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  • 4 octobre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le combat de Chevilly

    D’après « Histoire illustrée de la guerre de 1870-71 » – G. Martiny de Riez – 1871

     

    La journée du 29 septembre se passa à Paris en escarmouches, au sud, à l’est et au nord.

    Le 30 eut lieu le combat de Chevilly : à la suite de l’occupation, par la division Maud’huy, des positions voisines de Villejuif, les Prussiens étaient restés maîtres des villages de l’Hay, au couchant du plateau de Villejuif et dans la vallée de la Bièvre, de Chevilly au centre, de Thiais et de Choisy-le-Roi, à l’est, protégeant ainsi leur ligne de communication sur Versailles. Car, depuis le 20 septembre, la ville de Louis XIV était devenue le quartier général des armées assiégeantes et le palais du Roi-Soleil servait d’hôtel à l’état-major allemand.

    Depuis quelques jours, nos reconnaissances avaient remarqué que les Prussiens faisaient sur la ligne de Choisy-le-Roi à Versailles des travaux de terrassement et crénelaient les villages. Le gouvernement de la défense nationale décida qu’une action combinée sur les deux rives de la Seine serait tentée pour reconnaître exactement les forces établies dans ces positions.

    Dans ce but, les troupes du général Vinoy se massèrent pendant la nui du 29 au 30, vers les forts d’Ivry, de Bicêtre et de Montrouge, en arrière de nos postes avancés. Le mouvement commença au point du jour. La droite suivait un chemin qui longe la crête de la colline au-dessus de la vallée de la Bièvre, entre la redoute des Hautes Bruyères et le village de l’Hay. Le centre s’avançait à travers champs, directement sur Chevilly ; la gauche suivait, au delà de Villejuif, la route de Paris à Fontainebleau.

    Les Prussiens s’étaient fortifiés dans l’établissement agricole des pères du Saint-Esprit, situé dans le hameau de Chevilly, et dans un clos, dépendance de cet établissement, qui est entouré de murs très forts. Le parc de l’établissement des pères du Saint-Esprit a une étendue d’environ trente hectares et est entouré de sauts de loup avec des terrasses couvertes par des allées de vieux tilleuls.

    Abrités derrière les troncs de ces arbres, les Prussiens dirigèrent sur nos troupes un feu très vif de mousqueterie et de canon, auquel elles répondirent avec énergie. Vers huit heures du matin, le village de Chevilly fut occupé par le 35e et le 42e de ligne, sous les ordres du général Guilhem qui tomba sur le champ de bataille, frappé de six balles. Ce brave officier n’avait que cinquante-cinq ans. Engagé volontaire en 1834, il avait conquis tous ses grades à la pointe de l’épée, et le général Trochu, le jour des obsèques du courageux général, rendit hommage à son caractère et à sa bravoure, et termina une courte allocution en disant : « Je ne dirai qu’un mot devant le cercueil du général Guilhem : il a bien vécu, il s’est battu comme un brave, il est mort en soldat. Messieurs, je le recommande à votre souvenir ».

    Pendant que les troupes aux ordres du général Guilhem occupaient Chevilly, la tête de colonne de la brigade Blaise, de la division de Maud’huy, pénétrait dans le village de Thiais et s’emparait d’une batterie qui ne put être enlevée faute d’attelages. L’aile droite, commandée par le général de Maud’huy, avait été forcée de s’arrêter devant la redoute de l’Hay.

    Mais, à ce moment, l’ennemi appela à lui les masses concentrées à sa portée, qui ne s’élevaient pas à moins de trente mille hommes, et nos généraux reconnurent que l’ennemi défendrait avec opiniâtreté la position qui couvre la vallée de la Seine vers Choisy, comme celle qui, à l’Hay, couvre la vallée de la Bièvre.

    « Alors, dit le rapport militaire, publié par le gouvernement, le général Vinoy, jugeant que l’entreprise ne devait pas être poussée plus loin, ordonna la retraite. Elle s’est effectuée sous le feu avec un calme qui fait honneur à nos troupes. Les chasseurs d’Afrique sont arrivés pour la soutenir. De son côté, le fort de Bicêtre a envoyé par-dessus la tête de nos régiments, dans le village de Chevilly qu’ils évacuaient, plusieurs volées de canon. Nos pertes ont été considérables pour les brigades qui ont directement attaqué les positions fortifiées de l’ennemi. Nous avons à regretter la mort du général Guilhem, qui a bien mérité du pays ».

    On évalue à quatre cents le nombre des hommes tués, et à douze cents environ celui des blessés dans le combat de Chevilly. Pendant le combat, la brigade Susbielle, sous les ordres du général Blanchard, avait fait, en avant d’Issy et sur le Bas-Meudon, une brillante reconnaissance qui dura cinq heures et demie ; nos troupes rencontrèrent trois régiments de la garde prussienne, qui furent forcés de se replier, laissant sur le terrain nombre d’armes et de casques.

     

     

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