, témoin direct de la tragédie de Thiaroye se rappelle que le général leur a annoncé qu’ils ne seront pas payés à Dakar mais dans leur cercle. Dans son rapport écrit après la mutinerie, le général Dagnan indique qu’il leur a promis d’étudier la possibilité de leur donner satisfaction après consultation des chefs de service et des textes.

    Sur cette ultime promesse, les tirailleurs le laissent partir après qu’il eût exprimé sa satisfaction personnelle d’ancien prisonnier de les revoir. Bénéficiant d’un congé de captivité, il a quitté l’Allemagne en 1941 « pour lever, instruire et mettre sur pied les belles unités sénégalaises ».

    Mais la conviction du général Dagnan est formelle : le détachement est en état de rébellion, le rétablissement de la discipline et l’obéissance ne peut s’effectuer par les discours et la persuasion. Se considérant pris en otage, il met sur pied une démonstration de force militaire pour impressionner les anciens prisonniers de guerre.

    Le général commandant supérieur de Boisboissel, donne alors son accord pour une intervention armée le 1er décembre au matin.

    Le bilan officiel est de 24 tués, 11 décédés des suites de leurs blessures, 35 blessés, 45 mutins emprisonnés.

     

    Pour en savoir plus 

     

    Un film du metteur en scène et réalisateur Ousmane Sembène retrace cet épisode tragique

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