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  • 29 septembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    La prise de Chambéry

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – 1854

     

    Tandis que les Prussiens envahissaient la Champagne, et que les Autrichiens entraient eux-mêmes en France du côté de Lille et de Thionville, le roi de Sardaigne, après avoir longtemps hésité, venait enfin de se joindre à la coalition et de mettre ses troupes sur le pied de guerre.

    Le général Montesquiou avait été envoyé pour observer ses mouvements dans le Midi, et, désirant ardemment s’illustrer dans la guerre qui venait de commencer, il ne pouvait s’offrir d’occasion plus favorable que l’invasion de la Savoie. Il éprouva d’abord de grandes difficultés de la part du conseil exécutif. Après avoir été successivement suspendu de ses fonctions de général et rendu à son commandement, il reçut enfin l’ordre positif de réaliser ses projets et de tenter la conquête de la Savoie.

    Le général Montesquiou s’empressa de mettre à profit l’autorisation qu’il attendait pour agir offensivement contre le roi de Sardaigne, et transféra son camp, le 11 septembre, de Cessieux aux Abrets, pour se rapprocher du point d’attaque. Il ordonna en même temps au général Anselme, qui commandait sous lui un corps d’armée dans le département du Var, de faire ses dispositions pour entrer, du 25 au 30, dans le comté de Nice, en combinant, si cela était possible, ses opérations avec celles de la flotte que l’amiral Truguet préparait dans le port de Toulon.

    Le 16 septembre, Montesquiou porte ses troupes sur le fort Barraux. Dix jours suffisaient à peine pour réunir tous ses moyens. Ccependant il importait de commencer les hostilités ; car, à la nouvelle des préparatifs des Français, les Piémontais avaient hâté les travaux de trois redoutes élevées près de Champareillan, aux abîmes de Mians, pour fermer le passage par un feu croisé avec celui du château des Marches.

    Montesquiou les laissa tranquillement avancer leurs travaux. Mais, dès qu’il apprit qu’ils se disposaient à y conduire du canon, une colonne de grenadiers et de chasseurs, commandée par le maréchal de camp Laroque, eut ordre de les tourner. Ce mouvement fut effectué dans la nuit du 21 au 22. Les Piémontais, voyant cette manœuvre, se mirent à fuir sans même tirer un coup de fusil. Vaincus ainsi sans avoir combattu, ils évacuèrent dans la journée les postes des Marches, de Bellegarde, d’Aspremont et de Notre-Dame-de-Mians. Dès le même jour, Montesquiou fit avancer quelques troupes et vingt pièces de canon. Le lendemain, une brigade de cavalerie et deux d’infanterie coupèrent en deux l’armée piémontaise, dont une partie se porta sur Annecy, et l’autre sur Montmélian, qui ouvrit ses portes le 23.

    On avait craint que le général piémontais Lagari ne tentât d’arrêter les Français dans l’excellente position de Montmélian. Mais il passa l’Isère dans la nuit, et fit sauter le pont, dont les débris embarrassèrent la rivière et y produisirent une crue qui remplit la même nuit le pont de bateaux de Barraux. Les Piémontais, dispersés dans une multitude de cantonnements, se trouvèrent surpris par la rapidité de la marche des Français. Ils ne purent se rassembler, et furent réduits à l’impossibilité absolue d’opposer aucune résistance.

    L’esprit public du pays était d’ailleurs favorable aux Français; et les habitants de la Savoie, séduits par les promesses et les proclamations de ceux-ci, les recevaient partout comme des libérateurs. La fuite des troupes piémontaises, qui se portèrent rapidement des bords du lac de Genève aux rives de l’Isère, laissa aux Savoyards la facilité d’envoyer des députations pour implorer l’assistance du général Montesquiou, dont la marche était comme une espèce de triomphe, le peuple des cités comme celui des campagnes accourant au-devant de lui avec la cocarde nationale française à leur chapeau.

    Le 23, les députés de Chambéry arrivèrent au quartier général de Montesquiou, au château des Marches, pour l’inviter à venir prendre possession de la ville. Il s’y rendit le lendemain, avec une escorte de cent chevaux, huit compagnies de grenadiers et quatre pièces de canon. Le corps municipal, en habit de cérémonie, l’attendait à la porte pour lui en remettre les clefs.

    Les officiers et les soldats, invités à un grand repas, s’y trouvèrent mêlés avec les principaux habitants du pays. Tous ensemble, et de la manière la plus franche, portèrent des santés à la nation française. Une conduite aussi loyale toucha tellement le général Montesquiou qu’il confia à la bourgeoisie la garde de l’hôtel-de-ville, et laissa un libre cours aux fonctions des magistrats et aux lois du pays.

    Ainsi, presque sans tirer un coup de fusil et dans l’espace de quelques jours, Montesquiou, par la seule habileté de ses manœuvres, était parvenu à conquérir la Savoie, qui, depuis réunie à la France sous le nom du département du Mont-Blanc, n’en a été détachée qu’en 1814, par suite du traité de Paris.

     

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