• 3 novembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    La conspiration du général Malet

    D’après « Histoire de la conspiration du Général Malet, 1812 » - Henri Dourille – 1840

     

    La campagne de Russie était ouverte : Malet semblait en avoir prévu, avec une étrange perspicacité, les épouvantables résultats.

    Du fond de sa prison, il suivait pas à pas la politique européenne, étudiait les combinaisons les plus cachées de l’administration impériale, faisait sonder chaque fonctionnaire, entretenait des relations, des correspondances, resserrait ses rapports, ses liens, préparait ses ressources, et seul, sans argent, sans crédit, vieux et prisonnier, il s’apprêtait à foudroyer cet immense édifice, sans qu’il en coûtât du sang, sans qu’il en vînt une larme. Dans son plan, la boucherie finissait, la République renaissait et l’Europe se félicitait d’échapper à la ruine et au despotisme aveugle d’un soldat couronné.

    Malet préparait périodiquement ses nombreux partisans à un mouvement prochain qu’il renvoyait ensuite, alléguant froidement, à chaque retard, des motifs puisés dans les nécessités du moment.

    Au mois de juin, il réclama du gouvernement, préoccupé d’affaires urgentes, une place dans une maison de santé ; on la lui accorda et il y fut oublié. Cette maison, la dernière à gauche, à l’extrémité du faubourg Saint-Antoine, était dirigée par le docteur Dubuisson. Il en fit un quartier-général très actif, à l’insu même des personnes qui l’habitaient et au milieu desquelles il vivait rieur et affable envers tous. Il y mit la dernière main à son plan gigantesque.

    Un abbé, Lafon, détenu pour des menées royalistes, lui servit d’intermédiaire au dehors. Il fut toujours discret et dévoué au général qui ne lui fit jamais part de ses desseins ultérieurs.

    Il y avait aussi Rateau, caporal de la garde, neveu du concierge, joli garçon, bon vivant, brave et discret, mais aussi bête que son écriture était belle. Malet en fit son secrétaire et lui dicta ordres, décrets, proclamations, tout cela si mêlé, si confus, que l’innocent n’y comprenait rien, si ce n’est qu’il s’agissait d’un ouvrage à livrer à l’impression. Lorsque Rateau suivit le général en qualité d’aide de camp, il crut réellement à l’existence du sénatus-consulte qui investissait Malet du commandement de la division.

    Tandis que la grande armée fuyait, pêle-mêle, accablée par le froid, déchirée par la faim, harcelée par l’ennemi, et que l’élite de la jeunesse française marquait d’une longue traînée de cadavres la route de Moscou, Paris, sans nouvelles du théâtre de la guerre, pressentait déjà les affreux désastres que le ministère s’efforçait en vain de lui cacher.

    On était depuis sept jours sans dépêches de l’Empereur, les ateliers étaient fermés, les négociants murmuraient, les ouvriers tombaient d’inanition, et quatre-vingt mille indigents inscrits aux divers bureaux de charité ne recevaient plus aucun secours. On adressait de toutes parts de vives interpellations au pouvoir.

    Malet n’ignorait pas tous ces tiraillements ; il comptait sur la population ouvrière et marchande. Si le succès eût couronné son entreprise, il aurait fait rentrer nos débris, et l’Empereur n’aurait pas encore moissonné nos bataillons dans les funestes plaines de la Saxe. Au cri de liberté, la France entière aurait couvert nos frontières, et, comme en 92, elle les aurait fait respecter. D’ailleurs, les rois, qui avaient déclaré la guerre à Napoléon seul, se seraient bien gardés d’entraîner leurs peuples dans une guerre où ils n’auraient peut-être pas été suivis. Le sang et l’argent de la nation eussent été épargnés, l’égalité reconquise, et la honte de l’étranger épargnée à la France.

    Le parti de Malet fut bientôt pris : commencer avec les troupes entraînées et fascinées, enlever le peuple ; enfin proclamer la République.

    Plus un gouvernement despotique se croit fort, plus il est prêt à s’abattre sous les coups d’un homme intrépide, décidé à mourir. Malet, qui ne s’arrêta jamais devant un danger personnel, avait bien choisi le moment propice et le point vulnérable. Il calcule les conséquences de l’obéissance passive ; il sait qu’on est sans nouvelles; il devine ce qu’il ne sait pas directement.

    Tout, d’ailleurs, avait été préparé de longue main et en silence. Ordres, décrets, nominations, proclamations, tout jusqu’aux signatures et aux sceaux était parfaitement imité. La rédaction et la copie de ces nombreuses pièces avait coûté au général un travail inouï. Il y avait consacré plusieurs mois. Rien ne manquait à la chancellerie du nouveau pouvoir qui allait surgir d’une maison de santé pour renverser un empire.

    Malet connaît les fonctionnaires qui doivent disparaître momentanément, et ceux qu’on doit conserver; ceux qui obéiront à leur insu, et ceux que la force soumettra. Chacun débitera un rôle qu’il n’aura point appris. Un prêtre espagnol, son ancien compagnon à la Force, lui prépare, rue Saint-Gilles, des chevaux harnachés, des armes et des uniformes, sans se douter de rien.

    La garnison se composait, alors, d’un régiment de la garde de Paris et de plusieurs cohortes de la garde nationale mobilisée. L’esprit de ces corps, commandés par d’anciens officiers républicains, mis à la réforme et rappelés pour les besoins du moment, était excellent. Au demeurant, la France commençait à se lasser de courir sanglante et déguenillée après un seul homme. Dans quelques mois, le Corps législatif allait enfin lever sa tête, depuis si longtemps baissée sous le joug

    Il faut citer quelques articles de son adresse à l’Empereur, votée le 28 décembre 1813, et lue par M. Raynouard :
    « … Une nombreuse armée, emportée par les frimas du Nord, fut remplacée par une armée dont les soldats ont été arrachés à la gloire, aux arts et au commerce ; celle-ci a engraissé les plaines maudites de Leipsick, et les flots de l’Elster ont entraîné les bataillons de nos concitoyens….
    … Nos maux sont à leur comble, la patrie est menacée sur tous les points de ses frontières ; le commerce est anéanti, l’agriculture languit, l’industrie expire ; et il n’est point de Français qui, dans sa famille ou dans sa fortune, n’ait une plaie cruelle à guérir. Ne nous appesantissons pas sur ces faits ; l’agriculteur, depuis cinq ans, ne jouit pas ; il vit à peine, et les fruits de ses travaux servent à grossir le trésor, qui se dissipe annuellement par les secours que réclament des armées sans cesse ruinées et affamées. La conscription est devenue pour la France un odieux fléau. Depuis trois ans, elle moissonne trois fois l’année ; une guerre barbare et sans but engloutit périodiquement une jeunesse arrachée à l’éducation, à l’agriculture, au commerce et aux arts.
    Les larmes des mères et les sueurs des peuples sont-ils donc le patrimoine des Rois ? ».

    On sait, d’ailleurs, que la réponse de Bonaparte ne se fit pas attendre :
    « J’ai supprimé, dit-il, l’impression de votre adresse ; elle était incendiaire. Les onze douzièmes du Corps législatif sont de bons citoyens, je saurai avoir des égards pour eux. Mais un autre douzième renferme des factieux et votre commission est de ce nombre. Ce douzième est composé de gens qui veulent l’anarchie et qui sont comme les Girondins. Où une telle conduite a-t-elle mené Vergniaud et les autres chefs ? A l’échafaud….
    C’est en famille qu’il faut laver son linge sale ! Au reste, la France a plus besoin de moi que je n’ai besoin de la France ! ».

    En dépit de ces jactances, la joie et l’enthousiasme ne figuraient guère plus qu’au Moniteur. On se défiait en général du sort réservé au pays ; les patriotes inquiets interrogeaient l’avenir et se comptaient des yeux. On s’apercevait bien que ces constructions des Tuileries et du Louvre, qu’on dégageait sur tous les points sous prétexte d’embellissement, n’étaient qu’un formidable moyen de défense, à employer plus tard, quand, las de battre les autres peuples, on aurait à brider le sien chez soi. L’armée aussi était lasse, et si Bonaparte put faire ses Cent-Jours, c’est qu’il annonça au début une constitution, et qu’il fallait choisir entre lui et les Bourbons.

    Mais en 1812, si la mémorable tentative de Malet eût réussi, la liberté était sauvée, le territoire préservé et l’égalité reconquise. Alors, l’action des clubs, de la presse et la toute puissance d’une dictature populaire auraient donné une vie nouvelle à la nation impatiente de ressaisir ses droits.

    L’intention de Malet, après avoir opéré son mouvement, était d’armer les patriotes, de rallier les cohortes et de former, à Châlons-sur-Marne, un corps de cinquante mille hommes pour couvrir Paris de ce côté. Il était homme à aller, lui-même, faire fusiller Bonaparte à Mayence. Car, vainqueur ou vaincu, il savait bien d’avance que l’Empereur reviendrait précipitamment à la nouvelle de la conspiration.

    Malet avait des intelligences dans tous les corps de la garnison. Il les faisait fréquemment visiter par des agents révolutionnaires discrets. Non seulement ces corps, mais l’armée entière était lasse de se prodiguer sans profit et sans espoir. Il y avait des mécontents, même parmi les grands chefs militaires. Malet eût tout entraîné eu peu de jours, s’il eût réussi le premier.

    Il faut citer, à cet égard, les renseignements fournis sous la Restauration par les chefs de la « haute police ».

    La défection morale de certains officiers principaux de l’Empereur date de ses malheurs en Russie. Elle prit un caractère de résistance et d’humeur sombre après la bataille de Dresde, suivie de l’échec du général Vandamme, en Bohême. Napoléon eut d’abord l’idée de faire de la Saxe le pivot de toutes ses opérations, laissant tenter aux ennemis les chemins de la France, s’ils l’osaient, tandis que lui-même occuperait les derrières, en s’appuyant sur les places de l’Elbe, de la Prusse, et sur les débouchés des montagnes de la Bohême, menaçant à la fois Vienne et Berlin. C’est, je crois, par une manœuvre de ce genre que Frédéric le Grand laissa prendre et brûler sa capitale, pour tenir en arrière la campagne et dicter ensuite la paix à la coalition ennemie.

    Mais Napoléon vit bien qu’il serait mal secondé ; la terrible expérience de Russie était trop récente, et l’audace de sa nouvelle conception ne parut à plusieurs de ses compagnons qu’un éternel adieu à la France et à leurs familles.

    Un jour, à Dessaw, M. Fain, venant travailler au cabinet, entendit un maréchal de l’Empire, qui proférait, au milieu d’un groupe rassemblé là pour l’ordre, les plus sinistres pronostics. Le secrétaire, frappé de l’impression que pouvaient en recevoir des officiers venus des divers corps d’armée, crut devoir en prévenir l’Empereur, pour qu’il congédiât au plutôt une pareille audience. Napoléon se contenta de lui répondre : « Que voulez-vous, ils sont devenus fous ! ». Et précisément ils en disaient autant de lui-même.

    En 1814, vers la fin de la campagne sous Paris, plusieurs d’entre eux, mus sans doute par des impressions plus décisives reçues de cette capitale effrayée, se fixèrent à l’idée de la faire disparaître ! C’était le mot ; en effet, il s’agissait de le frapper au fond de quelque défilé, ou d’un bois écarté; de creuser un trou et d’y ensevelir son corps sans qu’on put en découvrir la moindre trace.

     Il est certain que Napoléon ne se faisait pas illusion sur tout ce qui le menaçait au milieu d’amis découragés, et presque sans espoir, et d’ennemis qui avaient cessé de le craindre. Un jour de cette triste campagne, il remontait à cheval assez péniblement dans un champ isolé, le maréchal Lefèvre se mit à le soulever comme pour l’aider. L’Empereur se retourna vivement, mais sa physionomie se rouvrit au même moment par un sourire et un remerciement affectueux au maréchal.

    Tel était l’état avoué des esprits.

    Le jeudi 22 octobre 1812, un sous-officier de la garnison, vint apporter, le soir, le mot d’ordre à Malet, et par un hasard bien singulier, ce mot était Conspiration, et le mot de ralliement, Compiègne.

    Il est évident qu’il y avait là un fait de complicité avec quelque militaire haut placé : Malet a emporté ce secret dans la tombe.

    Le soir, sa femme apporta, sans savoir à quel usage on les destinait, son uniforme et ses armes chez l’Espagnol Caamagno. Ce moine et l’abbé Lafon, trompés si facilement, étaient deux incorrigibles partisans de la légitimité. Malet, dont la police connaissait les sentiments républicains, put s’en servir sans éveiller les soupçons. Lafon ne suivit la conspiration que de loin. Il fut exilé au retour de l’Empereur.

    A six heures, Malet soupa avec les pensionnaires. Il joua tranquillement aux cartes jusqu’à dix heures. On remarqua même, tant il était maître de lui, qu’il gagna constamment tous les joueurs.

    Par une coïncidence curieuse, la conspiration de Malet éclata au jour même et à l’heure où la malheureuse armée française évacuait Moscou pour commencer son horrible retraite. Tout était prêt pour exciter d’un côté la confiance, et de l’autre le saisissement et la terreur.

    Le 22 octobre, à onze heures, Malet sauta dans le jardin, franchit le mur et gagna la rue, accompagné de l’abbé Lafon, chargé d’un énorme portefeuille contenant toute la chancellerie du nouveau gouvernement. Le général se dirigea aussitôt vers le domicile de Caamagno, situé rue Saint-Gilles, près de la place Royale.

    Il y trouva trois chevaux sellés, des armes, des uniformes et une ceinture tricolore, qu’il avait commandée la veille. Caamagno croyait bonnement qu’il s’agissait d’aller enlever Ferdinand VII, prisonnier à Valençay. Rateau et un professeur nommé Boutreux étaient au rendez-vous.

    - Eh bien, dit Malet à Rateau, je vous avais promis de l’avancement, prenez cet habit ; vous voilà capitaine, je reprends du service et vous fais mon aide de camp.

    Rateau, au comble de la joie, s’empressa d’obéir. Boutreux ceignit l’écharpe tricolore et fut transformé en commissaire de police.

    En ce moment, l’abbé Lafon, cédant à la peur, voulut fuir :
    - Restez, lui dit Malet, la guillotine est à la porte... Puis il ajouta : - Le gouvernement provisoire m’a chargé d’une mission difficile, me suivrez-vous ?
    - Oui, répondirent-ils.
    - C’est bien, marchons.

    On monta à cheval et les trois conspirateurs se présentèrent à deux heures du matin, à la porte du quartier des Minimes, où était casernée la dixième cohorte commandée par le colonel Soulier. La pluie tombait à torrents.

    Cet incident, dit Saulnier, nuisit au rapide déploiement de la conspiration. Si les conjurés avaient pu, au contraire, exécuter leurs projets durant la nuit, ils sortaient probablement vainqueurs d’une lutte en apparence si inégale.

    Rateau frappa rudement à la porte de la caserne, la sentinelle placée devant les armes appelle le commandant du poste, qui paraît aussitôt. Malet se fait reconnaître et lui ordonne d’aller prévenir immédiatement le colonel de sa présence. Il le suit et se présente avec lui devant Soulier, réveillé en sursaut et stupéfait à la vue du général, d’un aide de camp et d’un commissaire de police éclairés, au pied du lit, par le falot du poste.

    - Qu’y a-t-il ? dit Soulier en se frottant les yeux.
    - Je vois bien que vous n’avez pas été averti, lui dit le général d’un ton dégagé ; l’Empereur est mort ; le sénat assemblé a proclamé la République…. Voici des ordres que j’ai à vous transmettre de la part du général  Malet ; je dois m’assurer de leur exécution.

    A ces mots, Soulier pâlit, son front se couvre de sueur, tandis que le commissaire de police Boutreux lui donne gravement lecture du sénatus-consulte et d’un ordre où se trouvaient notamment les articles suivants :

    Le général de division commandant en chef la force armée de Paris et les troupes de la première division, à M. Soulier, commandant la dixième cohorte.

    Au quartier général de la place Vendôme, le 23 octobre 1812, à une heure du matin.
    Monsieur le commandant,
    Je donne ordre à M. le général Lamotte de se transporter à votre caserne, accompagné d’un commissaire de police pour faire, à la tête de la cohorte que vous commandez, la lecture de l’acte du Sénat, par lequel est annoncée la mort de l’empereur, l’abolition du gouvernement impérial. Ce général vous donnera aussi connaissance de l’ordre du jour de la division, par lequel vous verrez que vous avez été promu au grade de général de brigade, et qui vous indiquera les fonctions que vous avez à remplir.
    Vous ferez prendre les armes à la cohorte dans le plus grand silence et avec le plus de diligence possible. Pour remplir ce but plus sûrement, vous défendrez qu’on avertisse les officiers qui seraient éloignés de la caserne. Les sergents-majors commanderont les compagnies où il n’y aurait pas d’officiers. Lorsque le jour sera arrivé, les officiers qui se présenteront seront envoyés à la place de Grève où ils attendront les compagnies qui devront se réunir, après avoir exécuté les ordres qui seront donnés par le général Lamotte, et auxquels vous voudrez bien vous conformer en le secondant de tout votre pouvoir.
    Lorsque ces ordres seront exécutés, vous vous rendrez à la place de Grève pour y prendre le commandement qui vous est indiqué dans l’ordre du jour.

    Suit le dénombrement des troupes dont le colonel prendra le commandement, de celles qu’il doit envoyer sur plusieurs points, et l’ordre de garder soigneusement toutes les avenues de l’hôtel de ville….

    - Vous placerez au clocher Saint-Jean un détachement pour être maître de sonner le tocsin au moment où cela deviendrait nécessaire.
    Ces dispositions faites, vous vous porterez chez M. le préfet, qui demeure à l’hôtel de ville, pour lui remettre le paquet ci-joint ; vous vous concerterez avec lui pour faire préparer une salle dans laquelle devra s’assembler le gouvernement provisoire, et un emplacement commode pour recevoir mon état-major qui s’y transportera avec moi sur les huit heures, etc… .
    Signé : Malet.

    Le timbre placé à côté de la signature portait le chiffre L.

    Malet ajoutait en post scriptum :
    - Le genéral Lamotte vous remettra un bon de cent mille francs, destiné à payer la haute solde accordée aux soldats et les doubles appointements aux officiers. Vous prendrez aussi des arrangements pour faire vivre vos troupes qui ne rentreront à la caserne que lorsque la garde nationale de Paris sera assez organisée pour prendre le service.

    Malet se doubla en commençant ; il joua le personnage du général Lamotte qui fut arrêté, incarcéré et détenu pendant plusieurs mois, malgré ses déclarations et l’évidence ; Cambacérès et Clarke voulaient absolument qu’il eût pris fart au mouvement.

    Après la lecture des pièces, le général Lamotte (Malet) enjoignit au colonel de le suivre. Ils vinrent ensemble au quartier où se trouvait déjà l’adjudant-major Piquerel qui avait mis la troupe sous les armes. Malet échangea, en arrivant, des regards d’intelligence avec quelques officiers. Ces braves soldats en refusèrent obstinément l’explication au conseil de guerre ; l’un d’eux feignit d’être aliéné pour se dispenser de répondre : deux autres officiers, que la police savait affiliés à la société des Philadelphes, reçurent la promesse de leur grâce et de grandes faveurs s’ils voulaient révéler ce qui était à leur connaissance. Mais ni avancement, ni récompenses ne purent les décider à trahir leurs frères ; ils furent fusillés (Antoine Piquerel, capitaine adjudant-major ; Louis-Joseph Lefèvre, lieutenant).

    Malet ayant fait former le cercle à la troupe, prit la parole et l’entraîna. La mort de Bonaparte, l’abolition du régime impérial et le rétablissement de la république excitèrent un vif enthousiasme. Il promit, au nom du gouvernement provisoire, de l’avancement, des récompenses et des congés. Il termina sa brillante allocution par le cri mille fois répété de « Vive la nation ».

    Ces troupes, fascinées par le regard, la voix et l’attitude imposante du général qui leur parlait avec tant de chaleur, l’auraient suivi partout ; on exécuta rapidement les ordres qu’il prescrivit. L’élan fut le même dans toutes les casernes.

    Malet ne perdit pas un moment. Il forma, de ses douze cents hommes, quatre détachements, se mit en tête du premier, rallia en passant une patrouille de dragons don’, il se fit des ordonnances et se porta de sa personne à la Force.

    Pendant ce temps, des plantons et ordonnances répandaient les dépêches sur tous les points ; les barrières, occupées par des piquets, se fermaient ; le Luxembourg était gardé par cent grenadiers, et Rabbe, colonel de la garde de Paris, faisait prendre les armes à son régiment, lui lisait les ordres du Sénat et se mettait à la disposition du nouveau gouvernement.

    Le commissaire de police Boutreux, qui devançait partout le général, sonna à la Force. Le concierge, voyant à travers le guichet un général, des officiers et des soldats, ouvrit avec empressement et se trouva face à face avec Malet qui lui ordonna de faire sortir sur-le-champ les généraux Lahory et Guidal. Ce dernier arriva avec sa valise ; il croyait partir pour Marseille où il devait être jugé. Quant à Lahory, il s’habilla très lentement et ce retard fut nuisible. Il apparut enfin sur le seuil de la porte. Guidal qui venait de tout apprendre sautait de joie et endossait son uniforme.

    Lahory s’était arrêté stupéfait en revoyant, après dix ans, Malet qu’il croyait prisonnier, en habit brodé, entouré d’officiers et de soldats qui encombraient la petite rue de la Force.

    - Eh bien, lui dit Malet, l’Empereur est mort ; tu es libre et ministre de la police. Va prendre possession de ton hôtel et enlève-moi Savary mort pu vif.

    Puis il embrassa avec effusion les deux généraux et tendit la main à Boccheiampe, prisonnier d’Etat qu’on venait de délivrer aussi. Il donna à chacun d’eux des ordres brefs et précis qu’ils .devaient exécuter avec la plus grande diligence, pour se réunir ensuite à l’hôtel de ville, où il devait lui-même se rendre vers neuf heures.
    - Allons, leur dit-il, il n’y a pas un moment à perdre ; mettez-vous en mouvement.

    Lahory et Guidal coururent à la tête de deux cents hommes s’emparer du ministère de la police. Ils parcouraient en route les papiers que le général Malet leur avait remis. Boccheiampe et Boutreux s’empressèrent, de leur côté, de prendre possession de la préfecture de police. Tous ces points furent occupés sans opposition.

    Lahory pénétra au ministère de la police générale, à la tête des troupes qui enfoncèrent les portes à coups de crosse. Savary, réveillé en sursaut, parut en chemise au milieu de tous ces militaires qui remplissaient son hôtel. Un officier voulait lui passer son épée à travers du corps. Lahory le retint, et dit au ministre, son ancien camarade à l’armée du Rhin : « Rassure-toi, tu tombes dans des mains généreuses ».

    Savary s’habille en tremblant, on le place dans son cabriolet, Guidal l’enlève et le conduit à la Force. Chemin faisant, le ministre veut s’évader, il s’élance et tombe rudement sur le pavé du quai de l’Horloge ; mais le peuple qui encombrait, à cette heure, les abords du palais de justice, court après lui, le reprend et le rejette au fond de la voiture.

    Arrivé à la Force, Savary, tout essoufflé, dit au concierge : « Mon ami, je ne sais ce qui se passe. C’est étrange, inconcevable. Dieu sait ce qu’il en résultera !… Place-moi dans un cachot écarté, donne-moi des vivres et jette la clef dans un puits ».

    Quant au préfet de police Pasquier, il fut saisi comme un mouton et transporté à la Force avec le chef de la haute police Desmarets. Boutreux installa Boccheiampe à la préfecture, et, conformément aux ordres de Malet, il consigna tous les agents, saisit tous les papiers et organisa une surveillance rigoureuse et active au dehors.

    Malet maintint le comte Frochot, né pour être préfet, dans ses fonctions. Il sentait qu’en se débarrassant des hauts dignitaires sans toucher aux rangs inférieurs, il attirait à lui cette masse d’employés qui suit toujours le mouvement du plus fort.

    En dispersant les divers corps par détachements, Malet annulait l’influence des officiers supérieurs. Il était assuré du concours des officiers subalternes.

    A huit heures, le colonel Soulier s’ébranla, ainsi qu’il en avait reçu l’ordre, et vint occuper la place de l’Hôtel-de-Ville avec un demi-bataillon.

    Le préfet était absent. Les employés se soumirent au sénatus-consulte. Toutes les signatures furent reconnues véritables. Les pièces, les ordres et les proclamations trompèrent tout le monde et le préfet lui-même, qui arriva bientôt de Nogent-sur-Marne.

    Il était en route et revenait paisiblement de sa maison de campagne, quand un courrier lui remet un papier où on lui disait de se hâter. Il y avait au bas de ce billet : Fuit imperator (l’empereur n’est plus). Frochot crut d’abord lire fecit, mais ayant déchiffré fuit, il prit le galop et accourut à la préfecture de la Seine, où le colonel Soulier vint le recevoir. Cet officier supérieur lui donna connaissance des ordres du Sénat, transmis par le général Malet, commandant la première division militaire, qui l’invitait à faire tout préparer pour le moment où il arriverait, vers neuf heures, avec son état-major.

    On lui enjoignait aussi de faire disposer convenablement une des grandes salles de l’hôtel de ville pour l’installation du gouvernement provisoire, dont les membres désignés étaient : Moreau (président), Garat, Destutt-Tracy, Volney, Malet, Carnot, Augereau, Bigonet, Guyot, Frochot, Lambrecht, Mathieu Montmorency, Noailles, Truguet et Jacquemont.

    Malet comptait beaucoup sur le dévouement et l’amitié de Carnot, qu’il savait pur de toute souillure courtisanesque. Les royalistes et les bonapartistes ont augmenté tour à tour le nombre des membres de ce gouvernement. Il est rétabli ici tel qu’il fut formé par le général.

    Frochot se soumit promptement. Il ordonna à ses employés d’obéir à tout ce qu’on leur demanderait. Bonaparte le destitua à son retour. Les despotes ne peuvent compter sur personne ; l’amour de la liberté inspire seul les dévouements durables. Soulier fit garder toutes les avenues de la place de Grève, et attendit de nouveaux ordres.

    Pendant ce temps, les dispositions de Malet s’exécutaient à merveille. Les postes étaient soumis ; la banque, la trésorerie gardées, et les administrations occupées. L’obéissance était générale. « Dans les deux régiments de la garde de Paris, dit Savary (Mémoires du duc de Rovigo), qui faisaient le service de la place, pas une objection ne fut opposée aux ordres de Malet ».

    Mais ici commence la faiblesse, ou plutôt l’incurie des principaux agents de la conspiration. Guidal qui était arrivé trop tard pour enlever le ministre de la guerre, parce que Lahory avait commis l’énorme faute de l’envoyer conduire Savary à la Force, manqua tout à coup d’activité. Il ne songea pas que, dans des opérations semblables, le moindre retard est funeste. Quant à Lahory, après avoir harangué ses employés et reçu leurs rapports, il lit atteler la voiture du ministre, et vint visiter Soulier et Frochot à l’hôtel de ville. N’y ayant pas trouvé Malet, il revint à son hôtel expédier des estafettes dans les provinces, commander des habits de grande cérémonie, écrire des billets d’invitation et de faire part.

    Évidemment ces deux hommes manquèrent à leur mission ; ils se reposèrent sur Malet et s’endormirent sur le succès du premier moment.

    Malet, après avoir donné l’impulsion au mouvement, enjoignit au concierge de la Force de ne lâcher aucun malfaiteur, puis il descendit les rues Saint-Antoine, Saint-Honoré, et se porta avec cent cinquante hommes au siège de la première division militaire. Son but était d’entraîner Hulin ou de l’écarter brusquement de la question.

    En arrivant à l’hôtel, il fit former son monde en bataille, expédia au colonel d’état-major Doucet, par un officier, des ordres et des instructions et se présenta hardiment devant Hulin.
    - Général, lui dit-il, l’Empereur est mort ; le sénat assemblé vient d’abolir le gouvernement impérial. Et comme il vit Hulin chanceler, il s’empressa d’ajouter : Je suis chargé d’une mission qui m’est pénible…. Vous êtes destitué, arrêté, et je vous remplace ; rendez-moi votre épée…

    Hulin essuie la sueur qui couvre son visage, puis arrêtant fixement ses yeux sur Malet debout et impassible devant lui, il balbutie : – Cependant…. général…. Je demanderai à voir vos ordres.
    - Volontiers, lui dit Malet, passons dans votre cabinet.

    Il précède ce dernier, ferme la porte, se retourne au moment où Hulin lui dit : – Eh bien ! Ces ordres.
    - Les voici ! lui répond Malet en lui cassant la mâchoire d’un coup de pistolet.

    En ce moment, les détachements de la garde de Paris, envoyés par le colonel Rabbe, vinrent s’établir sur la place Vendôme, et Malet la traversa pour se rendre à l’état-major général, où il trouva le colonel Doucet lisant les pièces que l’officier venait de lui remettre.

    Il avait été nommé général de brigade ; Bonaparte confirma cette nomination à son retour, pour le récompenser ; ce qui fit dire aux Parisiens que « ce monsieur devait être nécessairement promu ».

    Malet avait ordonné qu’on s’emparât de l’adjudant-commandant Laborde, petit homme laid, grêlé, dont la débauche avait encore altéré les traits ; cet officier, que Malet suspectait à juste titre, pataugeait depuis vingt ans dans l’état-major de la place de Paris. Habitué à toutes les menées de partis, rien ne l’étonnait. A première vue, il comprit ce qui se passait.

    Il court sans perdre de temps prendre vingt-cinq gendarmes et arrive à l’hôtel de l’état-major, où il pénètre par un escalier dérobé, au moment où Malet allait entraîner le colonel Doucet. Le général en voyant Laborde, lui dit d’une voix tonnante : « Je vous avais ordonné, monsieur, de vous rendre aux arrêts forcés, que faites-vous ici ?
    - Général, je ne puis sortir, les troupes m’ont barré le passage et il fit un léger signe d’intelligence à Doucet.

    Malet les observe, il sent qu’il n’y a pas un moment à perdre, dégage ses pistolets… mais une glace placée derrière lui le trahit ; Laborde et Doucet se jettent promptement sur lui en criant à la fois, au secours ! Au secours ! Les gendarmes embusqués dans l’escalier se précipitent, terrassent Malet, le garrottent et le bâillonnent (tant on craignait l’effet de sa voix sur les troupes !).

    En ce moment, arrive Rateau qui, voyant son général en si triste état, veut tirer son épée pour le défendre ; il n’était plus temps. Saisi lui-même, il est lié et bâillonné.

    Quelques instants après survint le comte Real. La troupe l’empêche d’avancer ; il décline son titre. « Il n’y a plus de comtes, lui dit le lieutenant Reynier ».

    Real comprit une partie de la vérité et s’empressa de rétrograder pour avertir le ministre de la guerre.

    A dix heures moins un quart, Laborde et Doucet, après avoir délibéré, se décidèrent à montrer aux troupes, sur le balcon, Malet et Rateau entourés de gendarmes. Ils s’écrièrent : « L’Empereur n’est pas mort ! Votre père vit encore ! Ces hommes sont des imposteurs ! ».

    La troupe rentra dans ses quartiers.

    Les dispositions de Malet étaient si bien prises, que son arrestation n’eût été qu’un léger contretemps. Il eût été bientôt délivré, et son courage et son habileté auraient réparé cet échec ; mais la mollesse et l’inintelligence des deux autres généraux firent tout avorter.

    Si Lahory avait exécuté rapidement ses ordres, si Guidal n’eût pas, par sa lenteur, manqué de quelques secondes le ministre de la guerre, s’ils avaient eu un peu plus de tact, d’activité et de présence d’esprit, Malet eût été bientôt dégagé et rien n’était perdu. Mais il ne pouvait être partout et ne devait pas, au début, confier la clef du mouvement à des mains maladroites ou inhabiles ; c’était à eux à le deviner, à le seconder, à s’improviser une conduite digne de leur chef.

    Lahory de retour au ministère de la police, s’était occupé des détails de son installation. Il avait écrit à toutes les sociétés secrètes de l’Est et du Midi (un de ses courriers fut arrêté à Orléans).

    Ce fut là le seul acte de son pouvoir. Guidal fit pis encore, il se reposa tout à fait, savourant les charmes d’une liberté inespérée et invitant ses amis à déjeuner. On les surprit tous deux dans ces occupations.

    Lahory, consterné à la nouvelle de l’arrestation de Malet, n’eut pas la force de résister à Laborde. Il se laissa attacher dans un fauteuil sans songer à faire appel à ses soldats. Tous les conspirateurs furent successivement arrêtés et conduits à la Force. Laborde et Saulnier, ministre de la police, firent sortir Savary, Desmarets et Pasquier, qui regagnèrent tout confus leurs domiciles. « J’appris depuis, dit Saulnier, que les guichetiers et les soldats crurent que c’était une translation dans une autre prison que l’on effectuait ».

    A midi, tous les fils de la conspiration étaient rompus, et, cependant, non seulement les troupes refusèrent à Pasquier l’entrée de la Préfecture de police, mais il fut poursuivi à coups de crosse et obligé de se réfugier chez l’apothicaire Sillan, où il se fit administrer des calmants. On voulut aussi tuer Savary, et Laborde lui-même, envoyé pour faire cesser le désordre, fut enlevé par les soldats qui le traînèrent malgré ses cris à l’état-major général, où ils croyaient trouver Malet ! Clarke, de son côté, avait perdu toute présence d’esprit.

    Cambacérès tremblait de tous ses membres : « Ah ! Mon Dieu ! dit-il à son secrétaire éperdu, ils vont venir me massacrer…. Je vous reconnais bien là, mon cher, vous venez mourir avec moi ! ».

    Saulnier, en sortant de la Force, courut chez Hulin, qu’il trouva dans un pitoyable état, pouvant à peine prononcer quelques mots incohérents. Cambacérès se tordait les bras sans savoir quel parti prendre. On alla lui annoncer l’arrestation du général Malet ; cette nouvelle soulagea l’archichancelier, duc de Parme, d’un poids énorme.

    Le lendemain, les Parisiens apprirent par les journaux asservis que « des brigands, échappés de prison, avaient tenté de substituer l’anarchie à l’autorité légitime ». On exalta la vigilance de la police et la force du gouvernement impérial ; on se garda bien de parler du but des conspirateurs.

    Le jour suivant, les ministres vinrent à l’Opéra pour « rassurer » la capitale, et Cambacérès donna un banquet splendide au Rocher de Cancale.

    « Il y eut, dit Montgaillard, véritablement interrègne à Paris pendant quelques heures ».

    Les Parisiens poursuivaient de leurs épigrammes le ministre détesté qu’on avait enlevé presque nu, et ce ridicule Pasquier qui était allé se rassurer chez un apothicaire.

    Le conseil des ministres décida le lendemain qu’il appellerait cela une équipée. Mais il n’en fit pas moins prononcer quatorze condamnations à mort et emprisonner ou exiler quinze cents citoyens sous prétexte de jacobinisme. Lafon porte même ce nombre à deux mille.

    Si Malet eût pu se multiplier, ou s’il eût eu des seconds vigoureux, tout était fini, car, en faisant fusiller les hauts dignitaires, la plupart traîtres à tous les régimes, il compromettait la population et l’armée. Le peuple criait déjà : « A l’eau ! » tandis qu’on enlevait Pasquier et Savary pour les conduire à la Force. Nul doute que ce général ne se fût maintenu facilement.

    Son intention était, comme on l’a vu, de briser d’un seul coup le gouvernement impérial pour lui substituer la République. Il avait, en outre, sous la main l’Impératrice et le roi de Rome, qu’il eût fait enlever. Clarke, quand tout était déjà fini, dirigea, en poste, l’école de Saint-Cyr sur Saint-Cloud, pour mettre Leurs augustes et précieuses Majestés à l’abri d’un coup de main.

    Cette affaire, travaillée avec tant de soin, avait partout d’immenses ressources. Bonaparte savait bien que les républicains n’étaient pas morts, lorsqu’en menaçant les alliés, il s’écriait : « Gare, si je prends le bonnet rouge ! Gare, si je leur lâche les Jacobins ! ». L’exemple de ces hommes surpris et obéissants au génie de la conspiration, prouve suffisamment qu’elle aurait réussi si elle eût tenu un seul jour.

    Voici, d’ailleurs ce qu’en dit Savary (duc de Rovigo) dans ses mémoires :
    « Sans les contretemps qui firent manquer une partie de son plan, le général Malet aurait été maître de beaucoup de choses en peu de moments ; et, dans un pays si susceptible de la contagion de l’exemple, il aurait eu le trésor, la poste et le télégraphe. Il aurait su par des estafettes de l’armée la triste situation où étaient les affaires, et rien ne l’aurait empêché de se saisir de l’Empereur lui-même, s’il était arrivé seul, ou de marcher à sa rencontre, s’il était accompagné.
    Le danger dont la tranquillité publique fut menacé était grand et l’on reconnut malgré soi, un côté faible dans notre position, que l’on croyait mieux affermie.
    On fut surtout frappé de la facilité avec laquelle on fit croire aux troupes la nouvelle de la mort de l’Empereur, sans qu’il vint à l’idée d’un seul officier de penser à son fils ».

     

     

  • One Response à “Le 23 octobre 1812 – La conspiration du général Malet”

    • Jamin de Bermuy on 29 juillet 2017

      il serai intéréssant de connaître avec précisions les réactions et les décisions de l’Empereur quand il est arrivé rependre son trône vacillant quant à la répression du tribunal militaire lequel avant positivement assasinnés les officiers de la 10 éme cohorte et de la garde de Paris innocents ne faisant qu’obéir!!!

      Cambacérés , clarke et rapporteur delon sont de sinsitres canailles ayant condamnés à mort des innocents, et sans leurs permettre d’avoir un avocat
      tribunal révolutionnaire qui condamnait d’avance sans jugement!

      dommage que L »empereur devant ces actes de cruauté envers la 10 éme cohorte et la garde de Paris n’est pas fait pendre ces pseudos magistrats qui ont donnés une bien mauvaise image de la justice!! et destitués Clarke, cambcéres et Delon accusateur public étranger maquillant les documents d’accusations.

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