• 21 octobre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Les combats du camp de la soif au Koto

    D’après « Les hauts faits de l’armée coloniale » – F. Bertout de Solières – 1912

     

    Après le combat de Poguessa, le colonel Dodds fit reprendre à la colonne la marche sur Abomey, mais chaque pas en avant fut chèrement acheté et presque chaque jour nous eûmes un combat à enregistrer. Le 6 octobre ce fut au pont d’Adegou, le 11 à Oumbouémédi, le 13 à Akpa, le 14 au Koto.

    L’armée ennemie forte de 6 à 8000 hommes disputait le terrain avec une ténacité inouïe. Un marigot vaseux, le Koto, barrait notre route. Les Dahoméens étaient établis en arrière de cet obstacle et s’étaient retranchés formidablement.

    Dès le matin du 14, notre artillerie ouvre le feu, 6 pièces sont successivement mises en batterie ; l’ennemi répond coup pour coup. Ce duel se poursuit pendant un certain temps pour permettre à la colonne de remonter vers le nord et essayer de traverser le marigot par un gué signalé à une distance de trois kilomètres.

    Vers 9 heures du matin, nos troupes débouchent tout à coup sur un plateau où elles sont aperçues par les Dahoméens ; ceux-ci envoient des soldats au-devant d’elles.

    Le soleil déjà haut, commence à incommoder les Français ; les officiers cherchent partout de l’eau potable. La fatigue est extrême.

    Sur le bord du marigot, un fourré impénétrable empêche d’avancer ; nos troupes s’établissent alors en halte gardée et essaient de prendre un peu de repos en déjeunant. Heureusement, on découvre quelques trous contenant de l’eau de pluie et les soldats font le café, ce qui réconforte la plupart.

    Pendant ce temps, des guides avaient été envoyés pour découvrir un point de passage. Ils reviennent en déclarant le pays impraticable pour l’artillerie, les tornades des jours précédents ayant détrempé le sol. Force est donc à la colonne de tenter la chance.

    Le feu recommence. Les Dahoméens, poussant leurs cris de guerre, se ruent sur notre artillerie qui les reçoit par des coups de mitraille, l’infanterie forme le carré, mais la place n’est plus tenable. Pour éviter un désastre, Dodds décide que la colonne se portera à 600 mètres en arrière et y passera la nuit.

    Le carré se met donc en marche, harcelé, fusillé par les Dahoméens embusqués derrière les arbres et les termitières énormes qui couvrent le pays. Le capitaine Battreau est grièvement blessé et de nombreux soldats sont atteints. La colonne arrive néanmoins à se dégager et l’ennemi est maintenu dans les bois par l’artillerie.

    Le lendemain matin, le colonel Dodds prépare une corvée chargée d’aller jusqu’au Koto pour y prendre l’eau nécessaire aux hommes. Une compagnie d’Haoussas, commandée par le capitaine Sauvage, l’accompagne, et la 1e compagnie de la légion se tient prête à l’appuyer.

    Dès le départ, les tirailleurs prennent le contact avec les Dahoméens qui sont restés embusqués toute la nuit et le feu devient assez vif. Les porteurs prennent peur, se sauvent et rentrent au camp.

    L’ennemi enhardi s’avance et menace le bivouac. La section de la légion du sergent Gaillard va renforcer les Haoussas, mais il est trop tard. Les Dahoméens débordent de tous côtés et tombent sur le camp. En un instant les pertes sont grandes, le commandant Stéphani est tué, le capitaine Marmet, de l’état-major, est mortellement blessé au centre même du bivouac. Les balles, les obus, sillonnent le camp ; nous avons 5 tués et 35 blessés.

    Le capitaine Sauvage qui soutient le plus grand choc recule par échelons. Il veut emporter ses blessés, les brancardiers indigènes se couchent et refusent de marcher. Le sergent Gaillard, avec ses hommes, charge à la baïonnette et parvient à dégager le convoi. Il est midi.

    Le capitaine de Fitz-James s’offre de sauver la colonne qui n’a toujours pas d’eau. Avec un peloton de spahis, il partira en arrière en chercher à Oumbouémédi. A 9h30 du soir, la cavalerie quitte le camp et rentre à 4 heures du matin rapportant 1100 bidons d’eau. Une demi-heure après, une violente tornade éclate, inondant le camp et donnant alors plus d’eau qu’on en aurait désiré, rendant inutile le dévouement de Fitz-James et de ses spahis.

    Les hommes donnèrent à ce bivouac le nom du « Camp de la Soif ».

     

     

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