• 22 septembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 21 septembre 1860 - Le combat de Pa-li-kiao dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-pa-li-kiao-150x150

     

    Le combat de Pa-li-kiao

    D’après « L’expédition de Chine de 1860 : histoire diplomatique, notes et documents » – Henri Cordier – 1906

     

    Le 17 septembre, les armées alliées avaient quitté Ho-si-wou et allaient camper au Nord du village de Ma-teou. Le lendemain matin, elles se remettaient en marche : la colonne française, renforcée de troupes amenées de Tien-tsin par le général Gollineau, suivait la colonne anglaise qui, à huit kilomètres à peu près de Ma-teou, se heurta à l’armée tartare.

    Celle-ci se déployait sur un front de cinq kilomètres, formant devant Koua-tsoun, village en avant de Tchang-Kia-wan, un vaste arc de cercle, appuyé sur le canal qui conduit au Pei-ho. A ce moment, Heng Ki se présentait pour voir les ambassadeurs et il semblait surpris d’apprendre que ceux-ci n’étaient pas à l’avant-garde, mais étaient restés à Ho-si-wou.

    On ne peut supposer qu’il fût ignorant de ce qui se préparait et le but des Chinois était évidemment de s’emparer des Plénipotentiaires.

    En attendant les nouvelles, les commandants en chef prirent les mesures que réclamait la situation grave. A ce moment, le capitaine Chanoine et le colonel Walker, celui-ci blessé à côté de l’officier comptable Ader, resté aux mains des Chinois, arrivaient de toute la vitesse de leurs chevaux avec la nouvelle de la trahison.

    Les généraux décidèrent de tourner les deux ailes ennemies. Montauban s’appuyant sur le canal et le village de Lio-tsang, opérait à droite. A gauche, le général Michel avec la cavalerie soutenue par le général Grant et l’infanterie, poussait vigoureusement l’ennemi sur la route de Koua-tsoun et enfonçait son aile droite.

    Devant l’impétuosité de l’attaque des Alliés, dans laquelle périt le lieutenant de Damas, les Tartares reculent. A 3 heures, les deux colonnes s’étaient rejointes et l’ennemi avait disparu. L’infanterie française bivouaquait à Koua-tsoun, à dix kilomètres environ de Toung-tcheou ; les Anglais poussèrent au delà jusqu’à Tchang-Kia wan.

    Le lendemain, 19, Lord Elgin envoyait M. Wade à Toung-tcheou pour sommer le gouverneur de cette ville de rendre les prisonniers. Dans le cas où satisfaction ne lui serait pas donnée, les armées alliées marcheraient sur Pékin.

    Hélas, les malheureuses victimes du guet-apens, en proie aux souffrances causées par les tortures et la chaleur, roulaient depuis longtemps sur la route de la capitale, brisées par les cahots des horribles véhicules chinois qui les transportaient aux lieux de nouveaux supplices.

    Cependant Seng-Ko-lin-tsin était déterminé à couvrir la capitale en arrêtant les Alliés au pont de Pa-li-Kiao, que traverse la grande route dallée qui conduit à Pekin. Le 20, les Alliés décidaient d’attaquer l’armée tartare en évitant la ville murée de Toung-tcheou et passant par le village de Wang-koua-yé. C’est à huit li de cette ville que se trouve le pont de marbre qui traverse le canal conduisant du Pei-ho aux fossés de Pekin, d’où le nom de Pa-li-Kiao (pont à huit li).

    L’armée française marchait directement sur le pont de Pa-li-Kiao. Les Anglais, prenant la gauche, devaient traverser le canal sur un pont de bois, à trois kilomètres plus loin pour prendre l’ennemi à revers, pendant que nos troupes, environ 800 hommes, les attaquaient de face.

    Le 21, les colonnes se mettaient en marche par un temps beaucoup plus frais. Gollineau menait le train à l’avant-garde avec Jamin à droite et Sutton à gauche. Un moment séparé du reste des troupes, le canon des Alliés arrêta l’élan des Tartares lancés contre lui.

    Le pont sur lequel flottait l’étendard de Seng-Ko-lin-tsin était emporté. A midi, le combat, commencé à 7 heures, était terminé. Ce qui restait des 30 000 Tartares de Seng-Ko-lin-tsin fuyait au loin, éparpillé dans la campagne. Les troupes alliées s’établirent dans les tentes, abandonnées par les soldats du Seng-Wang.

    Ce brillant fait d’armes qui valut au général Montauban le titre de comte de « Pa-li-Kao » ne nous coûtait que 20 hommes hors de combat, dont 3 tués. Les pertes de la cavalerie anglaise n’étaient pas plus considérables. Je suis passé à Pa-li-Kiao une douzaine d’années après le combat, et les traces des balles sur le parapet du pont témoignaient encore de la chaleur de la lutte.

    Ce ne fut que plus tard que l’on apprit que le général Cheng-Pao avait fait décapiter près du Pa-li-Kiao l’abbé Deluc et le capitaine Brabazon dont on ne put retrouver les corps.

     

     

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