• 26 août 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 17 août 1808 - La bataille de Roliça dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-rolica-150x150

     

    La bataille de Roliça

    D’après « Histoire de la guerre de la Péninsule (années 1808 et suivantes) – Charles William Vane, marquis de Londonderry – 1828

     

    Bataille relatée par un Anglais, les ennemis sont les Français…

     

    Au moment où Junot reçut la nouvelle du débarquement de l’armée anglaise, ses troupes étaient disséminées sur plusieurs points du Portugal, afin de réprimer la révolte et de mettre en état de défense les villes fortifiées qui restaient au pouvoir des Français.

    Les généraux Loison et Thomières entre autres, avaient quitté Lisbonne avec leurs divisions, le premier pour pacifier l’Alentejo et secourir Elvas déjà bloquée par les Espagnols, et le deuxième pour contenir Coïmbre et soumettre le fort Nazareth.

    Thomières fut immédiatement rappelé et ses forces réunies à celles du général Delaborde, qui reçut l’ordre de s’avancer vers Mondego afin de surveiller les mouvements des Anglais, et retarder autant que possible leurs progrès. Le général Loison fut également rappelé au moment où il se proposait de bombarder Badajoz.

    Junot lui écrivit dans les termes les plus pressants d’abandonner ses projets, et de s’avancer sans délai sur Abrantès. Mais bien qu’il fît tous ses efforts, et qu’il laissât derrière lui une multitude de malades et de soldats fatigués, il ne put joindre Delaborde assez à temps pour coopérer utilement à l’objet de sa mission, car ce dernier, par suite des ordres de Junot, s’était approché de la côte avec cinq ou six mille hommes.

    A mesure que les Anglais avançaient, il reculait sans toutefois manifester de la répugnance à risquer un engagement lorsque la nature du terrain le lui permettrait. L’occasion ne tarda pas à se présenter. C’était l’arrière-garde de sa colonne qui se retirait de Caldas, la veille du jour où sir Arthur Wellesley y entra. Le lendemain matin, les deux armées furent en présence.

    Une escarmouche avait eu lieu le 15 à Obidos entre quatre compagnies de Voltigeurs anglais et les avant-postes français. Quelques hommes furent tués de part et d’autre, sans qu’il y eût un avantage décidé pour aucun parti.

    Le 16, tout fut tranquille. Sir Arthur employa sa journée à méditer ses plans, et à s’enquérir exactement de la situation du général Loison. Il alla aussi reconnaître la position que Délaborde avait prise, et la trouva très forte et presque inexpugnable. Le choix de cette position, ainsi qu’on le verra par la description des localités, doit donner une haute idée des talents militaires de cet officier général.

    Les villages de Caldas et de Roliça sont situés, l’un au nord et l’autre midi, aux deux extrémités d’une longue vallée qui s’élargit vers l’ouest, et dans le milieu de laquelle s’élève la petite ville d’Obidos avec son superbe aqueduc et son château maure.

    Roliça couronne une éminence qui est flanquée d’une part, par une chaîne de collines, et de l’autre par des montagnes stériles et inégales qui encadrent en quelque sorte la vallée. Ce bassin est précédé d’une plaine sablonneuse qui, sans être boisée, est parsemée de sapins et de broussailles, sur les derrières de laquelle se trouvent cinq ou six passages qui conduisent aux montagnes.

    Les avant-postes de Delaborde chassés d’Obidos, s’étendirent dans la plaine et sur les collines des deux côtés de la vallée. Le gros de l’armée fut rangé en bataille sur la hauteur, ayant le village en face, de manière que sa gauche et sa droite étaient appuyées, l’une par les montagnes, l’autre par une éminence escarpée. Ceux qui ont écrit sur cette campagne varient sur le nombre de troupes aux ordres de Delaborde. Mais sir Arthur Wellesley croit ne pas se tromper en le fixant à six mille hommes. Quoi qu’il en soit, le général français présentait un front formidable à son ennemi, et en se rendant maître des passages, il s’assurait en cas de revers, une retraite ou une nouvelle position au milieu des montagnes.

    Les ordres nécessaires furent donnés dans la soirée du 16. Chaque soldat était pénétré des devoirs qu’il aurait à remplir le lendemain matin. Les troupes quittèrent leurs bivouacs au point du jour et s’avancèrent en ordre de bataille sur trois colonnes.

    Celle de droite, composée de douze cents hommes d’infanterie portugaise et de cinquante chevaux, devait faire un long détour, pénétrer dans les montagnes afin de tourner la gauche de l’ennemi, et tomber précipitamment sur les derrières de Delaborde.

    Celle de gauche, formée par deux brigades d’infanterie anglaise, celles du général-major Ferguson et du brigadier général Bowes, trois compagnies de voltigeurs, une brigade d’artillerie légère, et quarante chevaux anglais et portugais, avait l’ordre de franchir les collines d’Obidos pour chasser tous les postes de l’ennemi sur ce côté de la vallée, et tourner sa droite à Roliça. Elle était aussi chargée de surveiller les mouvements du général Loison, dont on avait appris la veille l’arrivée à Bio-Major, et de le combattre en cas d’apparition avant qu’il pût communiquer avec Delaborde.

    La colonne du centre, composée des brigades des généraux Hill, Crawford, Nightingale et Fane, avec quatre cents hommes d’infanterie légère portugaise, le reste de la cavalerie, et deux batteries de canons de six et de neuf, fut destinée à attaquer le front de l’ennemi.

    La distance de Caldas à Roliça est d’environ trois lieues; et la matinée était fort avancée quand les troupes arrivèrent à une portée de fusil des avant-postes français. Rien ne peut égaler l’ordre et l’excellente tenue qu’elles présentèrent pendant leur marche. Le temps était magnifique, et l’espace que parcouraient les colonnes rempli d’objets variés et attrayants. Mais elles formaient elles-mêmes les traits les plus éclatants de ce superbe panorama.

    Partout où un accident de terrain ou quelque autre obstacle se présentait, la tête des colonnes, après l’avoir franchi, attendait que le reste se mît en ordre pour continuer sa marche ; et le tout conservait les distances, et observait le même silence qu’on remarque dans une revue. Enfin on arriva en présence de l’ennemi, et les tirailleurs s’engagèrent.

    La division du centre se déploya par bataillons, tandis que les voltigeurs de la gauche, s’avançant au pas redoublé, replièrent avec la plus grande bravoure les tirailleurs qui leur étaient opposés. C’est dans ce moment qu’on vit descendre rapidement des collines, la brigade de Ferguson, afin de couper la retraite à l’ennemi.

    Mais Delaborde n’était pas assez imprudent pour le permettre. Les postes qui couvraient ses positions dans la plaine ayant été emportés, il se hâta de l’abandonner, et se retira précipitamment, mais en bon ordre, vers les passages. Il fut alors évident qu’il les avait considérés comme devant lui offrir un champ de bataille avantageux. Car dès son arrivée, il reprit de nouvelles positions, et présenta un front plus formidable que jamais à cause de l’inégalité du sol.

    Dans ces circonstances, il devint nécessaire de changer le plan d’attaque. On forma cinq colonnes, et on donna à chacune d’elles l’ordre d’emporter un de ces passages. Mais comme le terrain présentait des difficultés et que l’ouverture du défilé était fort étroite, on ne put mettre en ligne que cinq bataillons d’infanterie anglaise, quelques compagnies de Voltigeurs, et la brigade portugaise.

    Voici du reste les dispositions de cette seconde attaque.

    Les Portugais devaient s’avancer vers le passage situé sur la droite de toute la ligne, tandis que les compagnies d’infanterie légère de la brigade du général Hill, soutenues par le 5e régiment, devaient pénétrer dans celui qui en était le plus voisin. Enfin le soin de forcer les trois autres, fut confié aux 9e, 29e, 45e et 82e régiments.

    Il serait impossible de trouver un terrain qui présentât plus de difficultés pour une attaque ou plus de moyens de défense que ces passages. De chaque côté, des quartiers de roches couverts de bosquets les débordaient, et offraient aux tirailleurs des retraites sûres, d’où ils pouvaient faire un mal épouvantable aux assaillants. Et, à mesure que ceux-ci avançaient, des obstacles, de même nature, tout en servant admirablement bien à couvrir l’ennemi, se reproduisaient et les empêchaient de conserver aucun ordre. Ceci arriva particulièrement dans le passage que les 9e et 29e régiments furent chargés de forcer ; aussi les Français en tirèrent-ils tout l’avantage possible.

    Ayant permis à la colonne de s’avancer presque sans obstacle jusqu’à ce que les premières compagnies fussent parvenues à quelques toises d’un bosquet de myrtes, ils firent sur elles un feu si bien nourri de tous côtés qu’il n’y eut que la bravoure la plus intrépide qui put engager les Anglais à tenir pied. Le mouvement de la colonne fut interrompu un instant. Mais le colonel Lake, qui la commandait, agitant son chapeau en l’air et se portant en avant, ranima l’ardeur de ses soldats qui se précipitèrent sur ses pas.

    L’ennemi, tout aussi brave et se reposant sur sa position, disputa chaque pouce de terrain ; et ce ne fut qu’après avoir éprouvé un dommage considérable et perdu le brave officier qui l’avait conduit à la victoire, que le 29e régiment réussit à couronner le plateau.

    Au moment où ce régiment se ralliait, et tandis que le 9e se trouvait encore engagé dans le passage, un bataillon français s’avança hardiment pour charger. Les Anglais montrèrent la même bravoure qu’ils avaient déployée peu d’instants auparavant. Le carnage fut grand de part et d’autre, mais la charge fut repoussée. Elle fut presque aussitôt renouvelée.

    Les autres colonnes qui pénétraient dans les passages se trouvaient encore éloignées. Les Français étaient à même de porter sur le plateau une plus grande quantité de troupes. Enfin ce brave 9e étant alors en mesure de protéger ses camarades, l’ennemi fut repoussé vigoureusement.

    Il ne put renouveler ses efforts à cause de l’arrivée des colonnes. Toutes ses positions avaient été emportées. Il rassembla ses troupes et commença sa retraite en fort bon ordre, laissant sur le champ de bataille trois pièces de canon et mille hommes tués, blessés ou prisonniers. On essaya de le harceler, mais sa supériorité en cavalerie et les inégalités du sol rendirent la tentative inutile.

    Sir Arthur Wellesley, après avoir poursuivi l’ennemi jusqu’à Villa-Verde sur la route de Torres-Vedras, fit halte pour passer la nuit. Il devait se remettre en marche le lendemain pour continuer sa poursuite.

    Il semblait que rien ne devait s’opposer à l’ardeur de ses soldats, jusqu’à ce qu’ils eussent remporté une seconde victoire et qu’ils se fussent établis dans Lisbonne, lorsqu’un courrier arrivé au quartier-général fit suspendre l’exécution des ordres déjà donnés. Ce courrier apportait des dépêches du brigadier-général Anstruther, qui, avec un convoi de troupes et de munitions, venait de jeter l’ancre devant la ville de Peniche.

    Comme il était de la plus haute importance de mettre sans délai ces renforts en ligne, sir Arthur résolut d’agir de manière à protéger leur débarquement et à faciliter leur réunion à son armée. En conséquence, il fit marcher son avant-garde sur Lourinha, qu’il atteignit dans la soirée, et le jour suivant, il prit position près du village de Vimiero.

     

     

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