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  • 21 septembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 17 septembre 1862 - La bataille d’Antietam dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-dantietam-150x150

     

    La bataille d’Antietam

    D’après « États-Unis d’Amérique: Histoire de la guerre civile américaine » – L. Cortambert, F. de Tranaltos – 1867

     

    La campagne du général Pope s’était finie en Virginie. Deux jours plus tard, il fut relevé de son commandement. Mais était-il le vrai coupable ? Il est certain que ses qualités militaires étaient à peu près nulles, et qu’il manquait de l’habileté nécessaire pour une armée considérable et pour la faire manœuvrer en présence d’un ennemi entreprenant.

    Néanmoins Mac Clellan fut la véritable cause du désastre du 29 août. En mettant une mauvaise volonté évidente à obéir aux ordres de son chef, en retardant les envois de troupes à Acquia Creek, il permit à Lee d’écraser l’armée de la Virginie. Des considérations mesquines et l’esprit de parti l’emportèrent chez lui sur le sentiment du devoir.

    Quant au général Halleck, il déploya peu de talents militaires pendant cette malheureuse campagne. Il ne sut pas maintenir ouvertes les communications de l’armée de Pope avec la capitale, et laissa les hommes marcher et combattre sans vivres, sans rafraîchissements. De plus, il était responsable de la lenteur de Mac Clellan, car il aurait dû se faire obéir. Halleck ne comprit pas non plus que le mouvement de Lee ne menaçait pas le sud de Washington, mais le haut Potomac. La capitale n’est attaquable que du côté du nord ; et Lee, qui s’était pénétré de cette vérité stratégique depuis longtemps, se porta rapidement vers Harper’s Ferry et Frederick, pour envahir le Maryland et arriver ainsi sur Washington par le nord.

    Pour la première fois depuis le commencement de la rébellion, les Confédérés allaient porter la guerre dans les États fidèles à l’Union. Jusqu’alors, ils s’étaient bornés à entraver les mouvements des colonnes fédérales vers l’intérieur du Sud, dans l’espoir de maintenir leur suprématie dans toutes les parties de la Confédération. Ils avaient combattu pour éloigner la guerre des populations méridionales, craignant que la présence d’une armée unioniste dans l’intérieur ne suffît pour faire éclater les sentiments loyaux d’une partie des citoyens et leur dévouement au drapeau fédéral.

    Mais le gouvernement de Richmond avait senti aussi qu’en envahissant le Nord, il décuplerait le prestige dont il jouissait déjà à l’étranger. A cette époque, il n’avait pas perdu l’espoir de provoquer l’intervention des puissances européennes, et il agissait en conséquence.

    Dès leur entrée dans le Maryland, les soldats de Lee se répandirent comme une nuée de sauterelles dans les comtés voisins du Potomac. Des escouades de cavalerie parcoururent le pays, saisissant les chevaux, enlevant les provisions, tuant le bétail et brûlant trop souvent ce qu’elles ne pouvaient emporter. Les comtés méridionaux de la Pennsylvanie furent envahis de même, et des quantités considérables de butin prirent le chemin de Richmond. Les Confédérés vengeaient à leur manière la mise en liberté des noirs, déclarés contrebande de guerre par le gouvernement de l’Union.

    Le général Mac Clellan, qui n’avait pas su vaincre Lee en Virginie, fut considéré comme le seul général capable de le battre dans le Maryland.

    Le 2 septembre, il prit de nouveau le commandement de l’armée du Potomac, à laquelle on avait joint une partie de celle de Pope. Dès qu’il eut réorganisé les principaux corps, il ouvrit la campagne contre les rebelles, qui menaçaient déjà le cœur de la Pennsylvanie. Les troupes se portèrent simultanément dans la direction de Frederick, sur le chemin de fer de Baltimore à l’Ohio, et dans celle de Leesburg, en Virginie, sans cesser de couvrir Washington et Baltimore. Le 12, l’avant-garde entrait à Frederick, où elle était reçue par les citoyens avec des démonstrations enthousiastes. Le 13, l’aile droite et le centre s’y concentraient, afin de se préparer à l’action.

    Les Confédérés, forts d’environ 90 000 hommes, avaient traversé le Potomac au-dessous de Harper’s Ferry, tout en laissant quelques troupes devant ce point, que défendait un corps de douze mille Fédéraux, sous les ordres du colonel Miles. Le gros de l’armée s’était posté au milieu des montagnes qui courent au nord-est de Harper’s Ferry, dans la direction de Hagerstown. Miles se trouvait alors complètement bloqué ; il n’était malheureusement pas digne d’occuper un poste d’honneur.

    Le 13, il fit savoir à Mac Clellan, dans un message verbal, qu’il agirait de façon à tenir tête à l’ennemi pendant deux fois vingt-quatre heures. Mais déjà il avait pris des dispositions qui le mettaient à la merci des rebelles.

    Harper’s Ferry est situé au confluent de la Shenandoah et du Potomac, au pied de montagnes escarpées. Il n’est pas sans avantages naturels ; mais toute sa force consiste dans ce qu’on nomme les Maryland Heights, qui le commandent entièrement. Un corps de troupes placé sur ces hauteurs est maître de la ville, qu’il peut canonner et détruire à son aise.

    Si le colonel Miles s’y fût retiré après avoir brûlé les ponts qui mettent le territoire virginien en communication avec le Maryland, il eût pu résister à l’ennemi pendant plusieurs jours et opérer enfin sa jonction avec l’armée du Potomac. Tels furent les ordres que lui envoya Mac Clellan.

    Néanmoins, les Maryland Heights furent abandonnés, et Miles concentra sa troupe au Ferry. Attaqué peu après par les rebelles, il capitula le 15 au matin avec toutes ses forces.

    Tandis que le colonel Miles se déshonorait ainsi par une capitulation honteuse, l’armée du Potomac s’avançait rapidement à son secours. Pour arriver à Harper’s Ferry, elle devait forcer les passes de South Mountain, où les rebelles s’étaient retranchés, et rejeter ceux-ci dans la direction de Shepherdstown, sur le Potomac.

    Les lignes fédérales s’étendaient alors depuis Frederick, où se trouvait l’extrême droite, jusqu’à Rock ville, au sud-est de Harper’s Ferry. C’est dans cet ordre qu’eurent lieu successivement le combal de South Mountain et la bataille d’Antietam.

    La ligne de South Mountain, qui n’est que la continuation du Blue Ridge, a, en certains endroits, plus de 1000 pieds d’élévation. C’est un amas confus de rochers percés de quelques passes ou gaps, qui peuvent être aisément défendues par des troupes aguerries. A partir de Harper’s Ferry, South Mountain court directement vers le nord-est, passant entre Frederick et Hagerstown.

    Mac Clellan se disposait à attaquer la passe de Crampton près de Burkettsville, avec son aile gauche, tandis que son centre et son aile droite marcheraient sur la passe de Turner, située à quelque distance de Middletown, et où les rebelles avaient concentré leurs principales forces. Le succès de l’aile gauche devait lui permettre de déborder la droite de Lee et de prendre en flanc les défenseurs de la passe de Turner, à cinq ou six milles plus loin.

    Le 14 au matin, la division Cox, du corps de Reno, commença l’attaque principale. Elle réussit tout d’abord à occuper une position avantageuse, et, soutenue par les divisions Wilcox et Sturgis, elle s’y maintint, malgré tous les efforts de l’ennemi. La nuit mit fin au combat de ce côté.

    Pendant ce temps, le corps de Hooker s’était logé sur la droite des rebelles, à quelque distance de la passe de Turner, et la division Slocum avait capturé celle de Crampton. Lee abandonna donc ses positions, en laissant ses morts et ses blessés sur le champ de bataille, et il battit en retraite pour se concentrer de l’autre côté des montagnes.

    Les divisions fédérales engagées avaient perdu 450 hommes tués (entre autres, le brave général Reno) et 1900 blessés et prisonniers. Elles avaient capturé un canon et quatre drapeaux.

    Le 15, Mac Clellan apprit que les troupes rebelles se retiraient rapidement vers les gués du Potomac et qu’elles avaient abandonné leurs positions sur les frontières de la Pennsylvanie, entre Boonsboro et Hagerstown. Ces mouvements avaient pour but de concentrer l’armée de Lee et de faciliter sa jonction avec les forces laissées à Harper’s Ferry.

    Toutefois le général rebelle ne voulait pas abandonner le Maryland sans combattre. Il établit son armée entre Williamsport et Frederick, sur les bords de l’Antietam, petit affluent du Potomac, où une ligne de hauteurs en forme de croissant, qu’il garnit de batteries, devint le centre de sa position.

    Devant lui, se trouvaient les bords marécageux de l’Antietam, que coupaient quatre ponts : celui de Williamsport, en amont des lignes rebelles, celui de Sharpsburg, à deux milles et demi au sud-ouest du premier; celui de Rohrersville, à un mille plus loin, et enfin celui de Harper’s Ferry, près du confluent de la rivière et à trois milles du troisième pont

    L’aile gauche des rebelles était protégée par des bois et s’appuyait sur le Potomac ; leur extrême droite s’étendait sur la route de Hagerstown.

    Harper’s Ferry avait capitulé et ne réclamait plus l’attention de Mac Clellan. Il s’occupa donc exclusivement de poursuivre Lee. Dans l’après-midi du 15, les deux armées se trouvèrent en présence, les rebelles occupant la ligne de l’Antietam, et les Fédéraux se préparant à la forcer. Toutefois la nuit empêcha ces derniers de commencer l’attaque, et ils bivouaquèrent à quelques portées de canon de l’ennemi.

    Le 16, dans l’après-midi, l’action s’engagea, sans toutefois devenir générale. La principale attaque fut faite par les corps de Hooker et de Mansfield, qui traversèrent l’Antietam, au pont de Williamsport. La division des milices de la Pennsylvanie, commandée par le général Meade, s’empara, après une fusillade très vive, d’un petit bois occupé par l’artillerie rebelle; mais bientôt la nuit vint mettre fin à l’engagement, et les soldats des deux armées dormirent encore une fois sous les armes.

    Au point du jour, l’action recommença. Le but de Mac Clellan était d’assaillir avec le gros de ses forces l’aile gauche de Lee, tout en faisant une feinte contre sa droite, et, dès que ce mouvement aurait réussi, d’enfoncer le centre avec ses réserves.

    Le corps de Hooker fut le premier engagé, et tout d’abord, ses troupes se heurtèrent contre d’épaisses masses d’infanterie confédérée. Renforcé par Mansfield, il chargea vigoureusement, et occupa un bois derrière lequel il put cacher les mouvements de ses troupes.

    Malheureusement, ce succès fut chèrement payé : le général Mansfield reçut une blessure mortelle, tandis que Hooker avait le pied fracassé par une balle. L’action continua avec des chances diverses.

    Il était neuf heures du matin lorsque le corps de Sumner, comprenant les divisions Sedgwick, Richardson et French, arriva sur le champ de bataille. Il se déploya à droite des deux autres corps, attaquant le centre de Lee, et, après avoir été repoussé à deux reprises, il emporta à son tour une partie du bois si obstinément défendu par les rebelles.

    A ce moment, la position des Fédéraux sur la droite de leur ligne de bataille n’était rien moins que satisfaisante. Ils avaient perdu plusieurs officiers généraux et un nombre considérable d’hommes, mais sans réussir à enfoncer l’aile gauche des rebelles.

    Ce fut alors que le général Mac Clellan, par une manœuvre habile, étendit le mouvement dans la direction de Harper’s Ferry, de manière à déborder le flanc de l’ennemi. Cette manœuvre devait lui donner la victoire.

    Le corps de Burnside, composé des divisions Wilcox, Sturgis, Rodman et Cox, avait été chargé de s’emparer du pont de Rohrersville, le 17, au point du jour. Mais, par suite de divers délais, les troupes n’attaquèrent que vers une heure de l’après-midi.

    Une charge brillante exécutée par un régiment de New-York, les mit en possession du pont et des hauteurs environnantes. Burnside reçut l’ordre de continuer sa marche sur le flanc droit de l’ennemi, en se portant dans la direction de Sharpsburg.

    Il s’avança jusqu’à une petite distance de cette ville ; mais l’arrivée d’une partie des forces rebelles, qui avaient occupé jusqu’alors les environs de Harper’s Ferry, ne lui permit pas de pousser plus loin ses avantages.

    Il était six heures du soir. L’aile gauche des Fédéraux avait chassé les troupes de Lee des positions qu’elles occupaient sur la route de Sharpsburg, tandis que l’aile droite s’établissait entre ce point et Chambersburg.

    La bataille durait depuis quatorze heures, et, des deux côtés, les hommes étaient accablés de fatigue. D’un commun accord, le feu cessa, et chacun fit l’évaluation de ses pertes.

    10 000 hommes avaient été mis hors de combat du côté des Fédéraux, et 14 à 15 000 du côté des rebelles. Ces derniers avaient perdu, en outre, 13 canons, 39 drapeaux et 15 000 fusils. Ils n’avaient capturé aux Fédéraux ni drapeau ni canon.

    L’armée de Lee était battue. Elle devait désormais se retirer au sud de Potomac, pour n’être pas séparée de sa base d’opération. Mais elle n’était pas mise en déroute.

    Il aurait fallu une nouvelle attaque de la part des Fédéraux pour achever l’œuvre commencée. Malheureusement, Mac Clellan manqua d’énergie. Il passa la journée du 18 à attendre des renforts, qui n’arrivèrent pas, et, pendant la nuit, Lee décampa, pour aller prendre position à Shepherdstown, sur la droite du Potomac. Dès lors, il fut hors d’atteinte.

    Washington, Baltimore, Philadelphie, ne couraient plus aucun danger; mais une excellente occasion d’en finir d’un seul coup avec les rebelles venait d’être perdue par Mac Clellan.

    La bataille d’Antietam fut, avec celles de Gettysburg, de Chattanooga et des Cinq Fourches, l’une des plus remarquables de la guerre. Pour la première fois depuis le commencement des hostilités, les deux armées combattirent au milieu de champs cultivés et de prairies où la vue pouvait s’étendre au loin. En général, les bois épais qui couvrent l’intérieur du pays obligent des corps ennemis à se livrer des combats de surprises et d’embuscades, mêlés d’incidents sans nombre.

    A Antietam, rien de semblable. Tous les mouvements s’exécutent avec régularité, et la victoire n’est due qu’à une manœuvre renouvelée des grands tacticiens d’Europe. Si, au lieu d’être un succès stérile, cette bataille avait été une véritable victoire, elle aurait probablement suffi pour illustrer à jamais le général Mac Clellan.

    La fin de septembre fut employée à reconnaître les positions de Lee sur la rive droite du Potomac. Tandis que le général rebelle réorganisait ses forces, Mac Clellan laissait ses cent mille hommes l’arme au pied, dans le Maryland. Il demandait des renforts, se plaignait du manque de souliers et de vêtements pour ses soldats, affirmait qu’il était nécessaire de remonter entièrement sa cavalerie, etc., etc. Bref, il semblait chercher sans cesse de nouveaux prétextes pour ne pas attaquer les rebelles.

     

    Pour en savoir plus : Histoire pour tous – La bataille d’Antietam

     

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