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  • 15 septembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 10 septembre 1812 - La bataille du lac Érié dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-du-lac-erie-150x150

     

    La bataille du lac Érié

    D’après « Histoire de la guerre entre les États-Unis d’Amérique et l’Angleterre » – H. M. Brackenbridge – 1820

     

    Pendant que la guerre étendait ses ravages sur la frontière septentrionale et sur les côtes de l’Atlantique, il ne s’était rien passé d’important à l’armée de l’ouest. On avait employé le printemps et l’été à faire des préparatifs immenses pour assurer à nos armes la supériorité tant sur terre que sur le lac Erié ; et tout annonçait que dans l’automne des coups décisifs seraient frappés sur ce point.

    Les Anglais, sachant combien une défaite leur serait funeste, envoyèrent de puissants renforts tant au général Proctor qu’au commandant de l’escadre qu’ils avaient sur le lac.

    Les Anglais qui, depuis le siège du fort Meigs, avaient reçu de nombreux renforts de troupes de ligne, et avaient été joints par une multitude d’Indiens commandés par le célèbre Tecumseh en personne, résolurent de faire des attaques contre les différents ports américains situés sur les rivières qui se jettent dans le lac Erié.

    Après le combat du fort Meigs (1er août), Tecumseh se retira de devant le fort Meigs, et alla rejoindre Proctor à Détroit. Tous deux abandonnèrent l’idée de s’emparer d’aucun des forts américains, bien persuadés que rien désormais ne pouvait réussir, à moins d’être entièrement maîtres de la navigation du lac.

    Le capitaine Perry, par des soins assidus, était parvenu à compléter l’armement naval sur le lac Erié, et le 4 août, il mit à la voile à la recherche de la flotte ennemie. N’ayant pu la rencontrer, il vint mouiller à Put in Bay.

    La flotte américaine se composait du brick Lawrence de vingt canons, commandé par Perry en personne ; du Niagara, capitaine Elliot, de vingt canons ; du Calédonien, lieutenant Turner, de trois canons ; de la goélette l’Ariel de quatre canons ; du Scorpion de deux canons ; du Somers de deux canons et de deux pierriers ; du sloop Trippe, des goélettes la Tigresse et le Porc-épic d’un canon chacun. Total, neuf navires et cinquante-quatre canons.

    Le 10 septembre au matin, l’escadre anglaise parut ; et comme elle portait vent arrière sur la flotte américaine, celle-ci mit de suite sous voile, et se disposa au combat.

    Les Anglais, bien qu’ayant trois navires de moins que les Américains, étaient cependant supérieurs. Leur flotte se composait du Détroit de dix-neuf canons et de deux obusiers, commodore Barclai ; de la Queen-Charlotte de dix-sept canons, capitaine Finnis ; de la goélette Lady Prévost de treize canons et de deux obusiers, lieutenant Buchan ; du brick Hunter de dix canons ; du sloop Little-belt de trois canons ; de la goélette Chippewa d’un canon et de deux pierriers : en tout six navires et soixante-sept bouches à feu.

    Au moment où l’escadre américaine mit sous voile, l’ennemi avait sur elle l’avantage du vent. Mais il souffla peu après d’une autre partie, et en conséquence les Américains, purent se porter avec plus de facilité vers les Anglais.

    A onze heures, les deux lignes de bataille étaient formées, et quelques minutes avant midi le navire monté par le commandant Barclai, et la Queen-Charlotte ouvrirent leur feu sur le Lawrence, qui le reçut pendant quelque temps sans pouvoir riposter, attendu que les caronnades dont il était armé ne portaient pas si loin que les canons de l’ennemi.

    En ce moment, le capitaine Perry fit signal à ses autres navires de forcer de voiles pour le rallier. Mais la brise était si faible que ceux-ci ne purent avancer, de sorte que le Lawrence eut à soutenir à lui seul l’attaque des deux plus forts navires de l’ennemi.

    Ce combat inégal, où les Américains déployèrent le plus grand courage, dura deux heures entières. Au bout de ce temps, le Lawrence, dont tous les canons étaient démontés, dont tout l’équipage, à l’exception de quatre ou cinq hommes, était ou tué ou blessé, n’offrait plus aucun moyen de défense.

    Aussi le brave Perry, avec une admirable présence d’esprit qui lui valut les éloges de l’habile officier contre lequel il combattait, se jeta dans un canot, et se rendit à bord du Niagara, où par un bonheur extrême il arriva sain et sauf. Et comme il montait sur ce navire, il vit avec une angoisse inexprimable celui qu’il venait de quitter amener son pavillon, mais cependant l’ennemi ne put l’amariner.

    Dans ce moment critique, le vent ayant fraîchi, Perry, avec son nouveau navire, traversa la ligne ennemie, tirant des deux bords ; et s’étant placé à portée de pistolet de la Lady Prévost, il fit sur elle un feu si vif et si meurtrier, que tous ses hommes se précipitèrent dans la cale.

    Sur ses entrefaites, les autres navires américains s’étant approchés, le combat s’engagea avec un acharnement sans égal. La réputation et la gloire de deux nations rivales qui pour la première fois combattaient en escadres ; la domination pleine et entière du lac qui devait être le résultat de la victoire ; tels étaient les puissants aiguillons qui, de part et d’autre, firent déployer le plus grand courage.

    Mais bientôt la balance pencha du côté de Perry. La Queen-Charlotte, ayant perdu son capitaine et ses principaux officiers, aborda par une fausse manœuvre le Détroit. Cet abordage désempara la plupart des canons de ces deux navires, et dans la position cruelle où ils se trouvaient, ils eurent à leur tour à essuyer le feu de toute la flotte américaine. Aussi le capitaine Bardai fut bientôt forcé d’amener son pavillon ; et la Queen-Charlotte, la Lady-Prevost, le Hunter, et la Chippewa, ne tardèrent pas à suivre l’exemple de leur commandant.

    Le Littlebelt seul voulut essayer de se sauver, mais poursuivi par deux de nos navires, il fut bientôt capturé et amariné.

    Ainsi donc, après un combat de trois heures, la flotte américaine eut la gloire sans égale de capturer la flotte entière de l’ennemi. Si quelque chose peut encore relever l’éclat de cette brillante victoire, c’est la manière simple et vraiment sublime dont l’héroïque Perry en rendit compte :

    - Nous avons, dit-il, rencontré la flotte ennemie, et elle est à nous !

    Ainsi l’Angleterre, déjà battue dans des combats de navire à navire, le fut cette fois en escadre, en bataille rangée. Malgré l’immense supériorité que l’habitude de la tactique navale devait donner à ses officiers sur les nôtres, nos braves marins lui prouvèrent que désormais rien n’était au-dessus de leur courage !

    Cette affaire fut très sanglante. Nous eûmes trente-sept hommes tués et quatre-vingt-seize blessés, au nombre desquels se trouvaient sept officiers. Les Anglais eurent environ deux cents hommes tant tués que blessés, et nous fîmes sur eux six cents prisonniers, nombre qui excédait la totalité des hommes embarqués sur la flotte américaine.

    Le commodore Bardai, brave officier, qui avait eu un bras emporté à la bataille de Trafalgar, fut dangereusement blessé. En général, du côté de l’ennemi, la perte en officiers fut très grande et hors de toute proportion avec celle des matelots.

    La nouvelle de cette importante victoire causa le plus vif enthousiasme dans toutes les parties de l’union. Toutes les différences d’opinion, toutes les querelles de partis, furent pour un moment oubliées dans la commune joie ; et des fêtes, des illuminations, célébrèrent la gloire nationale.

    Il est bien doux pour nous d’avoir encore dans cette occasion à proclamer la générosité et l’humanité des vainqueurs. Nous nous en rapporterons au témoignage du commodore Barclai lui-même, qui dans une lettre que les journaux du temps ont publiée, disait en propres termes : « La conduite du commodore Perry envers ses prisonniers, serait suffisante à elle seule pour l’immortaliser ». Un pareil éloge dans la bouche d’un ennemi n’a besoin d’aucun commentaire !

    Nous étions maintenant maîtres de la navigation du lac. Mais une partie de notre territoire était encore occupée par l’ennemi, et il s’agissait de le repousser et d’aller l’attaquer jusque sur le sol canadien.

     

     

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