• 2 octobre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    La bataille de la Brossinière

    D’après « Un Episode de la guerre des Anglais dans le Maine. La bataille de la Brossinière, septembre 1423 » – Jules Le Fizelier – 1876

     

    L’avènement du jeune roi Charles VII (octobre 1422), avait réconforté les cœurs et relevé les courages. Dans le Maine, nos vaillants champions recommencent gaiement la lutte.

    Le premier combat ne fut pas heureux (novembre 1422). Ambroise de Loré, Jehan du Bellay et quelques autres veulent reprendre Fresnay-le-Vicomte, par un de ces coups de surprise si communs à cette époque. Mais ils ne savent pas dissimuler leur marche. En arrivant sous les murs de Fresnay, ils voient que la place est bien gardée, et n’ayant ni le pouvoir, ni le désir de faire un siège, ils sont obligés de se retirer dans leurs cantonnements, de Loré au château de Sainte-Suzanne et du Bellay au Mans.

    Malheureusement, ce dernier, séparé de son compagnon, fut atteint par l’Anglais Kirkeby, maréchal de Fresnay, qui le poursuivait. Le combat fut offert et accepté. Des deux côtés, il y eut de « grandes vaillances ». Kirkeby et ses gens d’armes avaient mis pied à terre, s’étaient appuyés à une de ces fortes haies qui, dans le Maine, servent de clôture aux héritages, et avaient défendu leur front avec une ligne de paulx pointus et ferrés qu’ils portaient avec eux. On dit aussi que leurs archers avaient reçu l’ordre de tirer aux chevaux, ce qui, à cette époque, était regardé comme contraire aux lois de la chevalerie.

    Les Français ne purent rompre la bataille des Anglais. Leurs chevaux, blessés par les paulx et les traits des arbalétriers, se renversèrent sur leurs cavaliers et mirent le désordre dans les rangs. Les Anglais restèrent vainqueurs et ramenèrent leurs prisonniers à Fresnay-le-Vicomte. Jean du Bellay, à grand peine, échappa avec quelques cavaliers.

    Ce fut, dans le Maine, le dernier combat de l’année 1422. Pendant l’hiver, on suspendait les hostilités. On se reposait, on réparait les armes, on ramassait l’argent des rançons ; mais le printemps venu, les chevauchées recommencent.

    L’Angevin Garin de Fontaine, en battant les champs, rencontre une troupe d’Anglais à Neuville-Lalais, près de Conlie. Après une belle résistance, les Anglais sont déconfits. Cent cinquante environ restent sur la place, morts, navrés ou prisonniers des Français. Le lieu du combat a gardé le nom de « Cimetière aux Anglais ».

    Ce fut la dernière action de Garin de Fontaine. Il fut tué à quelque temps de là devant Cravant, dans cette funeste journée où tant de braves périrent, où Jehan du Bellay, Xaintrailles et plus de quarante gentilshommes furent faits prisonniers et où Robert de Loré et quelques autres capitaines à la solde du roi de France, donnèrent si lâchement le signal de la retraite, s’enfuyant, au milieu du combat, avec les routiers qu’ils commandaient et « laissant les vaillants mourir ».

    Mais une grande victoire devait bientôt consoler les Français de ce désastre, et Ambroise de Loré allait y venger l’honneur de son nom.

    Vers la fin de l’été 1423, lord William Pole, frère du comte de Suffolk, celui que les annalistes appellent La Poule, prépara une de ces grandes expéditions militaires qui de Normandie s’abattaient chaque année sur notre malheureux pays et étaient la terreur et la ruine de nos campagnes. Il entraîna les capitaines et les garnisons anglaises des villes et châteaux de la Basse-Normandie, environ deux mille hommes et cinq à six cents archers, descendit dans le Maine, le traversa en le pillant, et poussa ses pilleries et ses courses jusqu’à Ségré qu’il prit et rançonna.

    La belle-mère du roi Charles VII, la reine Yolande, qui était à Angers, s’empresse d’en mander la nouvelle à Ambroise de Loré, au château de Sainte-Suzanne. Elle lui fait savoir que les Anglais se préparent à regagner la Normandie et qu’ils emmènent avec eux un immense butin, notamment douze cents bœufs ou vaches enlevés aux pâturages de l’Anjou.

    Ambroise de Loré ne doute pas qu’il n’y ait là un beau coup à faire. Il en avertit le comte d’Aumale, Jean de Harcourt, qui se tenait à Tours, où il gouvernait pour le roi, les pays d’Anjou, du Maine et de la Touraine. Précisément, le comte ramassait en ce moment une grande assemblée de gens pour une entreprise qu’il méditait sur la Normandie.

    Il envoie des chevaucheurs de toutes parts « pour faire tirer ses hommes d’armes ensemble ». Lui-même quitte hâtivement Tours avec quelques troupes et arrive à Laval où rendez-vous était donné.

    Toute une brillante noblesse angevine vient l’y rejoindre : ce sont les seigneurs d’Aussigny, des Barres, de Chambellay, de Daillon, de Mirmande, de Charnacé, de la Grandière, de la Roche-Couasnon, de Carquenon, de Chanzé, de Bouillé, de Daon, etc… Là, se trouvent avec les Angevins, nos plus intrépides capitaines Manceaux et Normands : Jacques de Montenay, Pierre Le Porc, seigneur de Larchamp, Louis de Tremigon, seigneur du Tertre, Ambroise de Loré, Pierre d’Alençon, ce brillant bâtard qui a juré de venger la mort de son père tué à Azincourt en ne faisant jamais de quartier aux Anglais et enfin Jean de la Haye, baron de Coulonges, vaillant chevalier, qui arrive de Mayenne « avec une belle et gente compaignée ».

    Malheureusement, le comte d’Aumale ne voulait pas voir Coulonges et était en grande indignation contre lui, pour quelques désobéissances qu’il avait faites dans son commandement. On essaya de les remettre ; tout fut inutile. Cependant, comme le secours qu’amenait Coulonges n’était point à dédaigner, grâce à l’intervention d’Ambroise de Loré, il fut convenu qu’il prendrait part à l’expédition, mais qu’il ne se présenterait pas au gouverneur et qu’il irait devant avec sa troupe.

    Le comte d’Aumale savait que les Anglais, après avoir quitté Ségré, avaient traversé le Craonnais et remontaient vers le Nord, en cotoyant les frontières de Bretagne.

    Voulant se mettre entre eux et la Normandie où ils retournaient, le comte, avec toute sa troupe, partit de Laval, de grand matin, le samedi 25 septembre, et vint loger à un village nommé le Bourgneuf-la-Forêt. C’est là qu’il fut rejoint par le jeune André de Laval, le sire de Montjean, et les gens des communes qu’ils amenaient avec eux.

    La noblesse s’épuisait. L’habitude prenait de convoquer pour les expéditions militaires ces « gens de commun » que les chevaliers ne méprisaient plus tant et qui, lorsqu’ils étaient bien conduits, rendaient de grands services comme soldats de pied et comme archers.

    Chaque paroisse, suivant son importance, en fournissait un certain nombre, et devait aider à leur armement. Ceux qui tiraient l’arc venaient avec l’arc, ou l’arbalète, la trousse remplie de scestes (flèches) et la coustille (coutelas) à la ceinture. Les autres étaient armés de mails de plomb ou plombées, de vouges (sorte de pique épaisse et coupante d’un côté), de haches, etc.

     Autant que possible, ils se couvraient la tête d’une capeline de fer, le corps et les bras d’un jaque ou gambesson garni de laîches (lamelles de fer) ou de chaînes de maille et portaient de longs paniers de bois léger recouverts de peaux, derrière lesquels ils se cachaient lorsqu’ils lançaient leurs flèches et leurs carreaux.

    Le comte d’Aumale avait envoyé de Laval des coureurs à la rencontre des Anglais, avec l’ordre de les côtoyer, de les surveiller de loin, et de lui donner, d’heure en heure, de leurs nouvelles. Le samedi soir, en arrivant au Bourgneuf, il apprit que l’ennemi approchait.

    En quittant Ségré, les Anglais avaient dû remonter l’Oudon, puis par Pommerieux, Craon, Cossé, Montjean, étaient arrivés au-delà de la Gravelle, sans s’arrêter à faire le siège de ces places assez bien défendues, empêtrés d’ailleurs par cet immense butin et ce troupeau de mille à douze cents bœufs qu’ils traînaient après eux. Ils s’étaient logés, pour la nuit, à trois lieues du Bourgneuf, et on dit au comte qu’ils tiraient droit pour aller passer à une lieue de là, à un endroit nommé les landes de la Brossinière.

    On tient immédiatement conseil. Le bâtard d’Alençon, le jeune André de Laval, messire Guy son gouverneur, Ambroise de Loré, messire Loys de Trémigon et quelques autres chevaliers et écuyers de marque se réunissent sous la présidence du comte d’Aumale. On ne discute pas longtemps. Après diverses opinions et « imaginations », le plan de bataille est arrêté. Le lendemain matin, au soleil levant, le comte avec toute l’armée se rendra au lieu de la Brossinière.

    Tous les chevaliers mettront pied à terre et placés en bonne embuscade attendront l’ennemi. De Loré et de Trémigon, à cheval, avec cent cinquante lances, iront au devant des Anglais et escarmouchant avec eux, sans toutefois engager l’action, tâcheront de les amener au gros de l’armée française. On leur dit, que s’ils voulaient avoir un troisième capitaine avec eux et quelques cavaliers de plus, ils les prissent. C’était les autoriser à s’adjoindre le baron de Coulonges, dont le comte d’Aumale ne voulait pas même entendre prononcer le nom devant lui. Puis, l’ordonnance ainsi faite, on alla prendre un repos dont on avait besoin.

    Le lendemain dimanche, au point du jour, la petite armée française était rendue et mise en bataille sur les landes de la Brossinière, non loin d’un village qui existe encore et qui porte le même nom. Ces landes aujourd’hui cultivées, couvraient alors une vaste étendue de terrain parsemé de bruyères et de taillis, au milieu desquels serpentait, indécise, la route venant de la Gravelle et se dirigeant vers le nord. A l’Ouest, s’arrondissent les premières collines de la Bretagne couvertes de bois. Au Sud, le terrain se redresse et forme de légères ondulations et quelques vallées peu profondes dans lesquelles les Français, qui avaient mis pied à terre, pouvaient facilement faire leur embuscade et se dissimuler aux Anglais venant du côté de la Gravelle.

    Un brouillard automnal couvrait la campagne. Les Français frissonnants, impatients, attendent l’ennemi qui ne paraît pas. Une heure, deux heures se passent. Rien encore. Enfin, Ambroise de Loré, qui était en avant avec sa cavalerie, aperçoit les coureurs anglais qui chassaient devant eux les coureurs envoyés par le comte d’Aumale. Il part au galop avec Trémigon, Coulonges et ses cent cinquante cavaliers et se met à escarmoucher si durement contre les Anglais qu’il les force à descendre de cheval à un demi-quart de lieue du village de la Brossinière. Il les presse, les harcèle, les met dans l’impossibilité d’éclairer leur route, et grâce au brouillard, les empêche de voir la bataille du comte d’Aumale, vers laquelle les Anglais avançaient sans s’en douter.

    Cependant, lord W. Pole, s’aperçoit qu’il va avoir affaire à forte partie. Déjà, tous ses gens d’armes ont mis pied à terre. Il ordonne de prendre ce formidable ordre de combat qui tant de fois fut fatal à nos armes.

    Les Anglais se forment en bataille profonde. Derrière, cheminent serrés les uns contre les autres les lourds chariots qui portent les bagages et le riche butin enlevé à Ségré : au centre, les chevaux tenus par les écuyers avec les prisonniers et les otages, sur les ailes les archers. Ils avancent en belle ordonnance, en rangs pressés, lentement, pesamment, piquant obliquement en terre leurs paulx pointus et ferrés, que, comme le soldat romain, ils portent toujours avec eux ; ceux du dernier rang enlevant les pieux placés par ceux du premier, pour repasser devant le premier rang et les replanter à leur tour. Herse mobile, vivante et mouvante, hérissée de pointes et de fer, contre laquelle la folle valeur française était venue si souvent se briser.

    Malheureusement pour eux, ils sont retardés par cet interminable convoi de bœufs qui marche à leur suite et couvre une étendue d’au moins une lieue de long. Déjà des troupes de ces animaux, irritées, affolées par les coups de lance des cavaliers de Loré et par les flèches des archers des communes, se sont débandées et ont jeté le désordre sur quelques points de la bataille anglaise. (Tradition locale qui ajoute que les gens des communes avaient apporté avec eux un grand nombre de ruches et en avaient chassé les abeilles. Les bœufs piqués, tourmentés par ces belliqueuses et intelligentes abeilles seraient devenus furieux et auraient jeté la confusion dans les rangs des Anglais. « Les Seigneurs de Laval – Abbé Foucault – 1875 »).

    Cependant, elle marchait toujours, lourde, pesante, impénétrable, nos cavaliers se retirant devant elle, la fatiguant toutefois de leurs rudes escarmouches.

    Tout à coup, ils se démasquent et laissent apercevoir la bataille du comte d’Aumale. Anglais et Français sont en présence, à distance d’un trait d’arc. A ce moment, le soleil commençait à percer la brume matinale et à déchirer le rideau de brouillard étendu sur la lande. C’était merveille à voir luire gaiement aux rayons du soleil les étendards frissonnants, les aciers des armures, les ors et ces éclatantes couleurs des cottes armoriées, des pennons et des lambrequins déchiquetés qui flottent aux cimiers des casques.

    L’usage commençait de porter aux cimiers des casques, ces longs morceaux d’étoffe découpés et déchiquetés si communs à la fin du XVe siècle. Ainsi une chronique normande nous apprend qu’en 1428, lorsque de Coulonges fut tué aux grèves du Mont-Saint-Michel, l’Anglais Scales lui enleva les lambrequins ou floquarts qui pendaient au cimier de son heaume et les porta désormais au sien, abandonnant sa propre devise pour adopter celle de Coulonges.

    Les ménétriers se mettent à corner et à sonner sur leurs violes les vieux airs populaires. Les seigneurs, comme des fauves, poussent leurs cris de combat.

    De Loré, de Coulonges, de Trémigon, à cheval entre les deux batailles, veulent forcer de prime saut le front des Anglais. Mais ils viennent se heurter contre les pieux solidement fichés en terre et contre la froide ténacité de lord William Pole et de ses chevaliers. Les chevaux se cabrent, se renversent avec leurs cavaliers.

    Mais de Coulonges et de Loré sont là ; ils ont vite reformé leur attaque. Les écuyers remettent en selle leurs seigneurs désarçonnés ; les éperons s’enfoncent dans les flancs des chevaux ; ils repartent.

    Au lieu d’attaquer de front, ils font un détour, tournent la bataille, aperçoivent un point moins défendu par les pieux et les chariots. Eux et leurs vaillants, la lance en avant, penchés sur le cou de leurs montures, y pénètrent comme une tempête, rompent la ligne anglaise et commencent à mettre le désordre dans les rangs.

    A ce moment, d’Aumale avec ses gens de pied, attaquait de front la bataille anglaise et partout le combat s’engageait corps à corps. Ce fut un beau cliquetis que celui de ces maillets de fer hérissés de pointes, de ces plombées, de ces haches anglaises frappant et refrappant sur les bassinets et les armures et menant si haut bruit qu’on eut dit tous les forgerons du Bas-Maine besognant à la fois sur leurs enclumes.

    Les gens des communes ne s’y épargnent pas ; ils se jettent au milieu de la sanglante poussée ; ils achèvent les gens d’armes renversés, impuissants à se relever sous leurs lourdes armures. Leurs vouges, leurs miséricordes vont chercher le défaut des cuirasses, s’y enfoncent et en sortent avec de longs jets de sang.

    « Il y eut très dur estour » dit Monstrelet et il s’y fit de part et d’autre de grandes vaillances d’armes. La vieille épée de Du Guesclin fit merveille dans les jeunes mains d’André de Lohéac, qui près de son gouverneur ferraillait à plaisir dans la mêlée.

    Cependant, les Anglais rompus de toutes parts, n’ont plus d’ordonnance. Ils se laissent acculer à un large fossé et bientôt leur défaite s’achève.

    Le combat ne fut pas long, mais il fut sanglant. Treize à quatorze cents Anglais restèrent couchés sur le champ de bataille. Le héraut Alençon les compta en les faisant enterrer le lendemain, d’après les ordres de la dame de Laval, sur la terre de laquelle s’était livré le combat.

    D’autres périrent dans la déroute, sur la lande, dans les bas chemins, au milieu des champs, tués, assommés, soit par les gens d’armes qui remontant à cheval se jetèrent à leur poursuite, soit par ceux des communes qui, ayant de grandes misères à venger, ne faisaient nul quartier et n’avaient non plus de pitié des Anglais que si ce fussent des chiens.

    Le résultat de la victoire était inespéré. L’armée anglaise était détruite. Sauf cent vingt peut-être qui échappèrent, tous furent tués ou faits prisonniers et parmi ces derniers lord William Pole, Thomas Aubourg, Thomas Cliffeton, « et bien trente nobles d’Angleterre ». Un immense butin, ainsi que tout le convoi de vaches et de bœufs tomba aux mains des Français. Les prisonniers et les otages de Ségré furent délivrés.

    Les Français eurent beaucoup de blessés, mais peu de morts. Un seul chevalier, messire Jehan Leroux, et cent vingt environ de ces braves gens des communes qui se firent tuer dans le combat.

    Le comte d’Aumale termina cette brillante journée, comme il était d’usage, en faisant plusieurs chevaliers sur le champ même de la bataille. Le jeune André de Laval fut du nombre.

    La bataille de la Brossinière eut un grand retentissement. C’était, depuis l’avènement de Charles VII, la première victoire remportée par les Français. Le roi en apprit la nouvelle le 28 septembre au soir, au château de Loches. Il fut si enchanté qu’il écrivit de suite au sénéchal et aux habitants de Lyon, pour leur annoncer la victoire, et Guillaume Charrier, son receveur général des finances, fut autorisé à donner quatre mille cinquante livres tournois au comte d’Aumale pour l’aider à la fondation d’une chapelle destinée à en perpétuer le souvenir.

    Anne de Laval, reconnaissante envers Dieu de la grande victoire et de la vaillance de son fils, donna à l’église Saint-Thugal de Laval, nouvellement érigée, une grande châsse d’argent où l’on déposa les reliques du saint évêque.

    Nous avons voulu visiter les lieux, théâtre de cette glorieuse bataille. La chapelle que le comte d’Aumale devait élever n’a pas été construite ; du moins aujourd’hui, il n’en reste plus trace. Pas une croix, pas une pierre ne conserve le souvenir du combat.

    On n’en saurait plus l’emplacement, si une petite lande vierge et inculte, située non loin du village n’avait gardé la forme des longs tumuli sous lesquels le héraut Alençon fit déposer côte à côte les vaillants tombés dans la bataille et où ils dorment depuis quatre cent cinquante ans. Ces tombelles s’étendent sur trois rangs parallèles, de l’est à l’ouest, sur une longueur de près de cent cinquante pieds.

    Le lieu est solitaire et triste. Nul voyageur ne le vient visiter ; nulle bonne âme n’y vient dire une prière. Seule, l’insouciante nature recouvre chaque année ces tombes inconnues d’un nouveau linceul de bruyère. Le vieux paysan qui nous accompagnait nous dit que cet endroit s’appelait la Lande des Caves.

     

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