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  • 7 septembre 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 30 août 1813 - La bataille de Kulm dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-kulm-150x150

     

    La bataille de Kulm

    D’après « France militaire: 1792-1837 » – Abel Hugo – 1838

     

    Trois désastres simultanés empêchèrent la brillante victoire de Dresde d’avoir aucun des résultats que l’Empereur en attendait.

    En Silésie, Macdonald fut battu sur la Katzbach. En Prusse, Oudinot, au lieu d’entrer à Berlin, rencontra Bernadotte et Bulow dans la plaine de Gross- Beeren, et, après un combat meurtrier, forcé de céder au nombre, dut se retirer sur Wittenberg. Enfin, en Bohème, Vandamme, sur lequel l’Empereur comptait pour arrêter les débris de l’armée ennemie, s’aventurait dans la vallée de Tœplitz, et se faisait écraser avec son corps, à Kulm.

    Cette défaite de Vandamme, fatale surtout par ses suites, a été l’objet de vives discussions. Les uns ont prétendu qu’en marchant sur Tœplitz, Vandamme ne faisait qu’exécuter les ordres qui lui avaient été transmis ; les autres ont soutenu que les instructions de l’Empereur se bornaient, comme nous l’avons dit, à l’occupation des hauteurs de Peterswalde et des défilés qui coupaient la retraite à l’armée ennemie.

    Le prince de Schwarzenberg avait indiqué Tœplitz pour rendez-vous aux débris de son armée battue à Dresde. L’armée autrichienne, formée des corps de Colloredo et de Chasteler, effectua sa retraite par la vallée de Dippodiswalde ; les Russes de Barclay deTolly, et les Prussiens de Kleist, se retirèrent par la route de Maxen et de Telnitz, le corps de Klenau reprit la route de Freyberg.

    L’Empereur Napoléon suivit jusqu’à Pyrna le mouvement des colonnes françaises qui poursuivaient les vaincus. Il comptait établir son quartier général dans cette dernière ville.

    Mais avant d’y arriver, il fut pris d’une indisposition accompagnée de vomissements et causée par les fatigues qu’il avait éprouvées depuis cinq jours, qu’il était constamment à cheval, exposé à une pluie incessante. Cette indisposition fut assez grave pour que ceux qui l’entouraient, crussent devoir lui conseiller de revenir à Dresde, où le repos le rétablit en peu de temps. La jeune garde resta à Pyrna et y établit ses cantonnements.

    L’Empereur, dit M. Fain, s’était d’autant plus facilement décidé à retourner à Dresde, qu’il avait appris à quelque distance de Pyrna, par le rapport des gens du pays et des prisonniers, que, suivant ses instructions , le général Vandamme, avec le 1er corps, avait débouché le 25 par le pont du Liliensten sur Kœnigstein ;
    que le 26, après avoir battu 15000 Russes qui, sous les ordres du duc de Wurtemberg, gardaient le débouché de Pyrna, il avait repris cette position ;
    que le 27, au matin, ce général interceptait la grande route de Prague à Dresde, et que c’était la nouvelle de sa marche qui avait décidé les alliés vaincus devant Dresde, à se retirer par les montagnes ;
    enfin que, le 28 au matin, le général en chef du 1er corps était de nouveau aux prises avec le duc de Wurtemberg et rejetait les Russes sur les hauteurs de la frontière de Bohème ;
    que le soir du même jour il devait arriver à Nollendorf et peut être à Peterswalde.

    Voici maintenant comment les amis du général Vandamme racontent les événements qui marquèrent le combat de Kulm.

    L’approche du 1er corps avait jeté la plus grande confusion à Tœplitz, où se trouvaient le dépôt du grand quartier général allemand, le corps diplomatique, le cabinet des souverains alliés, et une foule de grands personnages. Déjà les uns avaient pris la fuite du côté de Dutch, et les autres du côté de Lahn.

    Ostermann, commandant les grenadiers de la garde russe, avait été chargé de s’opposer à la marche du général français ; il avait essayé de défendre les hauteurs de Petcrswalde, mais il en avait été chassé, après avoir perdu plus de 2000 hommes.

    Vainqueur à Peterswalde, le général Vandamme se porta le 29 sur Kulm, d’abord avec huit ou dix batailIons. Le général russe, qui avait encore à peu près 12000 hommes, lui ayant barré le passage, il fit avancer le reste de son corps, et Ostermann fut poussé à une demi-lieue de Toeplitz, où il résolut de se défendre jusqu’à la dernière extrémité, afin de donner le temps aux troupes du prince de Schwartzenberg d’arriver sur ce point.

    Le matin même, les différents corps de l’armée alliée débouchèrent par Schœnwald, Zinwald et Niclasberg. Ostermann , par une résistance opiniâtre, parvint à couvrir Tœplitz. Dans ce combat, l’élite de la garde russe se fît tuer, et Ostermann lui-même perdit un bras.

    Le soir, lorsque la colonne de Barclay de Tolly, qui venait de Zinwald, fut arrivée à Kichwald, la tête de cette colonne, formée d’un corps de grenadiers et de deux divisions de cuirassiers russes, marcha au secours des troupes d’Ostermann, et obligea Vandamme à se retirer à Karwitz et à Kulm.

    Le corps de Vandamme, descendu au pied de Geyersberg, occupait dans la plaine une position isolée où il ne pouvait pas être soutenu par les autres corps. C’était pour Schwartzenberg, une excellente occasion de l’accabler avec les masses formidables déjà concentrées entre Ducha et Tœplitz. Quoique Vandamme s’attendit bien à être attaqué le lendemain par toutes les forces réunies des coalisés, l’ordre qu’il avait reçu, le jour même, de continuel sa marche sur Tœplitz, ne lui permit pas de douter qu’il ne dût être soutenu, et il refusa de suivre le conseil que plusieurs de ses généraux lui donnèrent de remonter le Geyersberg et de revenir pendant la nuit à Peterswalde.

    Vandamme prit position en avant de Kulm, le 30 août au matin ; sa droite était vers Straden, et sa gauche vers Neudorf, appuyée seulement par la brigade de cavalerie du général Corbineau. Ses forces étaient trop inférieures à celles de l’ennemi pour qu’il lui eut été possible d’occuper le Geyersberg, qui dominait entièrement son aile droite, et dont la position lui assurait une retraite, ni de laisser à Nollendorf une réserve pour observer le défilé de Tellnilz.

    Schwartzenberg plaça son armée, la droite appuyée à Kleische, le centre devant Karwitz et Neudorf, et la gauche entre Pirsten et le Geysersberg, dont les bois furent garnis de nombreux tirailleurs. Les réserves autrichiennes et russo- prussiennes furent établies vers Sobochleben. Les troupes ennemies formaient un total de 70000 hommes, dont 10000 de cavalerie.

    Le combat s’engagea à la gauche des Français, par une charge de la cavalerie russe. La brigade Corbineau était trop faible pour répondre à cette attaque. Aussi l’aile gauche française, ébranlée par la cavalerie et complètement débordée par l’infanterie russe, perdait du terrain à mesure que la cavalerie ennemie dépassait Neudorf et Schebritz, en s’avançant dans la direction d’Arbesau.

    Le centre et l’aile droite tenaient ferme dans leurs positions devant Kulm, et repoussaient vigoureusement les attaques des alliés. Mais cette belle défense ne rendait pas moins critique la position du général Vandamme, qui dans l’hypothèse fort probable où son aile gauche continuerait à plier, risquait de se voir coupé de Nollendorf et entièrement enveloppé.

    Les Français continuaient leur héroïque résistance, lorsque leur perte fut amenée par un événement imprévu.

    Vers deux heures, le corps prussien du général Kleist, qui était venu de Glashutte à Shœnwald, déboucha par Tellnitz. Vandamme détacha quelques troupes pour les contenir. Mais son centre se trouva ainsi affaibli, et l’ennemi en profita : la gauche de Vandamme fut acculée vers Arbesau. La retraite commença au milieu d’un désordre général.

    Des deux cotés de la route, s’élancèrent des colonnes d’infanterie et de cavalerie qui chargèrent les Français en queue. Ceux-ci curent la plus grande peine, même en faisant le sacrifice de leur artillerie, a atteindre le défilé de Tellnilz, où ils trouvèrent le général Kleist, qui leur fermait entièrement le passage. Dans cette position désespérée, ils résolurent de se faire jour les armes à la main. Rien ne put s’opposer à la fureur de leur attaque ; le corps de Kleist fut rompu et culbuté dans le plus grand désordre ; une partie de son artillerie tomba entre les mains des Français, qui furent néanmoins obligés de l’abandonner plus tard aux au 1res corps ennemis qui les poursuivirent jusqu’à Peterswalde.

    Le 1er corps perdit, dans cette fatale journée, plus 10000 hommes, dont 7000 prisonniers, et trente pièces de canon. Parmi les prisonniers se trouvaient le général en chef Vandamme, le général du génie Haxo et le général Guyot. Les débris du 1er corps rejoignirent l’armée impériale, le 1er septembre, à Dirsterdorf. L’ennemi avait perdu environ 5000 hommes, presque tous tués.

    Voici maintenant quelques passages du récit de M. Fain.

    Apres avoir raconté comment Vandamme ayant, dans la journée du 30, soutenu les efforts de toute l’armée ennemie, se retirait sans être entamé, lorsque apparut, à Tellnitz, le corps de Kleist, l’ancien secrétaire de l’empereur Napoléon ajoute :

    Si Vandamme se fût trouvé à Péterswalde, Kleist et tous ses Prussiens étaient pris. Mais Kleist, maître de cette hauteur, au pied de laquelle était Vandamme, c’était ce dernier qui devait être accablé. Cependant les Prussiens, à la vue des Français qui remontaient à leur rencontre, s’étaient crus de nouveau perdus. Ils avaient hésité un moment. Les Français, au contraire, apercevant les Prussiens, s’étaient aussitôt élancés sur eux. Corbineau était à leur tête. Rien n’avait pu soutenir leur choc. Passant sur le corps de l’avant-garde ennemie, ils avaient tout culbuté, tout entraîné ; et, prodige de fureur aussi bien que d’audace, ils ava eut enlevé aux Prussiens jusqu’à leur artillerie ! Cependant les Prussiens, refoulés sur eux-mêmes, s’étaient ralliés, et la mêlée la plus épouvantable avait recommencé.

    Qu’on se figure une chaussée étroite, encaissée sur le flanc des montagnes, et dans ce creux deux colonnes, dont l’une monte et l’autre descend, qui se rencontrent, s’arrêtent d abord par leur masse, se foulent et se brisent au second choc, et finissent par se faire un passage l’une à travers l’autre. La confusion et le tumulte sont au comble. Chacun combat corps à corps, mais ce n’est plus pour vaincre, c’est pour passer. On se culbute plutôt qu’on ne se tue. Généraux, officiers et soldats, tout est pêle-mêle.

    Ici, Vandamme est entraîné par les Prussiens ; là, c’est Kleist dont les Français viennent de se saisir ; les deux généraux sont pris et repris. Kleist est enfin délivré par les siens. On assurait, dans les premiers moments, que Kleist et Vandamme étaient restés morts dans la foule.

    Tous ceux qui ont pu se dégager du défilé de la route et se jeter dans les rochers et dans les bois voisins, parviennent à s’échapper des premiers. Les Prussiens courent se rallier à l’avant-garde de Barclay de Tolly. Les nôtres arrivent à Liebenau, où ils sont recueillis par les troupes du maréchal Saint-Cyr. Bientôt les sentiers de la montagne de Péterswalde se remplissent de soldats dispersés, qui, semblables aux coursiers démontés dans un choc de cavalerie, n’ont rien de plus pressé que de retourner au camp.

    Le général Corbineau, qui commandait la cavalerie de Vandamme, arrive jusqu’à l’Empereur, dont il est aide de camp. Couvert de sang ennemi, et blessé lui-même, il est encore armé d’un sabre prussien que, dans la mêlée, il a échangé contre le sien. Les généraux Dumonceau et Philippon sont également sauvés; mais le général Heinrod qui venait de passer du service de Bade à celui de France, est resté parmi les morts. Le général Guyot et le général Haxo, que ses blessures avaient forcé de rester à Kulm, sont prisonniers. Quant au général Vandamme, dont l’audace a été si malheureuse, il n’est pas tué : les alliés le traînent en triomphe à Prague.

    Cependant on apprend que la plus grande partie de notre corps d’armée, descendue par les ravins de la montagne, se rallie à Pyrna. Trente pièces de canon et plus de trois cents voilures, caissons d’équipage et d’artillerie, sont perdus pour nous.

    Ainsi, non seulement la grande armée ennemie est sauvée, mais elle l’est par une victoire, et ce sont des trophées qu’elle rapporte de sa défaite de Dresde.

    Napoléon accueille froidement le détail de ses pertes. Ce qu’il ne peut concevoir, c’est que Vandamme se soit laissé entraîner en Bohême.

    « A une armée qui fuit, répète-t-il, il faut faire un pont d’or, ou opposer une barrière d’acier. Or, Vandamme ne pouvait pas être cette barrière d’acier ». Puis, se tournant vers le major général : « Aurions-nous donc écrit quelque chose qui ait pu lui inspirer cette fatale pensée ? Berthier, allez chercher vos minutes ; Fain, voyons les miennes ; vérifions tout ce que nous avons écrit ».

    Le major général apporte aussitôt son livre d’ordres ; le secrétaire du cabinet représente ses minutes. On relit toutes les lettres, et l’on n’y trouve rien qui ait pu autoriser le malheureux général à quitter sa position de Péterswalde.

    L’Empereur a vu d’un coup d’œil toutes les conséquences de l’événement : « Eh bien, dit-il au duc de Bassano, vous venez d’entendre ! Voilà la guerre : bien haut le matin, et bien bas le soir ! ».

     

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