• 7 octobre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 5 octobre 1808 - La prise de Capri dans EPHEMERIDE MILITAIRE lescalade-de-capri-150x150

     

    La prise de Capri

    D’après « Le livre du soldat : vertus guerrières » – Général Charles Thoumas – 1891

     

    L’île de Capri, située en vue de Naples, était encore aux mains des Anglais deux ans après la conquête du royaume. C’était pour eux comme un poste d’observation, un centre de contrebande et d’agitation. Aussi avaient-ils pris toutes les précautions possibles pour en conserver la possession.

    Le gouverneur, sir Hudson Lowe, le même qui devait se montrer plus tard l’impitoyable geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, n’avait cessé d’en augmenter les fortifications ; il avait fait construire quatre forts nouveaux et raser tous les sentiers qui serpentaient le long des rochers. Ces rochers eux-mêmes formaient autour de l’île, sur les onze douzièmes de son pourtour, un rempart naturel de plusieurs centaines de pieds au-dessus du niveau de la mer ; 40 pièces de canon en balayaient les approches, et la garnison était forte de plus de 2000 hommes. Enfin, les dangers de l’entreprise étaient augmentés par le voisinage de l’île de Pondeza, d’où l’on entendait le bruit du canon de Capri et d’où 4 ou 5 frégates, constamment à l’ancre, pouvaient arriver au point d’attaque en huit ou neuf heures de marche.

    Malgré toutes ces difficultés, Murat résolut de s’emparer de Capri et confia l’exécution de son projet au général Lamarque, son chef d’état-major, auquel il donna le commandement de 1600 hommes d’élite choisis pour la circonstance dans toute l’armée.

    L’expédition partit de la rade de Naples dans la nuit du4 au 5 octobre ; elle se composait de bombardes, de canonnières et de petites embarcations pour le transport des troupes. Retardée d’abord par le calme, puis par la tourmente, la flottille n’arriva en vue du port de Capri que vers trois heures de l’après-midi.

    Les bombardes et les canonnières commencèrent un feu très vif sur les batteries qui défendaient le port ; pendant ce temps, les petites embarcations longèrent la côte pour chercher un point de débarquement. Partout des rochers s’élevaient perpendiculairement à 200 et 400 pieds.

    Enfin, on dressa une échelle dans un rentrant où la mer battait avec moins de force. On l’attacha avec des cordes, plusieurs officiers la gravirent, hissèrent au-dessus d’elle une seconde échelle, puis une troisième et par ce chemin peu commode, sous le feu d’une batterie et de 1200 à 1400 Anglais, on escalada la première enceinte.

    A quatre heures et demie, le général Lamarque était monté avec environ 500 hommes. Il voulut emporter les positions supérieures qu’occupait l’ennemi : il y perdit le quart de son monde et se décida alors à attendre la nuit ainsi que ses renforts. Il donna en même temps l’ordre à toutes les embarcations de s’éloigner, enlevant ainsi à ses troupes et à lui-même tout moyen de retraite.

    A sept heures du soir, le détachement, mis en bataille au milieu des ténèbres, gravit dans le plus profond silence le talus conduisant à la position des Anglais et, sans répondre un seul coup de fusil au feu de l’ennemi, on l’enfonça à coups de baïonnette.

    Le commandant anglais fut tué. On fit plus de 1100prisonniers, dont un régiment entier, et à la pointe du jour, le fort voisin se rendit. Le général Lamarque était ainsi maître de la partie supérieure de l’île, appelée Ana-Capri, mais les Anglais tenaient encore la partie inférieure, par où seulement on pouvait aborder.

    Il était urgent de s’en emparer avant l’arrivée des renforts sous peine d’être exposé à mourir de faim sur les rochers. Or, pour descendre d’une partie de l’île dans l’autre, la seule voie praticable était un escalier de 580 marches, suspendu sur l’abîme et donnant passage à un homme de front. Cet escalier était battu par dix à douze pièces de canon et vingt chaloupes canonnières.

    Le général se décida cependant à le descendre en plein midi, et cette audace fut couronnée de  succès. Toute la grande marine fut occupée le même jour.

    On commença alors le siège de la place de Capri, de la citadelle et des forts inférieurs. Mais bientôt une escadre anglaise arriva, et les assiégeants se trouvèrent assiégés eux mêmes. Toute communication semblait interrompue entre le détachement du général Lamarque et la rade de Naples.

    Un convoi, composé de toutes les canonnières disponibles et de plusieurs bateaux chargés d’approvisionnements de toutes sortes, trouva moyen de traverser l’escadre anglaise, mit en fuite les canonnières ennemies et aborda aux Thermes de Tibère, dont les assiégeants avaient fait un port.

    Malgré l’espérance d’un puissant renfort, la garnison de Capri, voyant les brèches ouvertes dans les remparts, n’attendit pas l’assaut et capitula en abandonnant tontes les fortifications, l’artillerie, les munitions et les vivres.

     

     

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