• 4 novembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 26 octobre 1813 – La bataille de Chateauguay dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-chateauguay-150x150

     

    La bataille de Chateauguay

    D’après « L’Echo du cabinet de lecture paroissial de Montréal » – 1864

     

    La campagne de 1812 se termina, pour les armes anglaises, avec un avantage marqué sur le drapeau de la République. Cependant les Américains avait plutôt éprouvé des échecs que subi des défaites : ils ne désespérèrent point du succès final, et commencèrent la campagne de 1813, pleins de vigueur, sans encore changer le plan d’attaque qui leur avait si peu réussi l’année précédente.

    On peut dire que de Salaberry fut le véritable héros de cette guerre et que, arrêtant par une victoire célèbre la marche envahissante des armées américaines, il traça de son épée les propositions de la paix qui allaient bientôt s’établir entre les deux puissances.

    Dans le mois de septembre 1813, le général Hampton à la tête d’un détachement fort de 5000 hommes, tenta de surprendre le District de Montréal, franchit la frontière, mais il fut arrêté par le Colonel de Salaberry, chargé de lui disputer, avec 600 hommes seulement, l’entrée de l’Acadie. Après quelques escarmouches, n’osant risquer une action générale dans les bois, les américains se retirèrent à Four-Corners, où de Salaberry surprit leur camp dans une reconnaissance qu’il fit avec 200 voltigeurs et 130 sauvages, et les jeta un moment dans une confusion extrême.

    Mais l’heure d’agir était arrivée pour Hampton, s’il voulait opérer sa jonction avec le général Wilkinson, qui descendait. Salaberry avait rendu le chemin de la frontière au village de l’Acadie impraticable par des abatis d’arbres. Hampton prit donc une autre route ; il se dirigea vers la source de la rivière Chateauguay, se rapprochant ainsi davantage du corps auquel il devait se joindre ; mais son dessein avait également été prévu; car il trouva cette route embarrassée et couverte d’ouvrages défensifs. Le général Prévost, de son côté, se tenait avec un corps de réserve à Caughnawaga, prêt à s’opposer à la réunion des deux armées.

    Dès le 21 octobre suivant, l’avant-garde d’Hampton avait repoussé les postes avancés des Anglais, sur la route de Piper, à dix lieues seulement au-dessus de l’Eglise de Chateauguay. Salaberry, informé à temps, rejoignit le lendemain, avec ses voltigeurs et une compagnie de milice les capitaines Lévesque et de Bartsh, à deux lieues du camp ennemi, à l’entrée d’un bois difficile à pénétrer et qui offrait une protection suffisante.

    Le colonel prit alors le commandement de toutes les troupes, très peu nombreuse à la vérité, et remonta la rivière Chateauguay, sur la rive gauche, où il savait qu’il y avait une excellente position défensive entrecoupée de ravins profonds. Il y établit quatre lignes d’abatis, les trois premières à deux cents verges l’une de l’autre, et la quatrième à un demi mile en arrière pour défendre un gué. Toute la journée fut employée à fortifier ces lignes, dont la première avait la forme d’un triangle, sur la droite de la route, et suivait les sinuosités du ravin.

    Cette position, observe M. Garneau, obligeait l’ennemi à trouver un pays inhabité et à s’éloigner de ses vivres, tandis que les soldats chargés de la défendre avaient tout ce qu’il fallait près d’eux, et se trouvaient fortement appuyés par derrière.

    La rive droite de la rivière, continue le même historien, était couverte d’un bois épais. Il y fut mis un fort piquet pour défendre l’approche du gué. Le colonel de Salaberry fit aussitôt détruire tous les ponts à une grande distance, en avant de sa position, et abattre tous les arbres entre la rivière et un marais qui se trouvait au-delà de la plaine qui était devant lui ; il voulait empêcher ainsi le passage de l’artillerie dont il savait l’ennemi pourvu. Il fit perfectionner ces ouvrages jusqu’au moment où l’ennemi parut. Les travaux exécutés permettaient de lutter contre des forces bien supérieures, et furent approuvés par le général Watteville.

    Il fallait qu’il en fut ainsi, car on n’avait que 300 Canadiens, quelques Ecossais et quelques « sauvages » à opposer au 7000 Américains du général Hampton. Mais le colonel Salaberry était un officier expérimenté et doué d’un courage à toute épreuve. Il put donc attendre de pied ferme l’ennemi qui s’avançait, confiant dans le succès.

    De son côté, le général Hampton divisa son armée en deux corps. Le premier, composé de cavalerie et de fantassins, soutenus par 2000 hommes placés un peu plus en arrière, se présenta d’abord dans la plaine pour attaquer de front la position des Canadiens sur la rive gauche de la rivière. Le second corps, formé de 1500 hommes, sous les ordres du général Purdy, fut chargé d’opérer sur la rive droite et de prendre cette position à dos, après avoir franchi le gué dont nous avons parlé.

    Trois compagnies, avec quelques miliciens et quelques « sauvages », défendaient le front de bataille de Salaberry, en avant des abatis qui s’appuyaient à la rivière. Trois autres, avec les Ecossais, avaient été distribuées au contraire entre les lignes, derrière les abats.

    Le général Hampton porta en avant une forte colonne d’infanterie, à la tête de laquelle marchait un officier de haute stature, qui s’avança et cria en français aux Voltigeurs : « Braves Canadiens, rendez-vous, nous ne voulons pas vous faire de mal ! ». Pour toute réponse, il reçut un coup de fusil qui lui fit mordre la poussière, et l’action s’engagea.

    Les trompettes sonnèrent et une vive fusillade s’étendit sur toute la ligne. Elle se prolongeait depuis fort longtemps sans résultat, lorsque le général américain changea ses dispositions pour essayer de percer la ligne anglaise par des charges vigoureuses. Il concentra ses forces, et se mit à attaquer tantôt le centre des Canadiens, tantôt une aile, tantôt l’autre, sans plus de succès. Partout repoussé, il échoua dans ses tentatives et fut obligé de se retirer après d’assez grandes pertes.

    Cependant le bruit du combat avait attiré l’attention de la colonne du colonel Purdy, qui opérait de l’autre côté de la rivière, et qui s’était égaré. Aussitôt qu’il se fut reconnu et à portée, il commença l’attaque des troupes qui se trouvaient devant lui, et qui, accablées sous le nombre, reculaient devant la trop grande supériorité de son feu. C’était au moment où le combat de l’autre rive avait presque cessé par la retraite d’Hampton.

    Salaberry, voyant que l’action devenait sérieuse sur l’autre point, alla se mettre à la tête des forces placées en potence le long de la rivière, et dirigea de la voix les mouvements de celles qui étaient au-delà. Il fit ouvrir en même temps sur le flanc de l’ennemi, qui s’avançait, un feu si meurtrier, qu’il le jeta bientôt dans le désordre et le contraignit de retraiter avec précipitation. Telle était l’ardeur des combattants, qu’on vit des Voltigeurs traverser la rivière à la nage, pendant le feu, pour aller forcer les Américains à se rendre prisonniers.

    C’est ainsi qu’après un combat de quatre heures, 300 hommes vainquirent une armée de 7000 et sauvèrent l’indépendance de leurs foyers.

    « Combat les Thermopiles, s’écrie à ce sujet un littérateur canadien, M. Adélard Boucher, vous pâlissez devant les ravins de Chateauguay ! Azincourt, la tache que tu imprimas sur les drapeaux de la France, est lavée en ce jour par ses valeureux descendants ! ».

    Le gouverneur Prévost, accompagné du général Watteville, arriva sur le lieu du combat, quand le drapeau anglais était vainqueur : il complimenta chaleureusement les Canadiens sur leur courage, et leur commandant sur ses dispositions judicieuses, qui venaient de renouveler un des plus éclatants faits d’arme de l’histoire ancienne.

    Cette victoire causa une joie profonde par tout le pays. Outre l’honneur qui en rejaillissait sur le nom Canadien, elle transportait le théâtre de la guerre au cœur même du territoire ennemi ; elle inspira même à l’Angleterre la pensée de conquérir ses anciennes colonies, si nous en jugeons par une dépêche du Duc de Wellington à Lord Bathurst, en 1813.

    Mais l’état précaire de l’Europe la força de couper court à ses projets, et, le 24 décembre 1814, une paix honorable fut signée à Gand entre les deux puissances.

     

     

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