Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 15 septembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 5 septembre 1781 - La bataille de la baie de Chesapeake dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-la-baie-de-chesapeake-150x150

     

    La bataille de la baie de Chesapeake

    D’après « La Marine française sous Louis XVI » – A. Moireau – 1884

     

    Le 5 juillet 1781, le comte de Grasse faisait voile de la Martinique se rendant à Saint-Domingue. En arrivant au Cap-Français, chef-lieu de nos établissements de Saint-Domingue, il trouva, mouillée dans la rade depuis le 8 juillet, la frégate la Concorde, que M. de Barras lui avait envoyée de Newport, le 20 juin, avec des pilotes connaissant bien les côtes américaines, et des dépêches relatives aux décisions arrêtées dans l’entrevue de Weathersfield.

    Ces dépêches dépeignaient la situation sous un jour très sombre. Rochambeau avec ses six mille Français à Newport, Washington avec ses six ou sept mille Américains sur l’Hudson, La Fayette avec son détachement de quinze cents à deux mille hommes en Virginie, ne pouvaient rien contre les vingt mille hommes de troupes si solides de sir Henry Clinton et de lord Cornwallis, si le comte de Grasse ne venait leur donner le concours tout puissant de sa flotte.

    Mais ce n’était pas seulement de vaisseaux qu’on avait besoin, il fallait que l’amiral français apportât encore sur les côtes d’Amérique des troupes de terre et de l’argent.

    Le comte de Grasse résolut de n’épargner aucun effort pour donner pleine satisfaction aux demandes qui lui étaient adressées. Il garda avec lui dix vaisseaux, qu’il avait pourtant reçu ordre de renvoyer en France. Du gouverneur français de Saint-Domingue, chez lequel il avait trouvé les dispositions les plus empressées à seconder son entreprise, il obtint trois mille hommes, dix pièces de campagne et autant de pièces de siège. Enfin il réussit à emprunter douze cent mille livres au gouverneur espagnol de la Havane.

    Le 28 juillet, il envoyait la Concorde porter ses réponses à Washington et à Rochambeau. Le 5 août, il mettait à la voile, et vingt-cinq jours plus tard sa belle flotte mouillait près du cap Henry, en face des côtes de la Virginie.

    Quant à l’amiral Rodney, qui aurait dû le poursuivre et qui peut-être aurait pu le prévenir, il s’était embarqué pour l’Angleterre, envoyant à sa place dans le Nord sir Samuel Hood, avec quatorze vaisseaux de ligne. Il était persuadé que le plus grand nombre des vaisseaux du comte de Grasse avaient fait voile pour la France, et que sir Hood et le commandant de la flotte de New-York, l’amiral Graves, auraient en toutes rencontres une grande supériorité de forces sur les escadres françaises.

    De Grasse avait avec lui vingt-huit vaisseaux de ligne. Quel rôle allait jouer l’escadre de dix vaisseaux qui se trouvait toujours à Newport avec Barras ? Rochambeau et Washington demandèrent à ce dernier de se rendre lui aussi dans la baie de Chesapeake, en emportant l’artillerie de siège et les quelques troupes laissées par Rochambeau pour la garde du camp.

    C’était peut-être une aventure très périlleuse, car Barras, dans le trajet de Newport au rendez-vous de la baie de Chesapeake, pouvait se heurter aux deux escadres anglaises de New-York et des Antilles. Fallait-il risquer un grand désastre pour porter secours à de Grasse, qui disposait déjà de forces si considérables ?

    De Grasse lui avait laissé une entière liberté d’action. « Je te laisse le maître, mon cher Barras, lui écrivait-il le 28 juillet, de venir me joindre ou d’agir de ton côté pour le bien de la cause commune. Donne m’en avis seulement, afin que nous ne nous nuisions pas sans le vouloir ».

    La prudence eût retenu Barras, mais il était gentilhomme et officier français. On allait se battre là-bas près des caps de la Virginie ; il embarqua ses hommes et ses canons et fit voile pour la baie.

    Et maintenant voici réunies, à peu de distance les unes des autres, toutes ces forces venues de directions si différentes pour assurer la perte du malheureux Cornwallis. La Fayette est à Williamsbourg, à quelques milles de l’ennemi, tenant fermée la seule porte de sortie sur le continent. Le comte de Grasse, avec sa flotte à l’ancre dans l’anse de Lynn-Haven, bloque la rivière York et ferme la mer. Les embarcations de l’escadre ont débarqué à Jamestown le corps expéditionnaire de Saint- Domingue, commandé par le marquis de Saint-Simon.

    Washington dirige le gros de l’armée franco-américaine de Philadelphie à Head of Elk, extrémité septentrionale de la baie de Chesapeake. C’est encore sur les bâtiments français que ces troupes vont être transportées devant Yorktown. Il ne manque plus au rendez-vous que M. de Barras, dont le sort ne laisse pas d’inquiéter quelque peu le comte de Grasse.

    Telle est la situation le 5 septembre, lorsque les frégates françaises signalent au large de la baie vingt vaisseaux et sept frégates. Les amiraux anglais Graves et Hood ont en effet réuni leurs escadres. S’étant laissé devancer par l’amiral français, ils vont essayer de le battre avant l’arrivée de M. de Barras, qui a quitté Newport.

    Mais le comte de Grasse peut mettre encore en ligne vingt-quatre vaisseaux, tout en en laissant quatre à l’embouchure des rivières James et York. Il sort à midi de la baie, toutes voiles dehors, et s’avance contre la flotte anglaise.

    Un vif combat s’engage entre les deux avant-gardes, et l’artillerie française inflige à l’ennemi des pertes sérieuses. Au bout de quelques heures, le vent sépare les deux escadres.

    Cinq jours durant, Anglais et Français manœuvrent vainement pour se rapprocher. Dans la soirée du 10, enfin, le comte de Grasse croit tenir l’occasion de frapper un coup d’autant plus décisif qu’il a pu constater que la canonnade du 5 avait fort maltraité quelques-uns des navires anglais.

    Mais pendant la nuit, les amiraux Hood et Graves gagnent le large, brûlant un de leurs vaisseaux trop endommagé pour tenir la mer et laissant deux frégates aux mains des Français.

    De Grasse rentra aussitôt dans la baie, où il eut l’extrême satisfaction de trouver de Barras, arrivé la nuit précédente avec tous ses bâtiments. Le sort du général Cornwallis était désormais décidé.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso