• 24 août 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 15 août 1914 - La bataille du Tser  dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-du-tser-150x150

     

    La bataille du Tser

    D’après « La Grande guerre du XXe siècle » – Juin 1915

     

    Dans la nuit du 28 au 29 juillet, les premiers coups de canon de cette terrible guerre étaient tirés contre Belgrade par des monitors et des batteries placées près de Bejania, à l’ouest de Semlin. Le bombardement reprit dans la nuit du 29 au 30 ; l’artillerie serbe répondit et fit de graves avaries à un monitor autrichien.

    Les Serbes ayant détruit le pont de Belgrade, l’ennemi tenta de forcer le passage de la Save, sans succès, bien que la Gazette de Cologne eût annoncé, dès le 30, l’occupation de la ville par deux régiments autrichiens ; ils n’y sont entrés que le 2 décembre, après le départ des troupes serbes, et en ont été chassés le 14. En même temps, deux bataillons avec quatre mitrailleuses franchissaient le Danube, près d’Orsova, et étaient complètement détruits par des unités formées d’hommes de quarante-cinq à cinquante-deux ans.

     

    Bataille du Tser et de Chabats (15 au 19 août)

    L’état-major austro-hongrois, supposant, avec beaucoup de raison, que l’armée serbe était réunie au sud de Belgrade, jugea qu’il rencontrerait moins de difficultés en envahissant par la frontière Ouest, formée par la Drina, sur laquelle son adversaire ne pourrait arriver à temps.

    200 000 hommes furent portés sur le front de 160 kilomètres s’étendant de Chabats, sur la Save, à Lioubovia, sur la Drina, enveloppant ainsi la région comprise dans l’angle formé par les deux rivières, qu’ils franchirent en plusieurs points le 12 août et le 15.

    Ils se mirent en marche sur six colonnes vers Valievo, savoir, du Nord au Sud :
    Deux Corps d’armée, les 6e et 9e, qui devaient déboucher de Chabats ;
    Une brigade, par Bogatitch (plaine de la Matchva) ;
    Deux divisions du 7e Corps, vers la montagne du Tser ;
    Une division et demie du 13e Corps, par la vallée du Yadar ;
    Une division sur Kroupagne ;
    Et enfin trois brigades de montagne se portèrent par Lioubovia sur Petska.

    Le prince Alexandre et le maréchal Poutnik, qui commandaient les armées serbes concentrées au centre du pays, n’hésitèrent pas, et, sans perdre un instant, ils prirent les mesures les plus propres à répondre à l’offensive des Autrichiens et même à les rejeter hors de la frontière. Les avant-postes serbes reçurent l’ordre de lutter pied à pied contre l’envahisseur et de retarder sa marche par tous les moyens pendant que l’armée serbe, en position d’attente au centre du pays, était dirigée vers Petska pour arrêter le gros de l’ennemi, tandis qu’une division se portait sur Chabats.

    En passant, remarquons les habiles dispositions prises par les Serbes, en attendant que les Autrichiens aient dévoilé leurs projets.

    Ils ne cherchent pas à défendre coûte que coûte Belgrade, ils savent que l’occupation d’une ville, fût-elle la capitale, est un fait infiniment secondaire, que les armées qui tiennent la campagne sont tout dans une guerre et qu’ils ne doivent avoir qu’un objectif : battre l’armée autrichienne qui veut les envahir.

    Ils ne dispersent pas leurs forces sur leurs frontières, ils les réunissent à l’intérieur du pays, ne laissant à la frontière que des postes suffisants pour arrêter de petites colonnes ennemies, mais pas assez nombreux pour qu’il puisse être nécessaire, à un moment donné, de se porter à leur secours.

    C’est ce dispositif de concentration que nous voyons fonctionner.

    Les Autrichiens ont dévoilé leurs projets : les avant-postes de la Drina ralentissent la marche de l’envahisseur, tandis que le gros de l’armée, bien en ordre, complètement formé, se porte droit sur le principal groupement ennemi.

    Dans les journées des 12, 13, 14 et 15 août, les avant-postes disputèrent énergiquement le terrain et réussirent à empêcher les Autrichiens de déboucher de la vallée du Yadar.

    La marche vers le mont Tser fut très remarquable. Malgré une chaleur torride, l’armée franchit en trois jours 150 kilomètres, arrive aux premières pentes de la montagne le 15 au point du jour et attaque immédiatement la gauche et le centre ennemis.

    Les Autrichiens reçoivent des renforts, et une grande bataille s’engage sur un front d’une trentaine de kilomètres. Bien que numériquement inférieurs et combattant sur un terrain difficile un ennemi fortement retranché, les Serbes enfoncèrent son aile gauche au mont Iverak et se rabattirent sur son centre.

    Le 18, les Autrichiens tentèrent d’envelopper la gauche des Serbes, mais le 19 une colonne arriva de Petska au secours de ces derniers. La défaite de l’ennemi fut alors complète. Poursuivi jusqu’à la Drina, il la repassa en désordre, en abandonnant des prisonniers et des canons.

    La division envoyée contre les deux Corps d’armée autrichiens de Chabats remporta une victoire aussi complète. Les postes placés le long de la Save entravèrent de leur mieux le passage de la rivière, et, dès qu’ils eurent été renforcés, reprirent l’offensive. Les Autrichiens ne purent déboucher de Chabats et, finalement, furent rejetés en Syrmie.

    Quels étaient les effectifs serbes engagés dans ces batailles ?

    Je n’ai pas pu m’en procurer le chiffre exact. Il est bien compréhensible, d’ailleurs, que ce petit peuple cache soigneusement l’effectif de ses armées. Il était loin d’égaler celui des Autrichiens : 300000 hommes.

    Les Serbes remportaient en même temps une autre victoire dans le sandjak de Novi-Bazar, où une colonne autrichienne, comprenant 4 régiments magyars et 2 régiments dalmates et bosniaques, avec 16 canons et 2 mitrailleuses, avait pénétré pour séparer les Serbes des Monténégrins et donner la main aux Albanais par les régions d’Ipek et de Djakova.

    Cette colonne se porta d’abord dans le sud du sandjak, près de la frontière du Monténégro, en refoulant sans peine quelques faibles contingents de ce pays, puis remonta vers la Serbie. En arrivant, le 21 août, vers Priboï, elle trouva sur un haut plateau, au confluent de l’Ouvats et de la Lim, une brigade serbe, forte de 6 bataillons du deuxième ban (soldats de vingt-huit à trente-cinq ans), d’un bataillon de gardes-frontières et d’une compagnie de comitadjis de 300 hommes, avec 4 canons de 80 de montagne ancien modèle et 6 mitrailleuses.

    Ces troupes étaient solidement retranchées derrière l’Ouvats et avaient leur gauche appuyée au Tserni Vrh (Sommet noir). Toutes les attaques autrichiennes se brisèrent contre la résis- tance des Serbes. La lutte fut des plus acharnées ; on se battit corps à corps et à coups de grenades à main qui firent de larges vides dans les rangs des Autrichiens, lesquels, le 22 au soir, durent se retirer, laissant 2500 morts. Leurs adversaires n’en avaient que 450.

    Les Autrichiens, avec une armée pourvue de tous les engins les plus modernes et les plus perfectionnés, se figuraient n’avoir à faire qu’une marche triomphale. On trouva sur leurs officiers et leurs soldats des proclamations en langue serbe, imprimées à Vienne avant la guerre et annonçant aux populations serbes et monténégrines que l’armée autrichienne venait les délivrer de gouvernements indignes d’elles.

    Pour avoir méconnu la valeur de ses adversaires, l’Autriche, qui a 51 millions d’habitants, s’est fait battre honteusement par un petit peuple qui en a à peine 5 millions.

    II y a quelques années, je citais dans la Revue militaire générale, comme marche extraordinaire, celle qu’a faite entre Vienne et Austerlitz, les 30 novembre et 1er décembre 1805, la division Friant, du Corps de Davout, 144 kilomètres en quarante-huit heures, et j’ajoutais : « Où est la division d’aujourd’hui, chez n’importe quel peuple, qui arriverait, même en trois jours ? ».

    Je ne connaissais pas les Serbes. Ils ont fait 150 kilomètres en trois jours, pas en hiver, par un temps froid, mais bien en été, par une chaleur torride. Il n’y a pas à dire, les Serbes sont de rudes soldats, comparables aux plus célèbres qui aient jamais existé.

    Lieutenant-colonel Boissonnet

     

    Pour rendre hommage à la bravoure des soldats tombés au combat, le compositeur serbe Stanislav Binicki composé « Mars Na Drinu », une chanson qui est devenue un symbole de la bravoure des Serbes pendant la Première Guerre mondiale.

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